Institution de prévoyance
Une institution de prévoyance est, en France, une société qui gère des contrats collectifs d'assurance de personnes couvrant les risques de maladie, incapacité de travail et invalidité, dépendance, décès. Sociétés de personnes, de droit privé, et à but non lucratif, les institutions de prévoyances sont régies par le Code de la sécurité sociale[1] et relèvent des directives de l'Union européenne sur l'assurance. Les contrats d'assurance qu'elle gère sont collectifs, c'est-à-dire destinés à la protection des salariés et des entreprises.
Fonctionnement
Les acteurs de l'assurance de personnes sont de trois types : les entreprises d'assurance, les institutions de prévoyance, les mutuelles. Chaque type d'assureur répond à des règles de fonctionnement spécifique liées à son statut, et est soumis à des obligations réglementaires strictes en matière de provisionnement et de sécurité financière. Selon le cahier statistique du CTIP[Quoi ?], édition 2025, il existe 25 institutions de prévoyance actives en France en 2024, contre 32 en 2020[2]. Ces institutions couvrent plus de 13 millions de salariés.
La gestion paritaire
Une institution de prévoyance est créée et gérée par les partenaires sociaux (syndicats professionnels) d'une entreprise, d'une branche ou entre plusieurs branches d'activité. Elle dispose d'un Conseil d'administration paritaire. Il est constitué à parts égales de représentants des salariés et de représentants des entreprises. Il a la charge de définir et de mettre en œuvre les garanties dans l'intérêt exclusif des salariés dans l'entreprise. Comme il n'y a aucun actionnariat à rémunérer les résultats servent donc à améliorer le niveau des garanties, la qualité des services et la sécurité des engagements.
La gestion des risques
Une institution de prévoyance propose aux entreprises, pour leurs salariés, des garanties contre les risques de la vie : maladie, incapacité de travail et invalidité, dépendance, décès. Ces garanties dites de prévoyance viennent compléter les prestations de la Sécurité sociale et prennent la forme : d'indemnités journalières en cas d'incapacité ou d'invalidité, de capitaux décès et rentes pour les conjoints et orphelins, de remboursements de frais de santé.
Les activités sociales
Du fait de son but non lucratif et de sa gestion paritaire, l'institution de prévoyance cherche à protéger au mieux le salarié en toute circonstance. Au-delà du contrat collectif, sont donc mises en œuvre des activités sociales. Il s'agit de fonds prélevés sur les cotisations pour apporter un soutien ponctuel à un salarié dans une situation difficile. Elle peut également être un appui pour concrétiser des projets spécifiques et notamment en ce qui concerne la scolarité des enfants. Une partie des fonds est également consacrée aux actions collectives comme le soutien à la recherche médicale, la prévention santé.
À côté de l'action sociale des Institutions de Prévoyance financés par leurs fonds propres sont également développés des fonds dédiés au sein de certaines entreprises ou branches professionnelles[3].
Trois types d'institutions de prévoyance
Les institutions professionnelles
Elles sont créées par une convention collective ou par un accord collectif. Elles recouvrent soit une branche professionnelle, soit une profession, soit une catégorie professionnelle.
Les institutions interprofessionnelles
Ce sont les représentants des entreprises et des salariés qui créent ce type d'institution. Elle peut intervenir dans plusieurs entreprises, branches et professions.
Les institutions d'entreprise
Elles sont issues de la conclusion d'un accord collectif ou d'une convention au sein de l'entreprise.
Les groupes de protection sociale
La grande majorité des institutions de prévoyance appartient à un groupe paritaire de protection sociale. Ceux-ci ont une activité large, de la retraite complémentaire à l'épargne. Ils sont aussi paritaires.
Évolution et données récentes
Consolidation du secteur
Le mouvement de concentration du secteur est notable : les 73 institutions de prévoyance recensées au milieu des années 2000 se sont progressivement regroupées pour n'en former plus que 25 entités actives en 2024, contre 32 en 2020[2]. Cette tendance reflète les exigences accrues en matière de solvabilité et de conformité réglementaire.
Données financières 2024
Selon le cahier statistique du CTIP (édition 2025), le chiffre d'affaires combiné des groupes paritaires a atteint 37,4 milliards d'euros en 2024, en hausse de 10 % sur un an. Le résultat net cumulé s'est établi à 735,1 millions d'euros, en progression de 17,8 %. Le ratio de solvabilité moyen du secteur s'est élevé à 293 %[2]. Les institutions de prévoyance ont par ailleurs redistribué 87 % de leurs cotisations santé collective en prestations[2].
Les groupes de protection sociale
De grands groupes de protection sociale ont été constitués à partir des institutions de prévoyance. Leur métier consiste à gérer l'ensemble de la protection sociale complémentaire des salariés et des entreprises : santé, prévoyance et retraite. Ils sont composés d'entités relevant de législations ou réglementations différentes, notamment une institution de retraite Agirc-Arrco, une institution de prévoyance, une ou plusieurs mutuelles et une ou plusieurs sociétés d'assurance. Les principaux groupes actifs en 2024 sont Malakoff Humanis, AG2R La Mondiale, APICIL et Klesia.[réf. nécessaire]
Notes et références
- ↑ Article L 931-1
- « Rapport annuel du CTIP 2020 », sur CTIP
- ↑ Source: Action sociale du Médico-technique[1].
Voir aussi
Articles connexes
- Sécurité sociale (France)
- Complémentaire santé en France
- Garantie décès
- Garantie incapacité de travail/invalidité de travail
- Prévoyance collective
Liens externes
- http://www.ucanss.fr/services/textes_documents/code_ss/html/c/ss/tdm/L9.html - Code de la Sécurité sociale, Livre 9
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