Insurrection islamiste au Maghreb

Insurrection islamiste au Maghreb
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Carte montrant la zone d'opérations du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (rose), les États membres de l'Initiative pan-sahélienne (en) (bleu foncé) et les membres de l'Initiative transsaharienne de lutte contre le terrorisme (en) (bleu foncé et bleu clair) en 2011.
Informations générales
Date Depuis le
(24 ans, 1 mois et 10 jours)
Lieu Maghreb, Sahara[1]
Issue

En cours

Belligérants
Drapeau de l'Algérie Algérie
Drapeau de la Mauritanie Mauritanie
Drapeau de la Tunisie Tunisie
Drapeau de la Libye Libye
Drapeau du Maroc Maroc[2]
Coalitions multinationales :
MINUSMA[1] (jusqu'en 2023)
MISMA[3] (depuis 2013)
EUTM Mali
Soutenus par :
Drapeau de la France France[4]
Drapeau des États-Unis États-Unis (AFRICOM)[1],[5],[6]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni[5],[7],[8]
Drapeau de la Suède Suède[9]
Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas[10]
Drapeau de l'Allemagne Allemagne[5]
Drapeau du Danemark Danemark[11]
Drapeau du Portugal Portugal[12]
Drapeau de la Tchéquie République tchèque[4]
Drapeau de la Russie Russie[13]
Drapeau de la Turquie Turquie[14],[15]
Al-Qaïda et ses alliés :

État islamique (depuis 2014)

Commandants
Drapeau de l'Algérie Abdelmadjid Tebboune (depuis 2019)
Drapeau de l'Algérie Nadir Larbaoui (depuis 2023)
Drapeau de la Mauritanie Mohamed Ould Ghazouani (depuis 2019)
Drapeau de la Tunisie Kaïs Saïed (depuis 2019, 2021)
Drapeau de la Libye Abdel Hamid Dbeibah (depuis 2021)
Drapeau du Maroc Mohammed VI
Drapeau des États-Unis Donald Trump (depuis 2025)
Amari Saifi  (PDG)
Nabil Sahraoui
Abdelmalek Droukdel
Abou Obeida Youssef al-Annabi
Abdelhamid Abou Zeid [19]
Mokhtar Belmokhtar
Ahmed al-Tilemsi [20]
Seifallah Ben Hassine
Mohamed al-Zahawi
Abou Hafs al-Hachemi al-Qourachi
Abou al-Hussein al-Husseini al-Qourachi
Abou al-Hassan al-Hachimi al-Qourachi
Abou Ibrahim al-Hachimi al-Qourachi
Abou Bakr al-Baghdadi
Abou Nabil al-Anbari
Adnane Abou Walid al-Sahraoui
Unités impliquées
Total des forces armées :
Drapeau de l'Algérie 520 000 hommes
Drapeau de la Mauritanie 15 870 hommes
Drapeau de la Tunisie 45 000 hommes; 6 000 hommes au Djebel Chambi[21]
Drapeau de la Libye 35 000 hommes
Drapeau de la France 5 100 hommes au Sahel[22],[23]
Soutenus par :
Drapeau des États-Unis + 1 325 conseillers et formateurs[24],[25]
AQMI : 1 000[1],[26],[27] à 4 000 hommes[28]
Ansar al-Charia (Tunisie) : 1 000 hommes[29]
Ansar al-Charia (Libye) : + 5 000 hommes[30]
Salafia Jihadia  : + 700 hommes[31]

État islamique

Guerre contre le terrorisme
Guerre contre l'État islamique

L'insurrection islamiste au Maghreb se déroule en Afrique du Nord, faisant suite à la fin de la guerre civile algérienne en 2002[38]. Le Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC) s'est allié à Al-Qaïda pour devenir finalement Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI)[39]. Les gouvernements algérien et d'autres pays du Maghreb, engagés dans la lutte contre les militants, coopèrent avec les États-Unis et le Royaume-Uni depuis 2007, date du lancement de l'opération Enduring Freedom – Trans Sahara[40].

Alors que le Printemps arabe de 2011 affecte le soutien à l’insurrection, il offre également des opportunités militaires aux djihadistes[39],[41],[19],[42],[43]. En 2012, AQMI et ses alliés islamistes s'emparent de la moitié nord du Mali. Ils contrôlent ce territoire pendant près d'un an, avant d’être chassés des zones urbaines lors d'une intervention étrangère menée par la France, qui est ensuite suivie de l'opération Barkhane à l'échelle du Sahel[19]. En Libye, l'État islamique parvient à contrôler un territoire limité pendant la deuxième guerre civile libyenne, au milieu d'allégations de collaboration locale avec son rival, l'AQMI[44],[19],[45].

Contexte

Avec le déclin du Groupe islamique armé (GIA) en Algérie, le GSPC reste le groupe rebelle le plus actif, avec environ 300 combattants en 2003[46]. Il poursuit une campagne d’assassinats ciblant les forces de police et de l'armée dans sa zone d'opération, tout en parvenant à s’étendre vers le Sahara. Sa branche sud, dirigée par Amari Saifi (surnommé « Abderrezak el-Para », le « parachutiste »), enlève plusieurs touristes allemands en 2003, avant d'être contraint de fuir vers des zones peu peuplées du Mali, puis du Niger et du Tchad, où il est finalement capturé.

Certains estiment qu'el-Para travaille en réalité pour le gouvernement algérien. À la fin de l’année 2003, le fondateur du groupe est supplanté par Nabil Sahraoui, encore plus radical, qui déclare ouvertement son soutien à Al-Qaïda, renforçant ainsi les liens entre les gouvernements américain et algérien. Il est apparemment tué peu de temps après, et est remplacé en 2004 par Abou Moussab Abdel Wadoud[47].

Le GSPC déclare son intention de s'en prendre à des cibles algériennes, françaises et américaines. Il est désigné comme organisation terroriste étrangère par le Département d'État américain, et classé de manière similaire comme organisation terroriste par l'Union européenne.

Aperçu

Insurrection en Algérie

Le conflit avec le GSPC continue de provoquer un nombre important de victimes en Algérie, avec plus de 1 100 personnes tuées lors d’affrontements avec les rebelles islamistes en 2002[48]. En 2003, un total de 1 162 personnes sont tuées dans des affrontements en Algérie, suivi de 429 morts en 2004, 488 en 2005, et 323 en 2006. Début 2006, le chef de la police nationale algérienne affirme que le terrorisme est presque éradiqué dans le pays, mais des attaques importantes se poursuivent, et l'année 2007 marque finalement un pic d'attentats-suicides et d’attaques terroristes en Algérie.

Élargissement du conflit

Afin d'améliorer le recrutement et le financement, le GSPC s'aligne avec al-Qaïda, et le , le chef d'al-Qaïda, Ayman al-Zawahiri, annonce une union entre les deux groupes. Le GSPC se rebaptise Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI) en , ce qui marque les aspirations élargies du groupe.

Le groupe vise désormais à renverser tous les gouvernements nord-africains jugés apostats, y compris ceux de l'Algérie, de la Libye, du Mali, de la Mauritanie, du Maroc et de la Tunisie. Les opérations sont réorganisées en deux « secteurs » plus larges : l'Algérie du Nord et la Tunisie sont rattachées à un « émirat central », tandis que le nord du Mali, le Niger, la Mauritanie et la Libye forment un « émirat saharien » dirigé par Djamel Okacha[49]. La direction stratégique d'AQMI reste basée dans la région montagneuse de la Kabylie, à l'est de la capitale algérienne Alger, et est dirigée par un conseil consultatif (Choura) composé de 14 membres[49].

Alors que la campagne antiterroriste algérienne réussit largement à repousser AQMI hors du pays, le groupe établit de nouvelles bases dans des pays du Sahel comme le Niger, la Mauritanie, le Tchad et le Mali. Les attaques contre des installations gouvernementales et militaires sont souvent sous-estimées par les médias occidentaux[49]. En 2007, les États-Unis et le Royaume-Uni lancent l'opération Enduring Freedom – Trans Sahara en soutien aux gouvernements de la région[40].

Les enlèvements fréquents d'étrangers en 2008 entraînent l’annulation du Rallye Dakar, qui est définitivement déplacé en Amérique du Sud[49].

Mauritanie

Dans la première attaque majeure considérée comme une conséquence directe du conflit algérien, la base militaire mauritanienne de Lemgheity est attaquée par le GSPC en , tuant 17 soldats (et neuf djihadistes) et en blessant 17 autres[49],[50]. Cette attaque contribue en partie à un coup d'État en octobre 2005 mené par Mohamed Ould Abdel Aziz, qui fait de la lutte contre les djihadistes un axe majeur de son pouvoir[50]. Les attaques se poursuivent en Mauritanie jusqu'à ce que le pays réussisse largement à les déjouer à partir de 2011, à la suite d'un important renforcement militaire et à des ouvertures politiques envers les islamistes[50]. Cependant, AQMI demeure actif dans les régions frontalières orientales avec le Mali, disposant de réseaux actifs de soutien logistique et d’information[51]. Le manque de ressources militaires, souvent lié à des troubles internes et à une faible densité de population dans un pays très vaste, pousse la Mauritanie à s’appuyer sur le soutien de la France, du Maroc et de l'Algérie pour lutter contre AQMI.

Tunisie

En puis en , les forces de sécurité tunisiennes affrontent (en) un groupe lié au GSPC qui a établi des camps d'entraînement dans des zones montagneuses proches de la capitale Tunis, tuant plus d’une douzaine de personnes[52],[53],[54]. Selon Le Parisien, au moins 60 personnes sont tuées lors de ces affrontements[55]. Ces affrontements représentent l'activité terroriste la plus grave en Tunisie depuis l'attentat contre la synagogue de la Ghriba en 2002[55].

Depuis 2012, AQMI, ainsi qu'Ansar al-Charia et la Brigade Ouqba ibn Nafi (en), actives dans la région montagneuse de Djebel Chambi près de Kasserine, à la frontière algéro-tunisienne, sont ciblées par l'armée tunisienne lors de la bataille de Chaambi[56],[17]. En 2014, des combattants de la Brigade Ouqba attaquent deux postes militaires tunisiens (en), tuant quatorze soldats et en blessant vingt-cinq, dans ce qui constitue le combat militaire le plus meurtrier en Tunisie depuis son indépendance en 1956[57],[58]. Depuis 2015, la Tunisie est également visée par une campagne d'insurrection de l'EI. En , plus de 50 combattants sont tués lorsque des combattants de l'EI tentent de prendre Ben Guerdane, près de la frontière tuniso-libyenne[59].

Guerre civile libyenne

Depuis la guerre civile libyenne de 2011, le sud-ouest de la Libye offre des sanctuaires à AQMI, qui y envoie des cellules pour s'y établir[49]. Le , des membres d'Ansar al-Charia et d'AQMI sont responsables d'attaques coordonnées contre deux installations gouvernementales américaines à Benghazi, et Ansar al-Charia est ensuite impliqué dans des affrontements à Benghazi en 2013 (en). Tirant profit de défections au sein d'AQMI[60], l'organisation rivale de l'État islamique (EI) parvient ensuite à contrôler un territoire limité dans le nord, lors de la reprise du conflit à partir de 2014. Après un soutien officiel initial d'AQMI, des allégations persistent concernant des collaborations locales entre les deux groupes pourtant rivaux[19],[44],[45]. Après avoir été chassé de Derna, le dernier bastion de l'EI à Syrte est capturé fin 2016. Parallèlement, des islamistes affiliés à Al-Qaïda, dirigés par Ansar al-Sharia, continuent d'exercer leur contrôle dans d’autres régions.

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Insurgency in the Maghreb (2002–present) » (voir la liste des auteurs).
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Voir aussi

Articles connexes

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