Inés Jiménez Lumbreras

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Étudiante, agente de renseignement, espionne, militaire |
| A travaillé pour |
Armée populaire de la République espagnole Service de renseignement militaire de la République espagnole (en) |
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| Idéologie | |
| Lieux de détention |

Inés Jiménez Lumbreras, née à Madrid en 1915 et morte en 1940 à Sant Adrià de Besòs, est une étudiante et infirmière espagnole, la dernière femme républicaine exécutée de la prison de Les Corts de Barcelone. Elle a été fusillée au Camp de la Bota[1], victime de la répression franquiste[2], à l'âge de 25 ans[3].
Biographie
Inés est une étudiante madrilène qui, avant d'embrasser la cause de la Seconde République espagnole, est affiliée à la Jeunesse Catholique et à l'Association d'Étudiants Catholiques/FET[4]. En 1936, elle a une fille appelée Hortensia, fruit de sa relation avec un milicien avec lequel elle aurait été mariée civilement.
En pleine guerre civile, elle est partie à Barcelone, en laissant sa fille (qu'elle n'a jamais revue) à sa mère.
Inés collabore activement à la défense du gouvernement de la Seconde République (1931-1939) et devient agent du Service d'Information Militaire (SIM), spécialisé dans la détection d'agents masqués, des membres de la cinquième colonne et de traîtres à la cause républicaine.
Fin 1937, elle fait la connaissance de Carmen Tronchoni Soria, une jeune valencienne, phalangiste et activiste du Secours Blanc (mouvement carliste), impliquée dans le soutien aux officiers rebelles contre la République et personnes de droite qui voulaient rejoindre le camp nationaliste, pour qui elle obtenait des passeports et des laisser-passer[5].
Inés se lie avec elle et, avec Ricardo Basurto Clemente et José Frutos Soria (agents infiltrés du SIM), propose de l'accompagner à Valence et de lui faciliter la fuite des transfuges, qui furent logés dans un hôtel puis emmenés à une maison de Barcelone, où ils furent arrêtés le .
Carmen Tronchoni est jugée pour délits de haute trahison et espionnage, et fusillée au château de Montjuïc en [6],[7]. Des années plus tard, les restes de Carmen Tronchoni sont déplacés au Valle de los Caídos[8] par la dictature franquiste.
Après la guerre d'Espagne, avec la défaite de l'Armée populaire de la République, la répression franquiste ne s'est pas fait attendre. Inés est arrêtée et détenue dans la prison de Les Corts le , à Barcelone. Soumise à un conseil de guerre sommaire, elle est accusée de rébellion militaire et pour le fait d'être une espionne républicaine. Elle est condamnée à mort et passée par les armes au Camp de la Bota, le matin du , puis enterrée au Fossar de la Pedrera, du cimetière de Montjuïc[9].
Mémoire historique
La dictature de Francisco Franco a rendu des honneurs et accordé des décorations à Carmen Tronchoni, comme héroïne et martyre du Movimiento Nacional, et lui a consacré des rues, écoles et publications diverses[10].
La figure d'Inés, en revanche, est tombée dans l'oubli et le silence. Sa fille, Hortensia, qui n'avait pas connu son père, avait environ quatre ans lorsqu'elle a perdu sa mère; elle a été élevée par sa grand-mère et envoyée ensuite dans un couvent de religieuses, toujours marquée par le stigmate d'être fille d'une rouge. En 1959, elle est partie au Canada, s'est mariée et a eu des enfants. Ce n'est que dans les années 2000, après son retour en Espagne, qu'elle s'est mise en contact avec l'historien et écrivain Joan Corbalán Gil et avec l'Association Pro-Mémoire aux Immolés pour la Liberté en Catalogne, qui lui ont facilité la façon d'accéder à la documentation du conseil de guerre et permis de visiter le Fossar de la Pedrera, à Montjuïc, la fosse commune où repose sa mère, de qui elle conserve comme des documents de grande valeur les lettres qu'elle lui a envoyées pendant la guerre et avant d'être fusillée[11].

Le , à l'occasion des quatre-vingt ans de ces exécutions, la mairie de Barcelone inaugure l'espace de mémoire Parapet des exécutées et des exécutés, de l'artiste Francesc Abad, dans l'arrondissement de Sant Martí, près de l'Édifice Fòrum du quartier de Diagonal Mar, au nord de la ville.
Références
- ↑ « Els consells de guerra: Les onze afusellades del Camp de la Bota », Memòria Presó de Dones de Les Corts. Barcelona 1939-1955 (consulté en )
- ↑ « Document 35109, JIMÉNEZ LUMBRERAS, Inés | IHR » (consulté le )
- ↑ « Les Corts prison's history | Presó de les Corts », sur presodelescorts.org (consulté le )
- ↑ Joan Corbalán Gil, Justícia, no venjança: els executats pel franquisme a Barcelona (1939-1952), Cossetània Edicions, (ISBN 9788497913508, lire en ligne), pàg. 95 i ss.
- ↑ (es) Domingo Pérez | Madrid, « Las 33 margaritas | Nacional | Nacional - Abc.es » (consulté le )
- ↑ (ca) « Memòria de la presó de dones de les Corts 1939-1955 », Fernando Hernandez Holgado (consulté le )
- ↑ Domènech Pastor Petit, Traïdors a Catalunya-La cinquena columna(1936-1939), Barcelona, Base, (ISBN 978-84-85031-71-9), p. 440
- ↑ (es) « La lista con todos los enterrados en el Valle de los Caídos », (consulté le )
- ↑ Emili Bella, « "«De moral muy dudosa»" - 10 des 2016 » (consulté le )
- ↑ « Carrers de Picassent amb - PDF » (consulté le )
- ↑ Joan Corbalán Gil, Justícia, no venjança. Els executats pel Franquisme a Barcelona (1939-1952) Pàgines 95-96-97-98 Hortensia Jiménez Lumbreras, filla d'Inés Jimenez Lumbreras., Valls (Tarragona), Cossetània, (ISBN 978-84-9791-350-8), p. 355
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