Ibn Hajar al-Asqalani

Ibn Hajar al-Asqalani
ابن حجر العسقلاني
Fonctions
Grand cadi
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Ahmad ibn Ali
Activité
Appartenance ethno-culturelle
Père
Nur ad-Din Ali
Fratrie
Sitt ar-Rakb (sœur)
Conjoint
Ouns Khatun
Enfant
Abu al-Maʿali Badr ad-Din Muhammad
Autres informations
Religion
Maîtres
Ḥāfīẓ al-ʿIrāqī (en), ʿIzz-ad-Dīn ʿAbd-al-ʿAzīz Ibn-Badr-ad-Dīn Ibn-Ǧamāʿa (d), Siraj al-Din al-Mulaqqin (en), Ahmad Ibn-Muhammad Ibn-al-Haʾim (d), Nur al-Din al-Haythami
Titres honorifiques
Cheikh al-Islam
Hafiz al-Asr
Amir al-Mu'minin fil-Hadith
Œuvres principales
Al-Fath'ul Bâri, Bulūgh al-marām min adillat al-aḥkām (d), Lisān al-mīzān (d), Al-Isaba fi tamyiz al Sahaba, Nuzhetu'un-Naẓar fī tavżīḥi nuḫbeti'l-fiker (d)
Vue de la sépulture.

Shihab ad-Din Abu al-Fadl Ahmad ibn Ali ibn Muhammad (en arabe : شهاب الدين ابوالفضل احمد إبن علي إبن محمد), davantage connu sous le nom d’Ibn Hajar al-Asqalani (en arabe : إبن حجر العسقلاني), né le 18 février 1372 à Fostat et mort le 2 février 1449 au Caire, est un érudit musulman sunnite. Juriste chaféite et théologien acharite, il est avant tout spécialisé dans le domaine des hadiths si bien qu'il est nommé Amir al-Mu'minin fil-Hadith (« Commandeur des croyants dans la science du hadith »)[2].

Biographie

Enfance

Ahmad naît au sein d’une famille arabe kinanite au Caire le 18 février 1372[3]. Ses parents, arrivant d’Alexandrie, sont originaires d’Ascalon au Levant. Son père, Nur ad-Din Ali, en plus de pratiquer le commerce comme ses ancêtres, est également un poète et un savant chaféite qui maîtrise les sept lectures canoniques du Coran[2],[4].

« Ibn Hajar » est le surnom de l'un de ses ancêtres, transmis à ses enfants et petits-enfants. Il est aussi connu sous la kunya Abu al-Fadl et la nisba al-Asqalani (« L'Ascalonite ») en référence à Ascalon en Palestine[4].

Ses deux parents mourant durant son enfance, lui et sa sœur, Sitt ar-Rakb, sont placés sous la tutelle du frère de la première femme de son père, Zaki ad-Din al-Kharrubi. Ce dernier inscrit Ibn Hajar à l'étude du Coran dès l'âge de cinq ans. Il y excelle, apprenant la sourate Maryam en un seul jour et mémorisant l'intégralité du Coran à neuf ans[5]. Il progresse ensuite vers la mémorisation de textes tels que la version abrégée de l'ouvrage d'Ibn al-Hajib sur les fondements du droit. Lorsqu'il accompagne son tuteur à La Mecque à l'âge de 12 ans, il est déjà jugé apte à diriger les prières du Tarawih pendant le Ramadan.

Études

À la mort d'Al-Kharrubi en 1386, l'éducation d'Ibn Hajar en Égypte est confiée au savant du hadith Shams ad-Din ibn al-Qattan. Ce dernier le fait assister aux cours de Siraj ad-Din al-Bulqini (en) et d'Ibn al-Mulaqqin (en) en droit chaféite, ainsi qu'à ceux de Zain ad-Din al-Iraqi (en) en sciences du hadith.

Il voyage ensuite à Damas et Jérusalem pour étudier auprès de Shams ad-Din al-Qalqashandi, Badr ad-Din al-Balisi et Fatima bint al-Manja at-Tanukhiyya. Il apprend les fondements du hadith et d'autres disciplines avec le célèbre savant Izz ad-Din Ibn Jama'ah[6]. Après d'autres séjours à La Mecque, Médine et au Yémen, il retourne en Égypte.

Ibn Hajar bénéficie de l'enseignement de 628 professeurs, dont 55 femmes[7]. Parmi ses enseignantes figurent Fatima at-Tanukhiyya et Fatima al-Maqdisiyya, auprès desquelles il étudie divers ouvrages. Des rivalités apparaissent entre Ibn Hajar et d'autres savants principalement pour l'obtention de postes prestigieux dans l'enseignement ou la fonction de Grand cadi. Parmi eux, Wali ad-Din al-Safti, Muhammad ibn Ata-Allah al-Harawi, Shams ad-Din al-Hirmawi et Muhammad ibn Ismaʿil al-Wana'i[4]. Il entretient également une rivalité intellectuelle avec le savant hanafite Badr ad-Din al-Ayni[8].

L'imam As-Suyuti rapporte : « On raconte qu'il a bu de l'eau de Zamzam dans l'intention d'atteindre le niveau d'Adh-Dhahabi en mémorisation ; ce qu'il a réussi, allant même jusqu'à le surpasser[9]. »

Vie personnelle

En 1397, à l'âge de vingt-cinq ans, Al-Asqalani épouse Ouns Khatun, une célèbre experte en hadith. Celle-ci détient des ijazat de ʿAbd ar-Rahim al-Iraqi et donne des conférences publiques devant des assemblées de savants, auxquelles assistait as-Sakhawi (en)[10],[11]. Il donne naissance à cinq filles avec elle, et à une autre fille avec une seconde épouse. Toutes ses filles meurent de son vivant. Il se marie une troisième fois, mais son unique fils, Abu al-Maʿali Badr ad-Din Muhammad, naît en 1412 d'une esclave d'origine tatare. Bien qu'incertaines, il y a de bonnes raisons de penser que son fils n'a pas les compétences requises pour les postes académiques auxquels son père tente de le nommer et qu'il n'est pas non plus un bon administrateur[12].

Ibn Hajar est de taille moyenne, possède une apparence raffinée, et dégage une autorité imposante et une grande énergie. Il accorde peu d'importance à la nourriture et à la boisson. Grâce à sa compréhension rapide et à sa mémoire exceptionnelle, il est capable de suivre et corriger des textes qu'on lui lit tout en écrivant[4].

Carrière et œuvre majeure

Sous les Mamelouks, Ibn Hajar est nommé à plusieurs reprises au poste de Grand Cadi.

En 1414, Ibn Hajar s’attaque à l'immense tâche de commenter le Sahih al-Bukhari, le recueil de hadiths le plus illustre, reprenant des travaux inachevé d'Ibn Rajab (en), qui est mort parvenu à la section des prières funèbres[13]. Ibn Hajar décide de donner à ses propres commentaires le même titre, Fath al-Bari, qui avec le temps devient le commentaire le plus réputé de l'œuvre d'Al-Bukhari[14]. Quand il le termine en décembre 1428, une cérémonie a lieu près du Caire, à laquelle participent les ouléma, les juges et les principales personnalités égyptiennes. Ibn Hajar lit les dernières pages de son travail, après quoi les poètes récitent des éloges et de l'or est distribué. Selon l'historien Ibn Iyas, il s'agit de la plus grande célébration de l’époque en Égypte.

Mort

Ibn Hajar décède après la prière de ʿIsha le à l'âge de soixante-seize ans. La prière funéraire est dirigée par le calife abbasside Al-Mustakfi II[4] et on estime que 50 000 personnes assistent à ses funérailles au Caire, dont le sultan Sayf ad-Din Jaqmaq[15]. Son corps repose a la Cité des morts au Caire[4].

Œuvres

  • Fath al-Bari - considéré comme le commentaire le plus important et fiable du Sahih al-Bukhari.
  • Al-Isaba fi tamyiz as-Sahaba - le dictionnaire biographique des Sahaba le plus complet.
  • Al-Durar al-Kamina - un dictionnaire biographique de personnalités du VIIIe siècle.
  • Bulugh al-Maram (en) - recueil de hadiths utilisé dans le fiqh chaféite.
  • Tahdhib al-Tahdhib - abrégé du Tahdhib al-Kamal, encyclopédie de narrateurs de hadith d'al-Mizzi.
  • Taqrib al-Tahdhib - abrégé du livre précédent.
  • Ta'jil al-Manfa'ah - biographies de narrateurs des Musnads des quatre Imams.
  • Raf‘ al-iṣr ‘an quḍāt Miṣr - un dictionnaire biographique consacré aux cadis d’Egypte[16].
  • Nata'ij al-Afkar fi Takhrij Ahadith al-Adhkar
  • Lisan al-Mizan (en) - une refonte du Mizan al-I'tidal d'adh-Dhahabi[17].
  • Talkhis al-Habir fi Takhrij al-Rafiʿi al-Kabir
  • Al-Diraya fi Takhrij Ahadith al-Hidaya
  • Taghliq al-Taʿliq ʿala Sahih al-Bukhari
  • Risala Tadhkirat al-Athar
  • Al-Matalib al-ʿAliya bi Zawa'id al-Masanid al-Thamaniya
  • Nukhbat al-Fikr, et son explication Nuzhah al-Nathr
  • Al-Nukat ala Kitab ibn al-Salah
  • Al-Qawl al-Musaddad fi Musnad Ahmad - analyse des hadiths à l'authenticité contestée dans le Musnad d'Ahmad ibn Hanbal.
  • Silsilat al-Dhahab
  • Taʿrif Ahl al-Taqdis bi Maratib al-Mawsufin bi al-Tadlis

Références

  1. ↑ USC-MSA Compendium of Muslim Texts
  2. abbas zaryab khuii, "Ibn Hajar al-Asqalani". Encyclopaedia Islamica.
  3. ↑ Amalia Levanoni, « Who Were "the Salt of the Earth" of Fifteenth-Century Egypt? », Middle East Documentation Center, University of Chicago, vol. 14,‎ (lire en ligne, consulté le ) :

    « Aḥmad ibn ʿAlī Ibn Ḥajar al-ʿAsqalānī (773–852/1371–1448) was born in an Arab Kinānī family in Cairo. »

  4. M. YAŞAR KANDEMİR, İBN HACER el-ASQALÂNÎ [« TDV Islamic Encyclopedia »], Turkey, islamansiklopedisi, , 514-531 p.
  5. ↑ B. Lewis, V.L. Menage, Ch. Pellat et J. Schacht, Encyclopaedia of Islam, vol. III (H-Iram), Leiden, Netherlands, Brill, , New éd. (1re éd. 1st. pub. 1971) (ISBN 9004081186), p. 776
  6. ↑ جلال الدين السيوطي, نظم العقيان في اعيان الاعيان [« Stringing of Gold/Pearls in [the Lives of] the Notable Notables »], Beirut, Scientific Library,‎ , 45 p.
  7. ↑ (en) Aisha Abdurrahman Bewley, Muslim Women : A Biographical Dictionary, Londres, Ta-ha Publishers, , 221 p., p. 123
  8. ↑ Al-'Ayni, 'Iqd al-Jumān, 372.
  9. ↑ Thail Tabaqaat al-Huffaath, pg. 251.
  10. ↑ « Imam Ibn Hajar Al Asqalani », sur Tauhidahmed (consulté le )
  11. ↑ « Imam Ibn Hajar Al-Asqalani », sur Nur.nu (consulté le )
  12. ↑ Rosenthal, Frank. "Ibn Ḥad̲j̲aj̲r al-ʿAsqalānī". Encyclopaedia of Islam New Edition Online (EI-2 English): 4 – via Brill.
  13. ↑ le travail d’Ibn Rajab a été publié par Dar Ibn al-Jawzi et comportait 7 volumes correspondant seulement aux 12 premières des 77 sections des œuvres complètes de Sahih Bukhari (c'est-à-dire moins d'un 1 / 6 de la totalité de l’ouvrage). On peut seulement imaginer l’ampleur qu’aurait eu ce travail si Ibn Rajab a été en mesure de le mener à son terme.
  14. ↑ R Kevin Jaques, "Ibn Hajar". Oxford Center for Islamic Studies.
  15. ↑ Ludwig W. Adamec (2009), Historical Dictionary of Islam, p.136. Scarecrow Press. ISBN 0810861615.
  16. ↑ Mathieu Tillier, Vies des cadis de Miṣr, 237/851-366/976, Le Caire, Institut français d'archéologie orientale, (ISBN 2-7247-0327-8 et 978-2-7247-0327-6, OCLC 52493823, lire en ligne)
  17. ↑ al-Dhahabi, Siyar A'lam al-Nubala', vol. 16, p. 154

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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