Jeanne Raison
| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 85 ans) 7e arrondissement de Paris |
| Nationalité | |
| Activité |
| A travaillé pour |
Faculté des lettres de Lille (d) Lycée Fénelon |
|---|---|
| Distinction |
Jeanne Raison, née le à Dunkerque et morte le à Paris, est une enseignante française. Elle est la première femme reçue à l’agrégation de grammaire en 1912, ainsi que la première femme à enseigner à l’université de Lille pendant la Première Guerre mondiale.
Biographie
Origines et formation
Jeanne Raison naît le à Dunkerque, dans une famille d’enseignants. Son père, Louis Raison, agrégé de grammaire en 1892, lui transmet une solide formation en latin et en grec, à une époque où l’accès des jeunes filles à l’enseignement des langues anciennes est limité[1].
Elle poursuit ses études à la faculté des lettres de Lille, où elle obtient une licence ès lettres en 1909 puis un diplôme d’études supérieures en 1910[1].
L’agrégation de grammaire
En 1912, Jeanne Raison est reçue première à l’agrégation de grammaire[2], devenant la première femme à réussir ce concours, jusque-là exclusivement réservé aux hommes[1].
Cet événement suscite de vifs débats dans la presse et pose un problème à l’administration scolaire, qui s’interroge sur la possibilité pour une femme d’enseigner dans les lycées de garçons. Bien que, légalement, rien n’empêche Jeanne Raison de demander une telle nomination, elle demande finalement à être affectée dans un lycée de jeunes filles[1].
Carrière dans l’enseignement
Après un premier poste au lycée de Tournon, elle enseigne au lycée de Lille[1].
Pendant la Première Guerre mondiale, en raison de la mobilisation d’une grande partie du corps enseignant masculin, elle est amenée à intervenir à la faculté des lettres de Lille. De 1915 à 1919, elle y dispense des cours de littérature française[1]. Elle est ainsi la première femme à enseigner à l’université de Lille[3]. À l’issue du conflit, les postes universitaires sont majoritairement réattribués aux enseignants démobilisés, ce qui met fin à son activité dans l’enseignement supérieur[1].
Jeanne Raison poursuit sa carrière dans l’enseignement secondaire, notamment au lycée Fénelon à Paris[1].
Elle participe également à des travaux scientifiques. Elle publie en 1935, en collaboration avec l’helléniste Médéric Dufour, une traduction de l’Odyssée[4].
Mort
Jeanne Raison meurt le dans le 7e arrondissement de Paris, à l’âge de 85 ans[5].
Notes et références
- « Jeanne Raison », sur Université de Lille (consulté le ).
- ↑ « Les agrégés de l’enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l’éducation - CNRS (consulté le ).
- ↑ Nathalie Barré-Lemaire et al., « Pionnières ! Les premières étudiantes de l’Université de Lille (1893-1930) », Revue du Nord, (lire en ligne).
- ↑ Homère (trad. Médéric Dufour et Jeanne Raison), L’Odyssée : traduction nouvelle avec introduction, notes et index, Paris, Classiques Garnier, , 408 p.
- ↑ « État civil sur le fichier des personnes décédées en France depuis 1970 », sur matchID (consulté le ).
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Jean-François Condette, La Faculté des lettres de Lille de 1887 à 1914 : une faculté dans l’histoire, Presses universitaires du Septentrion, , 432 p. (lire en ligne).
- Nathalie Barré-Lemaire, Sarah Lagache, Marie Lefèvre et Matthieu de Oliveira, « Pionnières ! Les premières étudiantes de l’Université de Lille (1893-1930) », Revue du Nord, nos 442-443 « Les étudiant-e-s [sic], une jeunesse spécifique ? », , p. 109-145 (lire en ligne).

Articles connexes
Liens externes
- Ressource relative à la vie publique :
- Portail des femmes et du féminisme
- Portail des universités françaises