Inger Støjberg

Inger Støjberg
Illustration.
Inger Støjberg en 2026.
Fonctions
Présidente des Démocrates danois
En fonction depuis le
(3 ans, 10 mois et 29 jours)
Prédécesseur Parti créé
Ministre de l'Immigration et de l'Intégration

(3 ans, 11 mois et 30 jours)
Premier ministre Lars Løkke Rasmussen
Gouvernement Løkke Rasmussen II et III
Prédécesseur Manu Sareen
Successeur Mattias Tesfaye
Ministre du Logement

(1 an et 5 mois)
Premier ministre Lars Løkke Rasmussen
Gouvernement Løkke Rasmussen II
Prédécesseur Carsten Hansen
Successeur Ole Birk Olesen
Ministre de l'Emploi

(2 ans, 5 mois et 26 jours)
Premier ministre Lars Løkke Rasmussen
Gouvernement Løkke Rasmussen I
Prédécesseur Claus Hjort Frederiksen
Successeur Mette Frederiksen
Ministre pour l'Égalité des chances

(10 mois et 16 jours)
Premier ministre Lars Løkke Rasmussen
Gouvernement Løkke Rasmussen I
Prédécesseur Karen Jespersen
Successeur Lykke Friis
Députée danoise
En fonction depuis le
(3 ans, 6 mois et 21 jours)
Élection
Réélection 24 mars 2026
Circonscription Jutland du Nord
Groupe politique Démocrates danois

(20 ans, 1 mois et 1 jour)
Élection 20 novembre 2001
Réélection 8 février 2005
13 novembre 2007
15 septembre 2011
18 juin 2015
5 juin 2019
Circonscription Viborg
(2001 - 2007)
Jutland de l'Ouest
(2007 - 2021)
Groupe politique Venstre (2001 - 2021)
Indépendante (février - décembre 2021)
Successeur Gitte Willumsen
Biographie
Nom de naissance Inger Beinov Støjberg
Date de naissance
Lieu de naissance Hjerk (Salling, Danemark)
Nationalité Danoise
Parti politique Venstre (jusqu'en 2021)
Démocrates danois (depuis 2022)
Diplômée de Académie de l'information
Profession Journaliste

Inger Beinov Støjberg, née le à Hjerk (da), (Danemark), est une femme politique danoise, ancienne ministre et actuelle présidente du parti des Démocrates danois (DD).

Éléments personnels

Formation et carrière

Née dans une famille d’agriculteurs de la province du Jutland, elle se lance en politique dès le lycée[1]. En 1993, elle obtient son diplôme de l'enseignement secondaire à Mors, puis entame des études supérieures à l'école de commerce de Viborg en 1994. Elle renonce dès l'année suivante afin d'intégrer l'académie de l'information de Viborg, dont elle ressort diplômée en 1999.

Elle commence à travailler comme rédactrice au journal Viborg Bladet, puis devient journaliste indépendante en 2001 et prend la tête de la société Støjberg Kommunikation.

Vie privée

Elle s'est mariée en 2006.

Parcours politique

Débuts

Engagée au sein du parti libéral Venstre, alors âgée de 21 ans, elle est élue en 1994 au conseil de l'amt de Viborg. Elle y occupe plusieurs fonctions, notamment celles de vice-présidente de la commission de l'Éducation et de la Culture[2].

Elle est élue députée au Folketing lors des élections législatives de [3]. Lors des élections locales organisées simultanément, elle n'est pas candidate à un nouveau mandat au conseil de l'amt de Viborg.

Elle remporte un second mandat lors des élections législatives de [4]. Elle devient alors la vice-présidente du groupe parlementaire de Venstre, et sa porte-parole pour l'alimentation, la famille et la consommation[2].

Elle est réélue pour un troisième mandat lors des élections législatives anticipées de [5]. Après le scrutin, elle est promue au rôle de porte-parole politique de son parti[6].

Ministre des gouvernements Lars Løkke Rasmussen

Inger Støjberg lors de sa présentation comme nouvelle ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances.

Le , quand Lars Løkke Rasmussen devient Premier ministre en cours de législature après la nomination d'Anders Fogh Rasmussen comme secrétaire général de l'OTAN, elle entre au gouvernement comme ministre de l'Emploi et de l'Égalité des chances[7]. Lors d'un important remaniement ministériel le , elle doit renoncer au portefeuille de l'Égalité des chances[8].

Elle est réélue députée lors des élections législatives de , remportées par la gauche et à l'issue desquelles elle quitte ses fonctions ministérielles[9]. Elle siège alors dans l'opposition pour la première fois de sa carrière, et retrouve en son ancien rôle de porte-parole politique de son groupe parlementaire[10].

À l'issue de la victoire du bloc de droite aux élections législatives de lors desquelles elle remporte un cinquième mandat, elle est nommée ministre de l'Immigration et de l'Intégration dans le nouveau gouvernement de Lars Løkke Rasmussen[11],[12]. Elle lance une série de mesures restrictives afin de freiner l’afflux des demandeurs d’asile[13]. Elle met en place notamment un projet de loi ponctionnant les migrants les plus riches afin de financer leur accueil[14]. À la suite de la contestation de l'opposition politique, le seuil d'imposition passe de 400 € à 1840 €[15]. En , elle annonce que le Danemark cesse d'accueillir jusqu'à nouvel ordre les réfugiés proposés chaque année par le Haut commissariat de l'ONU aux réfugiés (HCR) et motive sa décision par la « responsabilité de maintenir la cohésion économique, sociale et culturelle du Danemark »[16]. Le , elle perd son portefeuille de ministre du logement lorsque Lars Løkke Rasmussen forme un nouveau gouvernement pour y intégrer le Parti populaire conservateur et l'Alliance libérale[17]. Prônant une attitude ferme vis-à-vis de l'immigration, elle est connue par sa posture politiquement incorrecte assumée et son humour qui font d'elle la ministre préférée des Danois[1].

Retour dans l'opposition et procès

Inger Støjberg quitte son ministère après la défaite de la droite aux élections législatives de . Elle devient alors la porte-parole de son groupe parlementaire pour les questions de justice[18]. Lors du congrès de Venstre en , elle est élue vice-présidente du parti en battant l'ancienne ministre Ellen Trane Nørby[19]. Elle annonce quitter ce poste en [20]. Elle annonce en son départ du mouvement, jugeant les idées de son parti trop molles en matière d’immigration[21].

En 2021, elle est jugée et condamnée à six mois de prison ferme pour avoir fait illégalement séparer, alors qu'elle était ministre de l'Intégration, des couples de demandeurs d’asile dont les épouses étaient mineures et dont, dans 23 cas, la différence d'âge était peu importante[22]. Elle défend sa position devant le tribunal argumentant que son « but était de protéger les filles »[23]. Le verdict ne peut faire l'objet d'un appel et la peine de prison est inconditionnelle, ce qui signifie qu'elle doit être purgée. Il divise l'opinion et la classe politique[24]. Peu de jours après sa condamnation, elle est déchue de son mandat de députée par le parlement. En dehors de l'extrême droite, la plupart des partis soutiennent son exclusion, y compris son ancien parti des Libéraux qu'elle avait quitté en février. Elle déclare : « Je préfère être expulsée par le Parlement pour avoir essayé de protéger des jeunes filles que d'en être chassée par le peuple danois parce que j'ai regardé ailleurs ». Elle décide aussi de rendre à la reine sa médaille de l'ordre de Dannebrog[25].

Fondation des Démocrates danois et retour au Folketing

Le , elle fonde le parti des Démocrates danois. Classé entre la droite et l'extrême droite, le mouvement est rejoint dès sa création par quatre députés ayant quitté le Parti populaire danois : Liselott Blixt, Bent Bøgsted, Lise Bech et Hans Kristian Skibby[26]. Il fait son entrée au parlement à la suite des élections législatives de 2022, recueillant 8,12 % des suffrages exprimés et en remportant 14 sièges[27],[28]. Støjberg retrouve alors son siège au Folketing et obtient 47 211 votes personnels lors du scrutin, en faisant la deuxième députée la mieux élue, seulement devancée par la Première ministre Mette Frederiksen[29].

Lors des élections législatives anticipées de , les Démocrates danois obtiennent 5,75 % des suffrages, un recul par rapport aux élections de 2022, et perdent quatre sièges. Malgré un recul important du nombre de votes personnels qu'elle rassemble sur son nom, passant de 47 211 en 2022 à 29 995 en 2026, elle est réélue députée[30].

Notes et références

  1. Au Danemark, Inger Stojberg, ministre de l’immigration et de la provocation, Anne-Françoise Hivert, lemonde.fr, 27 mars 2017
  2. (da) « Inger Støjberg (DD) », sur ft.dk (consulté le )
  3. (da) « Folketingsvalget den 20. november 2001 », sur valg.im.dk (consulté le )
  4. (da) « Folketingsvalget den 8. februar 2005 », sur valg.im.dk (consulté le )
  5. (da) « Folketingsvalget den 13. november 2007 », sur valg.im.dk (consulté le )
  6. (da) « Støjberg (V) ny politisk ordfører », sur TV 2 Danmark, (consulté le )
  7. (da) « Støjberg og Ellemann nye ministre », sur TV 2 Danmark, (consulté le )
  8. (da) « Løkkes mange kvinder », sur Dagbladet Information, (consulté le )
  9. (da) « Folketingsvalg torsdag 15. september 2011 - Valgte kandidater og stedfortrædere », sur Danmarks Statistik (consulté le )
  10. (da) « Støjberg bliver ny politisk ordfører i Venstre », sur DR, (consulté le )
  11. (da) « Folketingsvalg torsdag 18. juni 2015 - Valgte kandidater og stedfortrædere », sur Danmarks Statistik (consulté le )
  12. (da) « Her er hele Lars Løkkes ministerhold », sur Jyllands-Posten, (consulté le )
  13. Danemark : demandeurs d’asile, ce pays n’est pas ce que vous croyez !, lalibre.be, 26 juillet 2015
  14. « Le Danemark veut confisquer les bijoux et l'argent des réfugiés », sur Le Figaro (consulté le )
  15. « Comment le Danemark décourage les candidats à l'asile de tenter leur chance », sur www.lexpress.fr (consulté le )
  16. Jusqu'à nouvel ordre, le Danemark cesse d'accueillir des réfugiés de l'ONU, lalibre.be, 22 novembre 2016
  17. (da) « Løkkes ministerhold er på plads: Se hele listen », sur DR, (consulté le )
  18. (da) « Inger Støjberg bliver retsordfører i Venstre », sur DR, (consulté le )
  19. (da) « Inger Støjberg valgt som næstformand for Venstre », sur TV 2 Danmark, (consulté le )
  20. (da) « Inger Støjberg går af som næstformand i Venstre: 'Det var magtpåliggende for Jakob' », sur TV 2 Danmark, (consulté le )
  21. Slim Allagui, « Une ex-ministre en procès pour avoir séparé des couples d'immigrés », sur La Libre.be (consulté le )
  22. « Au Danemark, l’ex-ministre de l’immigration Inger Stojberg exclue du Parlement » Accès libre, sur Le Monde,
  23. Slim Allagui, « Au Danemark, une ex-ministre de l’Immigration à la barre », lefigaro.fr, 28 novembre 2021.
  24. (en) Inger Stoejberg: Jail for Danish ex-minister for asylum separations, bbc.com, 13 décembre 2021.
  25. « Danemark : condamnée, l'ex-ministre de l'immigration exclue du Parlement », lefigaro.fr, 21 décembre 2021.
  26. (da) « Inger Støjberg bekræfter: Stifter parti », sur TV 2 Danmark, (consulté le )
  27. (en-GB) Charles Szumski, « Former Danish liberal minister launches new right-wing party » Accès libre, sur Euractiv, (consulté le )
  28. Christophe Gueugneau, « Au Danemark, l’extrême droite a corrompu tout le champ politique » Accès payant, sur Mediapart, (consulté le )
  29. (da) « Her er valgets 10 største stemmeslugere », sur Jyllands-Posten, (consulté le )
  30. (da) Andreas Erecius Christensen, « Danmarksdemokraterne og Støjberg får vælgerlussing på hjemmebane », sur DR, (consulté le )

Annexes

Articles connexes

Liens externes

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