Irène Comnène Paléologue

Irène Comnène Paléologue (en grec : Εἰρήνη Κομνηνή Παλαιολογίνα, vers 1218 – 1284), connue après 1261 sous son nom monastique Eulogie (Εὐλογία), est la sœur aînée de l’empereur byzantin Michel VIII Paléologue. D’abord proche du souverain, son opposition à l’union des Églises conclue au Deuxième concile de Lyon en 1273 entraîne leur rupture et conduit Irène à comploter contre Michel auprès de puissances étrangères. Elle est emprisonnée jusqu’à la fin du règne de son frère. Après la mort de Michel, elle joue un rôle actif pour amener Andronic II Paléologue à renoncer à l’Union.

Biographie

Michel VIII Paléologue, frère d’Irène

Irène naît vers 1218 ; elle est la deuxième fille du mégas domestikos Andronic Paléologue et de Théodora Ange Paléologue[1],[2]. Vers 1240, elle épouse Jean Cantacuzène Comnène Ange, mort avant 1257[3],[4]. Après le décès de son époux, Irène devient moniale et prend le nom d’Eulogie[4]. La date précise de sa profession religieuse n’est pas connue[5], mais elle est attestée comme religieuse dès 1261[4].

Très liée à son frère cadet Michel VIII, elle exerce sur lui une influence notable[4]. L’historien Georges Pachymère rapporte qu’elle avait l’habitude de l’endormir en lui répétant qu’il deviendrait l’empereur qui reprendrait Constantinople aux Latins[3] ; en 1261, c’est elle qui lui apporte la nouvelle de la restauration de la capitale impériale[4],[3].

Pachymère souligne également le rôle politique d’Irène, notamment concernant la question du jeune empereur légitime Jean IV Lascaris. Soucieuse de garantir les droits du fils de Michel, le futur Andronic II Paléologue, elle pousse son frère à écarter complètement Lascaris, qui est finalement aveuglé[3],[5]. Elle contribue aussi à la disgrâce puis à l’aveuglement du général Jean Makrénos[3]. Le mariage de sa fille Marie avec le souverain bulgare Constantin Ier Tikh Asen en 1268/1269 renforce encore son poids politique[3].

Cependant, Irène rejette fermement l’adhésion de Michel VIII à l’Union des Églises décidée en 1273 et devient l’une des figures majeures du parti anti-unioniste à la cour[4]. Leur relation tourne à l’hostilité ouverte. Michel la fait exiler dans la forteresse de Gregorios, dans le golfe de Nicomédie[4]. L’animosité est telle qu’après la mort de Michel en 1282, Irène interdit à sa veuve, Théodora, de prier pour lui[3].

Elle n’hésite pas non plus à impliquer son gendre dans la lutte contre l’Union : avec l’appui de sa fille, elle incite Constantin Tikh à s’opposer à Michel et tente même, sans succès, de forger une alliance anti-byzantine entre la Bulgarie et le sultanat mamelouk d'Égypte[3].

Après la mort de Michel, Andronic II renonce à l’Union, en partie sous l’influence de sa tante[4],[3]. Irène meurt début [4].

Famille

L’époux d’Irène, Jean Cantacuzène Comnène Ange, est identifié par Donald Nicol au pinkernès Jean Cantacuzène[6]. Le couple a pour enfants connus[4],[7] :

Notes et références

  1. ↑ Kazhdan 1991, p. 1557–1560.
  2. ↑ Cheynet et Vannier 1986, p. 178.
  3. Radic 2002.
  4. PLP, 21360.
  5. Macrides 2007, p. 380 (note 2).
  6. ↑ Nicol 1968, p. 14.
  7. ↑ Nicol 1968, p. 15.

Sources

  • Jean-Claude Cheynet et Jean-François Vannier, Études prosopographiques, Paris, Publications de la Sorbonne, , 204 p. (ISBN 978-2-85944-110-4, lire en ligne)
  • (en) John Deno Geanakoplos, Emperor Michael Palaeologus and the West, 1258-1282 - A Study in Byzantine-Latin Relations, Voir en ligne, Harvard University Press, .
  • (en) Alexander Kazhdan (dir.), Oxford Dictionary of Byzantium, New York et Oxford, Oxford University Press, , 1re éd., 3 tom. (ISBN 978-0-19-504652-6 et 0-19-504652-8, LCCN 90023208)
  • (en) Ruth Macrides (trad. du grec ancien), George Akropolites : The History – Introduction, Translation and Commentary, Oxford, Oxford University Press, , 440 p. (ISBN 978-0-19-921067-1, lire en ligne)
  • (en) Donald Nicol, The Byzantine family of Cantacuzène (Cantacuzenus) ca. 1100-1460: A Genealogical and Prosopographical Study, Dumbarton Oaks Center for Byzantine Studies,
  • (en) Radivoj Radic, « Eirene Palaiologina », Encyclopedia of the Hellenic World, Asia Minor - Foundation of the Hellenic World, (consulté le )
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