Immeuble des Nouvelles Galeries de Fontainebleau

| Fondation | |
|---|---|
| Style | |
| Architecte |
Maurice-Charles Martineau (d) |
| Hauteur |
16,6 m |
| Occupants |
Prisunic ( - |
| Usage | |
| Patrimonialité | |
| État de conservation |
préservé |
| Adresse |
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| Coordonnées |
48° 24′ 19″ N, 2° 42′ 06″ E |
|---|

L'immeuble des Nouvelles Galeries, ultérieurement dit immeuble Prisunic et parfois immeuble Monoprix, est un bâtiment de commerce et d'habitation dans le centre-ville de Fontainebleau, en France. Il est un monument d'intérêt local.
Situation et accès
Le bâtiment est situé au no 58 de la rue Grande, à l'angle de la rue Paul-Séramy (anciennement, rue du Parc), sur un terrain débouchant à l'arrière sur la rue du Château, dans le centre-ville de Fontainebleau, en face de l'église et de l'hôtel de ville. L'accès au magasin se fait en plusieurs endroits au rez-de-chaussée, l'accès aux appartements habités par la rue Grande étant distinct. Plus largement, il se trouve dans le département de Seine-et-Marne, en région Île-de-France.
Histoire
Structures précédentes
Une hypothèse voudrait que sur le terrain ait été autrefois élevée la maison donnée en par le roi Philippe IV le Bel à Guillaume de Nogaret, son conseiller intime[1]. Au XVIIe siècle, à l'angle de la rue des Parties-Casuelles (actuellement, Paul-Séramy), sis une maison portant l'enseigne du Dauphin : il s'agit d'un vaste immeuble composé de plusieurs maisons en bordure sur les deux rues et de plusieurs logis dans la cour. Le propriétaire, sur la Grande Rue, est alors le sculpteur Mathurin Testu, l'auteur des vases de grès posés sur les piedestaux de la balustrade de l'avant portail du donjon. Après sa mort le , ses deux enfants, Isaac et Jean, tous deux sculpteurs, procèdent à un partage provisionnel en présence de leur mère. La maison d'angle revient à Jean, qui reçoit en même temps un terrain sur lequel il construit une maison à quatre étages, grâce aux deniers fournis par Catherine Garnot, veuve Bardin[2].
Lors des travaux en vue de la construction de l'actuel immeuble, une plaque de plomb de 220 centimètres carrés environ, est découverte dans la semaine du par les ouvriers de Georges Lessertteur à quelques centimètres du ras-du-sol, au niveau des assises de « libage », entre deux ardoises scellées dans une pierre de taille de grès. Encadrée de vignettes rudimentaires, cette plaque porte, en caractères repoussés à la main, l'inscription « CETTE PREMIER / A ETE POSEE PAR / MAITRE JEAN LEFEBVRE / ORLOGEUR DU ROY / MAY 1735. ». Il est alors prévu d'offrir cette plaque au musée municipal[3]. Le , de nouveau, en démolissant la deuxième partie de l'immeuble, mettent à jour, dans la deuxième cave parallèle à la rue Grande, au niveau du sol des caves, au-dessous des ateliers Dupuy, une pierre de 1,20 mètre de long, sur 0,9 mètre de large et 0,6 mètre de haut, portant sur la face antérieure l'inscription suivante « LE 1 AVRIL 1727 AY / ETE POSEE PAR PIERRE / FRANÇOIS MARCHAND PE / TIT FILS DE Mr ETIENNE / MARCHAND ET DE Mde ELIZA / BETH DUCHEMIN SON EPOUSE / ENTREPRENEUR DES PONTS ET / CHAUSSEES DE FRANCE »[1].
Au XIXe siècle est installé à cet emplacement un magasin à l'enseigne Bazar de l'Hôtel-de-Ville ainsi que le « café du Commerce », séparés par un couloir. Le premier étage est ainsi occupé par des magasins, contenant notamment des objets de valeurs, les époux directeurs logeant au second étage[4].
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La rue Grande d'où l'on aperçoit le Bazar de l'Hôtel-de-Ville et Nouvelles Galeries. Sur le balcon de la maison à l'angle, on aperçoit également l'enseigne Pianos Musique du magasin Legrand, au tournant du XXe siècle. -
Vue rapporchée des étalages des magasins et du bazar, au tournant du XXe siècle.
Nouveau bâtiment
Le bâtiment est impulsé par la chaîne de magasins Nouvelles Galeries dans les années 1910, soit à la Belle Époque, sur le principe des grands magasins parisiens[6]. Il est élevé selon les plans de l'architecte Maurice-Charles Martineau, également auteur de l'immeuble des Nouvelles Galeries de Meaux[7],[8]. Les Nouvelles Galeries rachètent à cet emplacement le café du Commerce qui ferme le soir du , ainsi que les magasins de bonneterie Gaudon et de pianos Legrand[9],[10],[11]. Le nouvel acquéreur projette alors d'utiliser le rez-de-chaussée de cet établissement pour l'agrandissement du Bazar en installant un hôtel aux étages[9], mais ce projet est rapidement abandonné au profit d'un complexe d'appartements. En outre, on souhaite doter le bâtiment d'un ascenseur, le premier installé à Fontainebleau dans une maison particulière[12].
La démolition des immeubles est commencée quelques mois plus tard, en , avec ceux des anciens magasins Gaudon et Legrand à l'angle de la rue du Parc (rue Paul-Séramy)[10],[11]. Considérant le plan d'alignement et le règlement municipal de voirie, « les constructions bordant les rues de 10 mètres et au-dessus de devront pas avoir plus de 16 mètres de hauteur » avec une certaine tolérance dérogatoire pour les « constructions privées ayant un caractère monumental ». La Société des Nouvelles Galeries sollicitant une telle autorisation pour une construction projetée de 16,60 mètres, le conseil municipal l'accorde dans sa séance du , « en raison du caractère vraiment monument de l'immeuble projeté » et « en raison de son importance et de l'embellissement qui en résultera pour cette partie très fréquentée » de la ville[13]. Une fois l'immeuble en usage, l'ascenseur subit manque de provoquer un incendie : de la fumée commence à en sortir le , à la suite d'un court-circuit, avant que le courant électrique ne soit coupé pour constater une partie des dégâts[14].
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Le bâtiment en construction sur la droite, alors que le cortège du roi d'Espagne, Alphonse XIII, passe par la rue Grande, le . -
Rue Grande avec magasins de l'immeuble avant l'arrivée de Prisunic. -
Affiche pour l'enseigne des Nouvelles Galeries.
Nouvelles enseignes

Le magasin Prisunic s'installe au rez-de-chaussée le [15]. Cette installation suscite toutefois quelques interrogations : bien que les consommateurs soient satisfaits d'une telle installation, des commerçants s'insurgent contre la concurrence qui leur est faite[16]. Le rachat de la chaîne Prisunic par Monoprix au début des années 2000 provoque un changement d'enseigne. En 2026, à la suite de l’annonce par ce dernier, enseigne du groupe Casino, de la cession de trois magasins à Lidl et de la fermeture de plusieurs autres, une confusion naît après qu’un article du Figaro du a été illustré par une photo du magasin de Fontainebleau : cette rumeur de fermeture se révèle toutefois fausse[17],[18].
Structure

Le bâtiment adopte des caractéristiques typiques de l'Art nouveau, notamment au niveau du coupole et des auvents. Il se répartit sur cinq niveaux.
Les façades de briques rosâtres comportement des ouvertures aux avents blancs. On compte 7 colonnes de 4 fenêtres sur la façade de la rue Grande et 5 colonnes de 4 fenêtres sur la façade de la rue Paul-Séramy. L'angle comporte, quant à lui, 2 colonnes de 3 petites ouvertures et une colonne de 4 fenêtres[19]. L'ensemble des sculptures ornementales est essentiellement constitué de formes végétales[19].
Statut patrimonial et juridique
Le bâtiment, à son adresse du 23 rue du Château, est un monument du patrimoine d’intérêt local défini par le règlement du plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) de la communauté d'agglomération du Pays de Fontainebleau, au titre des « bâtiments de qualité architectural »[20].
Références
- « Une “première pierre” », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 79, no 3, , p. 2/4 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ Félix Herbet (préf. Gaston Sénéchal), L'Ancien Fontainebleau : Histoire de la ville, rues, maisons, habitants au XVIIe siècle, Fontainebleau, Bourges, , 537 p. (lire en ligne), p. 151.
- ↑ « Mise à jour d'une “première pierre” », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 78, no 20, , p. 2/6 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « Vol au Bazar de l'Hôtel-de-Ville », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 73, no 8, , p. 2/6 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ Archives départementales de Seine-et-Marne, Document 4P36/651 (1814), minute, section C, 1re feuille, Fontainebleau, Cadastre napoléonien (lire en ligne
)
- ↑ Flohic 2001, p. 580.
- ↑ Inscription de l'architecte à moitié effacée au-dessus de la porte d'entrée vers les logements, sur la façade de la rue Grande.
- ↑ « Magasin Nouvelles Galeries », notice no IA77000663, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
- « Chronique locale », L'Abeille de Fontainebleau, no 41 de la 77e année, , p. 2/6 (lire en ligne
, consulté le )
- « Faits divers », L'Abeille de Fontainebleau, no 13 de la 78e année, , p. 3/6 (lire en ligne
, consulté le )
- « Chronique locale », L'Abeille de Fontainebleau, no 15 de la 78e année, , p. 2/6 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « Chronique locale », L'Abeille de Fontainebleau, no 43 de la 77e année, , p. 3/6 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « Conseil municipal de Fontainebleau », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 78, no 24, , p. 5/8 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « Chronique locale », L'Abeille de Fontainebleau, vol. 80, no 15, , p. 1/6 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ « La saga de Prisunic », sur tout-prisu.net (consulté le )
- ↑ R. C., « Conseil municipal : Magazin « Prisunic » », L'Abeille de Fontainebleau, no 30 de la 99e année, , p. 1 (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ Manon Malhère, « La Défense, Vitry-sur-Seine, Nantes, Tours... Ces 8 magasins Monoprix qui vont être cédés ou fermés », Le Figaro, (lire en ligne
, consulté le )
- ↑ Julien Van Caeyseele, « Seine-et-Marne : mauvaise photo, rumeur… non, ce Monoprix historique ne va pas fermer (ni devenir un Lidl) », La République de Seine-et-Marne, (lire en ligne
, consulté le )
- Médias présents dans l'article et disponibles dans la catégorie sur Wikimedia Commons.
- ↑ « Liste des éléments de patrimoine bâti et paysager protégés : construisons ensemble l'avenir du pays de Fontainebleau », annexe du plan local d'urbanisme intercommunal [PDF], sur pays-fontainebleau.fr (consulté le ), p. 57
Bibliographie
- [Flohic 2001] Jean-Luc Flohic, Le Patrimoine des communes de Seine-et-Marne, t. I, Paris, Flohic, , 1re éd., 1 507 p. (ISBN 2-84234-100-7, OCLC 56109117, LCCN 2004429467), Canton de Fontainebleau, « Fontainebleau », p. 568-580.
Annexes
Articles connexes
- Nouvelles Galeries
- Prisunic
- Église Saint-Louis de Fontainebleau
- Hôtel de ville de Fontainebleau
- Hôtel de la Caisse d'épargne de Fontainebleau
Liens externes
- Image du magasin Prisunic vers la fin du XXe siècle sur tout-prisu.net
- Magasin Prisunic visible à l'arrière-plan dans un reportage de 1997.
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