Jeanne d'Arc écoutant ses voix

Jeanne d'Arc écoutant ses voix
Artiste
Date
Type
Matériau
Dimensions (H × L)
173,8 × 120,5 cm
No d’inventaire
D.MBA.2020.0.2.1
Localisation

Jeanne d’Arc écoutant ses voix, également intitulé Une vision de Jeanne d’Arc, est une huile sur toile réalisée en 1859 par le peintre français François Léon Benouville. L’œuvre appartient aux collections du musée des Beaux-Arts de Rouen. Elle est achetée en 1860 à Madame veuve Bénouville par l’État. Il s’agit de l’une des dernières toiles peintes par l’artiste, décédé en [1].

Historique

Les voix de Jeanne d'Arc figurées comme des visions angéliques par Bastien-Lepage dans une toile peinte en 1879. Pour représenter la Pucelle, « son attitude d'expectative, la fixité de son regard, la rigidité du corps immobile, bras tendu, le geste suspendu par l'étonnement », le peintre s'inspire de l'iconographie photographique des recherches médicales de Charcot, et notamment du lien proposé par le neurologue entre l'hystérie et l'extase religieuse[2].
« Le mysticisme, revu par le XIXe siècle est forcément douloureux », note la médiéviste Claude Gauvard[3].

La toile est présentée au Salon de 1859, où elle est acquise par l’État. Elle est ensuite intégrée aux collections publiques et conservée au musée des Beaux-Arts de Rouen. L’œuvre est également exposée à l’Exposition universelle de 1889[4]. Par ce tableau, Bénouville contribue à renouveler le thème iconographique de Jeanne d’Arc en la représentant comme une jeune paysanne visionnaire, accordant à sa figure une dimension monumentale.

Description

La scène représente Jeanne d’Arc au premier plan, assise et absorbée par l’écoute de ses « voix ». L’artiste choisit de mettre en avant la paysanne, fidèle au mythe du « bon paysan » sage et noble, très en vogue dans la peinture et la littérature du XIXe siècle. Jeanne porte une robe noire modeste et pratique, dépourvue d’ornements précieux. Elle est relevée pour ne pas gêner les mouvements, et un chemisier blanc apparaît sous la robe, aux manches retroussées. Sous la robe, se distingue un jupon rouge. À sa ceinture pend une aumônière. Elle tient dans ses mains une quenouille ; le fuseau est tombé à ses pieds. Jeanne est pieds nus, mais l’artiste veille à représenter des pieds propres, soulignant sa dignité malgré sa condition rurale.

La scène se situe dans une pâture où se trouvent à proximité moutons et cheval. À l’arrière-plan, de l’autre côté du paysage, on aperçoit au loin une ville en feu, annonçant le destin guerrier de la jeune femme.

Dans le ciel, au milieu des nuages, apparaissent trois figures sacrées : un ange tenant un bouclier et une dague à lame ondulée, tandis que deux autres figures lui présentent une épée et un étendard, évoquant sa mission future[5].

La toile mesure 173,8 × 120,5 cm.

Notes et références

  1. ↑ Notice.
  2. ↑ Marie-Claude Coudert, « Fin de siècle », dans Jeanne d'Arc : les tableaux de l'histoire, 1820-1920, Paris, Réunion des musées nationaux, , 190 p. (ISBN 2-7118-4682-2), p. 129-132.
  3. ↑ Claude Gauvard, « Itinéraire d'une rebelle », L'Histoire, no 210 « Jeanne d'Arc une passion française »,‎ , p. 27.
  4. ↑ https://mbarouen.fr/sites/default/files/upload/dp_-_a_chacun_sa_jeanne_-_jeanne_darc.pdf
  5. ↑ Sibille wsevolojsky, musée des beaux-arts de Rouen, coll. « Guide des collections », , p. 198.

Articles connexes

Liens externes

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