Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou

Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou
Fonctions
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Membre du Conseil des Anciens
Biographie
Naissance
Décès
(à 64 ans)
Lausanne
Nationalité
Activité
Autres informations
Membre de

Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou, né le à Lauzerte (généralité de Montauban, actuel département du Tarn-et-Garonne), mort le à Lausanne (Suisse, canton de Vaud)[1], est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Hugues-Guillaume-Bernard-Joseph Monmayou est avocat au Parlement de Toulouse sous l'Ancien Régime.

La monarchie constitutionnelle mise en application de la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Joseph Monmayou, alors administrateur du Lot, est élu député du département, le cinquième sur dix, à la Convention nationale[2].

Il siège sur les bancs de la Montagne. Lors du procès de Louis XVI, il vote la mort, et rejette l'appel au peuple et le sursis à l'exécution de la peine[3],[4] :

Je cherche dans la loi la peine contre les conspirateurs, j'y trouve la mort ; je prononce la mort.

Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[5]. Le , il vote contre le rétablissement de la Commission des Douze[6].

Le 16 nivôse an II (), Joseph Monmayou est élu secrétaire aux côtés de Gabriel Bouquier (député de la Dordogne) et de Jean-Baptiste Clauzel (député de l'Ariège), sous la présidence de Jacques-Louis David (député de la Seine)[7].

Le 2 floréal (), au nom du Comité d'Aliénation et des Domaines, il prononce un rapport au terme duquel on décrète que les voitures du roi et de la famille royale seront démontées et ses pièces en or versées à la trésorerie nationale[8] :

Il est temps de balayer les restes impurs de la tyrannie, il est temps d'en faire disparaître tous les signes et tous les attributs ; il ne faut pas qu'il en reste le moindre vestige. [...] Je viens [...] vous proposer de purifier également la maison appelée les petites écuries du ci-devant tyran.

Après la chute de Robespierre, Joseph Monmayou prend part à la réaction thermidorienne. Le 15 thermidor (), il appuie l'arrestation de Jacques-Louis David, membre du Comité de sûreté générale, pour sa proximité avec Robespierre[9]. Le 15 fructidor (le ), il est élu membre du Comité de sûreté générale[10]. Le 15 ventôse an III (), il y est réélu[11].

Mandat aux Cinq-Cents et aux Anciens

Sous le Directoire, Joseph Monmayou est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI ()[12]. Il est élu député au Conseil des Anciens aux élections de 1798.

Au Conseil des Anciens, il se prononça avec le parti jacobin contre le Directoire. Il ne reçut par conséquent pas de billet de convocation à la séance extraordinaire du 18 brumaire an VIII (), jour du coup d'État de Napoléon Bonaparte. Cependant, proche du général Murat, comme lui originaire du Lot, Monmayou se vit plusieurs fois proposer des fonctions politiques sous Bonaparte. Mais, républicain intransigeant, indépendant par sa fortune et ses opinions, il refusa toutes ces propositions.

Après la restauration, il est contraint à l'exil par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides. Il quitta la France le , s'installant à Genève puis à Constance et enfin à Lausanne, où il mourut. Alors que ses amis avaient obtenu sa grâce, il avait refusé de rentrer en France : «Une loi m'a frappé, disait-il, c'est une loi qui doit me rappeler».

Positions

Le , la Convention décréta, sur sa motion, l'exclusion des nobles et des prêtres de toutes fonctions publiques. Plus tard, en 1798, il demanda que ces derniers soient exclus de l'instruction publique.

Véhément à l'encontre des émigrés fuyant la Révolution française, il demanda l'exécution dans les 24 heures de ceux qui seraient saisis sur le territoire, et il proposa au Conseil des Cinq-Cents le de rétablir la loi qui ordonnait à chaque parent d'émigré d'entretenir deux soldats aux frontières.

Se spécialisant dans le domaine des finances au sein du Conseil des Cinq-Cents, il fut l'un des derniers à défendre, lors d'un long et virulent plaidoyer le , le système des assignats et du papier-monnaie.

Notes et références

  1. Archives Cantonales Vaudoises, « Registre paroissial de Lausanne, registre des décès de 1815 à 1821, vue 239 / 333, Eb 71 / 50 » Accès libre, sur https://davel-vd.ch (consulté le )
  2. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  3. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séances du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  4. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  5. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  6. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  7. Bouloiseau, Marc (1907-1999), Lefebvre, Georges (1874-1959) et Reinhard, Marcel (1899-1973), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 83, séance du soir du 16 nivôse an II (5 janvier 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr/, (consulté le )
  8. Perrot, Jean-Claude (né en 1928), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 89, séance du 2 floréal an II (21 avril 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  9. Alquier, Aline et Brunel, Françoise (née en 1948), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 94, séance du 15 thermidor an II (2 août 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  10. Brunel, Françoise (née en 1948) et Monnier, Raymonde, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 96, séance du soir du 15 fructidor an II (1er septembre 1794) » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  11. Archives départementales du Calvados, « Journal de Perlet n°894 » Accès libre, sur https://archives.calvados.fr, 17 ventôse an 3 (7 mars 1795) (consulté le )
  12. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )

Bibliographie

Liens externes

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