James Bouillé crée, en 1927, l'Atelier breton d'art chrétien, regroupant des architectes et des artistes de toutes spécialités. Bouillé est notamment l'auteur, en 1936, de la chapelle de l'Institution Saint-Joseph à Lannion, où il allie arc parabolique en béton armé et parement de granit local[3].
Premiers engagements politiques et artistiques
La fin des années 1910 marque le début de son engagement dans divers mouvements artistiques et politiques bretons. Déjà enfant, il fréquente ces milieux avec son père qui est membre de l'Union régionaliste bretonne. Bouillé crée en 1919 une section parisienne du groupe régionaliste breton nommée Unvaniez Yaouankiz Vreiz[4].
Vie et carrière en Bretagne
Rapidement déçu de sa formation aux Beaux-Arts de Paris, il regagne en 1921 Perros-Guirec où ses parents ont déménagé et ouvre un commerce de meubles anciens et de dentelle irlandaise[5].
Aux côtés de Jeanne Malivel et René-Yves Creston, il fait partie du mouvement artistique des Seiz Breur, mouvement créé en 1923 en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques[6].
En 1923, il entre au Seiz Breur, mouvement créé en réaction aux « bretonneries décoratives », prônant un art inscrit dans la vie quotidienne, inventant un style nouveau pour les meubles, mais aussi pour le linge et la faïence domestiques. S’il défend un art profane breton moderne, il milite ardemment en faveur d’un nouvel art sacré[1]. Il ne participe pas aux premières années du mouvement Seiz Breur pour cause des relations conflictuelles qu'il entretient avec l'artiste Jeanne Malivel[7].
En 1929, il fonde « l’Atelier Breton d’Art Chrétien »[1].
Il construit la chapelle du collège Saint-Joseph à Lannion et l’église Sainte-Thérèse de Gouédic à Saint-Brieuc[8].
En 1941, il est directeur du mouvement Bleun Brug (fleur de bruyère) créé en 1905 par l'abbé Perrot qui œuvre pour la promotion de la foi catholique et la sauvegarde du patrimoine culturel breton. À ce titre, il siège au comité consultatif de Bretagne, ce qui lui vaut d'être inquiété par la justice à la Libération avant de bénéficier d'un non-lieu. Pendant la Seconde Guerre mondiale, il se fait « l'avocat d'un plan révolutionnaire consistant à édifier une agglomération nouvelle à la façon d'une Brasilia celtique sur les bords du lac de Guerlédan »[10].
Bien qu'avisé par André Dezarrois[11] du danger qui le menace dès , Bouillé n'échappe pas à la vindicte des résistants locaux : il meurt en , des suites de son internement à la Libération[11]. Il est inhumé au cimetière de Pordic[12].
Vie de famille
James Bouillé se marie en 1926 avec Françoise Paturel[13].
Son œuvre
James Bouillé (dessin) et René Desury (orfèvrerie), Calice et patère de l'abbé Riou, vers 1929
Bouillé est l'un des rénovateurs de l'art sacré breton : crosses, croix et tous objets cultuels mais aussi du patrimoine artisanal : faïencerie, céramique, broderie et ébénisterie. Il est aussi l'illustrateur des Sketla Segobrani[14].
Architecture
Sa première commande architecturale lui est passée en 1923 pour la réalisation d’un monument commémoratif pour Joseph Parker[15].
Dans ses débuts, il construit notamment des villas ou des magasins jugés pour leur éclectisme stylistique. Revendiquant justement cet éclectisme, Bouillé s'emploie dans ses premiers projets à mettre en avant un style personnel entre influences traditionnelles bretonnes et celtiques tout en mêlant des références assumées néo-gothiques[16].
Sketla segobrani eil kevrenn : trede levr : lugus. Prud'homme - Saint-Brieuc (1923).
De l'art celtique et de l'utilité de son étude pour la création d'un art breton moderne. Buhez Breiz - Quimper (1924). Conférence faite au congrès de Bleun Brug à Lesneven le .
L'art en Bretagne. Éditions de Buhez Breiz (1924). Conférence faite au congrès panceltique de Quimper, .
↑Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côtes-d'Armor, HAL CCSD Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN2-86022-013-5), p. 12
↑Brigitte Saulais-Helleco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945) (Catalogue d'exposition), Côtes-d'Armor, HAL CCSD Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN2-86022-013-5), p. 14
↑Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côte-d'Armor, HAL CCSD
Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN2-86022-013-5), p. 22
↑Brigitte Saulais-Helloco, James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945), Côtes-d'Armor, HAL CCSD, Archives départementales des Côtes-d'Armor, , 60 p. (ISBN2-86022-013-5), p. 20
Daniel Le Couédic, « Audaces et hésitations d'un militant : James Bouillé », in Modernité et régionalisme : Bretagne : 1918-1945 Pierre Mardaga - Liège, 1986
Georges Cadiou, « Bouillé, James (1894-1945) », dans EMSAV : Dictionnaire critique, historique et biographique : Le mouvement breton de A à Z du XIXe siècle à nos jours, Spézet, Coop Breizh, , 439 p. (ISBN978-2-84346-587-1), p. 48
Emmanuel Salmon-Legagneur (dir.) et al. (préf. Yvon Bourges), Les noms qui ont fait l'histoire de Bretagne : 1 000 noms pour les rues de Bretagne, Spézet, Coop Breizh et Institut culturel de Bretagne, , 446 p. (ISBN978-2-84346-032-6)
Brigitte Saulais-Helloco. James Bouillé : une certaine idée du régionalisme (1894-1945). Côte-d'Armor. HAL CCSD, Archives départementales de Côte-d'Armor, 2006 (ISBN2-86022-013-5)