Jolanta Wadowska-Król
| Naissance |
Katowice (Pologne) |
|---|---|
| Décès | (à 83 ans) |
| Nationalité |
|
| Domaines | Pédiatrie, médecine environnementale |
|---|---|
| Institutions | Dispensaire de quartier de Szopienice (en) |
| Diplôme | Académie médicale de Silésie (en) |
| Formation | Académie médicale de Silésie (en) (Zabrze) |
| Directrice de thèse | Bożena Hager-Małecka (pl) |
| Renommée pour | Mise en évidence de l'épidémie de saturnisme infantile à Szopienice (en) (Katowice) |
| Distinctions |
Docteur honoris causa de l'université de Silésie à Katowice (2021) Citoyenne d'honneur de Katowice (2017) Insigne d'honneur « Pour les mérites dans la défense des droits de l'homme » (pl) (2015) Ordre du Mérite de la République de Pologne |
| Site |
(pl) « Site officiel » |
Jolanta Wadowska-Król, née le à Katowice[1] et morte le [2],[3], est une médecin pédiatre polonaise, citoyenne d'honneur de la ville de Katowice[4], surnommée la « Madone de Szopienice (en) » (polonais : Matka Boska Szopienicka)[4] ainsi que la « Erin Brockovich silésienne » (par Marta Fox (pl))[5].
Biographie
Formation et début de carrière
Jolanta Wadowska-Król étudie à la faculté de médecine de l'Académie médicale de Silésie (en) à Zabrze. En 1968, elle obtient sa spécialisation en pédiatrie et commence à exercer au dispensaire de quartier de Szopienice (en), puis à Dąbrówka Mała (en).
Lutte contre le saturnisme à Szopienice
Dans son activité professionnelle, elle poursuit l'œuvre du docteur Edmund Gryglewicz (pl), qui s'était intéressé avant elle à la problématique du saturnisme à Szopienice (en)[6]. Elle observe chez ses jeunes patients une série de symptômes pouvant évoquer une intoxication aux métaux lourds, ce qu'elle signale à la consultante régionale en pédiatrie, la professeure Bożena Hager-Małecka (pl), alors directrice de la clinique de pédiatrie de l'Académie médicale de Silésie à Zabrze[7]. Avec le soutien partiel de la direction de la fonderie de métaux non ferreux de Szopienice (pl), elle entreprend des recherches sur l'exposition au plomb chez les enfants de Szopienice (en), Burowiec et Dąbrówka Mała (en). Plus de 4 500 enfants sont examinés. Les premiers résultats révèlent déjà l'ampleur considérable de l'intoxication au plomb chez les enfants de cette zone.
Répression politique et thèse censurée
La publication des résultats en 1974 dans une thèse de doctorat, dirigée par la professeure Bożena Hager-Małecka (pl), provoque la réaction du Parti ouvrier unifié polonais, alors au pouvoir. Des pressions, des mises en garde et même des menaces sont exercées pour qu'elle abandonne ses travaux. Les autorités universitaires, malgré l'évaluation positive de la directrice de thèse, empêchent la soutenance du doctorat ainsi que la publication des résultats. Tous les exemplaires de la thèse disparaissent mystérieusement[8].
Résultats concrets
Le combat mené par le docteur Wadowska-Król pour améliorer la santé des enfants produit néanmoins des effets significatifs. Des milliers d'enfants menacés par le saturnisme sont envoyés en cure dans des sanatoriums à Istebna et Rabka-Zdrój. En 1975, le conseil municipal de Katowice décide la démolition des habitations situées à proximité immédiate de la cheminée de la fonderie. La justification, tenue secrète, mentionne que « les bâtiments se trouvent dans une zone représentant un danger direct pour la vie et la santé des habitants ». Les résidents évacués reçoivent de nouveaux logements[9]. Les autorités finissent par reconnaître le problème de contamination environnementale de Szopienice (en) : 200 000 tonnes de terre sont retirées des environs de la fonderie[7]. La distribution de lait est financée pour les enfants du quartier. Ces mesures entraînent une amélioration de la santé des jeunes patients et de l'état environnemental de Szopienice (en), ainsi qu'une prise de conscience accrue des habitants face aux dangers liés à la concentration d'éléments nocifs dans leur environnement.
Jolanta Wadowska-Król prend sa retraite en 2011. Ses patients la surnomment affectueusement dochtórka (« la doctoresse », en dialecte silésien) ou Królka (d'après le nom de famille de son mari)[10].
Distinctions et honneurs
À partir de 2013, un processus de reconnaissance publique des réalisations de Jolanta Wadowska-Król s'enclenche, initié par sa petite-fille. Małgorzata Król et Karolina Skibińska, élèves du IIIe lycée d'enseignement général Adam-Mickiewicz de Katowice, réalisent un reportage intitulé « Matka Boska szopienicka » (« La Madone de Szopienice »), consacré à l'action de la médecin[11]. Ce reportage est produit dans le cadre d'un concours organisé par l'eurodéputé Marek Migalski (en)[12],[13]. L'histoire de Jolanta Wadowska-Król attire alors l'attention des médias ; un reportage d'Anna Malinowska publié dans la Gazeta Wyborcza, intitulé « Ołowiane dzieci człapią jak bociany » (« Les enfants de plomb marchent comme des cigognes »), fait connaître son parcours au grand public[14].
Principales distinctions :
- 2013 : prix « Chèque vert » (polonais : Zielony Czek) du Fonds régional pour la protection de l'environnement et la gestion de l'eau de Katowice, décerné pour son action en faveur de l'écologie[15].
- 2013 : prix spécial de la Récompense civique de Silésie, remis par l'eurodéputé Marek Migalski (en)[16].
- 2015 : insigne d'honneur « Pour les mérites dans la défense des droits de l'homme » (pl), décerné par le Défenseur des droits civiques (en)[17].
- 2015 : médaille de l'Université médicale de Silésie (en) pour son activité sociale et la promotion de l'université[18].
- 2017 : titre de « Citoyenne d'honneur de la ville de Katowice »[19].
- 2018 : prix Wojciech-Korfanty[20].
- 2021 : docteur honoris causa de l'université de Silésie à Katowice[21].
Lors de la cérémonie de remise du doctorat honoris causa, le recteur de l'université de Silésie, le professeur Ryszard Koziołek (pl), a déclaré que Jolanta Wadowska-Król incarne la vision d'une science qui cherche à comprendre le monde pour améliorer la vie des gens, et que cette distinction constitue également une forme de réparation pour le blocage politique dont ses travaux scientifiques avaient fait l'objet[22].
À cette occasion est présenté en avant-première le film documentaire Tajemnica trucia szopienickich dzieci (« Le secret de l'empoisonnement des enfants de Szopienice »), réalisé par Piotr Kaszuba, consacré aux actions de la médecin face aux conséquences de l'industrie métallurgique à Katowice-Szopienice (en)[23].
En , Netflix annonce la sortie de la série Ołowiane dzieci (« Les enfants de plomb »), réalisée par Maciej Pieprzyca et inspirée de l'histoire de Jolanta Wadowska-Król. Le rôle de la médecin est interprété par Joanna Kulig[24].

Postérité culturelle et artistique
Littérature
- Michał Jędryka, Ołowiane dzieci. Zapomniana epidemia, Varsovie, Wydawnictwo Krytyki Politycznej, 2020, 247 p. (ISBN 9788366586055) — roman.
- Marta Fox (pl), Moja Ołowianko, klęknij na kolanko, Konin, Butterfly, 2021, 208 p. (ISBN 9788366969353) — roman ; première à la bibliothèque centrale de l'Université médicale de Silésie (en) à Katowice, le , en présence de Jolanta Wadowska-Król[5].
- Magdalena Majcher (pl), Doktórka od familoków, Varsovie, Wydawnictwo W.A.B., 2023, 304 p. (ISBN 9788383183589) — roman ; publié le [25] ; prix « Laurier médical » (polonais : Wawrzyn Lekarski) décerné à Magdalena Majcher (pl) (2023)[7].
Peinture murale

- Kobiety wiedzą, co robią / dr Jolanta Wadowska-Król, fresque murale d'Andrzej Wieteszka réalisée sur la façade d'un immeuble au 58, rue Gliwicka à Katowice (quartier de Załęże), dans le cadre de l'opération nationale « Kobiety na mury », organisée par le magazine Wysokie Obcasy (en) (Gazeta Wyborcza) ; inauguration le , en présence de Jolanta Wadowska-Król[26].
Productions cinématographiques et télévisuelles
- Matka Boska szopienicka, réalisation et scénario : Małgorzata Król (petite-fille de Jolanta Wadowska-Król) et Karolina Skibińska ; reportage réalisé par des lycéennes dans le cadre du concours « Szukamy bohaterów », avec la participation de Jolanta Wadowska-Król et de son époux Zbigniew Król ; première le sur YouTube[11].
- Tajemnica trucia szopienickich dzieci, réalisation : Piotr Kaszuba, scénario : Anna Malinowska et Piotr Kaszuba, production : université de Silésie à Katowice ; film documentaire réalisé à l'occasion de l'attribution du doctorat honoris causa à Jolanta Wadowska-Król ; première le sur YouTube[23].
- Les Enfants de plomb, réalisation : Maciej Pieprzyca, scénario : Jakub Korolczuk, production : Netflix ; série inspirée de l'histoire de Jolanta Wadowska-Król ; première le sur Netflix[24]. Le rôle de Jolanta Wadowska-Król est interprété par Joanna Kulig[27].
Fiction radiophonique
- Kanarek umiera pierwszy, réalisation : Maria Brzostyńska, scénario : Marta Fox (pl) (d'après son roman Moja Ołowianko, klęknij na kolanko), production : Polskie Radio, Jedynka ; première dans le cadre du Teatr Polskiego Radia le [28].
Spectacle vivant
- Matka Boska Szopienicka, réalisation : Agnieszka Cygan (petite-fille de Jolanta Wadowska-Król), spectacle musical et chorégraphique ; première à la Maison de la culture « Szopienice (en)-Giszowiec », Katowice, rue Hallera 28 (Burowiec), le [29].
Notes et références
- ↑ Wadowska-Król J. et Sadzikowska L. (2021). « Po prostu pracowałam ». Z Jolantą Wadowską-Król rozmawia Lucyna Sadzikowska. Narracje O Zagładzie, (spécial), 17-40. https://doi.org/10.31261/NoZ.2021.DHC.02
- ↑ (pl) « Jolanta Wadowska-Król (27 czerwca 1939–18 czerwca 2023) Niepokorna Matka Boska Szopienicka z familoków »
, sur environmed.pl (consulté le )
- ↑ (pl) Aleksandra Lange et Jolanta Wadowska-Król, « Historia szopienickiej epidemii ołowicy a współczesny problem zanieczyszczenia środowiska na Śląsku », Z Teorii i Praktyki Dydaktycznej Języka Polskiego, vol. 31, , p. 1-9 (ISSN 2353-9577, DOI 10.31261/tpdjp.2022.31.11)
- (pl) Justyna Przybytek, « Matka Boska Szopienicka została Honorową Obywatelką Katowic », Dziennik Zachodni, (lire en ligne
, consulté le )
- (pl) Marta Odziomek, « Marta Fox napisała powieść o Jolancie Król - śląskiej Erin Brokovich »
, sur Gazeta Wyborcza,
- ↑ Michał Bulsa, Patronackie osiedla robotnicze. Tom 1: Górny Śląsk, Łódź, 2022, p. 101.
- (pl) Jolanta Pierończyk, « Wbrew władzy ratowała szopienickie dzieci od śmierci », Dziennik Zachodni, , p. 24 (ISSN 2353-6195)
- ↑ (pl) Edyta Brzozowska, « Rok 1974: Jolanta Wadowska-Król pisze doktorat. Medyczny thriller o « ołowianych dzieciach » z Szopienic »
, sur Onet Wiadomości, (consulté le )
- ↑ (pl) Anna Malinowska, « Spotkanie z dr Jolantą Wadowską-Król w Katowicach »
, sur wyborcza.pl, (consulté le )
- ↑ D. Wantuch, « Dochtórka », dans Wysokie obcasy extra, no 12, 2024, p. 80.
- [vidéo] « Matka Boska szopienicka », sur YouTube, 24 mai 2013
- ↑ (pl) « Rozstrzygnięto konkurs « Szukamy bohaterów » »
, sur Nauka w Polsce (consulté le )
- ↑ (pl) Grupa Wirtualna Polska, « Nie jestem żadną bohaterką. Ocaliła śląskie dzieci, dziś Netflix przenosi tę historię na ekran »
, sur WP Film, (consulté le )
- ↑ (pl) Judyta Watoła et Anna Malinowska, « Ołowiane dzieci człapią jak bociany », Gazeta Wyborcza, pages locales Katowice, , p. 6
- ↑ (pl) « Zielone Czeki dla ludzi o zielonych sercach »
, sur Nasz Racibórz, (consulté le )
- ↑ (pl) Marek Migalski, « Uroczystość wręczenia Śląskiej Nagrody Obywatelskiej » [archive du ]
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- ↑ (pl) « Jolanta Wadowska-Król »
, sur Rzecznik Praw Obywatelskich, (consulté le )
- ↑ (pl) Judy, « Medal od SUM dla doktor Jolanty Wadowskiej-Król »
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- ↑ (pl) Anna Malinowska, « Doktor Jolanta Wadowska-Król Honorową Obywatelką Katowic »
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, sur Union de Haute-Silésie (pl) (zg.org.pl), (consulté le )
- ↑ (pl) Teresa Semik-Orzech, « Pediatra Jolanta Wadowska-Król doktorem honoris causa UŚ »
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- ↑ (pl) « Tytuł doktora honoris causa Uniwersytetu Śląskiego dla lekarki Jolanty Wadowskiej-Król »
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- (pl) Arkadiusz Szymczak, « Netflix ogłosił datę premiery serialu « Ołowiane dzieci » »
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- ↑ (pl) KATOBUS, « Magdalena Majcher i dr Jolanta Wadowska-Król »
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- ↑ (pl) Wojciech, « To prawdziwa bohaterka Katowic! Jolanta Wadowska-Król ma swój mural! »
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- ↑ (pl) Łukasz Karkoszka, « Joanna Kulig o serialu « Ołowiane dzieci » : Gdybym była lekarzem, chciałabym kierować się taką miłością do zawodu »
, sur katowice.wyborcza.pl, (consulté le )
- ↑ (pl) « Kanarek umiera pierwszy – Premierowe słuchowisko w Jedynce »
, sur Jedynka, Polskie Radio, (consulté le )
- ↑ (pl) Kamil Zatoński, « Matka Boska Szopienicka w Katowicach. Za nami spektakl taneczny Agnieszki Cygan »
, sur wKatowicach.eu, (consulté le )
Liens externes
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