Jean-Charles Parot

Jean-Charles Parot
une illustration sous licence libre serait bienvenue
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Jean-Charles Augustin Flavien Parot
Nationalité
Activité
Autres informations
Distinctions

Jean-Charles Parot, né le à Mainsat dans la Creuse et mort le à Paris, est un ingénieur aéronautique français qui, en tant que directeur des études de la Société nationale des constructions aéronautiques du Sud-Ouest (SNCASO), supervise plusieurs avions marquants du renouveau aéronautique de la France juste après-guerre.

Bernard Marck, historien de l'aviation, le qualifie dans son Dictionnaire de l'aviation de « l'un des plus brillants créateurs de l'après-guerre ».

Biographie

Famille et formation

Jean Charles Augustin Flavien Parot naît le à Mainsat dans le département de la Creuse où ses parents, Jean François Lucius Parot[a] et Léontine Germaine Lanaud sont agriculteurs[2].

Après l'école primaire à Mainsat, puis le secondaire à Guéret, il intègre l'École nationale supérieure de l'aéronautique à Paris dont il est diplômé ingénieur en 1931[3]

Le à Mainsat, il épouse Marcelle Marie Victoria Bellat[2]. Quatre garçons vont naître : Roland (ingénieur diplômé du Conservatoire national des arts et métiers en 1971)[4], Daniel (ingénieur diplômé de l'École centrale Paris en 1961)[5], Michel (ingénieur diplômé de l'École française d'électronique et d'informatique en 1961)[6] et Didier[7].

Entre et , il fait son service militaire à l'école d'artillerie de Poitiers et termine avec le grade de sous-lieutenant. En 1935, il est promu lieutenant de réserve[7].

Il prend sa retraite en 1970 et meurt à 86 ans le dans le 7e arrondissement de Paris. Il est inhumé à Mainsat[7].

Carrière professionnelle

Il fait ses premières armes comme ingénieur chez Amiot puis chez Bernard avant d'entrer dans la Société des avions Marcel Bloch en 1935 juste avant la nationalisation du qui intègre la société à la SNCASO[7]. Il est alors nommé ingénieur en chef, directeur des études de la SNCASO[8].

Le SO.30 Bretagne

Après la défaite de 1940, il réorganise le bureau d'étude de la SNCASO et, avec son équipe, il étudie à Châteauroux le SO.30N, version bi-dérive à train classique et cabine pressurisée, fabriqué à Cannes[9] puis caché prés de Draguignan. Le prototype sorti de sa cachette fait son premier vol le depuis l'aérodrome de Cannes. C'est le premier prototype de bimoteur commercial français qui vole après la libération[10].

Le , le SO.30N 01 fait son premier vol. Plus gros (43 passagers au lieu de 23) plus puissant (deux moteurs de 1 650 cv contre 1 100 cv il n'a plus qu'une dérive et un train tricycle[11].

De ces deux prototypes, il dérive le SO.30 C, une version cargo et le SO.30 P Bretagne dont une série de 40 avions est produite. Deux autres cellules sont motorisées par des réacteurs Nene et Atar pour étudier la propulsion par réaction appliquée aux avions de transport[7].

Le SO.M.1 et le SO.M.2 étudiés par la suite sont des avions de recherche qui donneront naissance au SNCASO SO.4000 puis au SNCASO SO-4050 Vautour. Le , le pilote d'essai Daniel Rastel, aux commandes du monoplace à réaction SO.M.2 est le premier à franchir la vitesse de 1 000 km/h[8].

Le Vautour

Un Vautour IIA.

Jean-Charles Parot, à l'origine du premier avion à réaction entièrement français[12], propose, en 1951, le SO-4050 Vautour à l'état-major de l'armée de l'air. Il s'agit d'un dérivé du prototype initial, le SO.4000, avec un biréacteur à ailes et empennage en flèche. Trois versions sont prévues : un monoplace d'attaque au sol (Vautour A), un biplace de bombardement (Vautour B) et enfin un biplace de chasse (Vautour N). Le premier vol a lieu à Melun-Villaroche, le avec Jacques Guignard et Michel Rétif aux commandes[13]. Après avoir fait évoluer ses moteurs, le Vautour peut franchir le mur du son le [8].

Le premier Vautour B est livré à l'Armée de l'air le . L'escadron de marche 85, dans la Loire, est équipé de Vautour "N" et "B", dans le cadre des campagnes de mise au point de la bombe atomique. Entre 1956 et 1959, 149 exemplaires[12] sont construits et entrent en service dans l'Armée de l'Air. Mais 28[12] d'entre eux sont livrés à Israël où ils prennent une part active à la guerre des Six Jours en 1967, en attaquant des terrains d'aviation en Irak et en Égypte, puis à la guerre du Kippour en 1973.

Les versions "IIA" et "IIB" sont restées en service jusqu'au milieu des années 1970 en France et en Israël. Le Vautour IIN finit sa carrière au sein de l'Armée de l'Air en 1974[14].

Sud-Aviation

En 1957, la SNCASO et la SNCASE fusionnent sous le nom de Sud-Aviation présidée par Georges Héreil auparavant président de la SNCASE. Selon Jacques Nœtinger, les projets de la SNCASO sont quelque peu desservis par la fusion et, en particulier, le « SO.4060-Super Vautour » de l'équipe Parrot bien avancé et qui aurait pu devancer dans son rôle le Dassault Mirage IV. Il est abandonné au profit d'un projet de supersonique civil propulsé soit par quatre réacteurs Conway soit par deux réacteurs atomiques pour la création desquels Jean-Charles Parot crée un département atomique de soixante personnes qui sera impliqué dans la conception des piles et des charges atomiques françaises[7]. Quand à l'avion, muni d'une aile delta, d'un plan canard et de réacteurs placés contre le fuselage au-dessus des ailes, le Concorde lui sera préféré[15].

Il travaille jusqu'en 1959 au développement des missiles balistiques stratégiques et de divers lanceurs destinés à l'expérimentation[7].

Pour Sud-Aviation, il travaille en collaboration avec Dassault sur le Dassault Mirage III V , sur le Breguet Atlantic, le Ludion, le SN-600 Diplomate.

En 1968, il dirige l'équipe franco-allemande qui arrive à la version Airbus A300B qui donnera naissance à la gamme Airbus[7].

Distinctions

Médaille de l'Aéronautique.

Fait chevalier de l'ordre national de la Légion d'honneur le , il est fait officier le . Il est fait commandeur de l'ordre national du Mérite le . Il est titulaire de la médaille de l'Aéronautique le et de la grande médaille d'or de l'Aéro-Club de France le [7].

Voir aussi

Bibliographie

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Paris, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 796
  • Roland Tétard, 30 ans d'aviation dans le ciel creusois 1909-1939, Saint-Cyr-sur-Loire, A. Sutton, (ISBN 978-2-849-10235-0).

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Jean François Lucius Parot, fils d'un couple d'agriculteurs, est né le à Mainsat et mort en 1954. Le à Lupersat (Creuse), il épouse Léontine Germaine Lanaud, alors âgée de 16 ans, née le à Lupersat[1].

Références

  1. Archives départementales de la Creuse, registre Lupersat, Mariages, 4E132/28, 1891 - 1902, p. 40 sur 69, [lire en ligne].
  2. Archives départementales de la Creuse, registre Mainsat, Naissances, 4E 136/30, 1903 - 1920, p. 33 sur 112, [lire en ligne].
  3. Fiche Jean-Charles Parot dans le « répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France », [lire en ligne].
  4. Fiche Roland Parot dans le « répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France », [lire en ligne].
  5. Fiche Daniel Parot dans le « répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France », [lire en ligne].
  6. Fiche Daniel Parot dans le « répertoire des Ingénieurs et scientifiques de France », [lire en ligne].
  7. Fernande Bonnemain, « Jean-Charles Parot (1907-1994) » [PDF], sur airmemorialcreusois.fr (consulté le ).
  8. Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, p. 796.
  9. Jacques Nœtinger, Histoire de l'aéronautique française, L'épopée 1940-1960, Paris, France-Empire, , 342 p., p. 25.
  10. Jacques Nœtinger, Histoire de l'aéronautique française, L'épopée 1940-1960, Paris, France-Empire, , 342 p., p. 36.
  11. Jacques Nœtinger, Histoire de l'aéronautique française, L'épopée 1940-1960, Paris, France-Empire, , 342 p., p. 40.
  12. Vital Ferry, Le Patrimoine de l'aviation française, p. 705, éditions Flohic, 2002 (ISBN 978-2-84234-136-7).
  13. Jacques Nœtinger, Jacques Guignard, pilote d'essais… exemple de courage, 1972, [lire en ligne].
  14. Le Vautour sur le site d'EADS.
  15. Jacques Nœtinger, Histoire de l'aéronautique française, L'épopée 1940-1960, Paris, France-Empire, , 342 p., p. 260.
  • icône décorative Portail de l’aéronautique
  • icône décorative Portail de la Creuse