Jean-Marie-Bernard Clément
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(à 69 ans) Ancien 11e arrondissement de Paris ou Paris |
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Jean-Marie-Bernard Clément, dit « Clément de Dijon », né le à Dijon et mort le à Paris 11e, est un dramaturge, journaliste et critique français.
Biographie
Fils d’un procureur dijonmais, il occupe d’abord une chaire d’éloquence au collège de sa ville natale, avant de démissionner de son poste en des termes offensants pour l’administration, en raison d’un procédé dont il croyait avoir à se plaindre. Le parlement étant intervenu dans l’affaire, il va se réfugier, afin d’échapper aux effets d’une assignation à comparaitre, à Paris, où Voltaire, dont il avait déjà éprouvé la générosité, le recommande à La Harpe, qu’il ne tarde pas à accuser La Harpe, qu’il surnommera, plus tard, « le Pindare des déserts[1] », de déloyauté à son égard et rompt avec lui[2].
Dès 1771, il donne un premier exemple de l’esprit de critique systématique qui devait marquer sa production en étant le seul de ses contemporains à désapprouver la traduction des Géorgiques de Jacques Delille, dans ses Observations critiques, sur la nouvelle traduction en vers françois des Géorgiques (1771). Ses critiques ont fait une grande sensation par la sévérité pédantesquement minutieuse avec laquelle il s’est inscrit en faux contre l’admiration du public[2].
Désirant s’essayer au théâtre, Il fondait son espoir sur une tragédie de Cromwell et sur une tragédie en trois actes, Médée, la seule des deux à être produite sur la scène, qui n’a été jouée qu’une seule fois, à la Comédie-Française, à Paris, le [a], et où elle n’a fait du bruit que par sa chute.
Cherchant de l’appui parmi les antagonistes de Voltaire, il est particulièrement préconisé par son compatriote l’abbé Mably, il s’oriente vers la critique. Sa première déclaration de guerre à son ancien protecteur, est une réponse en vers secs et lourds, à l’épitre de Voltaire à Boileau. Dès lors, il se pense destiné à venger le bon gout qui lui paraissait compromis dans les productions les plus remarquables de cette époque[2]. Dans le Journal de Monsieur, le Journal français et d’autres recueils périodiques, il exalte systématiquement les anciens et les classiques du XVIIe siècle et attaque de plus en plus violemment les auteurs vivants.
Saint-Lambert, contre qui il avait écrit, ayant fait délivrer contre lui une lettre de cachet l’envoyant deux jours au For-l'Évêque, le bruit que cet emprisonnement a fait, dans le monde littéraire, a servi à mettre son nom en évidence[4]. Il se met à attaquer avec la plus grande violence Voltaire, qu’il avait autrefois flagorné en sollicitant son amitié à baisemains, et obtenu de lui des services[b], et lui mène une guerre qui durera près de dix ans. Celui-ci s’en plaint à Saint-Lambert, le :
« Ce petit procureur de Dijon ne gagnera pas son procès ou je me trompe. Il rend des arrêts comme le parlement sans les motiver. Il est bien fer ce Clément ; c’est un grand homme. Il lut, il y a deux ans, une tragédie aux comédiens qui s’en allèrent tous au second acte. Voilà les gens qui s’avisent de juger les autres. J’aurai l’honneur de lui rendre incessamment la plus exacte justice[5]. »
Voltaire, qui l’a surnommé « l’inclément » à cause de la dureté de son style, ne s’est vengé qu’en rappelant les humbles lettres où l’ex-professeur le fatiguait autrefois de son admiration[2].
Pendant la Révolution, qu’il devait détester comme l’ouvrage du parti philosophique, il a eu la sagesse de se tenir à l’écart, de garder une exacte neutralité entre les partis. Il se réfugia tout entier dans la littérature, et rencontra le repos dans l’oubli. La Harpe, qui avait changé de son bord après son emprisonnement sous le Terreur, saisit l’occasion de se réconcilier avec lui, mais il s’attire un nouvel ennemi, le poète Lebrun-Pindare, sur lequel il fait courir un calembour rimé. Lebrun se contentera de répliquer avec quelques épigramme assez faibles[2].
En 1796, Clément il entreprit le Journal littéraire, auquel a collaboré Louis de Fontanes, mais cette feuille sera supprimée, le 18 fructidor an V (), pour avoir indisposé le Directoire par quelques digressions politiques sur l’arrestation des royalistes. En 1801, il réitère, mais le nouveau périodique tombe de lui-même[2].
Renonçant à son tyle de critique agressif, il perd ses lecteurs, pendant que son ancien collaborateur Julien Louis Geoffroy, connait une vogue extraordinaire. Ayant voulu, à son tour, prendre rang parmi les poètes, il a été exposé à toutes les acrimonies dont il avait fait preuve comme critique. En voulant réduire à 16 chants la Jérusalem délivrée, il a complètement échoué, et il a rendu Le Tasse complètement illisible. L’on ne s’est alors fait pas faute de lui rappeler l’insigne dureté avec laquelle il s’était déchainé contre la Henriade[2].
Outre ses ouvrages de critique, Clément a donné des Satires, une traduction en vers de la Jérusalem délivrée du Tasse (1801) et les tomes V à VII de la traduction des œuvres de Cicéron éditée par Pierre-Antoine Guéroult et Desmeuniers (1783-1789) ; il a revu la traduction faite par Antoine Galland des contes arabes des Onze journées (1796), a traduit Leucippé et Clitophon d’Achille Tatius (1800) et collaboré aux Anecdotes dramatiques de l’abbé de La Porte.
Œuvre
- Observations critiques sur la nouvelle traduction en vers françois des Géorgiques de Virgile, et sur les poèmes des Saisons, de la Déclamation et de la Peinture, 1771.
- Nouvelles observations critiques sur différents sujets de littérature, 1772.
- Lettres à M. de Voltaire (9 lettres en tout), 1773-1776.
- Les Francs-maçons, comédie, 1774.
- Anecdotes dramatiques, 1775.
- Médée, tragédie en 3 actes, Paris, Moutard, , 51 p., front., pièces limin. ; in-8º (lire en ligne sur Gallica).
- De la tragédie, pour servir de suite aux lettres à Voltaire, 1784.
- Essais de critique sur la littérature ancienne et moderne, 1785.
- Satires, 1786.
- Projet de règlement sur la manière de tenir, à l’avenir, les soi-disant philosophes, 1786.
- Petit dictionnaire de la cour et de la ville, 1788, vol. 1 sur Gallica, vol. 2 sur Gallica
- Tableau annuel de la littérature française, 5 parties, 1801.
Sitographie
Notes et références
Notes
- ↑ Par comparaison, la version anglaise de Richard Glover, jouée à Drury Lane, en 1767, a connu quatre éditions entre 1761 et 1762. La version allemande de Friedrich Wilhelm Gotter, jouée pour la première fois à Gotha en 1775, a connu son succès retentissant sur les scènes de Vienne, Trieste, Copenhague et Varsovie. Elle a été réimprimée plus de quinze fois avant que Gotter n’en publie une nouvelle version en 1788[3].
- ↑ Ainsi que le prouvent ses lettres publiées à la suite de la Vie de Voltaire par Condorcet.
Références
- ↑ Jean Marie Bernard Clément, Tableau annuel de la littérature, t. 2, Paris, Emery, , 428 p., 3 vol. ; 21 cm (OCLC 28921711, lire en ligne sur Gallica), chap. 3-4, p. 63.
- « Clément (Jean-Marie-Bernard) », dans Antoine-Vincent Arnault et al., Biographie nouvelle des contemporains : ou Dictionnaire historique et raisonné de tous les hommes qui, depuis la Révolution française, ont acquis de la célébrité par leurs actions, leurs écrits, leurs erreurs ou leurs crimes, soit en France, soit dans les pays étrangers, t. tome 4, Paris, Librairie historique, , 508 p., 20 vol. : ill. ; in-8º (OCLC 1528886, lire en ligne sur Gallica), p. 434-5.
- ↑ (en) Anna Cullhed, A New Medea : Staging Conjugal Passion in Eighteenth-Century Europe, Paris (lire en ligne).
- ↑ Gustave Vapereau, « Clément (Jean-Marie-Bernard) », dans Dictionnaire universel des littératures, Paris, L. Hachette, , iii-1629 p., 2 vol. in-8º ; in-8º (OCLC 3117725, lire en ligne sur Gallica), p. 478-9.
- ↑ Raoul d’Argental, Histoire complète de la vie de Voltaire : pages extraites des oeuvres de ses principaux biographes, des mémoires du XVIIIe siècle et de divers autres ouvrages, Paris, Sandoz et Fischbacher, , xxxi-442 p., in-16 (lire en ligne sur Gallica), xxviii-xxix.
Liens externes
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