IIIe congrès du Front national
| IIIe congrès du Front national | ||||||||
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| Type | Congrès | |||||||
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| Édition | 3e | |||||||
| Localisation | La Grande-Motte (Hérault) | |||||||
| Organisateur | Front national | |||||||
| Date | 1er au 4 mai 1975 | |||||||
| Résultat | Reconduction de la présidence Jean-Marie Le Pen. | |||||||
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Le IIIe congrès du Front national se tient du 1er au à La Grande-Motte. Ses travaux s’étalent sur trois jours complets. La devise de ce congrès est : « Être et durer »[1].
Il se tient un an après l'élection présidentielle de 1974 à laquelle Jean-Marie Le Pen s'est présenté et a obtenu 0,74% des voix.
Contexte
Depuis , alors que le parti atteint les 1 000 adhérents, le FN se dote de structures permanentes avec cinq commissions qui travaillent sur la défense nationale, la famille, les institutions et les élections, la jeunesse et l’éducation, les problèmes économiques et sociaux. Victor Barthélémy crée des fédérations provinciales ayant à leur tête des « inspecteurs régionaux » qui encadrent les secrétaires départementaux et les sections locales. Au sommet, un comité central issu du congrès élit le bureau politique[2].
Si les résultats électoraux restent faibles, ils s’améliorent néanmoins : 2% lors d’une élection partielle le à Caen, 2,5% à Amiens à l’occasion d’un cantonale partielle le , 1,15% le pour les législatives partielles au Havre[3].

Déroulement du congrès
La première journée est principalement consacrée au discours de Jean-Marie Le Pen qui présente un rapport moral et de politique générale devant les 200 congressistes présents après sa réélection par acclamation à la présidence du parti. Son discours porte principalement sur un réquisitoire sévère contre la politique du président Giscard d'Estaing et du gouvernement un an après l’élection présidentielle ainsi que sur la situation internationale et la situation en Indochine[4].
Les journées de vendredi et de samedi sont consacrées aux travaux des différentes commissions et à la discussion de leurs rapports. Après les échanges à huis clos des commissions, les cadres ont formulé des propositions dans un certain nombre de domaines. En ce qui concerne la famille, par exemple, les congressistes présentent une politique d'encouragement à la natalité disposant que les mères au foyer reçoivent un salaire, que le calcul de l'assiette de l'impôt sur le revenu soit plus indexé sur le nombre d'enfants par foyer et qu'un vote plural soit attribué aux pères et mères de familles nombreuses. Dans le domaine militaire, le parti demande que la part du produit national brut consacrée à l'armée soit portée 5 %, contre 2,9 % alors[4]. Les congressistes adoptent également un programme économique se plaçant sur le plan doctrinal résolument à droite, prenant même des accents « pré-reaganiens »[3].
Le congrès permet l’établissement d’un nouveau bureau politique. Celui-ci présente comme vice-présidents : Roger Holeindre, Jean-François Chiappe, Henri David et Gilbert Sincyr. Puis comme secrétaire général Dominique Chaboche, comme secrétaire administratif Victor Barthélémy, Pierre Bousquet comme trésorier suppléé par Pierre Durand et enfin Christian Baeckeroot comme président du FNJ[5].
Analyses
Le Front national cherche, et le titre du congrès le rappel, à survivre à la concurrence du PFN. Car la guerre fait rage dans les coulisses entre les deux formations. Jean-Marie Le Pen et François Duprat accusent à mots couverts le Parti des Forces Nouvelles, par exemple, d’avoir fait exploser une bombe devant le siège du FN le et une autre le devant les locaux de la SERP[3].
Pour l’historienne Valérie Igounet, ce congrès montre tout de même la vitalité de la fédération d’Alain Jamet qui a organisé l’évènement[6].
Pour certains observateurs, le congrès s'est, d'autre part, interrogé longuement sur le présent et l'avenir du Front national. Son souci majeur étant : « Être et durer ». car beaucoup de délégués se sont inquiétés des moyens dont disposera leur mouvement pour « sortir enfin du ghetto », comme il a été dit à plusieurs reprises en commission, et « accéder à la grande et à la moins grande information ». « Durer » car Jean-Marie Le Pen a insisté lors de son intervention finale sur sa volonté de rompre avec l'attitude velléitaire et d'en finir avec ce qu'il a appelé les « mouvements chouanniques » insistant ainsi sur la nécessité d'ouvrir le FN pour qu'il devienne « non plus seulement un club de pensée, mais le grand parti de toute la droite populaire. » Il a appelé en ce sens au retour en son sein de certains des « fils prodigues » qui l'ont quitté à l'automne dernier pour fonder le parti des Forces nouvelles[4].
Références
- ↑ Pascal Delwit, Le Front national, Université de Bruxelles, , 240 p. (ISBN 978-2-8004-1519-2), p. 14
- ↑ Jean-Yves Camus, Le Front national, Olivier Laurens, , 279 p. (ISBN 2-911838-01-7), p. 31
- Joseph Lorien, Karl Criton et Serge Dumont, Le système Le Pen, EPO, , 336 p. (ISBN 2872620133), p. 127
- BERNARD BRIGOULEIX, « M. Le Pen reprend et accentue ses attaques contre le communisme », Le Monde, (lire en ligne)
- ↑ Laurent de Boissieu, « Chronologie du Front national »
- ↑ Valérie Igounet, Le Front national de 1972 à nos jours, Seuil, , 495 p. (ISBN 978-2-02-107826-8), p. 82
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