Irmgard Sigg

Irmgard Sigg est une sculptrice française née en 1934 en Allemagne (en Rhénanie-du-Nord-Westphalie, alors dans l'État libre de Prusse) et morte à Paris en 2021.

Irmgard Sigg
Irmgard Sigg en 2019.
Naissance
Décès
Nom de naissance
Margarete Irmgard Knorsch
Nationalités
française (à partir de )
allemande
Activités
Formation

Conservatoire national de musique de Paris 1956-1958

Beaux-Arts de Paris; atelier Collamarini 1963-1967
Conjoints
Jean Berthet (d)
Thierry Sigg

Biographie

Enfance et jeunesse

Margarete Irmgard Knorsch est née le à Bielefeld en Allemagne. Elle est issue d'une fratrie de sept enfants[1]. Irmgard est la quatrième, précédée d'un seul garçon[2].

Son père, Kuno Knorsch, est socialiste, ancien combattant de 1914, professeur de lettres au Gymnasium. Sa mère est très catholique. En 1942, la famille se réfugie à la campagne, à Belinghausen. La fille ainée reste à Bielefeld pour travailler dans l’usine qui produit les V1. Son père sera nommé à la commission de dénazification, et sera bien considéré en zone britannique. Une de ses filles épousera un officier anglais. Il meurt d'une chute à vélo en 1950[2].

Entre 1940 et 1955, Irmgard étudie la musique et la danse classique[3]. Elle danse à l'opéra de Bielefeld comme petit sujet[2].

Installation à Paris

Elle vient à Paris à partir de 1955, où elle est jeune fille au pair.

Elle rencontre l’artiste-peintre Jean Berthet qui lui donne des leçons de français. Ils se marient en 1957, elle acquiert la nationalité française. Il l’encourage à reprendre son violon. Elle entre au Conservatoire national supérieur de musique (1956-1958)[4]. Elle enchaîne les petits « boulots » : standardiste, femme de service pour le nettoyage de bureaux. Une danseuse , Elvira R., qu'elle a connue au ballet de l’opéra de Bielefeld, lui propose d'entrer aux Folies Bergère, comme figurante, puis danseuse, comme le montre une photo d'époque[5].

Formation

Elle fait régulièrement du dessin à l’académie de la Grande Chaumière puis  se fait conseiller par le sculpteur Constantin Andréou. En 1962, son amie, Jeanne Grange, (Johanna Feghin), une architecte d’origine russe, philosophe et poète, la pousse à se présenter à un professeur de sculpture de l’École nationale supérieure des beaux-arts, René Collamarini (1904-1983). Il l’accepte dans son atelier de sculpture en taille directe, en tant qu’élève libre en 1963, à vingt-neuf ans. L''après-midi, elle travaille à mi-temps comme secrétaire trilingue. Le soir, elle s’exerce au cours de la Ville de Paris, place des Vosges[5]. Elle reste chez Collamarini jusqu'en 1968[3].

De 1967 à 1980, elle participe au Salon de la jeune sculpture, où elle rencontre des sculpteurs Daniel Pontoreau, Léonardo Delfino, Charles Semser, Danielle Gibrat. Au Salon de mai, elle rencontre des peintres comme Hugh Weiss et Yvon Taillandier[1].

Elle expose au Salon d’automne, au Salon des réalités nouvelles ou au salon Grands et jeunes d’aujourd’hui. Elle est représentée à partir de 1981 par la galerie Darthea Speyer, à Paris, jusqu’à la fermeture de la galerie en 2010[3].

Sculptures dans l'espace public

À partir des années 1970, elle crée pour l’espace public, dans le cadre de la construction de villes nouvelles, à Bobigny (Lieu du pouvoir, 1977 ; Arc de mémoire, monument à la Résistance, 1990), à Saint-Quentin-en-Yvelines (Château de non-lieu, 1981, détruit), à Champigny-sur-Marne (Île d’Isis, 1986), à Vitry-sur-Seine (L’Oracle de Delphes, 1988)[3].

En 1979, son installation « château de non-lieu » est une aventure. En 1982, elle remporte le symposium de Caen mais la population est hostile à son projet. En 1984, elle participe au symposium des usines Renault avec Cragg, Woodrow, Bartoli, Skoda, Briggs. En 1985, elle concourt pour l'aménagement de l'espace des tours des Minguettes à Venissieux ; le concours sera annulé. En 1990, Irmgard remporte le concours pour un monument à Bobigny dédié à la Résistance française : Arc de mémoire[1].

Peinture

À partir de 2005, elle se consacre à la peinture et expose des œuvres inspirées par l'Islande et par les animaux[1].

Vie privée

Elle se marie avec Jean Berthet, artiste peintre en 1957. Leur divorce aura lieu bien après leur rupture, ils resteront très proches toute leur vie[5].

En 1970, elle épouse Thierry Sigg, artiste-peintre. Passionnés par les voyages, ils vont parcourir ensemble dans le monde entier[6].

Une cancer de la peau l'oblige à subir plusieurs opérations. Affaiblie par le traitement contre le cancer, elle meurt durant l'épidémie de Covid, à l'hôpital Saint-Louis de Paris, le , à 87 ans[7].

Expositions personnelles

  • 1973 - Galerie Charley Chevalier[8], Paris
  • 1981 - Galerie Darthea Speyer, Paris
  • 1983 - Centre culturel de Villeparisis
  • 1984 - Galerie Darthea Speyer, Paris
  • 1988 - Galerie Darthea Speyer
  • 1990 - Galerie Darthea Speyer
  • 1994 - Galerie Darthea Speyer[9]
  • 1995 - Centre d'art d'Ivry Galerie Fernand Léger
  • 1999 - Le Fanal, Saint-Nazaire
  • 2001 - Salle Gustave Kuntz, Seloncourt
  • 2001 - Musée Beurnier-Rossel, Montbeliard
  • 2001 - Musée des ducs de Wurtemberg, Montbéliard[10]
  • 2002, 2005, 2009 - Galerie Darthea Speyer
  • 2014 - L'embarcadère, Montceau-les-Mines[11]

Réalisations monumentales

Arc de mémoire, Bobigny

Collections

Expositions collectives (sélection)

  • 1977 - Travaux sur papier - Objets, Centre culturel de Villeparisis
  • 1977 - Prix de la Jeune Sculpture, Paris
  • 1978 - Groupe Espasme, Centre culturel Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes
  • 1979 - Groupe Espasme, Galerie Art Shop, Bâle, Suisse
  • 1979 - Groupe Espasme, Centre culturel Pablo Neruda, Corbeil-Essonnes
  • 1979 - Fondation nationale des Arts graphiques et plastiques, rue Berryer, Paris
  • 1979 - Sculptures d'elles, fleurs et au-delà, Ivry-sur-Seine
  • 1981 - Lieux de l'imaginaire, Ivry-sur-Seine et Vitry-sur-Seine
  • 1982 - Prix de sculpture, Salon de Montrouge
  • 1982 - Sculptures dans la ville, symposium de Caen
  • 1984 - Sculptures dans l'usine, symposium Usines Renault de Sandouville et Musée du Havre
  • 1987 - Fonds départemental d'art contemporain du Val-de-Marne, (acquisitions 1986)
  • 1987 - Fondation Camille, Musée Sainte-Croix de Poitiers
  • 1990 - Stand FIAC Galerie Darthea Speyer
  • 1991 - Stand FIAC Galerie Darthea Speyer
  • 2005 - Vénus en Périgord, Bergerac[14]
  • 2012 - Pas si bêtes, Galerie Villa des Tourelles, Nanterre

Bibliographie

Essai

  • Georges Raillard: Räume in Schwingungen versetzen – Gedanken zu Skulpturen von Irmgard Sigg. In: Bildende Kunst, Berlin, 4/1982, S. 193-195

Textes de catalogue

  • Georges Raillard : Les temples d’Irmgard Sigg, 1981
  • Renaud Camus : Péril du saut, 1986
  • Anne Dagbert : Le voyage d’Atalante, 1988
  • Françoise Bataillon : A propos des doubles, 1990
  • Yves Michaud : Contorsionnistes, mutants et acéphales, 1994
  • Yvon Taillandier : Le partage des épreuves, 1995
  • Alin Avila : Lettre à Irmgard, 1999
  • Philippe Cyroulnik : Un moment d’égarement, 2001

Livres

  • 50 sculpteurs choisissent le bois, Dominique Dalemont, éditions Somogy, 1998, (ISBN 9782850563331)[15]
  • Ateliers au féminin, Yves Michaud et Catherine Panchout, éditions « Au même titre », 1999, (ISBN 9782912315281)

Notes et références

  1. « ▷ Irmgard Sigg | Achat d'Œuvres et Biographie - Artsper », sur ▷ Artsper | Achat tableaux et œuvres d'Art Contemporain (consulté le )
  2. https://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 51
  3. « Irmgard Sigg », sur AWARE Women artists / Femmes artistes (consulté le )
  4. « Actualité – Publications – Expositions », sur Irmgard Sigg, (consulté le )
  5. https://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 52
  6. https://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quatro-1.pdf page 53
  7. https://irmsigg.wordpress.com/wp-content/uploads/2026/02/apercubookirmgardsigg-quinto-eng-1.pdf page 62
  8. « Emplacement de la Galerie C. Chevalier de 1973 à 1986 », sur bibliotheques-specialisees.paris.fr (consulté le )
  9. J. Rollin. Réprouvés et idoles captives. L'Humanité, 28 décembre 1994. Lire en ligne
  10. Exposition Irmgard Sigg. L'Express, 24 janvier 2002, p. 28.
  11. Jean-Marc Vuillamy. Les fêlures de la terre d’Irmgard Sigg à l’Embarcadère. Le Journal de Saône-et-Loire, 21 janvier 2014. Lire en ligne
  12. La sculpture Le Gaucher inaugurée à l'Institut de mathématiques d'Orsay, 10 février 2023.
  13. Patrimoine : des travaux à l'hypogée des dunes. Centre Presse, 16 février 2011, p.12.
  14. Les Vénus enflamment. Sud Ouest, 15 juillet 2005, p. 12.
  15. Fabien Simode. Soixante-six métallurgistes en « or ». L'Œil, 1er octobre 2006. Lire en ligne

Liens externes

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