Jeanne de Valence

Jeanne de Valence
Titres de noblesse
Dame d'Annandale
Dame de Badenoch
Biographie
Naissance
Av. 1280
Décès
Époque
XIIIe – XIVe siècles
Famille
Maison de Lusignan
(sous-lignage de Valence)
Père
Mère
Fratrie
Agnès de Valence
Jean de Valence
Guillaume II de Valence
Isabelle de Valence
Marguerite de Valence
Aymar de Valence
Conjoint
Enfants
Autres informations
Grands-Parents

Hugues X de Lusignan
Isabelle d'Angoulême Couronne rouge

Garin II de Montchenu
Jeanne le Maréchal
Conflit

Jeanne de Valence (v. 1270 ou 1275-ap. ) est une haute aristocrate anglaise d'origine française. Cousine du roi Édouard Ier d'Angleterre, elle épouse Jean Comyn de Badenoch, neveu du roi d'Ecosse, Jean de Bailleul, et devient dame d'Annandale (1295-1296) et de Badenoch (1302-1306) .

Biographie

Famille

Jeanne de Valence est issue de la famille de Lusignan basée en Poitou, dont une branche cadette règne sur Chypre[1]. Jeanne est la dernière fille de Guillaume de Valence (1227-1296), 1er comte de Pembroke, et de son épouse Jeanne de Montchenu (av. 1234-av. )[2],[3]. Son père est l'un des demi-frères du roi Henri III d'Angleterre (1207-1272) et du roi des Romains, Richard de Cornouailles (1209-1272). Jeanne se trouve ainsi être la nièce de ces souverains[4].

Jeanne a pour frère aîné Aymar de Valence (v. 1271-) qui succède à son père comme comte de Pembroke. Aymar devient un magnat important en Angleterre et joue un rôle crucial dans le gouvernement du royaume[5].

Sa sœur aînée, Agnès de Valence (av. 1254-), épouse en secondes noces Hugues de Bailleul (v. 1237-av. ), seigneur de Bywell et de Galloway, frère aîné de Jean de Bailleul (v. 1249-1314)[6].

Jeanne compte parmi ses ancêtres maternels le célèbre Guillaume le Maréchal (v. 1146-1219), décrit comme « le meilleur chevalier du monde » au cours du XIIIe siècle[7].

Jeanne descend du roi des francs Louis VI le Gros (1081-1137), par sa grand-mère paternelle, Isabelle d'Angoulême (v. 1188/92-1246), reine consort d'Angleterre,.

Anthroponyme

Jeanne porte le prénom de sa mère, Jeanne de Montchenu et de sa grand-mère maternelle, Jeanne le Maréchal (v. 1210-1234).

Sous-lignage

Jeanne est issue du sous-lignage[8],[9] de Valence de la maison de Lusignan[3].

Jeunesse

On ignore précisément à quelle date Jeanne de Valence voit le jour : peut-être naît-elle aux alentours de 1270 ou 1275. Il semble qu'elle soit née avant 1280.

Au début des années 1290, Jeanne épouse Jean III Comyn[10]. Ce mariage a pour but de rapprocher la famille Comyn du royaume d'Angleterre, à une période où le roi Édouard Ier d'Angleterre commence à s'impliquer dans les affaires du royaume d'Écosse.

Guerres d'indépendance de l'Écosse

Toutefois, Jean III Comyn s'implique à partir de 1296 dans les guerres d'indépendance de l'Écosse contre Édouard Ier, ce qui place Jeanne de Valence dans une position politique délicate. Dès l'éclatement du conflit, Jeanne est rappelée à Londres sur ordre d'Édouard Ier et est rejointe peu après par son époux fait prisonnier[11]. Le , le roi d'Angleterre lui attribue toutefois des biens près du fleuve Tyne d'une valeur annuelle de 200 marcs[12]. Jean III Comyn est libéré après avoir juré de servir Édouard Ier, mais renonce rapidement à son serment. Furieux, le roi d'Angleterre ordonne, le , à sa cousine de retourner immédiatement à Londres avec ses enfants[13]. Après la soumission définitive de son mari, le , Jeanne est autorisée à retourner en Écosse avec ses enfants.

Meurtre de Jean III Comyn

Le meurtre de Jean Comyn dans l'église des franciscains de Dumfries représenté au XIXe siècle par Félix Philippoteaux[14].

Le , son époux, Jean III Comyn est assassiné au couvent des franciscains de Dumfries par son rival Robert Bruce, comte de Carrick et 7e seigneur d'Annandale[15]. Bruce semble avoir craint que Comyn révèle à Édouard Ier d'Angleterre, qui a conquis l'Écosse en 1296, ses plans pour restaurer la royauté écossaise à son profit. Son rival éliminé, Robert Bruce est couronné roi d'Écosse le à Scone[16] .

Après l'assassinat de son époux, le suivant, Jeanne est rappelée avec ses enfants par sécurité en Angleterre sur ordre d'Édouard Ier. Jean, son fils unique, est confié à l'officier royal Jean Weston[16]

Décès

Après cette date du , Jeanne de Valence disparait de la documentation. Elle est assurément décédée lorsque son frère cadet, Aymar, meurt en 1324.

Mariage et descendance

Jean III Comyn

Au début des années 1290, Jeanne épouse Jean III Comyn dit le Jeune ou le Rouge (av. 1227-)[10]. Il est le fils aîné et héritier de Jean II Comyn (♰ v. 1302), seigneur de Badenoch et Lochaber, gardien de l'Écosse (1286-1290), prétendant au trône d'Écosse (1290-1292), et d'Aliénor de Bailleul. Jean III Comyn est le neveu du roi d'Écosse Jean de Bailleul (v. 1249-1314) et d'Isabelle de Warenne (v. 1253-av. 1292) son épouse[17]. Isabelle de Warenne, fille de Jean Ier de Warenne (1231-), comte de Surrey, et d'Alix de Lusignan (v. 1229-1256), est la cousine germaine de Jeanne[18],[19].

Postérité

De son mariage avec Jean III Comyn, Jeanne de Valence a trois enfants :

Ascendance

Références

  1. Louis de Mas-Latrie, Histoire de l'île de Chypre sous le règne des princes de la maison de Lusignan, t. I : Histoire, Paris, Imprimerie impériale, (lire en ligne).
  2. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 20 (« Les enfants d'Hugues X et d'Isabelle d'Angoulême (1221-1296) »), p. 179.
  3. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 21 (« Le sous-lignage de Valence »), p. 180.
  4. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 12 (« Liens de parenté entre Lusignan, Plantagenêt et Montfort »), p. 171.
  5. (en) J. R. Seymour Phillips, Aymer de Valence, Earl of Pembroke 1307-1324 : baronial politics in the reign of Edward II, Oxford, Oxford University Press, , 379 p. (présentation en ligne).
  6. Close Rolls of the reign of Henry III preserved in the Public Record Office (éd. Alfred E. Stamp), vol. 14 : A. D. 1268-1272, Londres, (lire en ligne), p. 345-346.
  7. Georges Duby, Guillaume le Maréchal ou Le meilleur chevalier du monde, Paris, Fayard, .
  8. José Enrique Ruiz Doménec, « Système de parenté et théorie de l’alliance dans la société catalane (environ 1000-environ 1240) », Revue Historique, no 262,‎ , p. 305-326. (lire en ligne Accès payant [PDF])
    José Enrique Ruiz Doménec propose de substituer à la notion généalogique de branche cadette le concept de « sous-lignage » : issu d'une souche principale qui en encadre les membres, il est toujours prêt à combattre à son service.
  9. Clément de Vasselot de Régné, « Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent », Bulletin du centre d’études médiévales d’Auxerre, vol. 23, no 1,‎ , § 1-2 (lire en ligne).
  10. (en) Calendar of documents relating to Scotland : preserved in Her Majesty's Public Record Office, London (éd. Joseph Bain), vol. II : A.D. 1272-1307, Edinburgh, H. M. General Register House, (lire en ligne), no 724, p. 167.
    1292, novembre, décembre : Guillaume de Valence, comte de Pembroke, écrit à Gautier de Langton, trésorier de la Garde-robe pour lui demander d'obtenir un ordre de roi pour que le prieur de Binham reçoive les mandataires de sa fille, Jeanne [de Valence], et de son mari, Jean [III] Comyn [le Rouge], pour tous les procès devant les justiciers en tournée dans le Northumberland.
  11. (en) Alan Young, Robert the Bruce's rivals : the Comyns, 1212-1314, East Linton, Tuckwell Press, (présentation en ligne), p. 158-159.
  12. (en) Documents illustrative of the history of Scotland from the death of king Alexander the third to the accession of Robert Bruce : MCCLXXXVI-MCCCVI (éd. Joseph Stevenson), vol. II, Edinbourg, H.M. General register House, (lire en ligne), CCCLXXXV : Petitions of various Women of Scotland, whose Estates had been seized by order of King Edward, with his Answers to the same, p. 97-98.

    « Nostre seigneur le rey ad ordene quil veut que sa cosine, dame Johane, femme monsieur Johan Comyn le fiz, eit cc marchez de terre en Tyndale pour sa sustenaunce »

  13. (en) Documents illustrative of the history of Scotland from the death of king Alexander the third to the accession of Robert Bruce : MCCLXXXVI-MCCCVI (éd. Joseph Stevenson), vol. II, Edinbourg, H.M. General register House, (lire en ligne), DVI : De conductu pro Johanna uxore Johannis Comyn de Badenaghe, p. 272-273.
    1298, 26 mars : Mandat du roi Édouard à Jeanne Comyn de Badenoch [Jeanne de Valence] pour venir avec ses enfants à Londres.
  14. (en) Cassell's illustrated history of England : New and Revised Edition, continued to the end of 1873, vol. 1 : from the earliest period to the reign of Edward the fourth, Londres, Paris, New York, Cassell Petter & Galpin, (lire en ligne), chap. LX, p. 330, fig. Death of Comyn.
  15. (en) John of Fordun's Chronicle of The Scottish Nation (éd. William F. Skene), Edimbourg, Edmonston and Douglas, (lire en ligne), Annals, chap. CXVII (« John Comyn's death »), p. 332-333.
  16. (en) Alan Young, « Comyn, Sir John, lord of Badenoch : (d. 1306) », Dictionary of National Biography, Oxford, Oxford University Press,‎ (lire en ligne Accès payant).
  17. « Chronicon vulgo dictum Chronicon Thomæ Wykes : (A.D. 1066-1289) », dans Annales monastici (éd. Henry Richards Luard), vol. IV, Londres, Longman, (lire en ligne), Marriage of John Balliol and Isabella de Warrenne, p. 284.
  18. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 1 : Texte (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne [PDF]), p. 856.

    « un nouveau mariage est célébré entre Isabelle de Warenne, dernière fille de Jean et d'Alix et Jean de Bailleul, frère cadet et héritier d'Hugues, décédé en 1270. Lorsque sa cousine Jeanne de Valence arrive en âge de convoler, vers 1290, Guillaume de Valence lui fait épouser Jean III Comyn, fils d'Aliénor de Bailleul, la sœur d'Hugues et de Jean de Bailleul. »

  19. Clément de Vasselot de Régné, Le "Parentat" Lusignan (Xe – XIVe siècles) : structures, parenté vécue, solidarités et pouvoir d’un lignage arborescent, vol. 4 : Annexes 7 à 10 - Bibliographie (Thèse de doctorat en histoire médiévale, sous la direction de John Tolan et de Martin Aurell), Université de Nantes, (lire en ligne), Annexe 10 : Tableaux de filiation et schémas, chap. 23 (« Les Lusignan dans le réseau aristocratique des îles britanniques »), p. 182.

Bibliographie

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