Intermezzo (roman)

Intermezzo (roman)
Auteur Sally Rooney
Pays Drapeau de l'Irlande Irlande
Genre Roman
Version originale
Langue Anglais
Version française
Date de parution 2024
Nombre de pages 448 pp.
ISBN 978-0-571-36546-3

Intermezzo est le quatrième roman de l'auteure irlandaise Sally Rooney, publié en version originale par Faber & Faber le .

Entre Dublin et la campagne irlandaise, le roman suit deux frères après la mort de leur père. Il explore les thèmes du deuil, des relations intergénérationnelles, des dynamiques fraternelles et des rapports de force dans les relations amoureuses.

Ce livre marque une rupture avec les œuvres précédentes de Rooney : il se concentre sur des personnages masculins et sur les relations fraternelles.

L'auteur a imaginé l'histoire à partir d'une scène lors d'une exposition d'échecs dans un centre culturel. Le titre « Intermezzo » fait référence à la fois aux interludes musicaux et au vocabulaire des échecs.

Publié avec une campagne promotionnelle importante, le roman a reçu des critiques positives.

Résumé

Ivan est un ancien prodige des échecs de 22 ans qui entame une relation amoureuse avec Margaret, une directrice de programmes artistiques de 36 ans. Peter, lui, est un avocat spécialisé dans les droits de l'homme de 32 ans qui doit gérer ses relations amoureuses complexes, naviguant entre Naomi, une étudiante de 23 ans et Sylvia, son ex petite amie.

Le roman suit Ivan et Peter Koubek, deux frères vivant à Dublin, dans les semaines suivant la mort de leur père. Ivan, un ancien prodige des échecs de 22 ans dont la carrière, autrefois prometteuse, est au point mort, rencontre Margaret Kearns, une directrice de programmes artistiques de 36 ans, lors d'une exposition d'échecs dans un centre culturel local. Leur relation évolue vers une histoire passionnée mais discrète, malgré les inquiétudes de Margaret quant à leur différence d'âge.

Pendant ce temps, Peter, un avocat de 32 ans spécialisé dans les droits de l'homme, est en couple avec Naomi, une étudiante de 23 ans qui arrondit ses fins de mois en vendant des photos érotiques en ligne et qui dépend financièrement de Peter. Mais ce dernier éprouve encore des sentiments pour son amie proche et ancienne petite amie, Sylvia, une professeure d'anglais de 32 ans, dont les douleurs chroniques suite à un accident de voiture ont mis fin à leur relation. Peter tente de s'intégrer à la vie sociale de Naomi, mais se sent en décalage avec ses amis, en raison de leur différence d'âge. Lorsqu'il apprend que Naomi a été arrêtée pour occupation illégale et expulsée de son logement, il obtient sa libération et l'invite à loger chez lui le temps qu'elle trouve un nouveau logement.

Alors que Peter et Ivan dînent ensemble au restaurent, Ivan révèle sa relation avec Margaret. Peter, dégoûté par leur différence d'âge, provoque la colère d'Ivan, qui coupe les ponts. Sylvia confronte Peter à propos de son hypocrisie et lui fait remarquer que Naomi et lui ont le même écart d'âge. Peter tente alors de se réconcilier avec Ivan, mais il découvre qu'Ivan a bloqué son numéro de téléphone. Entre temps, Ivan et Margaret se rapprochent et se déclarent leur amour. Elle lui confie son passé, notamment son mariage toxique avec Ricky, un alcoolique dont le comportement possessif les a séparés. La mère de Margaret a pris le parti de Ricky lors de leur divorce, une trahison qui a profondément marquée Margaret et Ivan compatit avec elle.

Peter et Sylvia envisagent un instant de se remettre ensemble mais les douleurs chroniques de Sylvia compliquent leur intimité physique. Lorsque Peter exprime sa culpabilité quant à son rôle dans la vie de Sylvia, elle le réprimande, l'accusant de se servir d'elle pour faire face au deuil de son père. Alors que Peter continue de prendre soin de Sylvia lors d'une grave crise de douleurs chroniques, ils reprennent brièvement leur relation sexuelle, ce qui laisse Peter croire que Sylvia souhaite se remettre avec lui. Il décide alors de rompre avec Naomi mais Sylvia rejette sa tentative de réconciliation, l'accusant de se servir d'elle comme d'une porte de sortie et d'un prétexte pour fuir sa peur d'être vulnérable et d'avouer ses sentiments dans une nouvelle relation. Honteux et repentant, Peter tente de retourner auprès de Naomi, qui séjourne dans l'ancienne maison de son père à Kildare depuis leur rupture.

Lors d'une visite à Kildare avec son chien Alexei, Ivan rencontre Naomi, qui lui révèle que Peter a une opinion favorable de lui malgré leur brouille. Naomi découvre également que Peter n'a rien dit à Ivan à son sujet, ce qui renforce ses inquiétudes quant à la nature de leur relation. Lorsque Peter, ivre, arrive à l'improviste pendant l'absence de Naomi, une violente dispute éclate entre lui et Ivan concernant leur père que Peter voit comme une personne qu'il a toujours dû protéger et qui, paradoxalement, a toujours protéger Ivan. La dispute dégénère en bagarre, et Ivan est blessé.

Cherchant du réconfort, Ivan se confie à Margaret, lui révélant son deuil et sa dispute avec Peter. Touchée par la vulnérabilité d'Ivan, Margaret lui déclare son besoin d'amour, et Ivan la rassure quant à son engagement dans leur relation. Pendant ce temps, Peter rentre chez lui où Sylvia et Naomi le confrontent à propos de son comportement. Sylvia s'excuse de lui avoir fait croire qu'elle souhaitait se remettre avec lui, tandis que Naomi l'accuse de ne l'utiliser que pour leurs relations sexuelles. Sylvia propose un arrangement original : Peter peut maintenir le contact avec chacune d'elles, d'une manière qui convienne à leurs besoins respectifs à tous les trois. Peter accepte et s'installe dans une routine de vie avec Naomi, tout en passant ses soirées avec Sylvia.

Lorsqu'Ivan semble prêt à relancer sa carrière d'échecs, Peter assiste à l'un de ses tournois, où il rencontre Margaret. Celle-ci intervient en sa faveur, facilitant ainsi la réconciliation des deux frères. Ivan et Peter affirment leur respect mutuel et conviennent de se retrouver pour Noël.

Arrière-plan

Pendant les confinements liés à la COVID-19, le mari de Rooney s'est mis à jouer aux échecs en ligne et, sans jouer, elle regardait des tutoriels d'échecs avec lui. Elle s'est mise à considérer les échecs comme « presque une forme d'art », comprenant mieux « l'élégance mathématique » des coups. C'est l'origine des thèmes échiquéens du roman[1].

L'inspiration d' Intermezzo est venue à Rooney lors d'une partie simultanée d'échecs dans un petit centre artistique et culturel de l'ouest de l'Irlande ; une employée du centre observait intensément un jeune joueur d'échecs[2]. Après avoir écrit cette scène, Rooney a développé le personnage d'Ivan ; puis elle s'est retrouvée « coincée », jusqu'à ce qu'elle imagine qu'Ivan avait un frère aîné, Peter. Cette invention a entraîné la relation au centre du roman, et l'a convaincue de poursuivre son écriture[2].

Le titre du roman joue sur la terminologie musicale et celle des échecs : « intermezzo » désigne un intermède en musique et un coup inattendu aux échecs[1]. Rooney a écrit le livre après avoir quitté Dublin pour la campagne près de Castlebar, où elle a grandi. Ce déménagement se retrouve dans le cadre du roman, qui oscille entre Dublin et une ville rurale fictive de l’ouest de l’Irlande[1].

Ce livre marque une rupture avec les romans précédents de Rooney : il met en scène des protagonistes masculins. Elle avait déjà écrit sur des personnages masculins, notamment Connell dans Normal People ; mais pour la première fois, elle aborde les relations entre des hommes. Elle a remarqué qu'elle n'avait « jamais assisté à une conversation entre deux hommes sans la présence d'une femme » ; cette perspective lui a fait prendre conscience de sa réalité sociale[1].

Rooney a affirmé que, contrairement à l'opinion générale, le roman n'est pas autobiographique. Elle s'inspire de lieux familiers de sa vie, comme Dublin et l'ouest de l'Irlande, mais elle ne puise pas dans ses expériences personnelles[3]. Elle a déclaré qu'Intermezzo est, en partie, né de sa lecture d'Ulysse de James Joyce, et de son sentiment que ce livre « exigeait une réponse »[2].

Thèmes

Un thème central dans Intermezzo est le deuil et son impact sur les relations familiales. Le roman explore comment la mort d'un père affecte différemment deux frères, et comment le deuil peut à la fois diviser et unir les membres d'une même famille[4],[5],[6]. Cette exploration est liée à des questions sur la mémoire, sur l'absence d'êtres chers, et sur la manière dont le deuil peut catalyser le changement et le développement personnels[7],[8].

Le roman analyse aussi les différences générationnelles et les écarts d'âge, notamment à travers sa représentation des relations amoureuses intergénérationnelles. Rooney examine comment les différences d'âge affectent les relations amoureuses et familiales, en abordant des questions plus larges : le vieillissement, la mortalité, les clivages culturels et civilisationnels entre la génération Y et la génération Z[8],[9],[10]. Ces thèmes sont reliés à l'exploration du jugement de la société et des attentes culturelles[11].

Les dynamiques de pouvoir et la naissance de l'amour sont interdépendants dans Intermezzo. Le roman étudie comment les relations sont façonnées par les conventions sociales, les forces du marché et les systèmes de pouvoir[11],[9],[12]. Cette étude s'étend aux questions des rôles des genres et de l'influence de l'économique sur les relations amoureuses, et aborde le décalage entre les convictions idéologiques et les comportements individuels[6]. La relation fraternelle, au cœur du roman, sert de prisme : à travers lui, les dynamiques de pouvoir sont explorées ; les liens familiaux peuvent à la fois contraindre et favoriser l'épanouissement personnel[13],[14].

Style

Intermezzo marque une rupture dans le style de Rooney[5]. Ses premiers romans, notamment Beautiful World, Where Are You ?, se caractérisaient par des récits clairs, axés sur les dialogues, avec une narration omnisciente et détachée[15]. Intermezzo utilise des techniques narratives variées et des voix distinctes pour ses trois personnages principaux ; les passages concernant Peter présentent des phrases saccadées et fragmentées, rappelant celles de Leopold Bloom de James Joyce ; la narration d’Ivan adopte un ton plus froid et humoristique ; les passages concernant Margaret sont plus lents et plus posés[16],[12]. Les critiques ont noté que les passages de Peter, écrits en flux de conscience, constituent une expérience nouvelle pour Rooney : des phrases plus courtes, moins de verbes, un flux haché mais rythmiquement cohérent ; ce style rappelle le travail d'auteurs comme Eimear McBride et Samuel Beckett[9].

Rooney continue d'omettre volontairement les guillemets et se rapproche des techniques modernistes[16]. Les critiques ont noté qu'il témoigne d'une « retenue moins impitoyable » que ses livres précédents, permettant une plus grande expression émotionnelle et poétique[5]. Son style, souvent qualifié de « vide » ou « plat », conserve ses qualités visuelles dans Intermezzo : des phrases fluides, des dialogues percutants et des chapitres qui se terminent comme des épisodes de séries complets[9].

Publication

Faber & Faber a publié Intermezzo le , en partenariat avec plus de 40 librairies irlandaises ; la maison d'édition a qualifié cette publication de « plus grande campagne commerciale jamais réalisée »[17]. Aux États-Unis, 140 librairies ont organisé des soirées de lancement, promotion généralement réservée aux séries à succès pour jeunes adultes[18].

Le roman est devenu le livre le plus vendu en Irlande en 2024 : 11 885 exemplaires en cinq jours. Plusieurs librairies irlandaises ont ouvert plus tôt pour répondre à la demande. Le livre a rencontré un vif succès au Royaume-Uni : 44 233 exemplaires vendus durant la même période[19].

Accueil critique

Intermezzo a reçu des critiques favorables[20].

Certains critiques ont jugé le ton du roman parfois précieux, ou bien que la dynamique des genres était problématique ; la plupart l'ont considéré comme une évolution réussie du style littéraire de Rooney, certains le considérent comme son œuvre la plus aboutie et la plus ambitieuse sur le plan philosophique.

Dans The Guardian, Alexandra Harris qualifie Intermezzo de « suite aboutie de l'écriture qui a fait de Rooney un phénomène mondial », tout en soulignant son ambition philosophique accrue, sa variété stylistique, son caractère parfois dérangeant et son étrangeté générale[4].

Dans Slate, Laura Miller écrit que, bien que « plus triste et moins captivant que ses trois romans précédents », il représente « une exploration plus profonde de l'œuvre de Rooney »[6].

Dans The Independent, l'auteure Jo Hamya le considère comme la révélation artistique de Rooney, affirmant qu'il « témoigne d'une profondeur et d'une pureté de pensée acquises après trois romans d'introspection » et lui attribue cinq étoiles[7].

Concernant le deuil et les relations familiales, dans le Washington Post, Lillian Fishman écrit que : « Le deuil, semble-t-il, est un sujet naturel pour Rooney », et que « tout dans ce roman – son style, son thème, sa longueur – témoigne d’une retenue moins impitoyable que dans les ouvrages précédents de Rooney »[5].

Dans The Atlantic, Amy Weiss-Meyer qualifie les personnages de « nouvellement conscients du poids des années » et « aussi sensibles au regret qu’à l’espoir »[8].

Dans le New York Times, Dwight Garner se montre enthousiaste : « L’écriture de Rooney sur l’amour est si percutante parce qu'elle excelle en évoquant la solitude contre laquelle l’amour est un remède. »[14]

Concernant la représentation des relations fraternelles, dans le Sunday Times, Johanna Thomas-Corr écrit : « Les disputes explosives entre Peter et Ivan, où un jugement impulsif entraîne la chute de l’autre, comptent parmi les scènes les plus magistrales qu’elle ait écrites. »[15]

Dans le Wall Street Journal, B.D. McClay écrit que les deux frères sont « conscients de jouer un rôle central et mystérieux dans la vie et le développement d’une autre personne, qu’ils le veuillent ou non. »[13]

Dans le Telegraph, Cal Revely-Calder : « Peter, dont les chapitres sont censés être parallèles à ceux d’Ivan mais qui acquièrent rapidement une plus grande intensité, est le portrait le plus saisissant d’un homme tourmenté par Rooney depuis Connell Waldron. »[9]

Certains critiques ont émis des réserves quant à certains aspects du roman. Dans le Times, James Marriott écrit : « L’insistance du roman sur une atmosphère de raffinement éthique et intellectuel peut paraître étouffante et précieuse. »[21]

Dans Jacobin, Marianela D’Aprile critique la dynamique des genres : « Tout ce dont les femmes ont besoin des hommes, c’est d’amour – ou plutôt, tout ce dont les femmes ont besoin, c’est d’amour de la part des hommes. »[12] Harris s’insurge contre la représentation de Sylvia : « On trouve peu d’éléments qui contredisent l’idée que Sylvia est une fournisseuse de sexe brisée, incapable de lui offrir l’épanouissement. »[4]

Pour les dimensions politiques et philosophiques du roman, dans Vulture, Andrea Long Chu analyse comment le roman suggère que « l'amour est réel précisément parce qu'il est un produit, créé par les conventions sociales, les forces du marché, les systèmes de violence. »[11].

Dans The Spectator, Claire Lowdon qualifie le livre de « contes moraux simples et touchants, empreints de sensualité », ajoutant qu'il lui « a donné l'impression de pouvoir essayer de devenir une meilleure personne »[16].

Dans New Statesman, Lola Seaton écrit que si « Intermezzo manque de la fermeté et de l'assurance de Conversations with Friends et Normal People », il représente « une tentative honorable, tenace et réussie de les dépasser »[10].

Selon Literary Hub, en , le livre figurait sur 20 listes différentes des « Meilleurs livres de 2024 »[22]. En 2025, il a reçu le Sky Arts Award de littérature[23].

Références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Intermezzo (novel) » (voir la liste des auteurs).
  1. Allardice, « Sally Rooney: 'Falling in love when I was very young transformed my life' », The Guardian, (consulté le )
  2. O'Toole, « Sally Rooney: "We're trapped in a cultural moment" », New Statesman, (consulté le )
  3. Marchese, « The Interview: Sally Rooney Thinks Career Growth Is Overrated », The New York Times, (consulté le )
  4. Harris, « Intermezzo by Sally Rooney review – surprise moves in love, loss and chess », The Guardian, (consulté le )
  5. Lillian Fishman, « Sally Rooney's 'Intermezzo' overflows with emotion », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  6. Miller, « Sally Rooney Is Trying Something New », Slate, (consulté le )
  7. Hamya, « Intermezzo review: Sally Rooney ditches the style that made her 'voice of a generation' », The Independent, (consulté le )
  8. Weiss-Meyer, « The Rooneyverse Comes of Age », The Atlantic, (consulté le )
  9. Revely-Calder, « Sally Rooney is a great political writer -- her new novel is proof », The Telegraph, (consulté le )
  10. Seaton, « Sally Rooney's adventures in style », New Statesman, (consulté le )
  11. Chu, « A Lover's Theory of Marxism », Vulture, (consulté le )
  12. D'Aprile, « Sally Rooney's Intermezzo Feels Very Familiar », Jacobin, (consulté le )
  13. McClay, « 'Intermezzo' Review: When You Keep Your Rival Close » Accès limité, The Wall Street Journal, (consulté le )
  14. Garner, « Sally Rooney, Heart on Her Sleeve, Writes a Weeper », The New York Times, (consulté le )
  15. Thomas-Corr, « Intermezzo review – this is Sally Rooney's most mature, moving novel yet », The Sunday Times, (consulté le )
  16. Lowdon, « A wish-fulfilment romance: Intermezzo, by Sally Rooney, reviewed » Accès limité, The Spectator, (consulté le )
  17. Spanoudi, « Faber launches 'biggest trade campaign ever' to mark the publication of Sally Rooney's Intermezzo » [archive du ] Accès limité, The Bookseller, (consulté le )
  18. Dwyer, « There Will Never Be Another Sally Rooney », Time,‎ (lire en ligne, consulté le )
  19. Martin Doyle, « Sally Rooney's novel Intermezzo is fastest-selling book in Republic this year », The Irish Times,‎ (lire en ligne, consulté le )
  20. The New York Times Books Staff, « What Are People Saying About the New Sally Rooney Book? », The New York Times, (consulté le )
  21. Marriott, « Intermezzo by Sally Rooney review --- her characters just aren't normal people » Accès limité, The Times, (consulté le )
  22. Temple, Emily, « The Ultimate Best Books of 2024 List », lithub.com,
  23. « Winners of the Sky Arts Awards 2025 announced », westendtheatre.com, (consulté le )

Liens externes

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