Ili-pada
Ilī-padâ ou Ili-iḫaddâ, la lecture du nom (m) DINGIR. PA.DA étant incertaine, était membre d'une branche secondaire de la famille royale assyrienne. Il occupa la fonction de grand vizir (sukkallu rabi'u) d'Assyrie et celle de roi (šar) de l'État vassal de Ḫanigalbat vers 1200 av. J.-C. Il était contemporain du roi assyrien Aššur-nīrāri III (vers 1203-1198 av. J.-C.) (en chronologie abrégée).
Biographie
Sa famille faisait remonter sa lignée à Eriba-Adad Ier. Son père était Aššur-iddin et son grand-père Qibi-Aššur, tous deux ayant été grands vizirs et rois de Ḫanigalbat[1]. Il accomplit son année de limmu aux alentours de la vingt-cinquième année du règne de Tukulti-Ninurta Ier. Ses frères étaient Qarrad-Aššur et Ninu'ayu, qui, comme Ilī-padâ, accomplirent également leur année de limmu durant cette période.
Il semble être tombé malade dans sa jeunesse, comme le relate un texte trouvé à Tell Šēḫ Ḥamad, dans l'est de la Syrie, près de la frontière avec l'Irak.
Avec Aššur-nīrāri III, il reçut la lettre désobligeante du roi kassite Adad-šuma-uṣur[2], où il est interpellé aux côtés de son supérieur sous un seul titre : [(x)] [x] LUGAL. MEŠ ša māt Aššur, les « xx rois d’Assyrie »[3]. Ils sont fustigés pour leur manque de discernement en des termes très grossiers, ce qui conduit à interpréter la lettre comme un signe de la montée en puissance babylonienne. Ilī-padâ avait conclu un traité avec les Sutéens, dans lequel le roi assyrien n’était pas mentionné[4].
Des textes médio-assyriens provenant de Tell Sabi Abyad apportent un éclairage nouveau sur sa carrière. Le site se situe dans la vallée du Balikh, à l'extrême nord de la Syrie, près de la frontière turque, et fait l'objet de fouilles successives depuis 1986, menées sous l'égide de l'Université de Leiden. Il envoya des provisions au roi de Karkamiš, alors que ce dernier était menacé par les tribus araméennes de Suhu[1], à rembourser par les autorités de Harran, ville voisine. Ceci démontre qu'Ilipada menait souvent ses relations étrangères de manière indépendante. Le chäteau (dunnu) de Tell Sabi-Abyad, servait de domaine rural à Ilī-padâ, et avant lui à Aššur-idinna, lorsqu'il était vice-roi assyrien de Ḫanigalbat. Le dunnu constituait également un centre administratif régional. Il fut construit sous le règne de Tukulti-Ninurta, resta un centre de production de céramique jusqu'en 1185 av. J.-C. environ, lorsque, sous le règne d'Enlil-kudurri-usur, Ilī-padâ mourut[5], et fut incendié sous celui de Ninurta-apil-Ekur vers 1180 av. J.-C.[6]
Deux de ses fils lui succédèrent et accédèrent à de hautes fonctions. Mardukija devint gouverneur de Katmuḫi, région montagneuse proche de l'actuelle Midyad, au Kurdistan turc, et exerça ses fonctions de limmu au début du règne d'Aššur-dan Ier, son neveu et petit-fils d'Ilī-padâ. Ninurta-apal-Ekur, après un séjour en Babylonie, vraisemblablement pour une mission officielle, remporta la victoire et succéda à Enlil-kudurri-usur comme roi d'Assyrie, établissant ainsi une lignée royale qui perdura au moins jusqu'au VIIIe siècle. Ses inscriptions le désignent comme le « fils » d'Eriba-Adad, et non d'Ilī-padâ, car ce dernier fut son dernier ancêtre à avoir été roi d'Assyrie, et non un simple fonctionnaire[3]. Sa fille, Uballiṭittu, est mentionnée sur une tablette parmi un groupe de personnes comme donnant ou recevant une boîte contenant trois récipients remplis de cinq litres d'huiles parfumées de haute qualité. Elle était peut-être mariée au roi du pays de Purulumzu dans le cadre d'un mariage diplomatique[4].
Références
- Itamar Singer, Ḫattuša-Boğazköy, Gernot Wilhelm, , 224, 237, « KBo 28.61-64, and the struggle over the throne of Babylon »
- ↑ A. K. Grayson, Assyrian Royal Inscriptions, Volume 1, Otto Harrassowitz, , 137–138 p.
- J. A. Brinkman, Reallexikon der Assyriologie und Vorderasiatischen Archäologie, Walter De Gruyter Inc, , 50–51 p.
- Jaume Llop-Raduà, Understanding Hegemonic Practices of the Early Assyrian Empire: Essays dedicated to Frans Wiggerman, Nederlands Instituut voor Het Nabije Oosten, , « Foreign Kings in the Middle Assyrian Archival Documentation », p. 252
- ↑ Assyrian King List, 82nd king, “Ninurta-apil-Ekur, son of Ila-Hadda, a descendant of Eriba-Adad, went to Karduniaš.”
- ↑ KAV 19: 6’; AfO 13 [1939/41] 315 [under “*Ili-pada”], if these texts refer to the same man.
Liens externes
- Fouilles du Musée national des antiquités des Pays-Bas à Tell Sabi Abyad
- Projet Tell Sabi Abyad, Université de Leiden, Faculté d'archéologie
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