Jerome Green

Jerome Green
Naissance c. 1934
Décès c. 1973
Activité principale Percussionniste
Genre musical R&B, rock 'n' roll, blues
Instruments Maracas
Labels Chess Records

Jerome Green (c. 1934 – c. 1973) est un percussionniste américain, parolier et chanteur occasionnel, connu pour jouer des maracas et faire office de faire-valoir de Bo Diddley dans ses performances et sur ses enregistrements dans les années 1950 et au début des années 1960.

Biographie

Jerome Green grandit à Chicago où il est voisin d'Ellas McDaniel, plus tard connu sous le nom de Bo Diddley, son aîné de quelques années. Selon certaines sources, Green joue d'abord du tuba[1], mais lorsque Bo Diddley se produit aux coins des rues et devant les théâtres à partir de 1950 environ, il l'emploie pour collecter de l'argent auprès des passants[2]. Ayant besoin d'ajouter des percussions pour amplifier son son, mais ne voulant pas transporter une batterie d'une salle à l'autre, il recrute Green pour jouer des maracas, qu'il fabrique à partir de flotteurs de toilettes remplis de haricots à oeil noir (black eyed peas)[3].

Bo Diddley déclare : « J'ai appris à Jerome à jouer de ces maracas… Elles donnaient… ce son unique, cette sensation d'un rythme de jungle »[4]. Se référant à lui-même, à Green et au bassiste Roosevelt Jackson, il commente : « Nous étions trois mecs qui descendions la rue avec une contrebassine, une petite guitare déglinguée et un autre type avec des maracas… Nous allions au club et nous nous tenions juste devant la porte d'entrée parce que nous n'étions pas assez vieux pour y entrer. Nous jouions pour les gens et nous passions le chapeau… »[3].

Lorsque Bo Diddley enregistre son premier disque pour Chess Records en , Green joue des maracas sur les titres I'm a Man et Bo Diddley. Le disque atteint la première place du classement R&B de Billboard[5]. Green continue de se produire avec le groupe de Bo Diddley, en concert et sur disque, et part en tournée avec lui jusqu'au début des années 1960[6]. Il joue également des maracas sur les disques de Chuck Berry pour Chess — dont son premier enregistrement, Maybellene[3],[7] — ainsi que sur ceux de Billy Boy Arnold , Billy Stewart et Willie Dixon, entre autres[1].

Green contribue également aux paroles et au chant de certains enregistrements de Bo Diddley. On lui attribue la composition de Bring It to Jerome, la face B de Pretty Thing, troisième single de Bo Diddley, sur lequel Green partage le chant avec Diddley[8]. Sur Say Man, qui devient le plus grand succès de Diddley dans le classement pop en 1959 et qui est créé lors d'une jam session en studio, Green et lui s'échangent des insultes à la manière du jeu de mots connu sous le nom de « Dozens ». Le scénariste Elijah Wald commente : « Bien qu'ils n'aient pas mentionné leurs mères, c'était un échange typique de coin de rue, commençant par des blagues sur leurs petites amies respectives avant de passer à des échanges personnels »[9].

Les performances de Green aux maracas, utilisant souvent deux ou plusieurs dans chaque main, ont une influence sur les groupes de R&B britanniques des années 1960, notamment les Animals (qui mentionnent Green dans leur chanson de 1964 Story of Bo Diddley et dans Club A-GO-GO en 1965), les Rolling Stones, les Pretty Things, Them et Manfred Mann, qui ont tous incorporé l'utilisation de maracas dans leurs shows[2],[10]. Lors de la première tournée britannique des Rolling Stones en 1963, en première partie de Bo Diddley et des Everly Brothers, Keith Richards assume le rôle de « gardien » de Green. Dans son autobiographie, Life, Richards déclare : « J'ai repris le travail de roadie de Jerome pour une raison inconnue. On s'appréciait beaucoup, et il était très amusant… On criait en coulisses : “Quelqu'un a vu Jerome ?” Et je répondais : “Je parie que je sais où il est”. Il était dans le pub le plus proche des coulisses… Je faisais un tour rapide au pub le plus proche des coulisses et Jerome était là, il discutait avec les gens du coin, et ils lui payaient tous des verres parce qu'ils ne croisaient pas souvent un Noir d'1,80 m de Chicago… »[11].

Green joue et enregistre avec Bo Diddley jusqu'à fin 1964, date à laquelle il se marie et décide de cesser ses activités. Selon certaines sources, il meurt à New York vers 1973[1],[2].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jerome Green » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) Bruce Eder, « Jerome Green Biography », sur AllMusic (consulté le ).
  2. (en) David Blakey, « "Bring It To Jerome..." : A 50th Anniversary Tribute To Jerome Green », sur members.tripod.com (consulté le ).
  3. (en) Neil Strauss, « The Indestructible Beat of Bo Diddley », sur Rolling Stone, (consulté le ).
  4. (en) Jim Dawson et Steve Propes, What was the First Rock 'n' Roll Record?, Faber & Faber, (ISBN 978-0-57112-939-3, lire en ligne), p. 1979.
  5. (en) Edward Komara (dir.) et Heather Pinson, Encyclopedia of the Blues, vol. 1 et 2, New York, Routledge, , 2e éd. (1re éd. 2004), 1440 p. (ISBN 0-415-92699-8, lire en ligne [PDF]), « Diddley, Bo », p. 266-268.
  6. (en) Don Snowden, Bo Diddley: His Best, Chess Records/MCA Records (CHD-9373), 1997, notes de CD (consulté le 7 septembre 2025).
  7. (en) « The Chuck Berry Database : Details for Jerome Green », sur crlf.de (consulté le ).
  8. (en) « Song of the Week: "Bring It To Jerome", Bo Diddley », sur ontheflip-side.blogspot.com, (consulté le ).
  9. (en) Elijah Wald, Talking 'Bout Your Mama : the Dozens, Snaps, and the Deep Roots of Rap, Oxford University Press, (ISBN 978-0-1993-9404-3), p. 87.
  10. (en) Eric Weisbard, Listen Again : A Momentary History of Pop Music, Duke University Press, (ISBN 978-0-8223-4041-6, lire en ligne), p. 90.
  11. Keith Richards, Life, Phoenix Books, (ISBN 978-2-7578-2356-9), p. 151.

Liens externes

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