Hydros (mythologie)
Hydros (en grec ancien Ὑδρος / Hydros) est le principe primordial de l'eau selon une des versions des traditions orphiques, un des deux principes fondamentaux avec Gê (Gaïa/la Terre). Hydros était un concept philosophique compris comme « les eaux primordiales ». Il existait déjà à l'aube des temps comme principe similaire à celui des dieux primordiaux. Il avait un caractère plus abstrait et philosophique, et moins mythologique[1].
À ce jour, il n'existe aucune source capable d'identifier sa famille ou sa descendance de façon à faire concorder les traditions orphiques et classiques.
Étymologie
Hydros, en grec ancien Ὑδρος / Hydros, signifie eau.
Famille
Place d'Hydros dans l'orphisme
L'orphisme n'a pas une, mais des cosmogonies orphiques, à la fois semblables et dissemblables, connues généralement par bribes, citations et résumés, donc de manière indirecte comme tout ce qui concerne l'orphisme. O. Kern distingue ainsi trois versions principales des cosmogonies orphiques[2],[3], M. West six[4],[5].
Dans la théogonie de Hiéronymos et d'Hellanicos[6], attribuée à ceux-ci par Damascios[7], existent d'abord deux principes fondamentaux : l'eau (Hydros) et la matière (la terre, Gê, c'est-à-dire Gaïa)[8]. D'eux naît Chronos, également appelé Héraclès, un être fantastique, serpent ailé doté de plusieurs têtes dont une de lion, une d'homme et une de taureau. Il est bisexué et couplé avec Ananké, la Nécessité, sa moitié féminine. Chronos engendre l'Éther, le Chaos et l'Erèbe et dépose en eux un œuf d'où sortira l'être appelé Zeus, Pan et Protogonos[8].
Hydros, l'eau, apparaît comme un principe primordial mâle là où Gê, la terre, serait un principe primordial femelle[9].
Athénagore, dans la seconde moitié du IIe siècle av. J.-C., attribue à Orphée une théogonie similaire[10].
Notes et références
- ↑ Alberto Bernabé (es), Hieros Logos, Poesía órfica sobre los dioses, el alma y el más allá, p. 91-93, Ediciones Akal, 2003. (ISBN 84-460-1377-0).
- ↑ Orphicorum Fragmenta, 1922, coll. O. Kern, Dublin/Zürick (Weidman), réédition 1972.
- ↑ Brisson, p. 389.
- ↑ M. L. West, The Orphic Poems, Oxford, Clarendon Press, 1983.
- ↑ Brisson, p. 390.
- ↑ Troisième version pour Otto Kern.
- ↑ OF 54, Damascios, De Principiis, I, 317, 15-16, Combès-Westerink.
- Brisson, p. 394-395.
- ↑ Brisson, p. 396.
- ↑ OF 57, 58, 59.
Voir aussi
Bibliographie
- (la) Otto Kern, De Orphei Epimenidis Pherecydis theogoniis quaestiones criticae (ISBN 9780364146156, lire en ligne).
- Martin Litchfield West, The Orphic Poems, Oxford, Clarendon Press 1983, XII + 275 p. (ISBN 0-19-814854-2) ; trad. en italien, Naples, 1993.
- Luc Brisson, « Les théogonies orphiques et le papyrus de Derveni (Notes critiques*) », dans Revue de l'histoire des religions, 1985, 202-4, p. 389-420 (en ligne).
Articles connexes
Liens externes
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