Jean-Baptiste Salle
| Jean-Baptiste Salle | ||
| ||
| Fonctions | ||
|---|---|---|
| Député français | ||
| – (1 an, 8 mois et 29 jours) |
||
| Élection | - | |
| Circonscription | Meurthe | |
| Groupe politique | Gironde | |
| Successeur | Pierre Colombel | |
| – (2 ans, 3 mois et 13 jours) |
||
| Circonscription | Bailliage de Vézelise | |
| Groupe politique | Tiers état | |
| Biographie | ||
| Date de naissance | ||
| Lieu de naissance | Nancy, Lorraine | |
| Date de décès | (à 34 ans) | |
| Lieu de décès | Place Gambetta, Bordeaux, Gironde | |
| Nature du décès | Guillotiné | |
| Nationalité | Française | |
| Profession | Médecin | |
|
|
||
| ||
Jean-Baptiste Salle, né le à Vézelise (duché de Lorraine, actuel département de la Meurthe-et-Moselle), mort le 1er messidor an II (le ) à Bordeaux[1], est un homme politique de la Révolution française.
Il est député aux États généraux de 1789, puis à la Convention nationale où il siège sur les bancs de la Gironde. Il est proscrit à l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin 1793, fuit Paris et se cache dans le Caen puis à Bordeaux où il est découvert et exécuté.
Biographie
Fils d’un négociant de Vézelise, propriétaire d'une manufacture de toile de coton à Vézelise. Salle fait des études de philosophie à l’université de Pont-à-Mousson, où il est reçu docteur. Puis, il se tourne vers la médecine. Venu à Paris pour achever ses études en médecine, il s’y trouve au moment de la présence et de la vogue de Mesmer, qu'il combat dans une brochure parue en 1783.
Mandat aux États généraux
En 1789, Jean-Baptiste Salle, alors médecin, est élu représentant du tiers état pour le bailliage de Nancy, le troisième sur quatre, aux États généraux[2].
Le , sous la présidence du vicomte de Noailles (député de Seine-et-Marne), il est élu secrétaire aux côtés de Charles Cochon de Lapparent (député des Deux-Sèvres) et de Pierre Hébrard (député du Cantal)[3].
Le , il vote en faveur du rattachement du Comtat Venaissin à la France[4]. Le 21 du même mois, il se prononce en faveur du monocamérisme[5].
Après la fuite du roi à Varennes en , il demande l'abdication du monarque qui manquerait au serment prêté à la constitution ou qui dirigerait les forces de l'armée contre la nation [6].
Après la fusillade du Champ-de-Mars survenue le , il réclame la création d'un tribunal pour juger les pétitionnaires[7].
Mandat à la Convention
La monarchie constitutionnelle mise en application par la constitution du 3 septembre 1791 prend fin à l'issue de la journée du 10 août 1792 : les bataillons de fédérés bretons et marseillais et les insurgés des faubourgs de Paris. Louis XVI est suspendu et incarcéré avec sa famille à la tour du Temple.
En septembre 1792, Jean-Baptiste Salle est élu député du département de la Meurthe, le premier sur huit, à la Convention nationale[8].
Un député Girondin
Il siège sur les bancs de la Gironde. Il émet son opinion sur le jugement de Louis XVI le , dans lequel il se prononce en faveur du renvoi aux assemblées primaires[9] :
[...] dans le cas où Louis sera jugé coupable, je demande que l'application de la peine soit renvoyée aux assemblées primaires.
Lors du procès, il vote « la détention, et le bannissement à la paix » et se prononce en faveur de l'appel au peuple et du sursis à l'exécution de la peine. Il répond, lors du deuxième appel nominal, relatif à l'appel au peuple[10] :
Comme nous avons limité nos pouvoirs ; comme nous ne sommes que mandataires, comme nos décrets doivent être soumis à la sanction du peuple ; comme il m'est impossible de méconnaître la souveraineté ; comme nous avons tout à craindre des factieux ; comme nous sommes à la veille d'une guerre, je pense que le seul moyen de donner au peuple une attitude vraiment républicaine, c'est de le faire intervenir dans cette cause : je dis oui.
Le , il demande que Jean-Paul Marat soit décrété d'accusation, pour avoir incité aux pillages dans son journal, Le Journal de la République française[11]. Le , il s'abstient cependant de voter lors de sa mise en accusation[12] :
Marat m'a fait l'honneur de me nommer personnellement dans ses feuilles : [...] mais je dois à ma délicatesse ne pas laisser le moindre doute sur mes intentions : je prie l'Assemblée de me permettre de ne pas voter.
Le , il réclame, en vain, que le Comité de Salut public soit renouvelé de moitié. Le 28 du même mois, Salle vote en faveur du rétablissement de la Commission des Douze[13].
Salle est dénoncé à plusieurs reprises au printemps 1793. Le , il fait partie des vingt-deux députés girondins dénoncés par la pétition des sections de Paris, accusés d'avoir « ouvertement violé la foi de leurs commettants »[14]. Le , Marat le dénonce dans son journal comme « membre de la faction des hommes d’État »[15].
Proscription et exécution
À l'issue des journées du 31 mai et du 2 juin, Salle est décrété d'arrestation[16]. Il est remplacé à son poste de député par Pierre Colombel.
Salle s'enfuit de Paris et gagne Caen alors en état de soulèvement contre la Convention puis la Gironde. Il est dénoncé comme « traître à la patrie » le après le rapport de Louis-Antoine de Saint-Just (député de l'Aisne), puis mis hors-de-la-loi le après le rapport de Bertrand Barère (député des Hautes-Pyrénées) au nom du Comité de Salut public[17]. Le , avec huit compagnons, il embarque depuis la Bretagne pour Bordeaux[18]. Il est découvert à Saint-Émilion caché aux côtés d’Élie Guadet (député de la Gironde) chez le père de celui-ci[19]. Ses collègues girondins Charles Barbaroux (député des Bouches-du-Rhône), François Buzot (député de l'Eure) et Jérôme Pétion (député de l'Eure-et-Loir) eux aussi cachés à Saint-Émilion sont découverts quelques jours plus tard. Le 30 prairial an II, Salle écrit une lettre d'adieu à sa femme[20]. Guadet et Salle sont tous les deux conduits à Libourne puis à Bordeaux où ils sont exécutés le 1er messidor an II (le )[1]. Salle laisse trois orphelins, deux garçons et une fille.
Salle a un frère ainé, Jean-François-Xavier Salle, qui a repris la manufacture de toile de coton de son père. Maire de la ville de Vézelise depuis 1791, après le , il est suspendu de ses fonctions par arrêté du département, et plus tard mis en état d’arrestation[21].
La veuve de Jean-Baptiste Salle obtient, le 8 messidor an III, une pension annuelle de deux mille livres que le gouvernement de la Restauration réduit à cinq cents francs.
Publications
- Discours sur un projet d’organisation du ministère de la guerre ;
- Opinion sur les conventions nationales en 1791 ;
- Opinion de M. Salle, député du département de la Meurthe, sur les événemens du 21 juin, prononcée à la tribune de l'Assemblée nationale à la séance du 1 juillet, Imprimerie nationale, , 15 p. (lire en ligne)
- Recherches sur les agens et les moyens de la faction d’Orléans ;
- Lettres à Guffroi et à Dubois de Crancé, ses collègues ;
- Observations sur cette lettre dénoncée à la Convention ;
- Réponse aux calomnies prononcées contre lui par Robespierre à la Convention ;
- Examen critique de la constitution de 1793 ;
- Lettre à son épouse[22].
Œuvres
- Charlotte Corday, tragédie en cinq actes et en vers publiée pour la première fois, d'après le manuscrit original, avec une lettre inédite de Barbaroux, éd. Georges Moreau-Chaslon, Paris, J. Miard, 1864, in-4°. Lire en ligne, p. 161 et suiv.
- L'Entrée de Danton aux Enfers, poème inédit, publié d'après le manuscrit original par Georges Moreau-Chaslon, Paris, 1865, in-18. Lire en ligne, p. 195 et suiv.
Notes et références
- Archives Bordeaux Métropole, « État-civil de Bordeaux, registre des actes de décès de Bordeaux, section Centre, 16 nivôse an II - 5e jour complémentaire an II (1794) »
, sur https://archives.bordeaux-metropole.fr/ (consulté le )
- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 8, Liste des noms et qualités de messieurs les députés et suppléants à l'Assemblée nationale »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 33, Bureau de l’Assemblée nationale constituante (1789-1791) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 25, Troisième annexe à la séance du 4 mai 1791 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 26, séance du 21 mai 1791 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Salle, Opinion de M. Salle, député du département de la Meurthe, sur les événemens du 21 juin 1791, prononcée à la tribune de l'Assemblée à la séance du 15 juillet, De l'Imprimerie nationale, (lire en ligne)
- ↑ Laurent, Émile (1819-1897) et Mavidal, Jérôme (1825-1896), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 28, séance du 22 juillet 1791 »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 52, Liste des députés par départements »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 56, cent-unième annexe à la séance du 7 janvier 1793, »
, sur https://archive.org, (consulté le )
- ↑ Froullé, Jacques-François (≃1734-1794) et Levigneur, Thomas (≃1747-1794), « Liste comparative des cinq appels nominaux. Faits dans les séances des 15, 16, 17, 18 et 19 janvier 1793, sur le procès et le jugement de Louis XVI [...] »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 59, séance du 26 février 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 13 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 62, séance du 15 avril 1793 »
, sur https://gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Michel Pertué, « La liste des Girondins de Jean-Paul Marat », Annales historiques de la Révolution française, vol. 245, no 1, , p. 379–389 (DOI 10.3406/ahrf.1981.4254, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Claveau, Louis, Ducom, André Jean (1861-1923), Lataste, Lodoïs (1842-1923) et Pionnier, Constant (1857-1924), « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 65, séance du 28 mai 1793 »
, sur www.gallica.bnf.fr, (consulté le )
- ↑ Jacqueline Chaumié, « Saint-Just et le procès des Girondins », Annales historiques de la Révolution française, vol. 191, no 1, , p. 14–26 (DOI 10.3406/ahrf.1968.3971, lire en ligne, consulté le )
- ↑ « GUADET Joseph - Les Girondins, leur proscription et leur mort - GrandTerrier », sur s197437879.onlinehome.fr (consulté le )
- ↑ Alquier, Aline, Brunel, Françoise (née en 1948) et Gut, Philippe, « Archives parlementaires de 1787 à 1860, Première série, tome 92, séance séance du 8 messidor an II (26 juin 1794) »
, sur https://www.persee.fr, (consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Salle, Lettre ecrite par Salle, représentant du peuple, député de la Meurthe, à son épouse, au moment de son exécution. Bordeaux, 30 prairial, an II., (lire en ligne)
- ↑ « L'histoire de Vézelise », sur Site de la Mairie de Vézelise (consulté le )
- ↑ Jean-Baptiste Salle, Lettre écrite par Salle, représentant du peuple, député de la Meurthe, à son épouse, au moment de son exécution. Bordeaux, 30 prairial, an II., Paris, De l'Imprimerie du Républicain français, rue de Varennes, F. G., n°. 652, 1796-1797, 12 p. (lire en ligne)
Voir aussi
Bibliographie
- Charles Vatel, Charlotte de Corday et les Girondins : pièces classées et annotées, t. 1, Paris, H. Plon, 1864-1872, 432 p. (lire en ligne)
- La tragique Odyssée sous la terreur à Saint-Emilion. Dr Pierre Bertin-Roulleau 1926.
- J. B. V. Salle, Notice historique et biographique sur J.-B. Salle, médecin, né à Vézelise en 1760... décapité à Bordeaux, le 19 juin 1794, à l'âge de 34 ans / publiée par J.-B.-V. Salle,... à l'occasion des fêtes du centenaire de sa mort, le 19 juin 1894, , 220 p. (lire en ligne)
Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la vie publique :
- Portail de la Révolution française
- Portail de la politique française
- Portail de Meurthe-et-Moselle

