Jean-Pierre Laÿs

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Jean-Pierre Laÿs est un peintre français de natures mortes, né à Saint-Barthélemy-Lestra le et mort à Écully le .
Biographie
Enfance
Jean-Pierre Laÿs est né le à Saint-Barthélemy-Lestra (Loire)[1]. Il est issu d'une famille de treize enfants. Aucun n'allait à l'école, trop chère pour la famille[1]. L'instituteur remarqua son intelligence et sa vivacité d'esprit et il le scolarisa. Il se révéla fort en lecture, médiocre en écriture, préférant les dessins aux bâtons des lettres[1].
Période d'apprentissage
En 1837, il se lia d'amitié avec le curé, qui écrivit au peintre Simon Saint-Jean, à Lyon, en joignant les croquis de l'enfant. L'artiste reconnut le talent de Jean-Pierre Laÿs et déclara qu'il devait suivre des cours durant de nombreuses années au coût de 20 francs par mois, en vivant à ses frais[1]. En 1841, Laÿs devint le domestique de Saint-Jean ; en contrepartie, il pouvait dessiner, copier les oeuvres de l'artiste, observer. Travailleur acharné, droit, courageux, bien qu'un peu craintif et sauvage, il attira l'attention du peintre et de sa femme. Sept ans plus tard, le peintre ferma son atelier, Jean-Pierre Laÿs retourna sous le toit paternel. Il continua à peindre, surtout à la gouache et l'aquarelle, la peinture à l'huile étant trop coûteuse. Un an plus tard, Simon Saint-Jean rouvrit son atelier et rappela l'adolescent[1]. Laÿs lui montra ses dernières créations, sa technique s'était améliorée, révélant un regard curieux et observateur. Il subit la jalousie de ses camarades de classe. Saint Jean fut le modèle de Laÿs sur tous les plans.
Sa carrière
Succès


En 1849, il devait présenter un tableau à un salon, Saint-Jean choisit Grappes de raisins. Le tableau reçut une médaille et fut vendu 200 francs. En 1850, un autre artiste reçut le prix, au grand dam de l’artiste et de Saint-Jean. Laÿs devint ensuite riche, connu et coté ; il aurait pu quitter Saint Jean, mais il avait promis de rester dix ans avec lui. Il le quittera en 1852[1].
Il fut rejeté des salons de peinture, malgré son succès. En 1856, il reçut commande d'une guirlande de fleurs pour l’impératrice de Russie. Sa cote montait et les commandes affluaient ; la mode était à la fleur. En 1858, il reçut une médaille de deuxième classe à L’Exposition de Dijon. Alphonse Balleydier lui fit de grandes promesses s’il quittait Lyon[1], lui écrivit de nombreuses lettres mais Laÿs resta à Lyon. Il devint l'ami d'un vieillard qui l’admirait : Alexis Balthazar Henri Schauenburg.
Simon Saint-Jean mourut le [1].
Quatre ans plus tard, le , la ville de Lyon fit l’acquisition du tableau La vigne à la Croix, exposé au Salon de cette année-là, pour la somme de 2 000 francs[1]. Le , de la part de la Société des amis des arts de Bordeaux, Laÿs reçut mille francs pour une toile qu’il avait envoyée à la ville pour une exposition et qu’il remporta (d’après le secrétaire). En , il adressa à l'Exposition universelle le tableau Vierge aux roses qui connut un grand succès[1].
Alexis Balthazar, à sa mort, lui légua une grande partie de sa collection. Laÿs s'était occupé du vieillard, l’avait consolé, relevé, charmé, il avait adouci ses derniers instants[1].
En 1872, Lyon avait rouvert son Salon annuel. Sollicité par quelques amis, Laÿs avait envoyé une toile. Le jour des récompenses, le jury lui attribua une médaille de bronze[1]. Laÿs, fierté de Lyon, bien vu de l’étranger, auréolé de gloire, signa une lettre adressée au secrétaire de la Société des amis des arts :
« Monsieur le Secrétaire,
Je refuse la médaille de bronze que le jury de l’exposition des Beaux-Arts a eu l’injustice de me décerner. C’est un outrage que je n’accepte pas. Mes œuvres ont été appréciées à Paris, à Londres, à Bruxelles, Genève, Amsterdam, Vienne et dans les principales villes de France, par des artistes de talent qui m’ont rendu justice. J’ai obtenu quinze médailles, toutes en or, en argent, ou en vermeille, dans mon pays, la coterie m’en donne une de bronze. Le jury des Beaux-arts aurait dû être composé d’artistes étrangers et non par des hommes jaloux et des incapables de notre ville. C’est petitesse de la part du jury ne m’étonne point. Trois ou quatre membres de jury, qui m’en veulent, ont cherché, dans toutes les circonstances, à nuire à ma réputation. Ils ont cru, en m’abaissant, s’élever eux-mêmes ; mais dans le monde il y a des hommes éclairés qui sauront apprécier le mérite et flétrir l’injustice des membres du jury de Lyon. Ils auront pour eux la honte, et moi j’aurai l’estime des hommes honnêtes et éclairés. Je sais, monsieur le secrétaire, que vous n’y êtes pour rien et je suis convaincu que, dans le fond de votre conscience, vous reconnaissez l’injustice du jury. Veuillez, je vous prie, lui faire part de mon refus. Veuillez agréer, je vous prie, Monsieur le Secrétaire, mes salutations.
Laÿs, Lyon, 13 novembre 1873. »
Entre 1874 et 1875, il reçut de nombreuses médailles françaises et anglaises ; son succès à l’étranger ne diminuait pas[1].
Hommage à Saint Jean
Laÿs restait fidèle à sa vieille méthode lyonnaise, et à sa façon de peindre sa flore ; il la cueillait, l’étudiait, la « savait » et il la rendait avec sa physionomie propre. L’école lyonnaise a disparu aujourd’hui. Laÿs méditait un grand projet et s’en ouvrit à ses amis : Saint-Jean était mort, Lyon ne lui avait pas suffisamment rendu hommage. Le maître avait un buste de marbre au Pays des Arts, à côté des autres célébrités lyonnaises ; l’élève voulait plus. Laÿs se tourna du côté de Millery, riche commune, lieu de naissance des parents de Saint-Jean. Il décida d’ériger un buste en bronze en 1885[1]. Laÿs et Bailly organisèrent la célébration et furent félicités.
Dernières années
Pèlerinage
En 1886, Laÿs entreprit de faire son Grand Tour en Italie, à Florence et surtout à Rome. Le , il fit son testament, distribua sa fortune à ses parents, fit quelques legs à ses amis et se lança vers l’inconnu. Le , il quitta Lyon, arriva en Provence, et fut séduit par la région. Le , il arriva à Gènes, le , visita les églises, les musées et les palais, arriva le lendemain à Pise, et vint le coucher à Florence. Le , il arriva à Rome[1]. Il visita la basilique Saint-Pierre, le Vatican, la basilique Sainte-Marie-Majeure, le Capitole, la basilique Saint-Paul-hors-les-Murs, les musées, les galeries, les palais et tous les monuments. Puis il passa par Naples. Son voyage dura trois mois.
L’année 1887, sa santé s’altéra. De retour sur Lyon, à Écully, sa famille lui rendit visite plus régulièrement[1].
Décès
Le , Laÿs rentra chez lui, souffrant, et s’enferma, suivant son habitude. Le , la laitière lui apporta son lait. Le lendemain, elle retrouva sa berthe pleine au même endroit ; elle avertit le concierge ; il courut prévenir un ami intime, le peintre André Augustin Sallé ; celui-ci se rendit à Écully avec un frère et un neveu. Le commissaire de police et le serrurier trouvèrent Jean-Pierre Laÿs évanoui sur le carreau, presque froid mais respirant encore. Il mourut doucement, le [1]. Aux funérailles, le , la plupart des peintres de Lyon l’accompagnèrent jusqu’à la gare de Saint-Paul. Sa famille l’amena au cimetière de Saint-Barthélemy-Lestra, où il avait préparé son tombeau[1].
Notes et références
- Les Laÿs vus par les Laÿs, 1982.
Voir aussi
Bibliographie
- Les Laÿs vus par les Laÿs, 1982.
Liens externes
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