Jean Piqué
| Naissance |
Pau (France) |
|---|---|
| Décès |
Pau (France) |
| Taille | 1,81 m (5′ 11″) |
| Poste | Centre |
| Période | Équipe | |
|---|---|---|
| -1952 1952-1955 |
SA Monein Section paloise |
| Période | Équipe | M (Pts)a |
|---|---|---|
| 1955-1966 | Section paloise |
| Période | Équipe | M (Pts)b |
|---|---|---|
| 1961-1965 | 18 (6) |
| Période | Équipe | |
|---|---|---|
| 1966-1968 1968-1972 1974-1986 |
RC artisien SA Monein |
a Compétitions nationales et continentales officielles uniquement.
b Matchs officiels uniquement.
Jean Piqué, né le à Pau (Basses-Pyrénées) et mort le dans la même ville, est un joueur international français de rugby à XV, évoluant principalement au poste de trois-quart centre. Il effectue l’intégralité de sa carrière à la Section paloise entre 1955 et 1966, remportant le championnat de France en 1964 et dispute trois finales du Challenge Yves du Manoir (1959, 1962 et 1964).
Sélectionné à dix-huit reprises en équipe de France entre 1961 et 1965, il participe à la victoire dans le Tournoi des Cinq Nations en 1962 et prend part à des tournées internationales en Nouvelle-Zélande, en Australie et en Afrique du Sud, où il se met en évidence par ses qualités offensives et défensives.
Après sa carrière de joueur, il devient entraîneur adjoint chargé des lignes arrière du XV de France, avec lequel il remporte le Grand Chelem dans le Tournoi en 1977 et en 1981, et s’impose pour la première fois face aux All Blacks sur leur terrain lors du célèbre test-match du à Auckland. Parallèlement, il s’engage comme dirigeant au sein de la Fédération française de rugby, y siégeant entre 1976 et 1994, et préside le Comité Béarn de rugby de 1992 à 2004.
Piqué reçoit l’Ordre national du Mérite en 1997.
Biographie
Débuts au basket-ball
Jean Piqué grandit à Artix dans une famille béarnaise modeste[1]. Orphelin de père dès son jeune âge, il est élevé par sa mère avec ses frères et sa sœur jumelle. Son frère Pierre devient professeur de français et d’espagnol et sa sœur Hélène institutrice[2]. Sa mère, soucieuse de sa sécurité, préfère qu’il pratique des activités moins physiques que le rugby à XV, et il commence donc sa carrière sportive par le basket-ball à l’Amicale laïque d’Artix[2]. C’est au lycée Louis-Barthou, au sein du club des Coquelicots de Pau, qu’il découvre le rugby à XV.
Sa carrière prend un nouveau tournant lorsqu’il est repéré par Albert Cazenave, alors qu’il évolue avec les juniors du SA Monein lors d’un match disputé en lever de rideau du traditionnel match pascal opposant la Section paloise à une équipe britannique, les Belfast Harlequins Rugby Football Club cette année-là, au stade de la Croix-du-Prince[3]. Ainsi, Piqué intègre les juniors de la Section paloise à l’âge de dix-sept ans et effectue rapidement ses premières apparitions en équipe première[4].
Révélation au plus haut-niveau et sélections internationales
Jean Piqué effectue l’intégralité de sa carrière à la Section paloise, de 1955 à 1966.
Jean Piqué a connu sa première sélection le 5 août 1961 contre les All Blacks, au côté de Guy Boniface, alors qu'André est sur le banc. Piqué offre un essai à Pipiou Dupuy au terme d'un raid solitaire, dans le stade de à l’Athletic Park de Wellington balayé par la tempête[5]. Ce match lui permet de gagner ses galons de titulaire, les Jacques Bouquet et les frères André et Guy Boniface alternant désormais autour de lui[6].
Entre 1961 et 1965, il cumule dix-huit sélections et inscrit deux essais, pour un total de six points. Il participe à la victoire française dans le Tournoi des Cinq Nations en 1962 et prend part à plusieurs tournées internationales, notamment en Nouvelle-Zélande et en Australie en 1961. étant titulaire prenant lors de la victoire face aux Wallabies au Sydney Cricket Ground de Sydney[7], puis en Afrique du Sud en 1964, au cours de laquelle il fait partie de l’équipe française victorieuse des Springboks à Springs (8-6)[8],[9]. Ses prestations défensives, en particulier lors de matches contre des attaquants réputés comme Don Clarke, sont régulièrement saluées[10].
Lors de la saison 1963-1964, la jeune équipe paloise parvient à s’affirmer progressivement et décroche en 1964 son troisième titre de champion de France en battant l’AS Béziers en finale sur le score de 14 à 0. Parmi les joueurs les plus en vue figurent François Moncla, Jean Piqué, Jean Capdouze, Jean-Pierre Saux, Marc Etcheverry et André Abadie[11],[5].
Pourtant, le début de saison est difficile. En octobre, la presse locale titre « La Section en perdition » après deux lourdes défaites consécutives : une défaite 31 à 3 à Agen, suivie d’un revers 24 à 3 sur la pelouse de la Croix-du-Prince face au rival lourdais[12]. Les supporters sont mécontents, certains allant jusqu’à déchirer leur carte d’abonnement, et les joueurs quittent souvent les vestiaires sous les sifflets[13]. La Section réussit néanmoins à se qualifier in extremis pour les phases finales grâce à une victoire étriquée 3 à 0 contre Saint-Girons, se classant ainsi 30e sur 32 équipes qualifiées[13].
L’aventure prend forme avec des succès consécutifs sur le CA Brive, Chalon, Bayonne et Narbonne, avant la finale décisive face à Béziers[14]. Lors de cette rencontre, Jean Piqué évolue avec la mémoire de sa première épouse, récemment disparue d’une leucémie foudroyante[15]. Pour honorer sa mémoire, il porte sur lui une photographie de sa femme[15],[5].
La finale se conclut par une victoire éclatante de la Section, 14 à 0, avec notamment deux essais signés Nano Capdouze[15]. Une semaine plus tard, les deux équipes se retrouvent en finale du Challenge Yves du Manoir, disputée au Parc des Princes, rencontre remportée par l’AS Béziers sur le score de 6 à 3[16].
Jean Piqué est nommé dans le XV de légende de la Section paloise[17].
Carrière d'entraîneur et dirigeant
Après avoir mis un terme à sa carrière de joueur, Jean Piqué exerce comme entraîneur à Artix au RC Artisien entre 1966 et 1968, avant de devenir entraîneur-joueur au SA Monein jusqu’en 1972[18],[19]. Le , à Fumel, le SA Monein s’incline en finale du championnat de France de troisième division face à l’UA Saverdun sur le score de 12 à 8[20].
Jean Piqué devient entraîneur adjoint de l’équipe de France sous le mandat du sélectionneur Jean Desclaux, en charge des arrières, de 1974 à 1986. À ce poste, il participe à plusieurs succès internationaux[21], dont une victoire historique en Nouvelle-Zélande contre les All Blacks en 1979[22]. Parallèlement, il occupe diverses fonctions au sein de la Fédération française de rugby de 1976 à 1994 et préside le Comité Béarn de rugby de 1992 à 2004, contribuant activement au développement du rugby dans la région[15].
Vie personnelle
En parallèle de sa carrière sportive, Piqué exerce la profession de charcutier et s’investit dans la vie municipale en tant que conseiller à Artix de 1965 à 1977[23],[2].
Piqué dispute la finale du championnat de France de rugby à XV 1963-1964 avec la photo de sa femme sur lui pendant le match[24]. En effet, en pleines phases finales, Piqué, papa d’une fille de deux ans, voit s’éteindre son épouse d’une leucémie foudroyante[15].
Statistiques en équipe nationale
- 18 sélections en équipe de France.
- 2 essais (6 points).
- Sélections par année : 3 en 1961, 2 en 1962, 8 en 1964, 5 en 1965.
- Tournées en Nouvelle-Zélande et Australie en 1961 (il participe à la victoire contre les Wallabies à Sydney), et en Afrique du Sud en 1964 (il fait partie de l’équipe qui bat les Springboks à Springs).
Palmarès
En club
- Finaliste du Challenge Yves du Manoir en 1959, 1962 et 1964 avec la Section paloise.
- Vainqueur du Championnat de France en 1964 avec la Section paloise.
En équipe nationale
- Vainqueur du Tournoi des Cinq Nations en 1962 avec l'équipe de France.
Distinctions personnelles
Notes et références
- ↑ R.E., « Jean Piqué est mort », sur L'Équipe, (consulté le )
- « Les mérites de Jean Piqué », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ « Le gala de rugby Belfast - Pau », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ « Jean Piqué au Panthéon du rugby béarnais », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- « Les quatre grands se mettent à table », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ Denis Lalanne, La mêlée fantastique, (La Table Ronde) réédition numérique FeniXX, (ISBN 978-2-7103-9950-6, lire en ligne)
- ↑ FFR, « Test Match 1961 Australie - France », sur ffr.fr (consulté le )
- ↑ Richard Escot, « XV de France : Quatre tournées de légende en Afrique du sud », sur L'Équipe, (consulté le )
- ↑ Rédaction, « 1964, la confirmation », sur rugbyrama.fr, (consulté le )
- ↑ « Jean Piqué, impitoyable défenseur au cœur tendre, a fait voler Don Clarke », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ Gérard de Ferrier, « Les trois anciens : Moncla, Saux et Abadie ont construit la victoire de Pau », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Richard Escot, « Un jour - une finale : 1964, Pau en champion de la dernière heure », sur L'Équipe, (consulté le ).
- Un siècle en vert et blanc, 2001, p. 192.
- ↑ Robert Duthen, « La puissance organisée de la Section paloise a dérouté le quinze de Béziers (14-0) », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- Christian Sempé, « Jean Piqué au Panthéon du rugby béarnais », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ Éric Bély, « Il y a 50 ans, la Section Paloise devenait championne de France de rugby », La République des Pyrénées, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « Les XV des Anciens de la Section de 1928 à 1998 », sur section-paloise.com (consulté le ).
- ↑ « Saverdun, un bastion en résistance », sur rugbyrama.fr, (consulté le )
- ↑ « Rugby : ancienne gloire de la Section et du XV de France, Jean Piqué s'est éteint », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
- ↑ « 55 ans après le premier, l’UA Saverdun va tenter de décrocher un nouveau bouclier national », sur La Dépêche du Midi, (consulté le )
- ↑ Jérôme Prévôt, « 1979 - 1994 - 2009 : retour sur les trois glorieuses tournées des Bleus en Nouvelle-Zélande », sur rugbyrama.fr, (consulté le )
- ↑ « Pourquoi la victoire des Bleus est un réelle performance ? », sur rugbyrama.fr, (consulté le )
- ↑ « Le joueur de rugby à XV, Jean Piqué est mort », sur ici (consulté le )
- ↑ « Jean Piqué avait la photo de sa femme », La République des Pyrénées, (lire en ligne)
Liens externes
- Ressources relatives au sport :
- Portail du rugby à XV
- Portail des Pyrénées-Atlantiques