Jean Brusselmans

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(à 68 ans) Dilbeek |
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- |
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Jean Brusselmans, né à Bruxelles le et mort à Dilbeek le , est un peintre belge, graveur et décorateur.
Biographie
Famille
Jean Baptiste, ou Jean, Brusselmans est né le à une heure du matin à Bruxelles[1] au n° 3 de l'impasse Perle d'Amour[2]. Son père, prénommé également Jean Baptiste, un tailleur, et sa mère Elisabeth Henssens, tous deux natifs de Bruxelles, avaient un modeste atelier de couture[3]. Jean avait trois frères et sœurs, et la fratrie[4] Brusselmans était dès lors :
- Jeanne Joséphine Brusselmans, née à Bruxelles le , giletière, qui épouse à Bruxelles le Jean Baptiste, ou Jean Van Cleemput, né à Bruxelles le et mort à Berchem-Sainte-Agathe le , peintre, dessinateur, graveur et caricaturiste,
- Jean Baptiste, né en 1884,
- Michel Brusselmans, né à Paris le lors d'une expatriation temporaire de ses parents dans cette ville durant quelques années, et mort à Bruxelles le , qui sera compositeur, violoniste et chef d'orchestre,
- Blanche Catherine Brusselmans, née à Bruxelles le , qui épousa à Etterbeek le Gabriel Ysaye, musicien et fils du violoniste Eugène Ysaÿe et de son épouse Louise Bourdau. Lors de leur mariage, ils légitiment les jumeaux Carry Louise et Jean Eugène, nés à Auderghem en 1908. Ils divorcèrent à Forest le .
Jean Brusselmans épouse à Bruxelles[5] le Justine Marie Léonie Frisch, née à Bruxelles le , fille de Léopold Frisch, dessinateur, résidant à Woluwe-Saint-Lambert, et de Marie Justine Verstraeten. Lors de leur mariage, ils légitimèrent leur enfant, Armand Brusselmans, né à Molenbeek-Saint-Jean le . Justine Marie Léonie Frisch sera le modèle pour son époux dans plusieurs tableaux de celui-ci. Elle est morte à Dilbeek le .
Armand Brusselmans ne semble pas avoir eu de carrière artistique notable, mais il a joué un rôle important dans la conservation et la transmission des œuvres de son père. Plusieurs tableaux majeurs de Jean Brusselmans, tels que En famille (1929), La mansarde (1938), et Autoportrait à l'esclave (1934) ont été donnés par Armand Brusselmans aux Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique en 1990.
Jean Brusselmans et sa femme sont enterrés au cimetière communal de Dilbeek. La tombe est composée d'une plaque rectangulaire qui recouvre les deux sépultures, surmontée d'une pierre tombale en pierre bleue plus petite avec les lettres métalliques "J.B. Brusselmans / J. Marie Frisch". et d'une stèle avec des lettres gravées. Sur la stèle, on peut lire, dans l'écriture caractéristique de Jean Brusselmans, l'inscription (en français) L'existence / d'un artiste / est toujours / héroïque / Jean Brusselmans.
Parcours artistique
Après avoir passé sa prime enfance à Paris, il entre à l'âge de quatorze ans, comme graveur et lithographe à la Société belge de Lithographie à Bruxelles[6].
De 1897 à 1900, il complète son apprentissage de graveur à l'académie des beaux-arts de Bruxelles. Très tôt, il décide de devenir peintre car la profession de graveur lui déplaît. Après 1904, il s'y inscrit aux cours du soir de dessin jusqu'à 1906.
Il préfère suit son programme personnel et étudie la nature, s'inspire de peintres aussi divers que P. Bruegel, Jacob Jordaens, Gustave Courbet et Édouard Manet. Sa première grande composition date de 1907 : La Campagne des Pleurs qui représente des femmes nues dans un bois. Le tableau contient des réminiscences de C. Montald et de Courbet. Cette même année, il loue un atelier avec Rik Wouters. Il y rencontre Auguste Oleffe, Ramah et Ferdinand Schirren, ceux que l'on nommera plus tard les fauves brabançons et jusqu'en 1920, il a une période fauve, sous l'influence de ses amis[6].
En 1911 il épouse Marie-Léonie Frisch dont il a un fils, Armand. Il devient membre du cercle L'Effort et fonde un cercle artistique Le Clan du Paruck[7]. En 1912, il participe à son premier salon à la Galerie Georges Giroux.
Pendant la Première Guerre mondiale, il réside à Auderghem où habite Auguste Oleffe. Les liens d'amitié qui le lient, tant à Oleffe qu'à Schirren et Wouters, se resserrent. Sur tous trois, l'influence de Cézanne sera grande, la couleur devient l'élément primordial et les thèmes intimistes, plus fréquents. De cette période date Au Jardin (1916, Bruxelles, M.R.B.A.B.), où il donne une interprétation personnelle du fauvisme brabançon. Bien qu'il utilise de larges touches de couleur rectangulaires, la construction du tableau est prépondérante[6].
À partir de 1920, il développe son propre style géométrique, mais ce n'est qu'en 1921 qu'il aura sa première exposition personnelle, à la galerie Breckpot à Anvers. En 1924, il se fixe à Dilbeek jusqu'à sa mort et expose au Centaure à Bruxelles. En 1930, il devient membre fondateur de l'Art Vivant, à l'initiative de Paul Haesaerts, et en 1931, il participe à la fondation du groupe Les Compagnons de l'Art. Cette même année, a lieu sa première rétrospective au palais des beaux-arts de Bruxelles[6]. En 1936, il devient le premier lauréat du Prix Auguste Oleffe[8].
Durant la Seconde Guerre mondiale, l'occupant imposa le retrait de ses œuvres d'une exposition intitulée Les Constructeurs[9].
Honneurs
- La rue de Dilbeek, là où il habita de 1924 à sa mort, porte son nom[10] depuis 1958 : J. B. Brusselmansstraat.
- Il est chevalier de l'Ordre de Léopold en 1931.
Œuvre
- Enfant dans le berceau, 1911, huile sur toile, 55 × 40 cm, Mu.Zee, Ostende[11]
- Femme accoudée, 1920, huile sur toile, 79 × 60 cm, Musée des Beaux-Arts de Gand[12]
- Paysans, 1928, huile sur toile, 150 × 150 cm, Musée des Beaux-Arts de Gand[13]
- L'Ancien pont de la Princesse à Molenbeek-Saint-Jean, 1934, estampe (n°17/50), 61 × 84 cm, Bibliothèque royale de Belgique[14]
- Femme dans la cuisine, 1935, huile sur toile, 150 × 150 cm, Musée des Beaux-Arts de Gand[15]
- Le Phare, Dessin sur papier, Bibliothèque royale de Belgique[16]
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Femme accoudée, 1920
Musée des Beaux-Arts de Gand -

Paysans, 1928
Musée des Beaux-Arts de Gand -
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L'Ancien pont de la Princesse à Molenbeek-Saint-Jean, 1934
Bibliothèque royale de Belgique -

Le Phare
Bibliothèque royale de Belgique -
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Tête de femme
[réf. nécessaire]
Bibliographie
- Gilbert Perlein, Expressions flamandes : 1900-1930 : Rik Wouters, Léon Spilliaert, Jean Brusselmans, Gustave de Smet, Frits Van den Berghe, Constant Permeke, Musée d'art moderne, Villeneuve d'Ascq, - , catalogue, Villeneuve d'Ascq : Musée d'art moderne, 1988.
- Gita Brys-Schatan, Jean Brusselmans, catalogue raisonné, Bruxelles : Laconti, 1972.
- Gita Brys-Schatan (sous la dir. de René Jullian), L'œuvre de Jean Brusselmans, [s.l.] : [s.n.], 1968.
- Gilbert Buyst, Brusselmans Jean (1884-1953) (Biographie et quartiers généalogiques), dans Nieuwsbrief de FV regio Dilbeek vzw, 15e année, numéro 7/8, de juillet/, à lire en ligne sous le lien [1].
Notes et références
- ↑ Bruxelles, acte de naissance n° 2616 du 14 juin 1884.
- ↑ Impasse donnant dans la rue du Rempart des Moines, et qui a disparu à la fin des années 1950, là où se trouve aujourd'hui le square Jacques Brel.
- ↑ Hans Janssen et Rudi Fuchs dans Hans Janssen (ed.) Jean Brusselmans. La Haye, 2018, éditions Hannibal, (ISBN 9789492677419).
- ↑ Un panneau illustré de plusieurs œuvres de Jean Brusselmans a été placé en 2024 près du centre de Dilbeek, avec une vue sur l'église (Eglise de Dilbeek, 1929, The Phoebus Foundation, Anvers ; Paysage enneigé, 1938, Musée royal des Beaux-Arts KMSKA, Anvers ; Dessin de Dilbeek, 1925, Bibliothèque royale de Belgique KBR, Bruxelles), et mentionne que (traduction) : Dans plusieurs dessins et peintures, Jean Brusselmans reprend cette vue très reconnaissable du centre du village et de l'église Saint-Ambroise. Peindre de différentes manières un même paysage, une vue de village, une nature morte, un objet ou un pont est une constante dans son œuvre. Cependant, Brusselmans ne cherche pas à reproduire fidèlement la nature et les bâtiments, mais plutôt à mettre en valeur les formes géométriques dans des compositions aux lignes claires et aux couleurs vives. Le "Paysage enneigé" avec l'église en son centre, offre une vue sur le jardin des voisins. Betty Van Soest (° 1936), une jeune voisine, se souvient encore que pendant la guerre, sa grand-mère livrait des fruits et légumes à la famille Brusselmans. "Les Brusselmans avaient un piano, et j'avais le droit d'en jouer. Vous savez, son frère Michel Brusselmans était un compositeur célèbre et le beau-frère de Gabriel Ysaye. Son père Eugène était violoniste et fondateur des Concours Reine Elisabeth. J'ai vu beaucoup de peintres leur rendre visite : Ensor, Permeke, Gust ou Léon de Smet ..."
- ↑ Bruxelles, acte de mariage n° 1619 de 1911.
- « Dictionnaire », sur peintres.kikirpa.be, (consulté le )
- ↑ D'après le Paruck, un ruisseau qui coule à Molenbeek-Saint-Jean.
- ↑ Rédaction, « Le Prix Auguste Oleffe », L'Indépendance Belge, , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Paul Fierens, « Petit Bilan de la Résistance Artistique », Revue Générale Belge, , p. 111-117
- ↑ D'après un panneau placé dans cette rue en 2024 pour le 100e anniversaire de son établissement à Dilbeek, illustré par Paysage gris d'hiver de 1935 au Musée de Bruges, La Promenade de 1919 à la Phoebus Foundation, à Anvers, et Le grand intérieur de 1939 au Musée de Bruges, (traduction) : "En 1924, la famille Brusselmans acheta une maison sans style et bon marché dans l'alors nommée rue de la Chapelle, qui fut renommée en 1958 rue J.B. Brusselmans. Il nomma cyniquement cette maison "Kouden haard", c'est-à-dire "Froid foyer", faisant en cela allusion à sa situation précaire et la toute proche rue Kaudenaarde. Pour gagner son pain, il peint des panneaux publicitaires ou des décors de théâtre pour le PSK (Palais des Beaux-Arts de Bruxelles, en néerlandais Paleis voor Schone Kunsten (PSK), aujourd'hui BOZAR) ou pour La Monnaie. Sa femme complète les revenus du ménage par des travaux de couture. En 1931 il est chevalier de l'Ordre de Léopold, mais ce n'est pas avec cela que l'on achète du pain. En 1933, il doit vendre une partie de ses meubles pour nouer les deux bouts. Il participe bien à quelques expositions, mais il ne vend pas beaucoup. Le petite atelier offre une vue sur les environs avec des vergers et des champs vallonnés, et ses promenades sont également une source d'inspiration. La maison construite dans l'entre-deux-guerres, un peu plus loin dans la rue (au n° 8) a-t-elle servi de modèle au "Paysage hivernal gris" (1939) ? Cela y ressemble fort, en tout cas".
- ↑ « Enfant dans le berceau », sur muzee.be, (consulté le )
- ↑ « Femme accoudée », sur mskgent.be, (consulté le )
- ↑ « Femme accoudée », sur mskgent.be, (consulté le )
- ↑ « L'Ancien Pont de la Princesse », sur belgica.kbr.be (consulté le )
- ↑ « Femme dans la cuisine », sur mskgent.be, (consulté le )
- ↑ « Le Phare », sur belgica.kbr.be (consulté le )
Liens externes
- œuvres de Jean Brusselmans Koninklijke Bibliotheek van Belgie
- Ressources relatives aux beaux-arts :
- Ressource relative à la recherche :
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