Jacqueline (opérette)
Jacqueline est une opérette en un acte de Jacques Offenbach, sur un livret de Hector Crémieux et Ludovic Halévy, créée aux Bouffes-Parisiens le .
Histoire
Conçue comme un « lever de rideau » (courte pièce présentée avant l'œuvre à l'affiche) pour la reprise d'Orphée aux Enfers avec Dephine Ugalde dans le rôle d'Eurydice, Jacqueline est annoncée dès le en association avec Tromb-al-ca-zar ou les Criminels dramatiques, Apothiquaire et perruquier et Monsieur Choufleuri restera chez lui le..., avant la reprise triomphale d'Orphée aux Enfers le .
Sans doute pour des raisons de règlementation des théâtres, Jacques Offenbach et ses librettistes vont présenter la pièce sous des pseudonymes, Offenbach devenant Alfred Lange, tandis que Crémieux et Halévy signent le livret sous le nom de Pol d'Arcy. La critique n'est cependant pas dupe, et dès le , on peut lire dans Le Ménestrel :
« Avant de nous convier à cette nouvelle édition d'Orphée aux Enfers, et à cette nouvelle incarnation de Mme Ugalde, la direction du passage Choiseul avait gratifié ses habitués, sans bruit et presque à la dérobée, d'une opérette intitulée Jacqueline. Les auteurs de ce petit lever de rideau ont cru devoir se cacher sous des pseudonymes ; mais ce M. Alfred Lange, qui signe la partition, ne peut vous donner longtemps le change ; dès les premiers coups d'archet le voile est déchiré, le créateur de cette musique vous est connu : à cette sûreté de main, à cette allure piquante, à ces rythmes fringants qui pétillent comme le vin de Champagne, vous devinez la griffe du maître Jacques de l'endroit[1]. »
De même, dans Le Constitutionnel du , on peut lire que « Le répertoire des Bouffes-Parisiens vient de s'enrichir d'une opérette due à la collaboration toujours heureuse de MM. J. Offenbach, H. Crémieux et L. Halévy. Jacqueline servira de lever de rideau à Orphée aux Enfers, qui passera cette semaine[2]. »
L'œuvre ne souffira pas de cet anonymat qui n'en est pas un et connaîtra 102 représentations lors de la saison 1862-1863, quittant l'affiche le [3]. Fort de ce petit succès, elle sera reprise en , et comme de nombreux ouvrages d'Offenbach, Jacqueline connaîtra une version allemande, Dorothea, en 1871.
Résumé
Jules Lovy, dans son article du Ménestrel relatant la création de Jacqueline, résume la pièce en ces mots :
« Le sujet de Jacqueline offre quelque analogie avec celui du Chalet. Au lieu d'un Max, c'est un sous-officier de lanciers, Petit Pierre, à qui la jeune villageoise est promise dès l'âge de sept ans. Jacqueline, lasse d'attendre le retour de ce cousin, est sur le point de se marier avec le jeune et naïf maître d'école Gros-Jean ; mais le troupier revient au pays au moment où on ne l'attendait plus : il est prêt à remplir sa promesse si Jacqueline y tient absolument ; car lui-même a contracté ailleurs une tendre liaison. Heureusement il ne tarde pas à s'apercevoir que sa cousine préfère Gros-Jean ; alors son parti est pris : il affecte un air farouche, ravage la cave de Jacqueline, porte la terreur dans l'âme de la jeune villageoise et du maître d'école, — finalement pour les mystifier tous deux et signer à leur mariage[1]. »
Distribution originale
| Rôle | Interprète | Tessiture |
|---|---|---|
| Jacqueline, paysanne | Mlle Boisse | Soprane |
| Manon, bonne | ? | Soprane |
| Grosjean, maitre d'école | Bache | Ténor |
| Petit-Pierre, lancier | Charles Duvernoy | Baryton |
| Le Notaire | Victor Tacova | Baryton |
Catalogue des morceaux
| Ouverture | |||
| N°1 | Couplets | Grosjean | Je mets mon bel habit de fête |
| N°2 | Couplets et Duetto | Jacqueline, Grosjean | Il n'est pas dans tout le village |
| N°3 | Couplets | Petit-Pierre | J'avais rêvé la gloire militaire |
| N°4 | Duo | Jacqueline, Grosjean | Elle me voit plein de noblesse |
| N°5 | Quatuor | Jacqueline, Manon, Grosjean, Petit-Pierre | A la santé de ma cousine |
| N°6 | Quatuor | Jacqueline, Grosjean, Petit-Pierre, Le Notaire | Si j'avais su mam'zelle |
| N°7 | Finale | Jacqueline, Manon, Grosjean, Petit-Pierre | Au milieu de la guerre |
Notes et références
- Jules Lovy, « Bouffes-Parisiens. Reprise d'Orphée aux Enfers; Mme Ugalde.— Jacqueline, opérette en un acte, paroles de M. Pol Dorcy, musique d'Alfred Lange. », Le Ménestrel, vol. 29e année, no 47, , p. 372 (lire en ligne)
- ↑ « Bulletin des théâtres », Le Constitutionnel, no 288, , p. 3 (lire en ligne)
- ↑ Jean-Claude Yon, Jacques Offenbach, Paris, NRF Gallimard, , 796 p. (ISBN 9782070130979), p. 275
Liens externes
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