Jocelyn Crane

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(à 89 ans) |
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Smith College University School for Girls (en) New York University Institute of Fine Arts |
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| Distinction | |
| Abréviation en zoologie |
Crane |
Jocelyn Crane ou Jocelyn Crane Griffin, née le à Saint-Louis et morte le à Concord, est une éthologue, carcinologue et historienne de l'art américaine. Ses recherches portent sur le comportement des araignées sauteuses, des mantes religieuses, des papillons et, surtout, des crabes violonistes auxquels elle consacre une grande partie de ses travaux.
Biographie
Crane est née à Saint-Louis, dans le Missouri[1]. Elle obtient son diplôme en zoologie en 1930 au Smith College de Northampton, dans le Massachusetts[1]. Elle devient alors assistante de laboratoire au sein de l'équipe de William Beebe (département de recherche tropicale de la New York Zoological Society) lors de la deuxième expédition océanographique des Bermudes basé sur l'île de Nonsuch[2]. Elle est alors une des premières femmes embarquées pour ses compétences et non comme épouse ou dessinatrice[3]. Après la retraite de Beebe en 1952, Jocelyn Crane devient directrice adjointe du Département de recherche tropicale[4]. William Beebe meurt le et Crane est nommée directrice du département[5]. Le rapport annuel du New York Zoological Society de cette année-là souligne que Crane a « accompli un travail remarquable contribuant à la réalisation des objectifs [du département] ». En 1965, Crane épouse Donald Griffin avec qui elle travaille à l'Institut de recherche sur le comportement animal[6]. Tout en étant chercheuse, elle occupe ce poste jusqu'en 1966, date à laquelle elle devint administratrice de la Station de recherche tropicale William Beebe.
Jocelyn Crane prend sa retraite en 1971 qu'elle occupe en reprenant des études et obtient un doctorat en histoire de l'art en 1991 à l'Institut des beaux-arts de l'Université de New York[1]. Ses recherches portaient principalement sur l'utilisation des gestes communicatifs de la main humaine tels qu'ils sont représentés dans l'art[1]. Elle meurt le à Concord, Massachusetts. Au moment de son décès, elle travaille à un livre, Talking Fingers.
Travaux
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Les premières recherches de Jocelyn Crane portent sur la structure, la distribution et la viabilité des organismes survivants, d'une centaine de poissons et d'invertébrés des grands fonds, participant au terrain en bathyscaphe[7],[8]. En 1933, Crane obtient le nouveau titre d'assistante technique[8]. À partir de 1934, elle commence à rédiger ses propres articles sur ses recherches au sein du département ; son premier article, intitulé « Créatures des grands fonds de six filets (Deep-sea Creatures of Six Net Hauls) », est publié dans le Bulletin de la New York Zoological Society[9].
Crane continue à réaliser des travaux scientifiques au sein du département mais en s'intéressant à l'étude de petits crustacés, les copépodes. En 1935, elle a identifié une soixantaine d'espèces de copépodes, dont près de la moitié n'avaient jamais été recensées aux Bermudes. De nouvelles informations sont enregistrées concernant leur coloration au cours de leur vie, leurs modes de nage, leurs habitudes de reproduction, leurs stades de croissance, l'abondance relative des différentes espèces et des sexes, leurs migrations diurnes, les effets des tempêtes et des courants, ainsi que leur viabilité générale[10]. Elle est alors une pionnière[11].
Crane voyage à travers le monde, tant pour ses travaux scientifiques que pour ses voyages personnels, publiant souvent des récits et des articles liés aux recherches menées lors de ces périples[1]. Son expédition de 1936 en Irak est particulièrement marquante : elle parcourut 19 300 kilomètres à travers la Palestine et le désert syrien jusqu’à Bagdad. Au cours de ce voyage, elle étudie la faune et la flore du Kurdistan[12]. Elle s'intéresse au comportement des araignées sauteuses, des mantes religieuses, des papillons[1].

En 1938, elle commence à s'intéresser aux crabes et étudie plus de 200 espèces lors de l'expédition Zaca dans le Pacifique oriental cette année-là[13]. Cet intérêt se poursuivit en 1939 lorsqu'elle met à jour un catalogue de 2500 références mondiales sur les crabes et commence à rédiger des articles sur leur cycle de vie et leur évolution[14]. Ce domaine devient le principal axe de sa carrière, aboutissant plus tard à la publication, en 1975, d'un ouvrage sur les crabes violonistes.

En 1940, elle filme et prend en photo des insectes[15]. Lors d'un terrain au Venezuela, elle étudie particulièrement le genre Uca[16]. En 1944, Crane se rend de nouveau au Venezuela afin de trouver un lieu approprié pour une nouvelle station du Département de recherche tropicale. Elle choisit Rancho Grande, un grand bâtiment inutilisé situé dans la jungle à une altitude de 910 m, à 3 heures de Caracas. Ce lieu est le camp de base du département pendant 7 ans jusqu'à son déménagement dans un nouveau domicile permanent à Simla, dans la chaîne montagneuse du nord de Trinité en 1951. Crane gèrent ces deux stations du Venezuela et de Trinité pour le département[17].
En 1955, elle reçoit une subvention de cinq ans de la National Science Foundation pour des études sur les crabes à l'échelle mondiale[18]. En 1961, son étude sur le crabe violoniste approche de sa fin, avec 784 dessins réalisés[19].
Jocelyn Crane prend sa retraite de la NYZS en 1971, mais poursuit ses recherches sur les crabes violonistes, et publie son ouvrage fondamental Fiddler Crabs of the World en 1975[1]. Au moment de sa retraite, la collection d'invertébrés, forte de plus de 10000 spécimens, est transférée au Département des invertébrés du Musée américain d'histoire naturelle. Crane conserve les spécimens de crabes violonistes jusqu'à la publication de son ouvrage en 1975. Ces derniers sont ensuite déposés au Musée national des États-Unis, aujourd'hui le Musée national d'histoire naturelle de la Smithsonian Institution[1].
Espèces décrites

Jocelyn Crane a décrit de nombreuses espèces dont :
- Himantolophus azurlucens
- Leptuca batuenta
- Tubuca capricornis
- Zygoballus gracilipes
Hommages et distinctions
Crane reçoit un diplôme de maîtrise ès sciences honorifique du Smith College en 1947 pour honorer ses « études sur les animaux dans leur environnement naturel »[1].
Elle obtient le prix d'excellence de la Société des femmes géographes en 1984[7].
Les espèces Calonotos craneae Fleming, 1957 et Heterocrypta craneae Garth, 1959 sont nommées en son honneur.
Notes et références
- (en) Christopher B. Boyko, « Jocelyn Crane (11 June 1909–16 December 1998): A Biography and Bibliography », Journal of Crustacean Biology, vol. 20, no 2, , p. 415–419 (DOI 10.1163/20021975-99990054, Bibcode 2000JCBio..20..415B)
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 35, , p. 89.
- ↑ (en) Jayne E. Zanglein, The girl explorers: the untold story of the globetrotting women who trekked, flew, and fought their way around the world, Sourcebooks, (ISBN 978-1-7282-1526-6 et 978-1-7282-1525-9), p. 65
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 57, , p. 4.
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 67, , p. 4.
- ↑ (en) Proceedings, American Philosophical Society, (ISBN 9781422372937), p. 405
- (en-US) « Outstanding Achievement Award », sur Society of Woman Geographers (consulté le )
- (en) Annual Report of the New York Zoological Society,, vol. 37, , p. 76.
- ↑ Bulletin, Magazine of the New York Zoological Society, 1934
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 40, , p. 58-59.
- ↑ (en) Gerardo Lamas, The Ecology and Evolution of Heliconius Butterflies, Oxford University Press USA - OSO, (ISBN 978-0-19-250907-9), p. 23
- ↑ Chicago Daily Tribune, 16 juin 1935
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 43, , p. 52.
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 44, , p. 79.
- ↑ (en) « DTR Film Collection », sur library.wcs.org (consulté le )
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 47, , p. 23.
- ↑ (en) Annual Report of the New York Zoological Society, vol. 49, , p. 25.
- ↑ Annual Report of the New York Zoological Society, volume 60, 1955, p. 50
- ↑ Annual Report of the New York Zoological Society, volume 66, 1961, p. 49
Liens externes
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