Jean-Max Toubeau
Jean-Max Toubeau, né le à Gap (Hautes-Alpes), est un peintre et dessinateur français.
Formé à Paris, il développe depuis les années 1960 une œuvre figurative centrée sur le portrait, le nu, la nature morte et le paysage. Son travail, qui accorde une place importante au dessin — notamment au fusain —, a fait l’objet de publications dans des revues spécialisées et figure dans plusieurs collections publiques et privées.
Il a également exercé une activité d’enseignement et participé à diverses expositions en France et à l’étranger.
Biographie
Enfance à Gordes
Jean-Max Toubeau naît en 1945 à Gap mais se rend régulièrement à Gordes avec ses parents, Claude et Yvette, qui y séjournent dès 1940. C’est dans ce village provençal que son père, Claude Toubeau, fonctionnaire et peintre amateur, achète une maison, suivant l'exemple d'André Lhote en 1938. Ce dernier y réside jusqu’en 1942 et incite d’autres artistes à s’y installer. En 1940, Marc Chagall s'établit avec sa famille à Gordes. Cet environnement artistique est évoqué par Gérard Lebouchet dans l’ouvrage Gordes, Le temps des artistes[1].
Études et formation artistique
Après une année d'Hypokhâgne à Paris, il étudie la philosophie à la Sorbonne. Il fréquente parallèlement l'Académie de la Grande Chaumière et l'Académie populaire d'arts plastiques dirigée par Lucien Lautrec, où il enseignera par la suite. Il complète sa formation en copiant les maîtres au Musée du Louvre et au Jeu de Paume (notamment Les Joueurs de cartes de Paul Cézanne). Au tournant des années 1980, il suit les cours de morphologie de Jean-François Debord à l'école des Beaux-Arts de Paris.
Parcours
Depuis les années 1970, il travaille dans son atelier de Montparnasse et fréquente les cafés du quartier comme La Closerie des Lilas, La Coupole, Les Deux Magots où il dessine et peint. En 1995, dans l’émission Les Nuits magnétiques sur France Culture, l’écrivaine Nancy Huston consacre un portrait radiophonique à l’artiste en évoquant son atelier[2].
Dans les années 1990, il travaille au Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), où il réalise dessins, fusains et peintures dans les galeries de paléontologie[3].
Rencontres avec James Lord et Henri Cartier-Bresson

L'écrivain James Lord, biographe de Giacometti et Picasso, remarque son travail en galerie et devient son modèle pour plusieurs portraits[4]. C'est par l'intermédiaire de Lord que Jean-Max Toubeau rencontre Henri Cartier-Bresson au début des années 1980.

Le photographe, ayant délaissé son Leica, dessine avec Jean-Max dans leurs ateliers respectifs. Ils fréquentent ensemble les musées et se retrouvent également dans le sud de la France, Cartier-Bresson s'étant installé à Montjustin. Le quotidien Libération mentionne leur amitié lors d'un hommage rendu en 2003[5].
Œuvres et style
Initialement influencé par l'abstraction de Paul Klee (exposition de 1975), il évolue rapidement vers le figuratif[1]. Son œuvre se concentre sur l’humain (portraits, nus, série du "lit défait") et les paysages de Bretagne, de New York et du Luberon (notamment la plaine de Murs). Il se spécialise dans la technique du fusain auprès de Sam Szafran. Son travail fait l'objet d'un article de plusieurs pages dans la revue freudienne L'Âne. Dans cet entretien intitulé «Les yeux réveillés», il revient sur son parcours artistique et sa démarche de peintre[6].

Enseignement et publications
Il anime des stages à la Summer Academy de Salzbourg (1989-1990) et enseigne à l'École nationale supérieure d'architecture de Paris-Belleville (1997-2012).
En 1984, il illustre l'ouvrage de Michel Tournier, "Le Vagabond immobile", paru aux Éditions Gallimard[7]. La même année, la revue Art International lui consacre un article illustré[8].
En 1992, il est cofondateur de la revue Nuances[9], dédiée à la conservation et à la restauration d’œuvres d’art. Il y rédige de nombreux articles consacrés aux des techniques des maîtres anciens. Le , il est l'invité de Michel Polac dans l'émission Synergie sur France Inter pour un entretien consacré aux problématiques des restaurations excessives des œuvres d’art[10].
En , la revue Artistes (Revue Technique des Arts) lui consacre une étude détaillée de sa pratique du fusain et ses techniques de contrastes[11].
En 2015, il publie Voir, un ouvrage illustré à compte d’auteur, regroupant des récits biographiques et diverses réflexions sur le marché de l'Art moderne. En 2016, il donne une conférence sur «André Lhote et le paysage»[12].
L'historien Gérard Lebouchet lui consacre un chapitre dans son ouvrage sur les artistes de Gordes[1].
Expositions et réception critique
Son travail a fait l'objet de nombreuses expositions en France et à l'étranger (Chine, Corée du Sud, Suède).
- Expositions personnelles: Ses présentations en galeries parisiennes ont été documentées par la critique nationale. En 1980, Pierre Mazars écrit dans Le Figaro que ce «peintre mérite [...] d’être apprécié pour d'autres qualités que son exactitude»[13]. Philippe Dejean note dans Le Quotidien de Paris: «Nous avons beaucoup aimé trois tableaux récents, [...] particulièrement un lit défait à la contemplation duquel il est malaisé de s’arracher»[14]. Le quotidien Le Monde suit également son parcours; en 1984, le journaliste et critique Jean-Marie Dunoyer consacre un article au «Duo Toubeau-Tournier», soulignant la complicité entre l'artiste et l'écrivain[15].
- Expositions collectives et rétrospectives: Il figure dans des catalogues de premier plan, notamment au Salon d'automne au Grand Palais en 1982, avec un texte de Michel Tournier[16], ainsi qu'au Musée des Arts décoratifs en 1984[17]. En 2024, la galerie Mercier organise une rétrospective de ses œuvres réalisées au Muséum national d'histoire naturelle[18].
Ses œuvres apparaissent régulièrement en ventes publiques et son nom est répertorié dans le Benezit Dictionary of Artists[19].
Collections et distinctions
- Collections publiques: Ses créations sont conservées au Palais de l'Élysée, à la Bibliothèque littéraire Jacques-Doucet (notamment un portrait de Michel Leiris) et au Musée d'Art moderne de Hangzhou (Guanda Art Museum, Chine)[20].
- Distinctions:
- Lauréat de la Fondation Zellidja (1962).
- Lauréat de la Fondation de France (1975).
- Prix Pierre David-Weill de l'Institut de France (1975).
Radio et télévision
- 1983: Art, obscurité et clairvoyance, émission de Daniel Le Comte, Antenne 2.
- 1984: Europe 1, entretien avec Jean-Pierre Elkabbach.
- 1992: Les arts et les gens, France Culture[21].
Notes et références
- Gérard Lebouchet, Gordes. Le temps des artistes, Éditions C'est-à-dire, (ISBN 978-2918235217), p. 234 -241
- ↑ Nancy Huston, « Les Arts Plastiques (Nuits magnétiques) », sur INA,
- ↑ Julien Dézécourt, « Artiste naturaliste », Revue Science Frontière, , p. 20-22
- ↑ (en) Yale University of Art (USA), « Portrait of James Lord Artist: Jean-Max Toubeau (French, born 1945) »,
- ↑ Brigitte Ollier & Antoine de Baecque, « À «Libé», deux moments partagés avec HCB »
, sur Libération,
- ↑ « "Les yeux réveillés : entretien avec Jean-Max Toubeau » », L'Âne, no 46, , p. 3-5
- ↑ Michel Tournier (ill. Jean-Max Toubeau), Le Vagabond immobile, Gallimard, (ISBN 978-2070700585)
- ↑ « Jean-Max Toubeau », Art International,
- ↑ « Revue ARIPA Nuances », sur aripa-revue-nuances.org
- ↑ Michel Polac, « Emission Synergie (France Inter) »,
- ↑ Françoise Coffrant, « Les mystères de l'ombre », Revue Artistes, no 84, , p. 2-5
- ↑ « André Lhote et le paysage : conférence de Jean-Max Toubeau », sur La Provence,
- ↑ Pierre Mazars, « Réalisme tous azimuts », Le Figaro,
- ↑ Philippe Dejean, « Toubeau : La sensation tactile », Le Quotidien de Paris, no 156, , p. 21
- ↑ Jean-Marie Dunoyer, « Duo Toubeau-Tournier »,
- ↑ Michel Tournier, « Salon d'Automne, Grand Palais », Catalogue, , Sur le lit défait de Jean-Max Toubeau
- ↑ Catalogue d'exposition, Paris, Musée des Arts Décoratifs, , p. 193
- ↑ « Galerie Mercier »,
- ↑ Benezit Dictionary of Artists, Oxford University Press,
- ↑ Curator: Szeto Lap, Outflanking and Penatrating, Guangda Art Museum Hangzhou P.R.C, 212-213 Trees 树
- ↑ « Emission Les arts et les gens sur France Culture », sur INA,
Liens externes
- « Présentation et parcours de Jean-Max Toubeau », sur Galerie Mercier, Paris
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