Jacqueline Guerroudj

Jacqueline Guerroudj
Biographie
Naissance
Décès
(à 95 ans)
Alger
Sépulture
Nom de naissance
Jacqueline Netter
Nationalité
Activité
Père
Louis Netter (d)
Conjoint
Enfant

Jacqueline Guerroudj, née Jacqueline Netter le [1] à Rouen et morte le à Alger, est une militante communiste et anticolonialiste française, membre du FLN et maquisarde durant la guerre d'Algérie. Elle a été condamnée à mort avec son mari, Abdelkader Guerroudj, en tant que complices de Fernand Iveton. Elle et son mari ont été graciés, en partie grâce à une campagne médiatique menée notamment par Simone de Beauvoir.

Biographie

Jacqueline Netter est née le à Rouen, dans une famille bourgeoise et aisée. Juifs alsaciens-lorrains, ses grands-parents se sont installés à Rouen au moment de la Première Guerre mondiale. Son père est directeur d'assurances et commissaire général de la Foire-exposition de Rouen. Elle fait des études de philosophie et de droit.

Elle se marie avec Pierre Minne, enseignant comme elle et militant communiste. Leur fille, Danièle Minne, naît en 1939. En 1942, en raison de ses origines juives, elle est internée par les Nazis. Heureusement avec l'aide de son mari, d'autres militants communistes et d'un prêtre, elle réussit à fuir vers la zone libre et ainsi échapper à la déportation.

Jacqueline et son mari, fonctionnaire de l’Éducation nationale, partent avec leur fille s'installer au Sénégal. Ils en sont expulsés en 1947 par suite du militantisme anticolonial de Pierre.

En 1948, les Minne partent enseigner en Algérie où Pierre est nommé professeur de philosophie au collège de Slane à Tlemcen[2], où il organise des cercles de philosophie marxiste[3]. Ils s'installent d'abord à Chetouane (à l'époque Négrier) dans la campagne de Tlemcen, puis à Aïn Fezza où Jacqueline est institutrice.

Le couple divorce et Jacqueline Netter se remarie en 1950, avec Abdelkader Guerroudj, militant du Parti communiste algérien et directeur de l'école où elle enseigne. En , Jacqueline et Abdelkader Guerroudj sont expulsés par le préfet d'Oran pour leurs activités. Après quelques mois en France, ils rentrent à Alger en et participent à l'organisation des Combattants de la libération et du Réseau de Yacef Saadi. Elle est arrêtée le pour complicité dans l’attentat non meurtrier commis par Fernand Iveton, seul moudjahid européen guillotiné[4]. Elle est condamnée à mort (comme son mari) et emprisonnée à Rennes[4]. Elle et son mari sont graciés, avec Djamila Bouazza et Djamila Bouhired, le .

Elle est la doyenne des six femmes condamnées à mort pour des actes « terroristes » pendant la guerre d'Algérie[5],[6]. Elle meurt le à Alger et est inhumée dans le Carré des Martyrs du cimetière d'El Alia[7].

Œuvre

  • Jacqueline Guerroudj, Des douars et des prisons, Bouchene, (lire en ligne).

Hommages

Décorations

Notes et références

  1. BNF 12411889
  2. Le combat de Djamila Danièle Amrane Minne pour la libération de l’Algérie
  3. Danièle-Djamila Amrane-Minne (1939-2017), Moudjahida et historienne des moudjahidates
  4. Luc Thiébaut, « Des militantes pour l’indépendance de l’Algérie incarcérées à Rennes », sur Champs de Justice
  5. Vanessa Codaccioni, « (Dé)Politisation du genre et des questions sexuelles dans un procès politique en contexte colonial : le viol, le procès et l’affaire Djamila Boupacha (1960-1962) », Nouvelles Questions Féministes, vol. 29, no 1,‎ , p. 32–45 (ISSN 0248-4951, lire en ligne, consulté le )
  6. Sylvie Thénault, « Défendre les nationalistes algériens en lutte pour l'indépendance. La « défense de rupture » en question », Le Mouvement Social, no 240,‎ , p. 121–135 (ISSN 0027-2671, lire en ligne, consulté le ) :

    « Djohar Akrour, Baya Hocine, Djamila Bouazza, Djamila Bouhired, Jacqueline Guerroudj et Zahia Kherfallah »

  7. « La moudjahida Jacqueline Guerroudj inhumée au cimetière d'El Alia, à Alger », sur Al Huffington Post, (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

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