Jacques Nicolas Vallée

Jacques Nicolas Vallée
Fonction
Membre du Conseil des Cinq-Cents
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Jacques Nicolas Vallée, né le à Évreux (généralité de Rouen, actuel département de l'Eure)[1], mort le à Paris (ancien 10e arrondissement), est un homme politique de la Révolution française.

Biographie

Sous l'Ancien régime

Son père, Michel Romain Vallée, époux de de Marguerite Loiseleur, est marchand épicier.

En 1775, Jacques Nicolas Vallée est nommé « procureur au bailliage, siège présidial et vicomté d'Évreux »[2]. En 1782, il épouse, au Vieil-Évreux, sa cousine germaine Marguerite Vallée, veuve de Pierre Mary, marchand épicier[3]. De leur union naissent quatre enfants :

  • Jacques, né en 1783[4].
  • Chérubin Honoré, né en 1785[5].
  • Julie Céleste, née en 1787[6].
  • Marguerite Justine, née en 1789[7].

Mandat à la Convention

La monarchie constitutionnelle, mise en application par la constitution du 3 septembre 1791, prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris prennent le palais des Tuileries. Louis XVI est suspendu et incarcéré, avec sa famille, à la tour du Temple.

En , Jacques Nicolas Vallée, alors président de l'administration du district d'Évreux, est élu député du département de l'Eure, le neuvième sur onze, à la Convention nationale[8].

Il siège sur les bancs de la Gironde. Lors du procès de Louis XVI, il vote la détention et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine[9],[10] :

Je vote pour la détention jusqu'au moment où la souveraineté du peuple français, son gouvernement républicain, seront reconnus par tous les gouvernements de l'Europe. Alors on pourra expulser Louis et tous les prisonniers du Temple hors les territoires de la République. Je vote néanmoins pour le dernier supplice dans le cas où les armées ennemies pénétreraient sur le territoire français.

Le , il est absent lors du scrutin sur la mise en accusation de Jean-Paul Marat[11]. Le , il vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[12].

Après les journées du 31 mai et du 2 juin, au terme desquelles vingt-neuf députés de la Gironde sont décrétés d'arrestation, Vallée transmet les lettres de François Buzot (député de l'Eure), alors en fuite à Caen, à Manon Roland, alors incarcéré à la prison Sainte-Pélagie[13]. Le , à l'issue du rapport de Jean-Pierre-André Amar (député de l'Isère), membre du Comité de sûreté générale, Vallée est décrété d'arrestation pour avoir, avec ses collègues Jean Duprat et Agricol Minvielle (députés des Bouches-du-Rhône), entretenu une « correspondance criminelle avec les départements méridionaux pour les soulever »[14]. Le , à l'issue d'un autre rapport d'Amar, il est décrété d'accusation devant le tribunal révolutionnaire[15]. Il se soustrait au décret et se cache à Évreux chez un cordonnier[16].

Le 17 frimaire an III (le ), les poursuites contre Vallée et les vingt-trois autres députés décrétés d'accusation et mis hors-de-la-loi sont levées. Le 8 ventôse (le ), au terme du rapport de Philippe-Antoine Merlin (député du Nord), ils sont réintégrés à la Convention[17].

Le 17 fructidor an III (le ), Vallée accusée Alexandre David-Delisle, député suppléant de l'Aube et juré près le tribunal révolutionnaire, d'avoir fait condamner Pierre Nicolas Perrin (député de l'Aube) pour le remplacer à la Convention[18].

Mandat aux Cinq-Cents

Sous le Directoire, Jacques Nicolas Vallée est réélu député et siège au Conseil des Cinq-Cents. Il est tiré au sort pour quitter le Conseil le 1er prairial an VI (le )[19].

Ayant signé l'Acte additionnel aux Cent-Jours, il est destitué de ses fonctions, et perd même sa pension d'ancien employé des contributions.

À la promulgation de la loi du contre les régicides, le préfet de l'Eure, M. de Gasville[20], lui enjoint de partir. Il prend un passeport pour Bâle, le , puis il proteste, son vote pour la mort n'ayant été que conditionnel. Justice lui est rendue ; il obtient un sursis indéfini et rentre en France.

Son frère aîné, Pierre Nicolas Vallée, né en 1746, est curé du Vieil-Évreux. Il héberge Buzot quand il arrive en pour soulever Évreux[21]

Notes

  1. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial de Saint-Pierre d’Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1754 à 1774, vue 9 / 403, 8 Mi 1590 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  2. France Archives, « VALLÉE, Jacques Nicolas. Grande chancellerie, lettres de provision d'office de 1773, 1774 et 1775, V/1/477 » Accès libre, sur https://francearchives.gouv.fr (consulté le )
  3. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial du Vieil-Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1680 à 1792, vue 307 / 464, 8 Mi 4520-1 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  4. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial de Saint-Denis d’Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1768 à 1790, vue 172 / 303, 8 Mi 1574 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  5. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial de Saint-Denis d’Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1768 à 1790, vue 207 / 303, 8 Mi 1574 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  6. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial de Saint-Denis d’Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1768 à 1790, vue 232 / 303, 8 Mi 1574 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  7. Archives départementales de l'Eure, « Registre paroissial de Saint-Denis d’Évreux, baptêmes mariages et sépultures de 1768 à 1790, vue 265 / 303, 8 Mi 1574 » Accès libre, sur https://archives.eure.fr (consulté le )
  8. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  9. Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  10. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 57, séance du 16 et du 17 janvier 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  11. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  12. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k49580t/f521, (consulté le )
  13. Roland de La Platière, Jeanne-Marie (1754-1793) et Perroud, Claude (1839-1919), « Lettres de madame Roland (1780-1793). Lettre 540 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  14. Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 70, séance du 30 juillet 1793 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  15. Barbier, Gaston, Claveau, Louis, Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 75, séance du 3 octobre 1793 » Accès libre, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
  16. Rogue, Nicolas-Pierre-Christophe, « Souvenirs et journal d'un bourgeois d'Évreux : 1740-1830 » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
  17. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°171, « Convention nationale, séance du 18 ventôse (8 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 21 ventôse an 3 (11 mars 1795) (consulté le )
  18. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°351, « Convention nationale, séance du 17 fructidor (3 septembre) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 21 fructidor an 3 (7 septembre 1795) (consulté le )
  19. Gazette nationale ou le Moniteur universel n°167, « Conseil des Anciens et Conseil des Cinq-Cents, séance du 15 ventôse (5 mars) » Accès libre, sur https://gallica.bnf.fr, 17 ventôse an 5 (7 mars 1797) (consulté le )
  20. Marie-Jean Maurice Goujon de Gasville
  21. « Dans le courant du mois de juin, il arriva à Évreux le nommé François-Nicolas-Léonard Buzot, député à la Convention Nationale qui se sauvoit de Paris.[…] il arriva le soir en la paroisse du Vieil-Évreux chez le sieur Vallée qui en est curé, conservé par le serment de la Constitution. » Nicolas Rogue, Souvenirs..., p. 59.

Liens externes

Sources

Articles connexes

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