James Bouillé

James Bouillé
Biographie
Naissance
Décès
(à 51 ans)
Pontivy
Sépulture
Cimetière de Pordic (d)
Nationalité
Activité
Père
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Membre de
Œuvres principales
Vue de la sépulture.

James Bouillé, né le à Guingamp et mort le à Pontivy, est un architecte français, animateur de l'atelier breton d'art chrétien.

Biographie

Enfance et formation

James Bouillé naît le à Guingamp. Son père, Étienne, est peintre paysagiste et photographe amateur[1].

Carrière

Il réussit les concours des Beaux-Arts de Paris[2].

James Bouillé crée, en 1927, l'Atelier breton d'art chrétien, regroupant des architectes et des artistes de toutes spécialités. Bouillé est notamment l'auteur, en 1936, de la chapelle de l'Institution Saint-Joseph à Lannion, où il allie arc parabolique en béton armé et parement de granit local[3].

Premiers engagements politiques et artistiques

La fin des années 1910 marque le début de son engagement dans divers mouvements artistiques et politiques bretons. Déjà enfant, il fréquente ces milieux avec son père qui est membre de l'Union régionaliste bretonne. Bouillé crée en 1919 une section parisienne du groupe régionaliste breton nommée Unvaniez Yaouankiz Vreiz[4].

Vie et carrière en Bretagne

Rapidement déçu de sa formation aux Beaux-Arts de Paris, il regagne en 1921 Perros-Guirec où ses parents ont déménagé et ouvre un commerce de meubles anciens et de dentelle irlandaise[5].

Aux côtés de Jeanne Malivel et René-Yves Creston, il fait partie du mouvement artistique des Seiz Breur, mouvement créé en 1923 en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques[6].

En 1923, il entre au Seiz Breur, mouvement créé en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques. S’il défend un art profane breton moderne, il milite ardemment en faveur d’un nouvel art sacré[1]. Il ne participe pas aux premières années du mouvement Seiz Breur pour cause des relations conflictuelles qu'il entretient avec l'artiste Jeanne Malivel[7].

En 1929, il fonde « l’Atelier Breton d’Art Chrétien »[1].

Il construit la chapelle du collège Saint-Joseph à Lannion et l’église Sainte-Thérèse de Gouédic à Saint-Brieuc[8].

Il fait construire une maison à Perros-Guirec[9].

Les dernières années

En 1941, il est directeur du mouvement Bleun Brug (fleur de bruyère) créé en 1905 par l'abbé Perrot qui œuvre pour la promotion de la foi catholique et la sauvegarde du patrimoine culturel breton. À ce titre, il siège au comité consultatif de Bretagne, ce qui lui vaut d'être inquiété par la justice à la Libération avant de bénéficier d'un non-lieu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se fait « l'avocat d'un plan révolutionnaire consistant à édifier une agglomération nouvelle à la façon d'une Brasilia celtique sur les bords du lac de Guerlédan »[10].

Bien qu'avisé par André Dezarrois[11] du danger qui le menace dès , Bouillé n'échappe pas à la vindicte des résistants locaux : il meurt en , des suites de son internement à la Libération[11]. Il est inhumé au cimetière de Pordic[12].

Vie de famille

James Bouillé se marie en 1926 avec Françoise Paturel[13].

Son œuvre

James Bouillé (dessin) et René Desury (orfèvrerie), Calice et patère de l'abbé Riou, vers 1929

Bouillé est l'un des rénovateurs de l'art sacré breton : crosses, croix et tous objets cultuels mais aussi du patrimoine artisanal : faïencerie, céramique, broderie et ébénisterie. Il est aussi l'illustrateur des Sketla Segobrani[14].

Architecture

Sa première commande architecturale lui est passée en 1923 pour la réalisation d’un monument commémoratif pour Joseph Parker[15].

Dans ses débuts, il construit notamment des villas ou des magasins jugés pour leur éclectisme stylistique. Revendiquant justement cet éclectisme, Bouillé s'emploie dans ses premiers projets à mettre en avant un style personnel entre influences traditionnelles bretonnes et celtiques tout en mêlant des références assumées néo-gothiques[16].

En 1929, il fonde l'Atelier breton d'art chrétien avec Xavier de Langlais[17]. Ensemble, ils bâtiront notamment la chapelle du collège Saint-Joseph de Lannion[18].

Principales constructions

Île Tristan : la chapelle des aviateurs de style néobreton (famille Richepin).
Vue intérieur de la chapelle Saint-Joseph de Lannion

Publications

  • Sketla Segobrani. 3 levr moulet e ti René Prud'homme. Saint-Brieuc, (1923), 3 volumes (avec François Vallée, Meven Mordiern, Émile Ernault)
  • Sketla segobrani kenta nevrenn : dis atir, teutatis. Prud'homme - Saint-Brieuc (1923).
  • Sketla segobrani eil kevrenn : trede levr : lugus. Prud'homme - Saint-Brieuc (1923).
  • De l'art celtique et de l'utilité de son étude pour la création d'un art breton moderne. Buhez Breiz - Quimper (1924). Conférence faite au congrès de Bleun Brug à Lesneven le .
  • L'art en Bretagne. Éditions de Buhez Breiz (1924). Conférence faite au congrès panceltique de Quimper, .
  • Sketla segobrani pevare [trede] kevrenn : tanaris, esus. Prud'homme - Saint-Brieuc (1925).
  • Habitation bretonne. Massin Ch. et Cie - Paris (1926). L'art régional en France
  • L'architecture bretonne moderne, Éditions Romanance, Paris (1936)

Postérité

Archives

Les archives du cabinet de l’architecte James Bouillé ont été déposées en 1967 aux Archives départementales, par sa veuve Françoise Bouillé[1].

Hommages

Plusieurs villes de Bretagne ont donné son nom à une rue. C'est le cas de :

Photographie

Raphaël Binet est l'auteur d'un cliché de l'architecte, pris en 1935[31].

Notes et références

  1. Archives départementales des Côtes-d'Armor, « James Bouillé. Une certaine idée du régionalisme (1894-1945) », sur FranceArchives (consulté le )
  2. https://www.ouest-france.fr/bretagne/lannion-22300/saint-joseph-une-trinite-artistique-preserver-4502987
  3. Encyclopædia Universalis, « ARCHITECTURE RELIGIEUSE AU XXe SIÈCLE, France : Foyers régionaux », sur Encyclopædia Universalis (consulté le )
  4. Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côtes-d'Armor, HAL CCSD Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN 2-86022-013-5), p. 12
  5. Brigitte Saulais-Helleco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945) (Catalogue d'exposition), Côtes-d'Armor, HAL CCSD Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN 2-86022-013-5), p. 14
  6. Archives départementales des Côtes-d'Armor, « James Bouillé. Une certaine idée du régionalisme (1894-1945) », sur FranceArchives (consulté le )
  7. Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côte-d'Armor, HAL CCSD Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN 2-86022-013-5), p. 22
  8. Archives départementales des Côtes-d'Armor, « James Bouillé. Une certaine idée du régionalisme (1894-1945) », sur FranceArchives (consulté le )
  9. « Maison, 11 rue des Prés (Perros-Guirec) - POP », sur pop.culture.gouv.fr (consulté le )
  10. Hervé Le Boterf, La Bretagne dans la guerre, tome 3, p. 320.
  11. in André Dézarrois ou Janus chez les Bretons, § 31, André Dezarrois et Bouillé se sont côtoyés au sein du comité consultatif de Bretagne.
  12. Cimetières de France et d'ailleurs
  13. « FICHE PERSONNAGE CG22 No 199985: BOUILLÉ James Etienne », sur www.genealogie22.com (consulté le )
  14. Mémoires apocryphes du mercenaire celte Segobranos. Voir l'article sur le spécialiste de la culture bretonne Meven Mordiern.
  15. « L'Ouest-Éclair : journal quotidien d'informations, politique, littéraire, commercial », sur Gallica, (consulté le )
  16. Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côtes-d'Armor, HAL CCSD, Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN 2-86022-013-5), p. 20
  17. http://www.collections.musee-bretagne.fr/ark:/83011/FLMjo261701
  18. Notice no PA00135254, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture
  19. marcoKerma photos, « La Villa sur la Plage, Trébeurden, 19 août 15, 16h07 », sur marcoKerma photo : de mer, de Bretagne et d'ailleurs, (consulté le )
  20. Cliché du réfectoire.
  21. Église Sainte-Thérèse, place Sainte-Thérèse (Saint-Brieuc), Base Gertrude, notice no IA22133600.
  22. « Eglise Notre Dame de L’Armor - Mairie de Pleubian », sur www.mairie-pleubian.fr (consulté le )
  23. Notice no IA22007192.
  24. http://www.collections.musee-bretagne.fr/notice.php?q=sujets_tous%3A%28%22Bouill%C3%A9%20James%20-%2014%20f%C3%A9vrier%201894%20-%20Guingamp%20-%2022%20juin%201945%20-%20Pontivy%22%29&sort_define=docnum&sort_order=1&start=2
  25. Notice no PA29000033.
  26. https://www.ouest-france.fr/bretagne/ploubazlanec-22620/ploubazlanec-leglise-de-loguivy-uvre-dun-des-seiz-breur-9199f6fc-ce2d-11ed-8bab-80e2dd2c74c0
  27. Notice no IA22006195.
  28. Notice no IA22006107.
  29. « Impasse James Bouillé à Lannion », sur nouvelles routes, (consulté le )
  30. Salmon-Legagneur 1997, p. 58.
  31. Musée de Bretagne.

Voir aussi

Bibliographie

  • Daniel Le Couédic, « Audaces et hésitations d'un militant : James Bouillé », in Modernité et régionalisme : Bretagne : 1918-1945 Pierre Mardaga - Liège, 1986
  • Georges Cadiou, « Bouillé, James (1894-1945) », dans EMSAV : Dictionnaire critique, historique et biographique : Le mouvement breton de A à Z du XIXe siècle à nos jours, Spézet, Coop Breizh, , 439 p. (ISBN 978-2-84346-587-1), p. 48
  • Emmanuel Salmon-Legagneur (dir.) et al. (préf. Yvon Bourges), Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : 1 000 noms pour les rues de Bretagne, Spézet, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, , 446 p. (ISBN 978-2-84346-032-6)
  • Brigitte Saulais-Helloco. James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945). Côte-d'Armor. HAL CCSD, Archives départementales de Côte-d'Armor, 2006 (ISBN 2-86022-013-5)
    Notice d'Emmanuel Salmon-Legagneur.

Liens externes

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