Institut pour la justice
| Fondation | |
|---|---|
| Origine |
À la suite du procès de Pierre Bodein en |
| Zone d'activité | |
|---|---|
| Forme juridique | |
| Domaine d'activité |
Autres organisations fonctionnant par adhésion volontaire (France) |
| Financement |
Dons |
| Objectif |
Réforme du système judiciaire français |
| Méthode | |
| Siège |
Paris (140 bis, rue de Rennes, 75006) |
| Pays |
| Effectif |
8 |
|---|---|
| Fondateur |
Axelle Theillier, Marie-Laure Jacquemond, Vanessa Poirier, Jean-Baptiste Roudillon |
| Président |
Axelle Theillier |
| Secrétaire général |
Pierre-Marie Sève |
| Trésorier |
Jean-Baptiste Roudillon |
| Personnes clés |
Pierre-Marie Sève, Alexandre Giuglaris, Guillaume Jeanson |
| Publication | |
| Site web |
| RNA | |
|---|---|
| SIREN | |
| OpenCorporates |
L’Institut pour la justice (IPJ) est un think tank[1] classé à droite, voire à l'extrême droite, qui milite essentiellement dans le domaine de la justice. Fondé en [1], l'Institut s'est fait connaître par la diffusion de pétitions, notamment son « Pacte pour la Justice », qui a été remarqué à l'automne [2].
L'association défend une vision de la société à la fois conservatrice et économiquement libérale[3].
Présentation
Orientation politique
L'association est considérée par plusieurs médias comme étant « plutôt classée à droite »[2], ou « très à droite »[4] et ayant des experts connus comme « de droite ». À ses débuts, le journal Libération[5] soulignait que certains députés de gauche la qualifiaient « d'association d'extrême droite ». Le Syndicat de la magistrature lui-même classé à gauche, a émis en un communiqué classant les thèses de l'Institut pour la Justice comme inspirées par l'extrême droite[6] et Virginie Valton, vice-présidente de l'Union syndicale des magistrats, considère que les propositions de l'Institut pour la Justice « se situent entre la droite populaire et le Front national[7] ». En , le secrétaire général de l'Institut pour la Justice se retrouve sur le « mur des cons » du Syndicat de la magistrature[8].
Certains journaux comme Rue89[7] et La Croix[9] considèrent l'IPJ comme proche du parti Les Républicains (anciennement UMP). En , l'Institut pour la Justice est considéré comme une « association conservatrice par la majorité[10] » parlementaire et en , Le Figaro Magazine, dans un article sur les inquiétudes suscitées par la réforme pénale, qualifie l'Institut pour la Justice de « think tank de tendance conservatrice »[11].
L'avocat et blogueur Maître Eolas conteste les objectifs de l'Institut en y voyant « une simple association de essayant de promouvoir des thèses ultra-répressives sous un vernis pseudo-scientifique[12] ». Ce point de vue est partagé par Maître Antonin Le Corno qui qualifie l'association de « groupe de pression qui n'est pas apolitique et qui fait du lobbying pour imposer des points de vue très réactionnaires[13] ». D'après lui, les vrais objectifs de l'Institut seraient d'aboutir « à moins de garanties procédurales et à plus de répression »[13]?
En , l'association est décrite comme proche d'Éric Zemmour par BFM TV. Le , des journalistes sont pris à partie lors d'un rassemblement à Paris organisé par l'Institut pour la Justice en réaction au meurtre de Lola. En présence d'élus du parti Reconquête ou du mouvement antivax et de Florian Philippot, de nombreux slogans d'extrême droite sont entonnés[14]. En , selon le média Blast, elle travaille main dans la main avec les députés du Rassemblement national[15].
Le Figaro présente en l'association comme « interlocuteur régulier » du ministère de la Justice[16].
Organisation
Les actions de l'Institut pour la Justice sont menées, en , par une équipe de cinq salariés permanents[17].
L'association revendique 40 000 donateurs[18].
Présidents
L'association est déclarée en sous-préfecture de Rambouillet en [19]. Elle est fondée par Marie-Laure Jacquemond et son mari, Vincent Laarman[20]. Marie-Laure Jacquemond est la première présidente jusqu'en , date à laquelle elle cède sa place à Catherine Nemo, anciennement présidente-directrice générale de la revue Le Nouveau Détective. Cette dernière est en poste de à . À cette date, Marie-Laure Jacquemond et Vincent Laarman quittent l'association[7]. Depuis, la présidence de l'IPJ est assurée par Axelle Theillier.
Actions
Pétitions
En , l'association lance sur Internet une pétition intitulée « Pacte pour la Justice ». Cette pétition médiatique s'accompagne d'un appel à signature sous forme d'une vidéo de Joël Censier, père de la victime d'un meurtre, qui estime que la justice française a failli à son fils et laissé libre le criminel.
Elle est critiquée, notamment par le blogueur Maître Eolas qui y voit une manipulation des faits, des chiffres et des signatures, et qui raille un « compteur bidon ». À la suite d'une plainte de l'Institut pour la justice, Maître Eolas est condamné en première instance pour injure publique et diffamation[21] avant d'être relaxé en appel le des faits de diffamation puis de voir sa condamnation pour injure publique annulée définitivement par la Cour de cassation le [22],[23]. Le Syndicat de la magistrature a également critiqué la pétition, de même qu'Alain Blanc, le président de l'Association française de criminologie[24].
L'association lance régulièrement des pétitions. En , ses adhérents se sont mobilisés auprès de leur député contre les aménagements de peine de la loi pénitentiaire[25],[26],[5]. En , à la suite de l'affaire Laetitia Perrais, l'association a lancé sur Internet une pétition signée par plus de 300 000 personnes demandant davantage de fermeté vis-à-vis des récidivistes[27].
En avril 2026, l'association lance une pétition contre un supposé « plafond carcéral » que souhaiterait mettre en œuvre le gouvernement[28].
Autres actions
En , la requête en annulation pour excès de pouvoir, déposée au Conseil d'État par l'Institut pour la Justice, contre la circulaire de politique pénale de Christiane Taubira est rejetée[29].
En , l'Institut pour la justice dépose un recours auprès du Premier ministre pour demander une meilleure indemnisation des avocats de parties civiles bénéficiant de l'aide juridictionnelle[30]. L'association estime qu'il y a une « rupture d'égalité entre la rétribution versée aux avocats de la défense et celle des avocats œuvrant pour les victimes »[31].
Affichage sauvage
En , l'association est mise en cause pour une campagne d'affichage sauvage dénonçant un prétendu laxisme de la justice en France[32].
Références
- Camille Polloni, « Réforme pénale: la nouvelle croisade de la droite contre Taubira », sur Rue89, .
- Jean-Marc Leclerc, « Une pétition du Net pour réformer la justice », Le Figaro, .
- ↑ Samuel Laurent, Mattea Battaglia et Damien Leloup, « De SOS Éducation à la « santé naturelle », voyage dans la galaxie conservatrice des Laarman », Le Monde, .
- ↑ Philippe Lesaffre, « Des candidats défilent devant le très droitier Institut pour la justice », L'Express, .
- Sonya Faure, « Un Institut pour la Justice très adroit », Libération, (version du sur Internet Archive).
- ↑ « Loi pénitentiaire : un débat sous l'influence des groupes de pression sécuritaires », communiqué de presse, Syndicat de la magistrature, .
- Augustin Scalbert, « Institut pour la Justice, hold up de droite sur les victimes », sur Rue89, .
- ↑ « Tollé autour du « mur des cons » du Syndicat de la magistrature », Le Point, .
- ↑ Marie Boëton, « La controverse Institut pour la Justice gagne du terrain », La Croix, .
- ↑ Reuters, « Le gouvernement veut afficher son unité sur la récidive », Challenges, .
- ↑ Guillaume de Dieuleveult, « Pourquoi la réforme pénale inquiète les policiers et les magistrats », Le Figaro Magazine, no 21863, 21–22 novembre 2014.
- ↑ Sébastien Rochat, « Le combat d'Eolas contre “l'Institut pour la Justice” », sur Arrêt sur images, .
- Évelyne Lahana, « Vidéo Censier : que cachent l'Institut pour la Justice et le pacte2012 ? », La République des Pyrénées, .
- ↑ Baptiste Farge, « Rassemblement pour Lola: plusieurs débordements observés à la fin de la manifestation », BFM TV, .
- ↑ « Loi narcotrafic : Le coup monté des députés RN avec l'Institut pour la justice », sur blast-info.fr, (consulté le ).
- ↑ Eloi Passot, « «Régulation carcérale»: le curieux tango de Gérald Darmanin et de Florent Boudié », sur Le Figaro, (consulté le )
- ↑ Sonya Faure, « Une pétition sécuritaire s'emballe sur la toile », Libération, (version du sur Internet Archive).
- ↑ « ??? », Le Nouvel Obs, no 2491, , p. 77.
- ↑ Annonce no 1398 du , Journal officiel Associations, no 21, , p. 2635.
- ↑ Benoît Collombat, « Derrière SOS Éducation, le business de la santé naturelle », sur radiofrance.fr, France Culture, (consulté le ).
- ↑ AFP, « Condamné pour « injure publique » et « diffamation » Maître Eolas ferme son compte Twitter », Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Tweets contre l'Institut pour la Justice : Maître Eolas totalement relaxé en cassation », Libération, (version du sur Internet Archive).
- ↑ Jean-Philippe Deniau, « Le "cacagate" : Maître Eolas définitivement relaxé », Dans le prétoire, sur radiofrance.fr, France Inter, (consulté le ).
- ↑ Julie Brafman, « Ce qui se cache derrière l'Institut pour la justice », sur Slate.fr, (consulté le ).
- ↑ Alain Salles, « Le gouvernement veut atténuer la loi pénitentiaire », Le Monde, .
- ↑ Laurence de Charette, « Les citoyens se lancent dans le lobbying », Le Figaro, .
- ↑ Laurence de Charette, « Récidive : les Français réclament la sévérité », Le Figaro, .
- ↑ « VÉRIF' - Le gouvernement veut-il créer un "plafond carcéral" qui libérerait automatiquement les détenus en trop ? | TF1 Info », sur www.tf1info.fr, (consulté le )
- ↑ Franck Johannès, « L'institut pour la justice se prend une tôle devant le Conseil d'État », Libertés surveillées, Le Monde, (version du sur Internet Archive).
- ↑ Flore Thomasset, « Un recours pour mieux indemniser les avocats des parties civiles », La Croix, .
- ↑ Anne Portmann, « AJ : l'Institut pour la justice dépose un recours pour revaloriser la rétribution des avocats de parties civiles », sur dalloz-actualite.fr, Dalloz, .
- ↑ Violette Vauloup, « L'affichage sauvage contre le supposé «laxisme judiciaire» retoqué par la mairie de Paris », Libération, (consulté le ).
Liens externes
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