Jean Préhu

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Édouard Préhu |
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Marguerite Préhu |
| Fratrie | Jane Préhu France Préhu |
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Jean Préhu est un bienheureux martyr français né à Laval (Mayenne) le et décédé le , après avoir été déporté vers le camp de Dachau (où il ne mettra jamais les pieds) à la suite de l'évacuation du camp de Buchenwald[1]. Il fait partie des cinquante martyrs français de l’apostolat catholique de la Seconde Guerre mondiale béatifiés le lors d'une messe en la cathédrale Notre-Dame de Paris[2].
Biographie
Enfance
Petite enfance
Né à le à Laval (Mayenne), dans une maison de la rue du Pont d'Avesnières (aujourd’hui disparue), il est baptisé le en la basilique Notre-Dame d'Avesnières à Laval. Il est issu d'une famille catholique pratiquante, son père Édouard Préhu, fut chef de bataillon au 117e régiment d’artillerie et sa mère Marguerite Préhu avait la réputation d'avoir bonté et douceur[1].
Scolarité
Il fut d'abord scolarisé à l’école Notre-Dame des Cordeliers, puis au lycée de Laval (lycée Ambroise-Paré) ; il rencontre quelques difficultés d’apprentissage. Ses parents décident alors de l’envoyer à l’institution du Sacré-Cœur à Mayenne (actuellement Ensemble Don Bosco). Dans cet établissement scolaire il va s’épanouir pleinement, il s'y fera de vrais amis, jouera au football et découvrira la Jeunesse étudiante chrétienne (JEC), ce qui marquera profondément sa vie. Il fit aussi partie des Scouts de France à la 1re Laval[1].
Ses camarades le décrivaient comme doux, discret, réfléchi mais aussi joyeux. Il se montrait sensible à l’amitié et toujours prêt à défendre les plus faibles. Ils diront de lui :
« Jean n’avait peut-être pas l’intelligence scolaire, mais il avait l’intelligence du cœur. »[1]
Jeunesse
Engagement militaire
À 18 ans, le , il va s'engager dans l'armée française au sein du 39e régiment d'artillerie. Alors que la guerre est déclenchée, il est envoyé sur le front d’Alsace. Le , il est fait prisonnier de guerre par l'Allemagne nazie et envoyé en captivité[3].
Internement au Stalag
Il sera d’abord interné au Stalag VI H, puis au Stalag VI G près de Bonn. Durant sa détention dans les Stalags il garde le contact avec sa famille par lettres, vingt-deux, où transparaissent sa foi, sa confiance en Dieu et son espérance[3].
Scoutisme
Jean découvrira au Stalag, un visage différent du scoutisme : celui du don de soi au cœur de la souffrance. Avec quelques compagnons, il fondera un clan clandestin, Notre-Dame de la Route, guidé spirituellement par l'abbé Pierre Harignordoquy (prêtre basque déporté)[1].
C’est alors dans ce contexte qu’il prononce sa promesse scoute, qui est un acte de foi et d’engagement total. Cette promesse, il la vivra jusqu’à sa mort.
« Seigneur Jésus, Apprenez-nous à être généreux, A Vous servir comme Vous le méritez. A donner sans compter, A combattre sans souci des blessures, A travailler sans chercher le repos, A nous dépenser, sans attendre d'autre récompense, que celle de savoir que nous faisons Votre Sainte Volonté. »[4]
En animant son groupe scout et en priant avec ses camarades, ils enfreignent la loi nazie. Puisque le , un décret d'Ernst Kaltenbrunner interdit toute activité apostolique ou catholique dans les camps. Alors en vertu des ordres du Haut Commandement de la Wehrmacht, « Toute activité religieuse organisée » est assimilée à une action subversive[1].
C'est alors qu'en , l'ensemble du clan Notre-Dame de la Route est arrêté (avec pour motif d'arrestation : Scout[2]). Il seront alors requalifiés en prisonniers politiques « ennemis du reich » pour fidélité à leur foi[1].
Camp de concentration
Il sera d'abord transféré à la prison de Brauweiler où il endurera la faim, le froid et l'isolement. Au travers de la cloison, il criera cette phrase à son compagnon de cellule, l'abbé Harignordoquy :
« Nous tenons, bons. Ils ne nous auront pas. Ils ne sont pas assez forts pour vaincre le Christ. »
Après seulement 39 jours après son transfert vers la prison de Brauweiler, Jean sera déporté à Buchenwald (avec pour matricule no 81 817), puis il sera envoyé au Kommando 624[3] de Langensalza, une usine d’aéronautique Junkers[1].
Mort
En , lors de l’évacuation de Buchenwald, il sera alors embarqué dans un des trains de la mort, il sera touché par une balle lors du mitraillage du convoi par des avions soviétiques le , il mourra deux jours plus tard, le , à seulement 25 ans[1],[3],[2].
Reconnaissance ultérieure
Le , le pape Léon XIV, a reconnu son martyre[5].
Jean Préhu est béatifié à Paris dans la cathédrale Notre-Dame par le cardinal Jean-Claude Hollerich le (avec 49 autres martyrs français du nazisme)[6]. Ces nouveaux martyrs sont liturgiquement commémorés ensemble le [7].
Hommages
- Le diocèse de Laval a conçu deux vidéos YouTube qui retracent et documentent la vie du bienheureux[8],[9].
- Une bande dessinée de 6 pages a été faite par le diocèse de Laval et illustrée par Mathilde Dufeu. Cet ouvrage a pour objectif de « retracer le parcours de ce jeune Mayennais dont la vie fut marquée par le sens du service, le courage et l’engagement au cœur de l’épreuve des camps de concentration nazis »[10].
- Une messe d'action de grâce sera donnée en l'honneur de la béatification de Jean Préhu présidée par Matthieu Dupont, évêque de Laval en la basilique Notre-Dame d'Avesnières lieu de baptême du bienheureux[11].
- Lors de la messe d'action de grâce Matthieu Dupont, évêque de Laval a inauguré une niche où une statue va être installée. Cette niche se situe dans la première chapelle du déambulatoire à droite du chœur. Lors de la messe d'action de grâce, un prêtre du diocèse de Laval exhorta à y venir en pèlerinage.
« Enfants, quand vous avez du mal dans votre scolarité, venez pèleriner à Avesnières. Parents, quand vous n’en pouvez plus de vos enfants, venez aussi pèleriner à Avesnières. »
- Une prière d'intercession au bienheureux a été donnée et autorisée par Matthieu Dupont, évêque de Laval.
« Seigneur Jésus à l'Intercession du Bienheureux Jean Préhu, je te demande la grâce de la générosité et la persévérance dans mes engagements. Que ma vie soit un témoignage de foi au service de Dieu et de mes frères. Confiant dans la puissance de Dieu qui se déploie dans ma faiblesse, je veux te suivre, quelles que soient les épreuves, et apprendre à t'aimer de tout mon cœur. Amen »
Notes et références
- Église catholique en Mayenne, « Jean Préhu, un mayennais bientôt béatifié à Notre-Dame de Paris - Diocèse de Laval », (consulté le ).
- « Jean Préhu », sur dioceseparis.fr (consulté le ).
- Lead Off, « Jean PREHU », sur Mémoire et Espoirs de la Résistance (consulté le ).
- ↑ Communication Web, « "Seigneur Jésus, apprenez-nous à être généreux", une prière de saint Ignace de Loyola », sur Jésuites, (consulté le ).
- ↑ La rédaction, « Le pape Léon XIV reconnaît officiellement le martyre de 50 Français morts sous le nazisme entre 1944 et 1945 », sur Le Pèlerin, (consulté le ).
- ↑ Xavier Sartre, « Les 50 martyrs du nazisme béatifiés à Paris », sur Vatican News, (consulté le ).
- ↑ Mathilde de Robien, « Quel jour seront fêtés les cinquante martyrs du nazisme ? », sur Aleteia, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] Diocèse de Laval, « Les découvertes inédites sur Jean Préhu, martyr catholique de la Seconde Guerre mondiale », sur YouTube, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] Diocèse de Laval, « Mais qui est ce mayennais martyr de la foi qui va être bientôt béatifié ? », sur YouTube, (consulté le ).
- ↑ Eglise catholique en Mayenne, « Le diocèse de Laval publie une Bande-Dessinée sur la vie de Jean Préhu », sur Diocèse de Laval, (consulté le ).
- ↑ [vidéo] Diocese de Laval, « Messe d'action de grâce pour la béatification du Bienheureux Jean Préhu », sur YouTube, (consulté le ).
Voir aussi
Articles connexes
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