Jean-Paul Montanari

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(à 77 ans) Montpellier |
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Jean-Paul Montanari, né le à Alger et mort le à Montpellier, est directeur du Festival international Montpellier Danse de 1983 à 2024.
Biographie
Jean-Paul Montanari est issu d'une famille corse. Son grand-père est parti de Corse pour l'Algérie vers 1910, en tant que garde forestier. Son père est comptable, sa mère, d'origine juive, est née au pied de la casbah et est giletière[1]. Il a sept ans lorsque la guerre éclate en Algérie.Il grandit à Boufarik[2], dans la plaine agricole de la Mitidja[1], où sa grande sœur et son mari travaillent dans une usine d'armement[3].
Il a quinze ans, le [3], quand la famille arrive à l'aéroport de Marseille et s'installe à Lyon. Il fait ses études au Lycée Ampère. Il obtient un bac de philosophie, puis une licence de lettres modernes[4], commence une maîtrise de lettres et étudie le chinois durant trois ans. Il découvre le cinéma et le théâtre : Planchon, Maréchal et plus tard Chéreau[1],[3].
« En voyant la Bérénice de Planchon, interprétée par Francine Bergé et Sami Frey, j'ai su tout de suite que je ferai cela : du spectacle vivant »
Il découvre l'engagement politique avec le mouvement étudiant de Mai 68.
En 1975, il intègre l’équipe du Centre dramatique national de Lyon, il est chargé des relations avec le public. Il découvre la danse et, trois ans plus tard, il assure la programmation danse du Centre dramatique. Parmi les premiers chorégraphes invités, se trouvent Brigitte Lefèvre, Maguy Marin, Quentin Rouillier et Dominique Bagouet, dont il devient rapidement l’ami et le conseiller.
En parallèle à ses activités au Centre dramatique de Lyon, Jean-Paul Montanari fonde le Groupe de libération homosexuel de Lyon (GLH, de 1975 à 1979). Au début des années 1980, il crée, avec Christian Tamet, Viva (festival de danses et de musiques extra-européennes) à Villeurbanne.
Pendant des années, il conseille des chorégraphes comme Régine Chopinot, Susan Buirge ou Hideyuki Yano.
En 1980, à l’invitation de Georges Frêche alors maire de Montpellier, Dominique Bagouet installe le Centre chorégraphique ; il demande à Jean-Paul Montanari de s’occuper des relations avec la presse. À la naissance du Festival international Montpellier Danse, en 1981, il est assistant de Dominique Bagouet ; en 1983, il en devient le directeur général.
Il reste très lié à Dominique Bagouet :« La mort de Dominique fut un grand choc. Nous étions tous les deux si liés sur le plan artistique, professionnel et amical. La disparition d’un créateur et d’un ami comme lui a créé un immense vide. Presque toutes les œuvres de Bagouet ont été créées au festival. »[5].
Le Festival Montpellier Danse s’est développé avec le soutien du Centre chorégraphique national, d’abord avec Dominique Bagouet, puis Mathilde Monnier, et aujourd'hui Christian Rizzo. Il reste indissociable des liens entre Jean-Paul Montanari et Georges Frêche. En 1993, Montanari est nommé chargé de mission pour les affaires culturelles, au cabinet de Georges Frêche. Il y restera jusqu’en 1995.
L’un des premiers dans le monde du spectacle, il associe sa ville à la lutte contre le sida, qui toucha, dès la fin des années 1980, nombre de danseurs et chorégraphes.
Il devient en 1983 conseiller pour la danse à l’Opéra de Montpellier ; en 1984, il est membre de la Commission d’attribution des subventions aux compagnies chorégraphiques du Ministère de la Culture (jusqu’en 1991). En1991, il est nommé membre du Conseil supérieur de la danse. En 1996, il prend en charge la saison danse de l’Opéra national de Montpellier. En 2001, il quitte la direction du Zénith de Montpellier, qu’il occupait depuis 1999, pour se consacrer pleinement au festival et à la saison danse.
Depuis 2010, il dirige l’Agora, cité internationale de la danse. Ce lieu, consacré à la danse, unique en Europe, réunit tous les aspects du travail de la danse, depuis la création jusqu'à la diffusion d’un spectacle.
En 1998, Dominique Frétard, dans le Monde, parle de sa réflexion sur le corps et le désir, ou sur le rôle de l’expression du corps ; il souligne que la démarche de Montanari est aussi politique, que, pour lui, « tous les corps sont des corps politiques » et que « Ce n’est pas un hasard si on a vu de nombreux artistes et, parmi eux, beaucoup de danseurs, dans les luttes de soutien au Cambodge, à la Bosnie, aux sans-papiers, aux jeunes des quartiers. La vision de corps massacrés atteint tout le monde, mais le danseur est touché au corps. »[6].
Il meurt à 77 ans, le à Montpellier[7],[8].
Décorations
Notes et références
- « Montpellier Danse 93 rencontre avec Jean-Paul Montanari, directeur du festival l'homme qui a question à tout »
, sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ René Mayer (1925-) (préf. Claude Cohen-Tannoudji (1933-)), Français d'Afrique du Nord ce qu'ils sont devenus (dictionnaire biographique), Saint-Cloud, Édition à compte d'auteur (réimpr. 2007) (1re éd. 2005), 347 p., 21 cm (ISBN 2-9527-5731-3 et 978-2-9527-5731-7, OCLC 1227473063, BNF 40922784, SUDOC 251670775, lire en ligne
), p. 34.
- Michaël Delafosse (dir.), « Jean-Paul Montanari : Mon monde était là », Autre rive, autres vies / 60e anniversaire de l'indépendance de l'Algérie, Montpellier, ville de Montpellier, , p. 14 / 24 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
- ↑ « Actu : Jean-Paul Montanari », sur Midi libre, (consulté le ).
- ↑ (fr-CA) Andrée Martin, « Le Combat de la culture », Le Devoir, Montréal, s.n., no 278, (ISSN 0319-0722).
- ↑ Dominique Frétard, « Les Liaisons tumultueuses des corps et du politique »
, sur Le Monde, (consulté le ).
- ↑ « Jean-Paul Montanari, figure emblématique de la danse à Montpellier, est décédé à l'âge de 77 ans - ici », sur ici, le média de la vie locale, (consulté le )
- ↑ « Jean-Paul Montanari, figure majeure de la danse contemporaine, est décédé à Montpellier, à l’âge de 77 ans », sur midilibre.fr (consulté le )
Voir aussi
Articles connexes
Liens externes
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