Jean-Nicolas Bauzin

Jean-Nicolas Bauzin
Biographie
Naissance
Décès
Nationalité
Activité

Jean-Nicolas Bauzin (Buchy, - Saint-Privat-la-Montagne ) était un prêtre catholique du diocèse de Metz, actif pendant la guerre franco-allemande de 1870.

Biographie

Jean-Nicolas Bauzin naît le à Buchy[1].

Originaire du Saulnois, Jean-Nicolas Bauzin fut ordonné prêtre du diocèse de Metz en 1864. Il fut nommé en 1868 curé de la paroisse de Saint-Privat-la-Montagne, village de 480 habitants et de son annexe Roncourt (131 habitants) situés à une douzaine de kilomètres à l'ouest de Metz. Au point de vue administratif, ces villages dépendent de la sous-préfecture de Briey. Au point de vue religieux, la cure du village fait partie de l' archiprêtré de Hatrize. La préfecture comme l'évêché sont situés à Metz. Le curé réside dan sle presbytère qui jouxte l'église et dont le fronton est orné d'une maxime prémonitoire : "A nobis recedant inimici" (que les ennemis s'éloignent de nous).

La bataille

Le , la France déclara la guerre à la Prusse mais après des débuts prometteurs, l'armée française ne connut plus que des défaites. Période qu'Émile Zola raconta dans son roman La Débâcle.Metz, première place forte d'Europe, fut bientôt encerclée. Afin de parachever le siège de la cité, les armées Allemandes décidèrent une grande attaque à l'ouest de la ville. Du 16 au , partant du sud vers le nord, les armées allemandes et françaises s'affrontèrent entre Gravelotte, Rezonville et Saint-Privat. Ayant investi Sainte-Marie-aux-Chênes et Roncourt, les armées allemandes s'abattirent sur les troupes françaises du Maréchal François Certain de Canrobert qui occupaient Saint-Privat, les combats finirent dans la cimetière du village par des corps-à-corps sanglants à l'arme blanche ainsi que le montre le tableau que réalisa en 1881 Alphonse de Neuville.

Pendant la bataille, l'abbé Bauzin soigna les blessés des deux camps. L'église du village, édifiée en 1682, était en flamme. Metz, après un siège de près de trois mois, se rendit fin octobre. Les 180 000 hommes de troupes, sous-officiers et officiers qu'elle abritait, furent faits prisonniers. Ébranlé par la fureur des combats, le roi de Prusse surnomma le glacis "le tombeau de ma garde". En , il fut proclamé Empereur allemand dans la prestigieuse galerie des Glaces du château de Versailles. Tandis que le traité de Francfort donnait au nouvel Empire les territoires germanophones de la France et la place-forte de Metz, l'empereur exigea de recevoir les villages où avait valeureusement combattu sa garde. Ainsi Saint-Privat et ses voisins devinrent-ils allemands.

Après la guerre

L'église actuelle de Saint-Privat dite "la cathédrale du Haut-plateau"
L'empereur Guillaume Ier et ses successeurs (1885)

L'abbé Bauzin se retrouvait curé de deux villages meurtris et en ruines à quelques kilomètres de la nouvelle frontière franco-allemande. Aussi, par deux fois, muni d'un laisser-passer des autorités militaires, mena-t-il ses paroissiens jusqu'à Briey (l'ancienne sous-préfecture qui était restée française) s'y ravitailler en pain (12 km à pied soit 5h00 de marche par des gens qui n'avaient plus rien). Au point de vue religieux la cure fut rattachée à l'archiprêtré de Moyeuvre-Grande tandis que la partie du département de la Moselle restée française fusionnait avec ce qui restait français du département voisin de la Meurthe pour former un nouveau département : la Meurthe-et-Moselle. La préfecture et l'évêché de ce nouveau territoire étaient fixés à Nancy.

L'église, victime des combats, ne fut pas reconstruite. Ses ruines furent rasées en 1875. Des monuments commémoratifs, qui rendaient hommage aux soldats allemands tombés au champ d'honneur, étaient érigés un peu partout, tant au bord des chemins que dans les champs bordant le village. On y avait enterré pêle-mêle hommes et chevaux. Metz restait une place-forte de premier ordre. L'empereur Guillaume II ne manquait pas de passer par Saint-Privat lors de manœuvres militaires qu'il présidait.

Entretemps, l'édification d'une gare en contrebas du village voisin d'Amanvillers désenclavait Saint-Privat devenu célèbre. Saint Privat devenait un lieu de pèlerinage pour les familles allemandes ou françaises qui pleuraient un père, un fils, un frère ou un ami. Les français célébraient l'armée française vaincue mais non déshonorée et les Allemands, la victoire qui avait permis l'unification de la nation si souvent humiliée et meurtri par les voisins français. Les historiens et les peintres, comme le Français Alphonse de Neuville, exaltaient les sentiments patriotiques voire nationalistes du peuple auquel ils appartenaient. Personne n'évoquait une improbable mais salutaire réconciliation.

Tandis que ces anciens confrères restés français subissaient la politique anticléricale de la Troisième république, l'abbé Bauzin entretint des rapports loyaux envers son nouveau souverain. Muni d'un passeport impérial, il sillonna le Luxembourg, la Belgique, les Pays-Bas et la Rhénanie afin de collecter les fonds nécessaires à la construction d'une nouvelle église. Contrairement au désir des paroissiens, le nouveau lieu de culte ne fut pas reconstruit à l'emplacement de l'ancien, l'endroit, converti en cimetière militaire, était jugé trop étroit par le pasteur. L'église fut construite quelques centaines de mètres plus haut d'où son clocher, dominant le village et les environs, est visible de loin. L'administration impériale offrit le bronze qui permit de fondre une cloche. L'église fut inaugurée en 1876. De style néo-gothique, ses dimensions et la surface de ses vitraux la firent surnommer affectueusement la "cathédrale du Haut-plateau". Fruit de la solidarité européenne, l'édification de la nouvelle église de Saint-Privat était une belle revanche pour un prêtre dont la paroisse avait été ruinée par la guerre.

Plus tard, l'abbé fut décoré de l'Ordre de l'Aigle rouge. Il s'éteignit en 1903 à l'âge de 67 ans. Ultime hommage de ses paroissiens, sa dépouille fût inhumée dans le transept de l'église au pied de l'autel. Un odonyme local rend hommage à l'ecclésiastique. Un monument élevé dans l'ancien cimetière -devenu cimetière militaire et monument historique, lui rend hommage.

Un monument lui rendant hommage fut inauguré dans le cimetière militaire.

Références

Voir aussi

  • icône décorative Portail du catholicisme