pour tout entier[1]n > 1 et tout réelx supérieur ou égal à −1. De plus, l'inégalité ci-dessus est stricte si x est non nul et seulement dans ce cas.
Démonstrations
Par récurrence
Soit un réel . Montrons l'inégalité stricte pour tout entier n > 1, par récurrence sur n .
Initialisation : donc la propriété est vraie pour n = 2.
Hérédité : supposons (hypothèse de récurrence) que et montrons que la propriété est vraie au rang suivant k + 1, c'est-à-dire montrons que . En multipliant les deux membres de l'inégalité de l'hypothèse de récurrence par 1 + x (qui par hypothèse est positif ou nul) on obtient : .
Conclusion : la propriété est vraie au rang 2 et elle est héréditaire donc vraie pour tout entier .
Remarquons enfin que si alors
pour tout entier . Il y a donc inégalité stricte si, et seulement si, .
Utilisant la formule du binôme et la formule des séries géométriques
La courbe d'une fonction strictement convexe se trouve strictement au-dessus de ses tangentes, sauf au point de contact.
Plus précisément, si est strictement convexe dérivable sur un intervalle et un point de , alors : .
Appliquant ceci à qui est bien strictement convexe sur pour car est strictement croissante sur cet intervalle, en prenant on obtient bien .
Généralisation
Exposant étendu à un réel >1
Pour tout réelr > 1 et tout réel x supérieur ou égal à −1, on a encore :
.
avec égalité si, et seulement si, x est nul. La démonstration par convexité fonctionne de la même façon, mais on peut effectuer la démonstration élémentaire suivante :
Démonstration par étude des variations de la différence
Cette fois c'est r qu'on fixe (strictement supérieur à 1), et l'on étudie les variations de la fonction f définie sur D = [–1, +∞[ par :
,
le but étant de montrer que f(x) > 0 pour tout x non nul appartenant à D.
Les deux premières dérivées de f sur ]–1, +∞[ sont données par :
,
donc est nulle en 0 et strictement croissante. Elle est donc strictement négative sur ]–1, 0[ et strictement positive sur ]0, +∞[.
Par conséquent, la fonction f (continue en 0 et −1) est strictement décroissante sur [–1, 0] et strictement croissante sur [0, +∞[.
Comme elle s'annule en 0, on a donc bien f > 0 sur .
Cas d'un réel strictement compris entre 0 et 1
Pour tout réel et tout réel x supérieur ou égal à −1, on a cette fois [2]:
.
La fonction définie par est cette fois strictement concave sur car sur , d'où le changement de sens de l'inégalité.