Jacques Caroli

Jacques Caroli
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Jacques Caroli ( aux Essarts-le-Roi près de Versailles ; † à Paris) est un gastro-entérologue français. Il étudie la médecine à Angers et se spécialise rapidement en gastro-entérologie. Après la Seconde Guerre mondiale, il devient médecin-chef de l'hôpital Saint-Antoine à Paris.

Biographie

Famille

Né le aux Essarts-le-Roi (Yvelines), Jacques Caroli est issu d’une famille cultivée d'origine hongroise. Son père, Joseph Victor Caroli (1870-1910), médecin originaire de Trieste en Vénétie, meurt prématurément en 1910 à l’âge de 39 ans[1]. Sa mère, Louise Bréchon (1875- ?), née à Marseille, élève seule ses trois enfants à Versailles : Marcel Sauveur (1897-1955), Jacques et Hélène (1905-1985).

Après avoir effectué des études de droit, Marcel Sauveur Caroli s'oriente vers le domaine de la finance. Après avoir été fondé de pouvoirs à la Banque Française de l'Afrique et à la Banque Nationale Française du Commerce extérieur, il s'associe aux banquiers Lazard Frères & Cie en 1947[2]. Hélène Caroli-Cassin, benjamine de la fratrie, est quant à elle artiste-peintre[3].

Le [4], Jacques Caroli épouse civilement Yvonne Mayer à Paris, puis lors d’une cérémonie religieuse trois jours plus tard au temple de la rue de la Victoire, haut lieu du judaïsme parisien[5]. Cette union inscrit la famille Caroli dans la bourgeoisie juive parisienne du XVIe arrondissement. Yvonne Mayer est la nièce d’Alice Mayer, épouse d’Eugène Schloss, parent éloigné du célèbre collectionneur Adolphe Schloss, spolié en 1943. Le couple Caroli s’installe au 104 avenue Kléber avec leurs deux enfants : Bernard, né le [6], et Monique, née le [7], dans un appartement bourgeois faisant également office de cabinet médical.  

Etude et carrière

Jacques Caroli effectue ses deux années d'externat à Paris dans les hôpitaux Tenon et Cochin de 1923 à 1925. Pendant deux ans, il est ensuite mobilisé pour effectuer son service militaire. Il commence ensuite son internat de 1927 à 1931 dans plusieurs hôpitaux parisiens différents, notamment à l'Hôtel-Dieu de Paris avec les célèbres médecins et professeurs Paul Carnot et Henri Hartmann[8]. Il devient officiellement médecin le . Mais en raison de sa judéité, Jacques Caroli est contraint d'arrêter ses fonctions dès 1940 en vertu des lois antisémites en France. Alors qu’il est promu médecin capitaine de la région de Paris le [9], Caroli s’engage durant la guerre à la direction du service de santé de l’hôpital de Montpellier.

Après la Seconde Guerre mondiale, Caroli rejoint l'hôpital temporaire de la Cité Universitaire avant de d'intégrer l'Hôpital Saint-Antoine en 1946, où il dirige un service pendant 30 ans. Il s'intéresse particulièrement aux maladies hépato-biliaires et, en collaboration avec des collègues radiologues et chirurgiens, il met au point des techniques d'étude des voies biliaires par radiographie de contraste et mesure de pression[10].

Contributions

Maladie de Caroli

En 1958, il est le premier à décrire avec précision une maladie congénitale avec dilatation kystique des voies biliaires du foie, qui fut plus tard nommée en son honneur syndrome de Caroli ou maladie de Caroli. Avec Pierre Mallet-Guy, ils développèrent la cholangiographie (alors uniquement peropératoire) réalisée pour la première fois par Pablo Mirizzi en 1932, et élargirent la mesure peropératoire de la pression (manométrie) dans les voies biliaires[10].

En 1972, il préside le premier Congrès européen de gastro-entérologie à Paris. En reconnaissance de ses contributions, il est nommé Commandeur de la Légion d'honneur en 1976[11].

Jacques Caroli décède à Paris le . Son héritage perdure, notamment à travers la dénomination du "bâtiment Jacques Caroli" à l'Hôpital Saint-Antoine, en son honneur.

Références

(de) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en allemand intitulé « Jacques Caroli » (voir la liste des auteurs).
  1. Archives communales de Versailles, cote 5E120 : Acte de décès n° 722.
  2. « Notice Marcel Sauveur Caroli », sur La base de données Léonore (consulté le )
  3. Who's Who in France, wédition 2015, p. 483
  4. Archive de Paris, série AD 75, cote 16M269 : Acte de mariage, n°710 Caroli – Mayer.
  5. Le Journal Juif, du 16 mai 1935.
  6. Le Matin, du 30 octobre 1936.
  7. Le Figaro, du 21 avril 1938.
  8. Archive APHP, cote 773/FOSS/2/412 (Registres du personnel médical des hôpitaux de Paris (1827-1983) > Médecins).
  9. Journal officiel de la République française, du 14 janvier 1940.
  10. (en) « whonamedit? » Accès libre (consulté le )
  11. William S. Haubrich, « Caroli of Caroli's disease », Gastroenterology, vol. 118, no 3,‎ , p. 486 (ISSN 0016-5085, DOI 10.1016/S0016-5085(00)70285-X, lire en ligne, consulté le )

Liens externes

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