Jean de Beaumont (1er vicomte Beaumont)
| Jean de Beaumont | ||
Armoiries de Jean de Beaumont, 1er vicomte Beaumont | ||
| Titre | Baron Beaumont (1413 - 1440) puis Vicomte Beaumont (1440 - 1460) |
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| Prédécesseur | Henri de Beaumont | |
| Successeur | William de Beaumont | |
| Suzerains | Royaume d'Angleterre | |
| Biographie | ||
| Dynastie | Maison de Brienne-Beaumont | |
| Naissance | c. 1409 |
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| Décès | ||
| Père | Henri de Beaumont | |
| Mère | Elizabeth Willoughby | |
| Conjoint | I. Elizabeth Phelip II. Catherine Neville |
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| Enfants | I. William de Beaumont I. Jeanne de Beaumont |
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Jean de Beaumont, né vers 1409 et mort le , est un aristocrate anglais du milieu du XVe siècle, 6e baron Beaumont puis élevé au titre de 1er vicomte Beaumont. Il est le fils et héritier de Henri de Beaumont, 5e baron Beaumont, et de son épouse Elizabeth Willoughby.
Il est conseiller du roi Henri VI et est récompensé pour ses services en devennant une figure importante de la noblesse d'Est-Anglie. Il occupe de nombreuses fonctions au service de la Couronne et est élevé à la pairie, devenant ainsi le premier Anglais à porter le titre de vicomte. Il amasse également une immense fortune personnelle, acquise par héritage, mariage et patronage royal.
Il est présent lors de certains des événements les plus marquants du règne d'Henri VI. Il assiste à l'arrestation d'Humphrey de Lancastre, duc de Gloucester, en 1447, contribue à la défense du roi contre la rébellion de Jack Cade en 1450 et participe à la répression de la rébellion de Richard, duc d'York, en 1452. Tandis que York et ses alliés finissent par combattre le roi, il reste fidèle à la couronne tenue par la maison de Lancastre durant les années 1450, qui marquent le début de la guerre des Deux-Roses. Sa loyauté envers Henri VI lui coûte finalement la vie car il est tué en assurant la protection du roi lors de la bataille de Northampton en 1460. Son fils et héritier, William de Beaumont, poursuit la lutte contre la maison d'York.
Biographie
Jeunesse
Né au château de Folkingham vers 1409, il est le fils aîné d'Henri de Beaumont, 5e baron Beaumont, mais est orphelin à l'âge de quatre ans. Il devient pupille d'Henri V, qui le confie rapidement à Henry Beaufort, évêque de Winchester[1].
En 1429, il est adoubé par le roi Henri VI, alors âgé de sept ans, à la veille de son couronnement puis se trouve en France avec le roi l'année suivante.
Il est convoqué pour la première fois au Parlement en tant que baron Beaumont en 1431. Il épouse entre 1425 et 1436 Elizabeth Phelip, fille et héritière de William Phelip (en), chevalier de l'ordre de la Jarretière et 6e baron Bardolf. À la mort de celui-ci, elle hérite du vaste domaine familliale en Est-Anglie et par conséquent Jean également de jure uxoris. Il acquiert ainsi une place prépondérante dans la région. Grâce à son héritage dans le Leicestershire, il devient digne d'être associer à William de la Pole, comte de Suffolk et entre ainsi au service du roi Henri VI[2].
Au service du roi
Sa première mission majeure pour le compte du roi a lieu en France, aux côtés de l'oncle du roi, le duc de Gloucester, au début de l'été 1436. L'objectif était de secourir Calais lors d'une campagne courte et intense, menée avec la plus grande armée anglaise jamais vue sur le sol français depuis la campagne d'Henri V. Puis il apporte brièvement son soutien au duc d'York en Normandie, mais tous rentrent en Angleterre fin [3]. Pour ce service, il reçoit en récompense le comté de Boulogne, cependant il ne revient pas en France bien que le comte de Warwick le désigne comme l'un des nobles de choix pour l'accompagner en France cette année-là afin de secourir York[4].
Le , il est nommé intendant du duché de Lancastre, de Leicester, du château de Donnington et de Higham Ferrers. En 1439, il prête serment au conseil du roi, qui dirige alors le pays pendant la minorité du roi et en 1446, il est « intimement impliqué » dans les négociations de paix avec les Français. En 1445, il est nommé Lord-grand-connétable, envoyé en France la même année pour entamer ces négociations, et cinq ans plus tard, en Écosse[5].
En , il intervient personnellement dans les activités de l'évêque Reginald Pecock (en), un farouche anti-Lollard (en). Cependant, la virulence du prélat suscite des soupçons d'hérésie, ce qui amena Beaumont à ordonner un examen formel des sermons et des écrits de l'évêque. Celui-ci accepte de se rétracter et abjure son hérésie en et démissionne de son évêché un an plus tard[6].
Faveur royale
En 1440, il bénéficie des faveurs du roi et est nommé premier vicomte anglais, sous le titre de vicomte Beaumont[7], probablement parce que le comté de Boulogne lui avait été de facto perdu[8]. Il reçut ensuite des terres royales en Est-Anglie, d'autres charges officielles dans des châteaux royaux, le titre de Lord-grand-chambellan, est fait chevalier de l'ordre de la Jarretière et obtient la vicomté féodale de Beaumont en France[1]. Puis, en 1445, il est nommé premier vicomte et obtient la préséance sur tous les autres vicomtes non encore nommés[1].
Sa première épouse, Elizabeth Phelip, décède en , et deux ans plus tard il épouse en secondes noces Catherine Neville, duchesse douairière de Norfolk et elle-même noble de plein droit ainsi que sœur de Richard Neville, comte de Salisbury, et de Cécile Neville, duchesse d'York. Ainsi, ce mariage peut être considéré comme un mariage très avantageux, lui apportant un accroissement territorial et financier considérable[1].
Carrière politique
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Jean de Beaumont est pleinement impliqué dans les crises politiques qui marquèrent le règne d'Henri V et fait partie d'un « petit groupe d'hommes partageant les mêmes idées, mené par Suffolk », capables d'œuvrer pour le roi, que ce soit au conseil ou lors de ses déplacements officiels[9], bien que sa présence au conseil semble être devenue plus sporadique à partir de 1443[10].
En 1444, afin d'accroître sa fortune, il achète la réversion des terres de Thomas Erdington, celui-ci mourant sans héritier. De plus, à l'instar d'autres seigneurs impliqués dans la chute de Gloucester en 1447, il tire un profit considérable de la redistribution ultérieure des terres de ce duc[11].
En tant que Lord-intendant d'Angleterre, il fait arrêter personnellement Humphrey, duc de Gloucester, pour haute trahison à Bury St Edmunds le , bien qu'accompagné d'autres seigneurs tels que Humphrey Stafford, duc de Buckingham, ou Richard Neville, comte de Salisbury[7].
Durant toute la période de catastrophes qui suivit et qui symbolise l'échec du gouvernement de Suffolk à la fin des années 1440, Beaumont soutient non seulement la politique du duc, mais aussi sa mise en accusation. Toutefois, avec la chute de Suffolk en 1450, il ne tombe pas avec lui. En effet, loin de souffrir de la chute de son protecteur, il est nommé à l'ancien poste de Lord-chambellan d'Angleterre, précédemment occupé par Suffolk, mais seulement pour trois semaines[12].
Au début de la rébellion de Jack Cade, il est chargé le de renforcer Londres et accompagne le roi Henri VI dans la capitale en juillet[13]. Plus tard, avec le duc de Buckingham Humphrey Stafford il négoce avec les rebelles à Blackheath, leur offrant des grâces royales[14].
Au moment du meurtre du duc de Suffolk, Beaumont était un proche de Richard, duc d'York, devenu récalcitrant. Il avait été l'un de ses fiduciaires en et , et peut-être même son conseiller à certaines occasions. Il siège également conseil du roi auprès d'York durant le premier protectorat des York. Mais à mesure qu'York s'éloignait de la cour, Beaumont semblait s'en rapprocher. Bien qu'il ne semble pas avoir été présent lors de la première bataille de St Albans en 1455, il a déjà pris le parti du roi contre Richard d'York lors de l'affrontement de ce dernier avec le roi à Dartford en 1452, et avait ensuite siégé comme juge pour certains de ses hommes[15].
Il finit par rejoindre la faction anti-Neville à la cour. Bien que son épouse fût elle-même une Neville, sa famille s'était désormais rangée du côté du duc d'York. Il fait partie du groupe de seigneurs qui rapportent au Parlement en que le roi était malade et qu'ils « ne parvenaient pas à le réveiller ». Puis il est arbitre entre les York et le parti du roi, dirigé par le duc de Somerset Edmond Beaufort, après la guérison du roi en 1454[16].
Il est l'un des rares Lords Temporal (en) à rester au conseil d'Henri VI dans les dernières années de la décennie, alors qu'il est devenu l'intendant en chef de la reine. Il fait également partie de la commission royale mise en place par le Parlement en pour examiner les dépenses de la maison royale. La confiance que la reine lui accorde est démontrée le lorsqu'il est nommé au conseil du jeune prince de Galles, qui était responsable de la gestion de ses domaines, de ses dépenses, de son personnel et de son administration[17].
Sa loyauté envers la couronne était telle qu'en 1460, les York le proclament comme l'un de leurs ennemis les plus mortels parmi les partisans du roi.[44] Ils affirment également que Beaumont, de concert avec les comtes James Butler et John Talbot, avait orchestré la condamnation des York au parlement de Coventry en 1459, afin de s'emparer de leurs terres.[45]
Mort et héritage

Son allégeance à la maison de Lancastre demeure suffisamment forte pour qu'il prenne les armes contre la maison d'York, ce qui lui coûte finalement la vie. Commandant la bataille centrale de l'armée du roi, il tombe avec le duc de Buckingham Humphrey Stafford et le baron Egremont Thomas Percy, alors qu'ils formaient un bouclier humain pour défendre le roi, contre les Yorkistes victorieux lors de la bataille de Northampton le [18].
Bien que le roi soit tombé aux mains des York, Jean de Beaumont n'est pas condamné pour haute trahison et son fils est autorisé à entrer dans son héritage, probablement dans une tentative de réconcilier sa famille avec le nouveau régime. Mais cette tentative échoue car le fils de Beaumont, alors devenu le deuxième vicomte Beaumont, combat contre l'armée victorieuse du roi issu de la Maison d'York, Édouard IV, lors de la bataille de Towton en mars de l'année suivante[19].
Mariage et enfants
Entre 1425 et 1436, il épouse en premières noces Elizabeth Phelip, fille de William Phelip (en), seigneur de Bardolf, et de son épouse Joan Bardolf, avec qui il a deux enfants[20] :
- William de Beaumont, qui succède à son père ;
- Jeanne de Beaumont, qui épouse John Lovel, seigneur de Lovel, d'où postérité : Francis Lovell.
Devenu veuf avant 1441, il épouse en secondes noces Catherine Neville, veuve de John de Mowbray, comte de Norfolk puis de Thomas Strangeways, fille de Ralph Neville, comte de Westmorland, et de se seconde épouse Jeanne Beaufort, mais n'ont pas d'enfant ensemble. Après son veuvage, Catherine Neville épouse en quatrièmes noces John Woodville[20].
Notes et références
- (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « John Beaumont, 1st Viscount Beaumont » (voir la liste des auteurs).
- George E. Cokayne 1912, p. 62.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 190.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 204, 205.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 455.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 762.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 796, 797.
- (en) George Goodwin, Fatal Colours : Towton, 1461 - England's Most Brutal Battle, Londres, Weidenfeld & Nicolson, (présentation en ligne).
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 356.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 282.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 292.
- ↑ (en) G.L. Harriss, Shaping the Nation : England 1360–1461, Oxford, .
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 288.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 611.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 623.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 709.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 739.
- ↑ Ralph Alan Griffiths 1981, p. 781, 782.
- ↑ (en) J. Sadler, Towton : The Battle of Palmsunday Field 1461, Barnsley, .
- ↑ (en) Charles Derek Ross, Edward IV, University of California Press, .
- Charles Cawley 2006-2025.
Annexes
Bibliographie
- (en) Edmund Lodge, The Genealogy of the Existing British Peerage, (lire en ligne).
- (en) James William Edmund Doyle, The official baronage of England : Abercon-Fortescue, vol. 1, Londres, (lire en ligne), p. 145-146.
- (en) George E. Cokayne, The Complete Peerage of England, Scotland, Ireland, Great Britain and the United Kingdom : Extant, Extinct, or Dormant, vol. 2, Londres, St Catherine Press, .
- (en) Ralph Alan Griffiths, The Reign of King Henry VI : The Exercise of Royal Authority, 1422-1461, Los Angeles, University of California Press, (présentation en ligne).
Liens externes
- « John de Beaumont, 1st Viscount Beaumont » (consulté le )
- (en) Charles Cawley, « Lords Beaumont », sur Medieval Lands, Foundation for Medieval Genealogy, 2006-2025 (consulté le ).
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