Jacques-Émile Lecaron
Jacques-Émile Lecaron est un architecte français né à Paris le .
Biographie
Il étudie à l’Ecole spéciale d’architecture puis à l’université d’Harvard (maîtrise de conception urbaine). Aux Etats-Unis, il travaille chez Marcel Breuer. Rejetant l’enseignement d’Harvard (dont il est cependant diplômé), il s’inspire de Frank Lloyd Wright, Bruce Goff, John Lautner, Richard Buckminster Fuller. De retour en France, il part en Algérie au titre de la coopération, et y devient professeur à l’école d’architecture d’Alger ; il y découvre l’architecture musulmane, la casbah d’Alger, l’architecture du M'zab, mais aussi les ensembles de Fernand Pouillon à Alger.
Revenant en France en 1967, il se lance dans des projets à échelle réduite, pour des commanditaires connus, reposant sur une connivence entre le maître d’ouvrage et le maître d’œuvre : ce sont surtout des maisons individuelles, ainsi que des maisons de retraite. Il travaille par ailleurs sur des projets d’aménagement de Vesoul (centre ville ou développements périphériques) au début des années 1970, en partie menés à terme. Beaucoup de projets reposent d’abord sur des explorations graphiques (dessins au crayon de couleur) jouant avec le rêve et les métaphores nautiques, tandis que Jacques-Emile Lecaron leur forge des noms poétiques évoquant les légendes enfantines. Cette apparence de fables cache des réalisations très travaillées et abouties.
Son premier contrat professionnel concerne le plan d'urbanisme de Vesoul en 1970 : il y dessine le lac de Vaivre[1].
À Clamart, Jacques-Émile Lecaron signe cinq maisons en lisière du bois. Des maisons exceptionnelles pour un « monde trop beau pour être englué dans le conformisme », comme la maison d’acier, à la façade ondulante en bois et en acier, ou la maison de l’Arche de Noé, un pavillon de banlieue transformé en maison de conte de fée moderne.
La maison Toulaho, qui abritait l'agence de l'architecte et son logement, se trouve tout en haut (d'où son nom)[2]. C'est un cube de verre entouré par la végétation, dans lequel est incrustée une cabane en bois. La maison Toulaho est un collage poétique : elle associe la modernité des lignes, des matériaux et des techniques de construction d’un cube de verre, à la simplicité d’une cabane en bois qui évoque l’univers féerique des enfants. La poésie de ce lieu se dégage également des jeux de transparence et de reflets créés dans ce cube vitré.
L’histoire de la maison Toulaho est un conte. Au cours d’une promenade, Jacques-Émile Lecaron a découvert une cabane de forgeron au milieu d’un terrain boisé, et de là est née l'idée de la maison Toulaho : une cabane suspendue dans un cube de verre, que l’architecte imaginait ainsi : « Elle m'apparaissait comme suspendue au cœur du jardin d'hiver ».
Toute la rue des Fougères, à Clamart (en limite de Meudon), où l’architecte réside longtemps, est peu à peu reconstruite par lui, les pavillons étant progressivement remplacés par des maisons aux allures oniriques, manifestes d’une approche résolument humaine de l’idée d’habiter.
A partir de 1986, Jacques-Emile Lecaron est aussi pendant plusieurs années l'architecte de l'hôtel Ritz à Paris, où il aménage une piscine et un grand nombre de chambres. Il travaille également à plusieurs reprises pour France Télécom.
En 1989, est achevée à Clamart le "Palais des vieilles dames", une résidence pour personnes âgées médicalisable de 54 logements pour la S.A. HLM Travail et Propriété représentée par la SCIC AMO. Il était une fois la volonté d'un maire. Le maire de Clamart jean Fonteneau avait confié à l'architecte qu'il souhaitait que soit offert aux anciens de la commune un lieu en centre ville fait de dignité et de respect, comportant un parc où les enfants pourraient venir leur apporter leur joie de vivre à ceux qui leur rendraient l'image rassurante d'une vieillesse paisible et heureuse.
L'architecte a ici voulu créer un nouveau regard sur la vieillesse. Le plan très original fait apparaitre l'organicité fonctionnelle du bâtiment avec des circulations disposant d'un éclairage naturel. La façade d'entrée découpée en forme d'arbre comporte des verrières en surplomb avec à chaque étage un jardin d'hiver. Toutes les façades se développent selon des courbes renouvelées d'une extrémité à l'autre, avec de grands balcons circulaires pour chaque logement constituant une sorte de tonnelle. Une habitante a dit le jour de l'inauguration de ce palais où l'architecte a prévu qu'elle soit comme une reine : "Moi je suis vieille, mais j'aime le moderne quand il est conçu comme cela, je me sens très bien ici". Le journaliste du journal "Le Monde" du conclut son article au sujet du "Palais de Vieilles Dames" : "Une seule ombre au tableau, les délégations de visiteurs, parfois venus de fort loin, se succèdent déjà dans cette résidence modèle. Voilà une animation supplémentaire à laquelle on n'avait certes pas songé".
Certains projets sont menés en association avec l'architecte Michel Dusolle, assistant de Jacques-Emile Lecaron à partir de 1978 puis devenu son associé sur certains projets dès 1989. Michel Dusolle, né en 1954, est installé à Joigny. Ce dernier participe à de nombreux concours dans le domaine de l'hébergement des personnes âgées : Rostrenen, Neufchâteau, Dijon, ainsi qu'à des recherches sur l'architecture destinée aux malades d'Alzheimer. Ce dernier conçoit à la demande de son confrère le plancher de la piscine du palace Ritz permettant de convertir l'espace en une nuit pour des salons pouvant accueillir 400 personnes, et l'assiste dans le cadre de l'important chantier de rénovation en 1989.
Michel DUSOLLE qui est également un architecte fluvial reconnu depuis 1981 date de son diplôme, participe au concours avec son confrère Jacques-Emile Lecaron pour l'assistance publique "Architecture du grand âge". Leur projet intitulé "Le voyage d'Orphée" est cité. Il propose une machine à changer les regards, regards des personnes âgées, regards que nous portons sur elles, un bateau de croisière au long de la Seine, de Paris à la mer, de la mer à Paris, une allégorie orphique : Ramener la vieillesse au sein de la cité.
Michel Dusolle avec son confrère Jacques-Emile Lecaron concrétise des projets à Joigny, tels le "Pavillon de la gourmandise" en 1991 qui est un pavillon d'hébergement au hameau de retraite, la crèche du personnel de l'hôpital de Joigny, et dans les environs de Joigny le projet de rénovation de la halle de Brienon-sur-Armançon. L'architecture de Michel Dusolle est également très originale fruit d'une longue formation et expérience partagée avec son confrère Jacques-Émile Lecaron. Elle a trouvé sa propre expression avec des rénovations et des constructions de nombreux bâtiments publics: crèche, école de musique, centre de loisirs et maison de santé, notamment à Aix-En-Othe. Le "Pavillon de la Gourmandise" qui est une oeuvre commune répondant aux besoins de ses occupants qui sont des personnes âgées, rend compte de leurs propositions originales : "faire du même espace un espace de convivialité et un espace d'intimité". Un lieu où le confort d'un "chez soi est respecté". ainsi pour les deux architectes " Loin des hôpitaux de longs séjour que nous avons tenté ni de les humaniser, ni de les moderniser, Nous avons tenté simplement de vous emmener vers d'autres lieux, vers des lieux qui se constituent dans le regard que nous portons avec lucidité, calme et tendresse sur la vieillesse et la mort".
La Cité de l’architecture et du patrimoine reconnaît l’importance et la grande originalité de l’œuvre de Jacques-Emile Lecaron, dont les archives sont conservées dans Centre d’archives d’architecture contemporaine de la Cité, qui réunit plus de 350 archives d’architectes dont l’œuvre est significative des courants majeurs de la production architecturale du XXe siècle. Un intéressant portait filmé de l'architecte Jacques-Émile Lecaron à sa table à dessins est disponible et à découvrir sur le site archiwebture.
Réalisations
- Maison du Parc, parc Pierre Lagravère, île marante, Colombes, 1998
- intérieur de la Maison Wagner, 27 avenue du Château, Meudon, 1993[3]
- plusieurs maisons à Clamart et à Sèvres[4],[5]
- colonne tronquée pour le contrôle de la pollution de la Seine, parc de l'île Saint-Germain, Issy-les-Moulineaux, 1994
- Le "Pavillon de la gourmandise" à Joigny 1992 , associé avec Michel Dusolle qui est un pavillon d'hébergement de 14 lits construit en 1992 au hameau de retraite de l'hôpital, reconnu pour sa conception originale par la revue techniques hospitalières spécial personnes âgées de
- Le "Palais des vieilles dames" à Clamart 1989 , avec pour assistant Michel Dusolle, qui est une résidence pour personnes âgées médicalisable de 54 logements en centre ville selon le souhait du maire Jean Fonteneau, avec une entrée surmontée d'une verrière en forme d'arbre inspirée d'un conte offrant à chaque étage des salons offrant une vue sur la ville , une façade toute en courbes donnant sur un parc pour les enfants, des circulations éclairées naturellement, des logements ordonnés autour d'un grand balcon sur lesquels grimpent d'étage en étages des plantes, un palais où les vieilles dames se sentent les reines
Références
- ↑ Cécila Cherrier. L’architecte qui a façonné le lac. L'Est républicain, 30 aout 2018. Lire en ligne
- ↑ À Clamart, les maisons d'un architecte poète. Le Parisien, 23 octobre 2013. Lire en ligne
- ↑ Tonino Serafini. Nouveaux fantômes dans la maison de Wagner. Libération, 24 mars 2006. Lire en ligne
- ↑ Elia Dahan. Clamart : découvrez la rue aux maisons extraordinaires. Le Parisien, 6 septembre 2018. Lire en ligne
- ↑ Emmanuelle Huntzinger. Jacques-Émile Lecaron, architecte. France 3, 1er avril 2012. Lire en ligne
Liens externes
- Archives conservées par : Institut français d'architecture (422 Ifa, LECJA, FRAPN02_LECJA)
- (fr) www.lecaron-architecte.com
- (fr) « Jacques-Emile Lecaron » sur Archiguide
- (fr) [1] sur centre d'archives comtemporaines archiwebture de la cité de l'architecture et du patrimoine
- Portail de l’architecture et de l’urbanisme
