Jessie Weston
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Essayiste, folkloriste, médiéviste, spécialiste en littérature, érudit littéraire |
Jessie Laidlay Weston ( – ) est une chercheuse indépendante britannique, médiéviste et folkloriste, travaillant principalement sur les textes arthuriens médiévaux.
Jeunesse
Jessie Weston est la fille de William Weston, marchand de thé et membre de la Salters' Company, et de sa seconde épouse, Sarah Burton. Elle porte le nom de sa première épouse, Jessica Laidlay. Sarah, après avoir donné naissance à deux autres filles, meurt lorsque Jessie a environ sept ans. William se remarie avec Clara King, qui a cinq autres enfants[1]. Les aînés naissent dans le Surrey, mais le benjamin, Clarence, nait dans le Kent. Jessie, sa sœur Frances et son frère Clarence s'installent ensuite à Bournemouth, où Jessie commence sa carrière d'écrivaine et demeure jusqu'en 1903 environ. Jessie étudie à Hildesheim, puis à Paris, auprès de Gaston Paris. Elle suit également des cours à la Crystal Palace School of Art[1].
L'une de ses premières œuvres imprimées est un long poème sentimental intitulé The Rose-Tree of Hildesheim. Récit sur le « sacrifice et le renoncement », il s'inspire de l'histoire de la Rose millénaire, qui pousse sur un mur de la cathédrale de Hildesheim. Publié en 1896, il donne son titre à un recueil de ses poèmes[2].
Carrière
Son œuvre la plus connue est From Ritual to Romance (1920). Elle y propose une analyse de la légende du Graal, s'appuyant sur les travaux de James George Frazer, et défend l'idée d'origines antérieures aux sources chrétiennes ou celtiques alors communément admises. Cet ouvrage est cité par T. S. Eliot dans ses notes pour The Waste Land (1922), et mentionné comme l'une des deux principales sources d'inspiration du poème, avec The Golden Bough de James Frazer. Eliot explique plus tard, dans sa conférence « The Frontiers of Criticism » (1956), que son intention première était simplement d'ajouter les références qu'il a utilisées afin de contrer les accusations de plagiat qui avaient été formulées à l'encontre de son travail. L'éditeur demande des notes plus complètes pour étoffer le poème en vue de sa publication, notes qu'Eliot qualifie de « fausse érudition »[3].
Cela lui vaut également d'être qualifiée de théosophe par F. L. Lucas (en), dans une critique acerbe du poème d'Eliot. L'interprétation de la quête du Graal comme mystique et liée à la réalisation de soi, qu'elle ajoute à la dimension anthropologique de la lecture, connait une popularité croissante dans les années 1920. Selon Richard Barber dans *Le Sacré Graal : Imagination et Croyance*, le thème de la Terre vaine dans les romans du Graal est d'importance mineure jusqu'aux dernières œuvres du cycle, et l'accent mis sur la fertilité est « une interprétation qui a hanté la littérature du XXe siècle à un degré tout à fait disproportionné par rapport à son fondement factuel ». Le livre apparaît dans le film Apocalypse Now parmi ceux conservés par le personnage de Kurtz, avec Le Rameau d'or, ces deux ouvrages étant ceux qu'Eliot cite comme ses principales sources d'inspiration pour La Terre vaine.
Bien que les travaux de Weston sur le thème du Graal aient été décriés comme des spéculations fantaisistes au cours des années qui ont suivi la publication de From Ritual to Romance (même Roger Sherman Loomis, qui l'a un temps soutenue, finit par abandonner son hypothèse), ses éditions de nombreux romans médiévaux sont saluées comme de précieuses traductions[4].
Une biographie intitulée À la recherche de Jessie Weston par Janet Grayson paraît dans Arthurian Literature, Vol. 11 (1992).
Publications
- Parzival: A Knightly Epic by Wolfram von Eschenbach (1894) (traducteur)
- The Legends of the Wagner Drama: Studies in Mythology (1896)
- The Legend Of Sir Gauvain: studies upon its original scope & significance (1897)
- Sire Gauvain et le Chevalier vert : Réécrit en prose moderne (1898)
- King Arthur and His Knights: A Survey of Arthurian Romance (1899)
- Guingamor, Lanval, Tyolet, Bisclaveret : Four Lais Rendered into English Prose (vers 1900), traduction et texte de Marie De France
- Morien : a Metrical Romance Rendered into English Prose (1901) PDF
- The Romance Cycle of Charlemagne and his Peers (1901)
- Sir Cleges, Sir Libeaus Desconus (1902)
- The Three Days' Tournament (1902)
- The Legend of Sir Perceval: Studies upon its Origin, Development and Position in the Arthurian Cycle. Londres, David Nutt (1906). 2 volumes
- Sir Gawain & the Lady of Lys. Londres, David Nutt (1907)
- Old English Carols from the Hill MS. Londres, David Nutt (1911) (traducteur)
- Romance Vision and Satire; English Alliterative Poems of the Fourteenth Century (1912)
- The Quest for the Graal (1913)
- The Chief Middle English poets (1914)
- From Ritual to Romance (en) (1920)
- The Romance of Perlesvaus (1988), édité par Janet Grayson
Références
- Jane Chance (ed.), Women Medievalists and the Academy University of Wisconsin, 2005 (ISBN 978-0-299-20750-2)
- ↑ Richard Barber, Tony Hunt et Toshiyuki Takamiya, Arthurian Literature, DS Brewer, , 4, 52 (ISBN 978-0-85991-350-8, lire en ligne)
- ↑ T. S. Eliot, "The Frontiers of Criticism", The Sewanee Review, Vol. 64, No. 4 (October – December 1956), p. 525–543
- ↑ (en) Juliette Wood, Journal of the International Arthurian Society, Jessie Weston and the Ancient Mystery of Arthurian Romance, vol. 5, De Gruyter, , 73–85 p. (DOI 10.1515/jias-2017-0006, S2CID 194753611, lire en ligne
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Liens externes
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