Irouléguy (AOC)

Irouléguy
Image illustrative de l’article Irouléguy (AOC)
La chapelle Saint-Vincent et son vignoble sont à l'origine de l’AOC irouléguy.

Type d'appellation(s) AOC / AOP
Reconnue depuis 1953 (VDQS) puis 1970 (AOC)
Pays Drapeau de la France France
Région parente vignoble du Sud-Ouest
Sous-région(s) piémont pyrénéen (Pays basque)
Localisation Pyrénées-Atlantiques
Climat océanique à tendances méditerranéenne et montagnarde
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
1 694 heures (à Saint-Jean-Pied-de-Port)
Superficie plantée 261 hectares (en 2024)[1]
Cépages dominants tannat N[note 1], cabernet franc N, courbu blanc B, de petit manseng B et gros manseng B
Vins produits 60 % rouges, 26 % blancs et 14 % rosés
Production 6 039 hectolitres (en 2024)[1]
Pieds à l'hectare minimum 4 000 ceps/ha[2]
Rendement moyen à l'hectare 24 hl/ha en rouge, 22 en rosé et en blanc (en 2024)[1]
Site web irouleguy.net

Un irouléguy[note 2] est un vin français d'appellation d'origine contrôlée produit en rouge, rosé et blanc dans le département des Pyrénées-Atlantiques, portant le nom d'Irouléguy, petit village basque de la Basse-Navarre. Son nom en basque est Irulegiko arnoa. L'irougéluy est situé à l'extremité sud-ouest des vignobles du Sud-Ouest, le long de la frontière.

Il s'agit de l'un des plus petits vignobles de France, le seul du pays basque français. Il accède au status d'AOC par le décret du [3]. Les vins rouges ont pour cépages principaux le cabernet franc N et le tannat N, auxquels s'ajoute le cabernet sauvignon N pour les vins rosés[2]. Les vins blancs autorisent le courbu B, le gros manseng B, le petit courbu B et le petit manseng B[2]. La superficie exploitée sous l'appellation est de 250 ha (moyenne 2022-2024)[1], les vins rouges représentant un peu plus de la moitié de la production (moyenne 2022-2024)[1].

Histoire

Caravane muletière chargée de jarres de vin sur le chemin de Saint-Jacques.

L'histoire du vignoble est liée au pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle. En effet, il est formé au XIe siècle par les moines de Roncevaux qui plantèrent des vignes autour de l’ancienne église Saint-Vincent du village d’Irouléguy pour un vin destiné aux pèlerins. Après la signature du traité des Pyrénées (1659), les moines quittent leur vignoble et les habitants prennent possession des vignes.

Après un déclin dû à la crise phylloxérique et à la Première Guerre mondiale, un groupe d'agriculteurs crée la cave coopérative de Saint-Étienne-de-Baïgorry. Le , l'appellation d'origine « Vins d'Irouléguy » (seulement les rouges et blancs) accède au label vin délimité de qualité supérieure (VDQS), avec une aire restreinte (communes d'Anhaux, Irouléguy et Saint-Étienne-de-Baïgorry)[4]. En , le degré d'alcool minimum est désormais de 10°, avec autorisation des rosés[5].

Le décret du reconnait l'irouléguy (rouge, blanc et rosé) comme une appellation d'origine contrôlée (AOC), avec une aire plus vaste (Anhaux, Ascarat, Bidarray, Irouléguy, Ispoure, Jaxu, Ossès, Saint-Étienne-de-Baïgorry et Saint-Martin-d'Arrossa)[3]. Le cahier des charges de l'appellation a été ensuite modifié en [6], en (extension de l'aire d'appellation)[7], en [8], en , en , en et en [2].

Vignoble

Aire d'appellation

Images externes
Carte des communes concernées
Cartes cadastrales de l'appellation
Orthophotos du parcellaire de l'AOC

La surface déclarée en 2020 est de 240 hectares[9], répartis sur les territoires de quinze communes du département des Pyrénées-Atlantiques : Aincille, Anhaux, Ascarat, Bidarray, Bussunarits-Sarrasquette, Bustince-Iriberry, Irouléguy, Ispoure, Jaxu, Lasse, Lecumberry, Ossès, Saint-Étienne-de-Baïgorry, Saint-Jean-le-Vieux et Saint-Martin-d'Arrossa[2].

Géologie et orographie

La zone de l’appellation est située en Basse-Navarre, au sein du Pays basque. Elle s’étend au pied des Pyrénées, sur un secteur de moyenne montagne dont les sommets culminent entre 800 et 1 200 mètres d’altitude. Le relief est marqué par l’alternance de massifs et de cuvettes vallonnées.

Le substratum géologique présente une grande complexité liée au contexte montagnard. Il est constitué principalement de grès rouges et d’ophites du Trias, ainsi que de calcaires du Jurassique :

  • des grès rouges, engendrant des reliefs abrupts et des sols acides, pauvres et drainants ;
  • des ophites, roches basiques d’origine volcanique, formant des buttes altérées associées à des sols lessivés, acides et riches en éléments minéraux ;
  • des calcaires, plus localisés, notamment sur la commune d’Irouléguy, donnant des reliefs pentus et des sols caillouteux et bien structurés.

Le vignoble s’est développé préférentiellement sur le bas des versants pentus des massifs. Il s’étend de façon discontinue, avec une concentration des plantations dans certains secteurs favorables, comme le massif de l’Arradoy.

Climatologie

La station météorologique d'Irouléguy237 mètres d'altitude au nord-est du village, au lieu-dit de la ferme Martin : 43° 10′ 54″ N, 1° 17′ 42″ O)[10] est représentative de l'aire d'appellation. La station voisine de Bustince près de Saint-Jean-Pied-de-Port affiche un ensoleillement de 1 694,6 heures par an (moyenne 2003-2020)[11].

Relevés à Irouléguy de 1981 à 2010
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Températures (°C)
Maximale moyenne 11,9 12,9 15,6 17,1 20,8 23,7 25,9 26,2 24,4 20,5 15,2 12,5 18,9
Moyenne 7,5 8 10,3 11,7 15,2 18,2 20,3 20,5 18,3 15,3 10,6 8,3 13,7
Minimale moyenne 3 3,2 5 6,4 9,7 12,7 14,7 14,8 12,3 10,1 6 4 8,5
Nombre de jours avec gel 8,4 7,7 3,6 0,7 0 0 0 0 0 0,6 3 7,2 31,2
Précipitations
Hauteur (mm) 146 129,8 124,7 139,3 106,9 77 65,6 76,1 92,5 122,1 164,8 153,4 1 398,2
11,9
3
146
50 mm
100 mm
150 mm
jan.
12,9
3,2
129,8
fév.
15,6
5
124,7
mars
17,1
6,4
139,3
avril
20,8
9,7
106,9
mai
23,7
12,7
77
juin
25,9
14,7
65,6
jui.
26,2
14,8
76,1
août
24,4
12,3
92,5
sep.
20,5
10,1
122,1
oct.
15,2
6
164,8
nov.
12,5
4
153,4
déc.
Moyennes : max min °C ■ Précipitations mm

Encépagement

Les vins rouges sont des vins d’assemblage. Ils ont le cabernet franc N[note 1] et le tannat N comme cépages principaux, qui doivent représenter ensemble au moins 50 % de l’encépagement, sans qu'aucun d’eux ne dépasse 90 %, et le cabernet sauvignon N comme cépage accessoire[2].

Les vins rosés ont le cabernet franc N, le tannat N et le cabernet sauvignon N comme cépages principaux, lesquels doivent représenter ensemble au moins 90% de l'encépagement. Les cépages accessoires autorisés sont le courbu B, le gros manseng B, le petit courbu B et le petit manseng B[2].

Les vins blancs sont également des vins d'assemblage, devant être issus d'au moins deux cépages parmi le courbu B, le gros manseng B, le petit courbu B et le petit manseng B[2].

Rendements

Le rendement visé est fixé à 55 hectolitres par hectare, avec un rendement butoir de 60 hl/ha[2].

Méthodes culturales

Les vignes présentent une densité de plantation comprise entre 3 600 et 4 000 pieds par hectare pour les vignes plantées avant le , et de 3 600 pieds par hectare au maximum pour celles plantées après cette date.

Elles sont taillées en Guyot simple, en Guyot double ou en taille courte, conduite en cordon de Royat, avec un maximum de 12 ou 16 yeux francs par pied selon les cépages[2].

Richesse en sucre et titre alcoométrique

La richesse minimale en sucre des raisins à la récolte est fixée à 189 g/l de moût pour le cépage tannat et à 180 g/l pour les autres cépages. Les vins présentent un titre alcoométrique volumique naturel minimum de 11 %. Après enrichissement, le titre alcoométrique volumique total ne dépasse pas 13,5 %[2].

Vins

Volumes

Ils représentent une production de 7 000 hectolitres en 2020[13], dont environ 70 % de vin rouge, 20 % de vin rosé et 10 % de vin blanc[14].

Les données de production des années récentes, telles que publiées par le service des Douanes, sont[1] :

Année irouléguy rouge irouléguy blanc irouléguy rosé
superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha) superficie (ha) production (hl) rendement (hl/ha)
2022 169,08 2 790 17 59,6 1 387 23 17,05 635 37
2023 132,5 2 892 22 66,8 1 486 22 49,9 919 18
2024 151,1 3 614 24 72,1 1 601 22 37,9 824 22

Gastronomie

Notes et références

Notes

  1. Le code international d'écriture des cépages mentionne de signaler la couleur du raisin : B = blanc, N = noir, Rg = rouge, Rs = rose, G = gris. Cf. « 2de édition de la liste des descripteurs OIV – couleur de la baie » [PDF] (consulté le ), p. 41.
  2. Le nom d'un vin est un nom commun, donc ne prend pas une majuscule, cf. les références sur la façon d'orthographier les appellations d'origine ; on ne boit donc pas Irouléguy, mais de l'irouléguy. Sauf que le cahier des charges rajoute une majuscule au nom du vin, pour le différencier d'un nom générique, principe repris sur les étiquettes et les déclarations.

Références

  1. « Open Data | Portail de la Direction Générale des Douanes et Droits Indirects », sur www.douane.gouv.fr (consulté le ).
  2. « Cahier des charges de l’appellation d’origine contrôlée « Irouléguy » » [PDF], homologué par l'arrêté du , publié dans le JORF du .
  3. « Décret concernant l'appellation contrôlée « Irouléguy » », publié au JORF du .
  4. « Arrêté du 23 janvier 1953 sur les conditions d’attribution du label « Vins délimités de qualité supérieure » aux vins bénéficiant de l'appellation d'origine « Vins d'Irouléguy » », publié au JORF du .
  5. « Arrêté du 14 février 1957 sur les vins délimités de qualité supérieure bénéficiant da l’appellation d ’origine « Vins d’Irouléguy » », publié au JORF du .
  6. « Décret du 5 avril 1982 concernant les vins à appellation d'origine contrôlée « Irouléguy » », publié au JORF du numéro complémentaire.
  7. « Décret du 6 mai 1995 relatif à l'appellation d'origine contrôlée « Irouléguy » », publié au JORF no 108 du .
  8. « Décret n° 2009-1135 du 18 septembre 2009 relatif aux appellations d'origine contrôlées « Irouléguy », « Béarn », « Sauternes » - Légifrance » [archive du ], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le )
  9. Virginie Bachelier, « L’irouleguy, pépite basque », Ouest-France,‎ (lire en ligne).
  10. « 64274001 – IROULEGUY – FERME MARTIN » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  11. « Normales et records pour la période 2003-2020 à Bustince », sur infoclimat.fr (consulté le ).
  12. « Fiche 64274001 Irouléguy » [PDF], sur donneespubliques.meteofrance.fr (consulté le ).
  13. « Irouléguy : des vignerons optimistes après plusieurs saisons compliquées - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le ).
  14. « Rien de tel qu’un bon verre d’Irouléguy pour accompagner l’Ossau-Iraty en fin de repas ! », sur Ossau-iraty.fr

Annexes

Articles connexes

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