Jean des Brebis ou le Livre de la misère

Jean des Brebis ou le Livre de la misère
Auteur Émile Moselly
Pays France
Genre Roman
Éditeur Plon
Date de parution 1904
Nombre de pages 213

Jean des Brebis ou le Livre de la misère est un roman d'Émile Moselly publié en 1904. Ce livre, avec le recueil de nouvelles Le Rouet d'ivoire et le roman Terres lorraines du même auteur, fut récompensé en 1907 par le prix Goncourt.

Résumé

Recueil de six nouvelles d'inspiration régionaliste se déroulant en Lorraine, le livre met en scène la vie des plus humbles et des miséreux dans un cadre lorrain, rural et champêtre.

Les titres de ces nouvelles sont : Jean des Brebis, À la belle étoile, Le Revenant, La Mort du bouif, Le Trompion et Cri-Cri.

Avec ces six portraits, Moselly décrit la misère rurale en Lorraine au début du XXᵉ siècle en donnant la parole aux oubliés de la société ; Il insiste sur la dignité silencieuse des humbles tout en décrivant une nature omniprésente, parfois consolatrice, parfois indifférente. L’ensemble forme une œuvre réaliste et humaniste[1].

Jean des Brebis

Jean des brebis
Jean des brebis, recueil de nouvelles d'Emile Moselly

Portrait d'une misère morale et affective autant que matérielle. Jean est un jeune berger simple d’esprit, surnommé «Jean des Brebis» parce qu’il garde les moutons. Pauvre et marginal, il vit presque en fusion avec la nature. Moqué ou exploité, il ne comprend pas toujours la méchanceté des hommes.Sa vie est marquée par l’isolement, la dureté du travail et l’absence d’affection véritable. Il incarne l’innocence confrontée à la brutalité sociale. La nouvelle met en lumière la vulnérabilité des plus faibles dans le monde rural.

À la belle étoile

Portrait de la précarité et l’exclusion sociale Cette nouvelle évoque la vie d’un vagabond ou d’un homme sans ressources, contraint de dormir dehors, «à la belle étoile». Elle décrit l’errance, la faim, la solitude et le rejet social. Le personnage principal tente de survivre grâce à de petits travaux ou à la charité. La nature devient à la fois refuge et menace.

Le Revenant

Portrait de l’isolement psychologique et du décalage entre passé et présent Un homme revient au village après une longue absence (guerre, exil ou abandon). Mais le retour n’apporte pas la joie espérée : il trouve un monde transformé, des proches changés, parfois indifférents.Le «revenant» est presque un étranger chez lui. La nouvelle souligne la difficulté de réintégration et la solitude intérieure.

La Mort du bouif

Portrait du travail comme fatalité destructrice Le «bouif» (ouvrier agricole ou bouvier) représente le travailleur rural épuisé par un labeur incessant. Cette nouvelle montre la fatigue, la maladie et finalement la mort d’un homme usé par le travail.

La disparition de ce personnage souligne la dureté du système social : la vie humaine semble peu de chose face aux exigences économiques.

Le Trompion

Portrait de la dignité dans la modestie. Le «trompion» (petit clairon ou musicien populaire) est un personnage modeste, naïff et vivant de peu. Malgré une touche de légèreté, sa condition reste fragile. La nouvelle mêle ironie douce et mélancolie, montrant comment les plus humbles essaient de trouver une place dans une société indifférente.

Prix Goncourt

Lettre des Goncourt à Moselly
Carte adressée à E. Moselly par les membres de l'Académie Goncourt à l'occasion de la remise du prix en 1907

Emile Moselly recevra Le Prix Goncourt, en pour ce livre mais aussi pour Terres lorraines et  Le Rouet d’ivoire, ouvrages parus cette année là.  La carte signée des dix jurés dit très exactement : […] le Prix des Goncourt vous a été donné pour vos livres et en particulier Jean des Brebis […].

L’attribution en 1907 du Goncourt à Moselly marque la préférence du jury pour un recueil de nouvelles paru quatre ans auparavant, contrairement aux règles du prix qui veut que le livre couronné soit un roman paru dans l’année de son attribution. Ce fait est bien évidemment relevé par la presse : “Le prix Goncourt 1907 C’est M. Moselly qui a  remporté la palme mais on ignore pour laquelle  de ses œuvres."

Éditions

  • Jean des Brebis ou le Livre de la misère, aux Cahiers de la Quinzaine, Paris, 1904.
  • Jean des Brebis ou le Livre de la misère, aux éditions Plon, Paris, 1907.
  • Editions des œuvres complètes d'Emile Moselly chez TheBookEdition [2], Paris 2024.

Références

  1. ↑ jf Chénin, « JEAN DES BREBIS, ou le livre de la misère, nouvelles », Blog de JF Chénin,‎ (lire en ligne)
  2. ↑ JF Chenin, « Edition des œuvres complètes d'Emile Moselly », sur https://darkness.chenin.fr
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