Jenny d'Inverno

| Naissance | |
|---|---|
| Décès |
(à 94 ans) |
| Nationalité | |
| Activités |
| Membre de |
|---|
Jenny d'Inverno, née à Liège le et morte le , est une comédienne et une metteuse en scène de théâtre, ainsi qu'une écrivaine belge de langue wallonne.
Elle est la première femme élue à la Société de langue et de littérature wallonnes.
Biographie
Début
Jenny d'Inverno nait le dans le quartier Sainte-Marguerite à Liège[1]. Ses grands-parents paternels sont originaires d'un village situé entre Naples et le Mont Cassin, en Italie[2].
Après des études d'institutrice primaire et d'assistante sociale, elle devient secrétaire médicale, puis assistante sociale dans un centre de traumatologie[1]. Elle est également professeure d'art dramatique à la province et à la Ville de Liège[3].
En qualité d'autrice, Jenny d'Inverno commence à écrire de la prose et de la poésie wallonne au sortir de son adolescence, encouragée notamment par Marcel Fabry et Robert Grafé. De 1932 à 1940, Jenny d'Inverno est membre de la troupe enfantine Les Petits comédiens liégeois, fondée par Maurice Maillard. De ce fait, elle se produit au théâtre du Trianon dès ses 10 ans, en 1937[1]. Par la suite, elle collabore à l'enregistrement de pièces de théâtre pour la radio et aux émissions dialectales de l'Institut national de radiodiffusion, en qualité de récitante[1].
Succès
En 1951, elle remporte le tout premier Prix des Critiques wallons[4], après que Grafé a adressé ses œuvres aux organisateurs, à son insu[1],[5]. En 1956, à l'âge de 30 ans, elle cofonde avec Camille Caganus le Théâtre Dialectal Populaire. Elle en devient la seule directrice en 1958, à la mort de Caganus[1]. La même année, elle crée avec cette troupe la version wallonne d'Antigone, dont elle a elle-même réalisé l'adaptation libre et dont elle assure le rôle-titre[note 1],[3].
En 1962, elle obtient encore une médaille d'argent au concours du centenaire de la Société de langue et de littérature wallonnes, pour son conte Zande d'al brèssène[7]. De 1963 à 1967, elle est directrice administrative et artistique du théâtre du Trianon, à temps plein[3] ; elle y succède à Maurice Loncin[8]. En 1963, lorsqu'elle obtient la direction du théâtre du Trianon, elle fait le choix d'assurer elle-même les mises en scène et de réformer profondément le projet artistique de cette institution. C'est durant cette année-là qu'elle abandonne ses autres activités professionnelles[9]. En 1963 et 1964, elle met également en scène les deux premiers Galas wallons de Liège[3].
Reconnaissance
En 1968, elle entre au ministère de la Communauté française de Belgique, en tant qu'attachée à la Direction générale de la Jeunesse et des Loisirs[3]. De 1960 à 1969, elle est chargée de la programmation des pièces radiophoniques de la Radiodiffusion-télévision belge. Elle est également impliquée dans les premières captations télévisées, qui font appel à la troupe du Trianon[3].
Elle devient par la suite professeure de wallon liégeois[3] et est la première femme élue à la Société de langue et de littérature wallonnes, en 1971[10],[5]. Elle y succède à Octave Servais[11].
Fin de vie
En 2002, elle reçoit le Prix de littérature dramatique wallonne de la province de Liège pour sa pièce L'Île dès gades[10]. En théâtre, ses modèles sont les écrivains Jean Rathmès (wa), François Masset, Marcel Hicter et Albert Maquet[8]. Elle meurt le [10].
Réception critique
Le dialectologue Jean Lechanteur voit en Jenny d'Inverno une « poétesse à la sensibilité à vif, chez qui on retrouve, en plus personnel et en plus violent, les exigences et les ardeurs de Gabrielle Bernard[12] ». Considérée comme une précurseuse dans la littérature wallonne féminine, Inverno inspire d'autres autrices comme Jeanne Houbart-Houge (wa) à entamer une activité littéraire[8].
En 1961 et en 1979, Maurice Piron a publié des œuvres de Jenny d'Inverno dans les deux anthologies importantes dont il a assuré l'édition, Poètes wallons d'aujourd'hui et Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie[note 2].
Le poète anglais Yann Lovelock (en) a produit des traductions de plusieurs de ses poèmes, qui ont paru dans les anthologies The Colour of the Weather (1980)[note 3], Summoning the sea (1996), Luminous Candle (1997) et In the Pupil's Mirror (1997), ainsi que dans les revues Acumen (en) (no 24) et The Honest Ulsterman (en) (no 103)[15]. Il associe sa poésie à celle d'Émile Verhaeren[16].
Prix et nominations
- 1951 : Prix des Critiques wallons
- 1961 : Prix d'encouragement de la province de Liège[3]
- 1962 : médaille d'argent au concours du centenaire de la Société de langue et de littérature wallonnes, pour Zande d'al brèssène
- 1971 : élection à la Société de langue et de littérature wallonnes
Œuvres
- (wa) « Poèmes en dialecte de Liège » (édition partielle d'un recueil intitulé Li botique ås spènes[17]), Les Cahiers wallons, 2e série, année 1952 no 9, novembre, p. 133-152 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
). - (wa) « Zande d'al brèssène », Bulletin de la Société de langue et de littérature wallonnes, t. 70, , p. 17-26 (lire en ligne
[PDF]). - (wa) On neûr vèvî qu’on nome amoûr, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Littérature dialectale d'aujourd'hui » (no 4), , 33 p..
- (wa) L'Île dès gades (pièce de théâtre en 3 actes, d'après L'Île des chèvres d'Ugo Betti), Liège, province de Liège, , 76 p. (lire en ligne
[PDF])
Notes et références
Notes
Références
- Balthazard et Frankinet 2021, p. 3.
- ↑ Jules Hennuy, « préface à Poèmes en dialecte de Liège », Les Cahiers wallons, 2e série, année 1952 no 9, novembre, p. 133 (ISSN 2030-6091, lire en ligne
).
- Balthazard et Frankinet 2021, p. 4.
- ↑ « Prix de littérature et de critique », Le Soir, 65e année no 350, , p. 2 (ISSN 1375-5668, lire en ligne
).
- Frankinet 2026, p. 9.
- ↑ « Jenny d'Inverno [notice biographique] », dans Jenny d'Inverno, On neûr vèvî qu’on nome amoûr, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, coll. « Littérature dialectale d'aujourd'hui » (no 4), , rabat avant.
- ↑ A. B., « Éditorial », Bulletin de la Société de langue et de littérature wallonnes, t. 70, , p. 5 (lire en ligne
[PDF]).
- Frankinet 2026, p. 10.
- ↑ Bernard Louis, « In memoriam Jenny d'Inverno », Cocorico magazine, vol. 55, , p. 2-3
- Balthazard et Frankinet 2021, p. 5.
- ↑ « Jenny d'Inverno » [html], sur Société de langue et de littérature wallonnes (version du sur Internet Archive).
- ↑ Jean Lechanteur, « La Poésie wallonne au XXe siècle », dans Rita Lejeune & Jacques Stiennon (dir.), La Wallonie, le Pays et les Hommes, t. 3, La Renaissance du livre, (lire en ligne
), p. 202-203.
- ↑ (wa) Marie-Thérèse Counet (dir.), Jean-Luc Fauconnier (dir.) et Albert Maquet (dir.) (ill. Jean Wittebroodt), Līmēs, t. II : Choix de textes en langues régionales romanes de Wallonie, Bruxelles, Traditions et Parlers populaires Wallonie-Bruxelles, coll. « Tradition Wallonne » (no 5), (lire en ligne
[PDF]), p. 32-33.
- ↑ (wa + pcd + fr) Paroles d'oïl : Choix de textes en langues d'oïl avec traductions et glossaires (wallon, picard, champenois, normand, gallo, morvandiau, poitevin-saintongeais) (préf. Jacques Mauvoisin), Mougon, Geste éditions-Défense et Promotion des Langues d'Oïl, coll. « Parlanjhe », (ISBN 2-905061-95-2), p. 39-40.
- ↑ Albert Maquet, « Bibliographie des textes en langues régionales de Wallonie traduits par Yann Lovelock », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, no 16, , p. 5 (ISSN 1374-9412).
- ↑ (en) « Introduction », dans Yann Lovelock, The Colour of the Weather : An Anthology of Walloon Poetry Edited and Translated by Yann Lovelock, Londres, The Menard Press, (ISBN 0-903400-47-2), p. 15.
- ↑ Maurice Piron (préf. Jean Remiche), Anthologie de la littérature dialectale de Wallonie : Poètes et prosateurs, Liège, Mardaga, (ISBN 2-87009-556-2), p. 622.
Voir aussi
Bibliographie
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
- Matthieu Balthazard et Baptiste Frankinet, « Jenny d'Inverno (1926-2020) », dans Jenny d'Inverno, L'Île dès gades (livret édité dans le cadre du Gala wallon de la province de Liège 2021), Liège, province de Liège, (lire en ligne
[PDF]), p. 3-6.
Cet ouvrage constitue le no 4/2021 de la revue Wallonnes de la Société de langue et de littérature wallonnes (ISSN 1374-9412). - Baptiste Frankinet, « In memoriam : Jenny d'Inverno », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 3/2020, 3e trimestre 2020, p. 7-9 (ISSN 1374-9412).
- BL [Bernard Louis], « In memoriam : Jenny d'Inverno », Cocorico, Liège, Union culturelle wallonne, no 55, 3e trimestre 2020, p. 2-3 (lire en ligne
[PDF]). - Baptiste Frankinet, « Jenny d'Inverno, la première dame du théâtre wallon liégeois », Wallonnes, Liège, Société de langue et de littérature wallonnes, nos 1/2026, 1er trimestre 2026, p. 9-10 (ISSN 1374-9412).

Liens externes
- Portail de la littérature
- Portail du théâtre
- Portail de Liège
- Portail de la langue wallonne