John Gray (poète)
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John Henry Gray |
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John Gray, né à Bethnal Green (Londres), le et mort à Édimbourg le , est un poète, écrivain, et traducteur britannique, qui fut aussi un prêtre catholique.
Il est parfois considéré comme l'un des modèles supposés du personnage imaginé par Oscar Wilde dans son roman Le Portrait de Dorian Gray (1890, 1re version), mais Wilde et Gray ont toujours nié la chose.
Biographie
Originaire du quartier pauvre du borough londonien de Tower Hamlets, John Gray est issu d'une famille ouvrière qui compte neuf enfants et dont il est le premier né. Il quitte l'école à l'âge de 13 ans et devient apprenti aux forges du Royal Arsenal. Après le travail, il suit des cours du soir, apprenant l'allemand, le français, le latin, l'histoire des beaux-arts. En 1882, il passe l'examen du Civil Service, afin de devenir fonctionnaire ; cinq ans plus tard, il est nommé bibliothécaire au Foreign Office, après avoir décroché un diplôme de l'Université de Londres[1].
Son premier texte en prose est paru dans le premier numéro de The Dial: An Occasional Publication en 1889, revue fondée par Charles Ricketts ; en août 1890, paraît une de ses premières traductions d'un sonnet de Paul Verlaine dans The Artist. Dans les années 1890, il fréquente les principales figures intellectuelles du mouvement de l'Esthétisme : Ernest Dowson, Aubrey Beardsley et Oscar Wilde ; il rencontre ce dernier en 1891 et leur amitié se « refroidit » après 1893. Par ailleurs, il commence à traduire en anglais les grands poètes français symbolistes, souvent pour la première fois, tels que Stéphane Mallarmé, Verlaine, Jules Laforgue et Arthur Rimbaud[1]. C'est ainsi qu'il entre en relation avec Félix Fénéon, à La Revue blanche, à laquelle il va contribuer[2] ; il développe aussi une correspondance avec Pierre Louÿs (vers 1892)[3].
Gray fait une entrée remarquée en poésie en 1893, avec le recueil Silverpoints, un mélange de compositions originales et de traductions des symboliste français ; on y compte aussi des adaptations de poèmes de Baudelaire. Un travail loué par Richard Le Gallienne, ce dernier note que les poèmes de Gray tranchent par leur humanité avec l'esprit décadentiste d'autres productions contemporaines[1].
Son recueil suivant, Spiritual Poems, chiefly done out of several languages (1896), révèle un poète épris des grandes figures littéraires catholiques ; ce virage ira en s'affirmant : il s'était fait baptiser le 14 février 1890, puis avait pris du recul par rapport à la religion. En 1898, il démissionne du Foreign Office et rejoint le Collège pontifical écossais à Rome. Le 21 décembre 1901, il est ordonné prêtre par le cardinal Pietro Respighi. Gray servit essentiellement dans les paroisses d'Édimbourg[1].
Peu après son installation à Édimbourg, Gray est rejoint par son ami Marc André Raffalovich, qui s'était converti au catholicisme en 1896. Raffalovich possédait une fortune personnelle importante, et il aida à bâtir l'église St Peter, à Morningside en 1906-1907, où officia Gray jusqu'à la fin de ses jours[1].
En 1932, Gray publie son unique roman, Park: A Fantastic Story, un récit d'anticipation uchronique dans la lignée d'un H. G. Wells, figurant Londres administrée par une caste de prêtres noirs catholiques issus des colonies de l'Empire britannique, reléguant les populations blanches dans des sous-sols, réduites à l'état de sous-hommes[4].
En février 1934, Raffalovich décède subitement ; Gray, accablé par le chagrin causé par la perte de son compagnon, meurt à son tour quatre mois plus tard.
Écrits publiés
De son vivant, parurent[5] :
- Silverpoints, poèmes, Londres, Elkin Mathews and John Lane at the Sign of the Bodley Head, 1893.
- Spiritual Poems, chiefly done out of several languages, bois gravés de Charles Ricketts[6], Londres, Vale Press, 1896.
- The Blue Calendar, chants poétiques dédiés au saints du jour, Londres, tirage privé, 1896.
- Ad Matrem: Fourteen Scenes in the Life of the Blessed Virgin Mary, poèmes, Londres/Édimbourg, Sands & Co., 1904.
- [préfacier] Last letters of Aubrey Beardsley, New York, Longmans, Green and Co., 1904.
- Vivis, poèmes, Ditlitch, St. Dominic's Press, 1922.
- The Long Road, poèmes, Oxford, Basil Blackwell, 1926.
- St. Gertrude's O Beata Trinitas, Londres, Sheed & Ward, 1927.
- Poems, Londres, Sheed & Ward, 1931.
- Park: A Fantastic Story, roman, Londres, Sheed & Ward, 1932 ; trad. en français par Paul Rozenberg, Paris, Lieu commun, 1987.
Notes et références
- Valentine Cunningham, The Victorians: An Anthology of Poetry and Poetics, Hoboken, John Wiley & Sons, 2000, p. 1044.
- ↑ Maurice Imbert (éd.), Félix Fénéon et John Gray. Correspondance avec les contributions de John Gray à La Revue blanche, Tusson, Le Lérot, 2010.
- ↑ Roger Lhombreaud, « Une amitié anglaise de Pierre Louÿs. Onze lettres inédites à John Gray », in: Revue de littérature comparée, vol. XXVII (juil.-sept. 1953), p. 343-357.
- ↑ (en) Edward Lobb, « “You Are Black Inside”: Class, Race, and Sexuality in John Gray’s Park », in: Connotations. A Journal of Critical Debat, vol. 28 (2019) — lire en ligne.
- ↑ (en) [PDF] Ian Fletcher, Amendments and Additions to a Bibliography of John Gray, in: English Literature in Transition, 1880-1920, vol. 22, 1, 1979, p. 62-67.
- ↑ (en) « Frontispice à Spiritual Poems (1896), par C. Ricketts », notice du catalogue numérisé du British Museum.
Annexes
Bibliographie
- (en) Jerusha Hull McCormack, John Gray: Poet, Dandy, and Priest, Waltham (Mass.), Brandeis University Press, , 319 p. (ISBN 9780874515336).
Liens externes
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