Jamaleddin Ibn Wassel

Ibn Wasil
Biographie
Naissance
Décès
Nom dans la langue maternelle
مُحمَّد بن سالم بن نصر الله المازني التميمي الحموي الشافعي
Surnoms
ابن واصل, أبو عبد الله
Activité
Œuvres principales
Mufarrij al-kurūb

Ibn Wasil (Jamaleddin Ibn Wassel) est un diplomate, historien et homme de loi égyptien, né à Hama en 1207 et mort en 1298. Il est l'auteur d’une chronique majeure sur la période ayyoubide et le début de l’ère mamelouk.

Biographie

Ses talents le font remarquer de bonne heure et il est, à diverses époques, chargé de missions diplomatiques importantes. Par cette position, il est proche des grands événements de son temps, ce qui donne un grand prix à ses écrits.

Il se trouvait à Mansourah aux côtés de Tûrân Châh lors de l'invasion de l'Égypte par Louis IX en 1250. En 1261, il est envoyé par le sultan Baybars en ambassade auprès de Manfred Ier de Sicile. C'est à la demande de ce jeune prince qu'il compose son traité de logique intitulé L'Impérial (al-Risāla al-anbrūriyya).

Il est ensuite investi à Hama des fonctions de grand-juge (cadi des cadis).

Œuvres

Ibn Wāṣil a écrit en arabe. Ses travaux couvrent la logique (quatre traités, dont deux seulement ont été conservés), l'histoire (quatre ouvrages), la poésie (deux œuvres), ainsi que la théologie spéculative (Kalâm), l'astronomie et la médecine — ces deux dernières œuvres étant perdues[1].

Logique

Ibn Wāṣil appartient à l'école « occidentale » de logique liée à Fakhr al-Dīn al-Rāzī. Ses traités logiques comprennent notamment deux commentaires sur l'œuvre du logicien égyptien al-Khūnajī : un commentaire sur al-Jumal fiʾl-manṭiq (« La Somme de la logique »), qui a été son ouvrage logique le plus diffusé et qui survit en quatre manuscrits (datés des années AH 680/AD 1281, 738/1337–1338 et 746/1345), et un autre commentaire sur une œuvre d'al-Khūnajī qui est perdu.

Il rédigea aussi une risāla logique destinée au roi Manfred de Sicile, la al-Risāla al-anbrūriyya, connue par un manuscrit (1281) sous le titre Nukhbat al-fikar fī tathqīf al-naẓar ; il en fit ensuite une révision intitulée Nukhbat al-fikar fiʾl-manṭiq[1]<,>[2].

Histoire

Ses principaux ouvrages historiques sont :

  • Taʾrīkh al-Ṣāliḥī (« Histoire al-Ṣāliḥī »), histoire générale de l'islam depuis le Prophète jusqu'à l'année AH 636/637 (AD 1239/1240), initialement dédiée au sultan al-Ṣāliḥ Najm al-Dīn Ayyūb (entre 1244 et 1249) puis ré-dédicacée à al-Muʿaẓẓam Tūrānshāh après 1249[2].
  • Naẓm al-durar fi ʾl-ḥawādith wa ʾl-siyar, dédiée à Tūrānshāh (1249–1250)[2].
  • Mufarrij al-kurūb fī akhbār Banī Ayyūb (« Le Dissipateur des inquiétudes sur les rapports des Ayyubides »), histoire des Ayyubides jusqu'en 1263, rédigée à Hama entre 1272 et 1285 ; bien qu'elle s'arrête en 1263, le texte contient une allusion à la bataille de Bénévent (1266). Le manuscrit survit en quatre exemplaires incomplets, à partir desquels le texte complet peut être reconstitué[2]<,>[3].

Poésie et prosodie

Ibn Wāṣil composa le Tajrīd al-Aghānī (ou Mukhtaṣar al-Aghānī), un abrégé du classique Kitāb al-Aghānī (Xe siècle), commandé par l'émir al-Manṣūr II durant son séjour à Hama (trois manuscrits connus). Il rédigea aussi un commentaire sur un traité de prosodie arabe de son maître Ibn al-Ḥājib ; deux copies en sont connues et cette œuvre donna lieu à une série de commentaires au siècle suivant[1].

Théologie, astronomie et médecine

Son unique ouvrage de théologie appartient au kalām : la Mukhtaṣar al-arbaʿīn fī uṣūl al-dīn (un commentaire sur une œuvre d'al-Rāzī), qui n'a pas survécu. De même, ses traités scientifiques — l'astronomie Nukhbat al-amlāk fī hayʾat al-aflāk (dédiée à Tūrānshāh) et un abrégé médical de l'ouvrage d'Ibn Bayṭār, al-Mufrada — sont perdus[1].

Généalogie des Ayyubides et politique identitaire

Ibn Wāṣil rédigea également des notices généalogiques sur les Banū Ayyūb. Dans Mufarrij al-kurūb fī akhbār Banī Ayyūb, il mentionne que, bien que les Ayyubides aient à différents moments prétendu descendre d’une lignée arabe, cette revendication est, selon lui, infondée : ils étaient d’origine kurde[4]. Dans son récit, il décrit les efforts de certains princes pour présenter ou consolider une filiation arabe, mais il les juge comme reposant sur des « faux récits »[5].

Notes et références

  1. (en) Konrad Hirschler, Medieval Arabic Historiography: Authors as Actors, Routledge, , 137–139 p.
  2. (en) Gamal al-Din El-Shayyal, History of Egyptian Historiography,
  3. ↑ (en) Konrad Hirschler, Medieval Arabic Historiography: Authors as Actors, Routledge, , p. 145
  4. ↑ Ibn Wāṣil, Mufarrij al-kurūb, « Dhikr nasab Banī Ayyūb » (ذكر نسب بني أيّوب).
  5. ↑ Ibn Wāṣil, Mufarrij al-kurūb, même source.

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

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