Indonesia Raya (quotidien)

Indonesia Raya était un quotidien indonésien, fondé le par l'écrivain - journaliste Mochtar Lubis, Julli Effendi (qui occupera le poste de directeur) et Hiswara Darmaputera (futur rédacteur en chef).

Histoire

Le journal a connu deux périodes de publication : 1949-1958 pendant l'Orde Lama (Ancien ordre) du président Soekarno, puis 1968-1974 sous la dictature de l'Orde Baru (Ordre nouveau) du président Soearto.

Sur les deux périodes, le quotidien est interdit de publication.

Première période

La première parution débute à Jakarta le 29 décembre 1949, deux jours après la reconnaissance de souveraineté de l'Indonésie par les Pays Bas.

Plusieurs conflits entre actionnaires éclatent et un bref "nouvel" Indonesia Raya paraît en octobre 1958, mais s'éteint en moins de trois mois, faute de lecteurs.

En raison de ses activités, Mochtar Lubis a été assigné à domicile puis emprisonné sans procès à plusieurs reprises pendant ces neuf premières années du quotidien, au même titre que plusieurs autres journalistes.

Seconde période

La seconde période s’ouvre le 30 octobre 1968 sous forme de tabloïd durant 10 mois, puis au format standard à partir du 1er septembre 1969.

Dans un éditorial, Mochtar Lubis exprima d'abord son soutien au nouveau leadership de Soeharto, tout en promettant de continuer à critiquer pour contribuer à la réussite du nouveau gouvernement[1].

Cette dynamique prit fin six ans plus tard et le journal est définitivement interdit après avoir couvert les émeutes étudiantes dites de Malari (14–17 janvier 1974 à Jakarta). Celles-ci éclatent en marge de plusieurs rassemblements contre la corruption et l’influence économique japonaise, déclenchées lors de la visite du Premier ministre Kakuei Tanaka, puis ont dégénéré en violences urbaines et entraîné une répression politique et médiatique.

Il s'est ensuivi pour le journal un retrait du permis d’imprimer (21 janvier 1974) puis du permis de paraître (22 janvier 1974) et donc l’interdiction du journal.

Mochtar Lubis fut de nouveau détenu deux mois et demie, tandis que son adjoint Enggak Bahau’ddin passa près d’un an dans un centre de rétention militaire, avant d’être libéré.

Quatre journalistes du quotidien (Mochtar Lubis, Enggak Bahauddin, Kustiniyati Mochtar et le rédacteur en chef exécutif Atmakusumah Astraatmadja) furent placés sur liste noire et ne purent plus travailler comme journalistes ou auteurs.

Ligne éditoriale

Indonesia Raya était principalement réputé pour son journalisme d'investigation et ses révélations sur la corruption, avec un ton très critique envers pouvoirs publics et milieux d'affaires[2]. Le journal s'affichait non partisan, refusant toute étiquette politique.

Tirages

Au début des années 1950, le journal était distribué à plus de 5 000 exemplaires, en 1958 plus précisément à 47 500 exemplaires. Sur la seconde partie de vie du journal, près de 20 000 exemplaires étaient écoulés en 1968 avant d'atteindre 26 000 exemplaires en 1971, pour finir à 20 000 début 1973[3].

Rubriques et sujets marquants

Le journal couvre des thèmes variés comme la politique nationale et internationale, l'économie, les sujets de société, etc.

Sur la première période, la direction a notamment abordé l'arrestation du général Roeslan Abdulgani sur des accusations de corruption (puis d'infraction aux règles de change) et d'un bras de fer entre officiers mécontents et le gouvernement Soekarno ; le mariage Soekarno-Hartini (mariage polygame du président, alors déjà marié à Fatmawati) ; la Conférence de Bandung ; le parc à thème "Taman Mini Indonesia" controversé pour ses coûts et le népotisme ambiant sur le projet ; les inégalités et la stratégie de développement de la jeune nation indonésienne ; le capital japonais dans le pays, etc[3].

Notes

  1. ↑ Ayu Novita Mega NIngsih, « Startegi Penerbitan Buku di Penerbit Media Pressindo sebagai Penopang Eksistensi Penulis di Indonesia », sur doi.org, (consulté le )
  2. ↑ Bikry Praditya Nur Alam et Septiawan Santana Kurnia, « Representatif Jurnalisme Investigasi dalam Buku Bandung Pop Darlings », Bandung Conference Series: Journalism, vol. 2, no 2,‎ (ISSN 2828-2175, DOI 10.29313/bcsj.v2i2.4148, lire en ligne, consulté le )
  3. Ignatius Haryanto, « Hak Kekayaan Intelektual Sebagai Masalah Komunikasi », Jurnal Komunikasi Indonesia, vol. 3, no 2,‎ (ISSN 2301-9816, DOI 10.7454/jki.v3i2.8844, lire en ligne, consulté le )
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