Jonás Trueba

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Cristina Huete (en) |
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Jonás Trueba est un réalisateur, scénariste et producteur de cinéma espagnol, né le à Madrid. Il a obtenu le Label Europa Cinemas en 2024 à Cannes pour Septembre sans attendre.
Biographie
Famille
Jonás Trueba est le fils du réalisateur Fernando Trueba et de la productrice Cristina Huete (es)[1],[2]. Il n'a pas fait d'école de cinéma contrairement à son père, revendiquant ne pas être un « réalisateur professionnel »[3],[2].
Carrière
Il réalise son premier long-métrage en 2010, Todas las canciones hablan de mí, une expérience qu'il qualifiera plus tard d'« expérience malheureuse » au vu des contraintes liées à la production d'un film dans le cinéma "classique". C'est à la suite de ce tournage qu'il crée sa propre société de production, Los Ilusos Films, qui lui permet de produire ses films en autonomie, dans une démarche d'écriture et de tournage plus artisanale avec des collaborateurs connus de longue date[3],[4]. Il a plusieurs fois résumé ses intentions par le terme de « cinéma possibiliste »[5],[6].
En 2011, il sort un court-métrage intitulé Miniaturas, réalisé à partir d'images et de sons de son quotidien capturés avec son téléphone entre 2007 et 2009[7],[6].
En 2013 sort son second film, Los ilusos (es), premier long-métrage produit avec Los Ilusos Films et qualifié de « film zéro » par le cinéaste, puis en 2015 Los exiliados románticos - deux films réalisés sans scénario préalable[4],[6],[3].
En 2016, il sort le film La reconquista, qui inaugure son travail avec l'actrice Itsaso Arana, et pour lequel il fonctionne pour la première fois avec un scénario pré-établi, ainsi que des moyens financiers un peu plus conséquents grâce à des aides publiques[3]. Le film obtient des récompenses au Festival Cinespaña (Toulouse, France)[8] et au prix Turia (Valence)[9].
Son cinquième long métrage, Eva en août, sort en 2020, avec Itsaso Arana dans le rôle principal d'une femme passant l'été seule à Madrid. Le cinéaste dit avoir voulu mettre en scène sa ville, toile de fond de tous ses films, ayant « aimé l’idée de filmer [sa] propre ville à travers un personnage qui la regarde comme si elle la regardait pour la première fois, comme une touriste »[10]. Le film obtient deux prix au Festival Cinespaña (meilleur scénario et meilleure actrice), et est nominé aux César 2021 dans la catégorie "meilleur film étranger"[11]. C'est en outre le premier film de Jonás Trueba distribué en France[12]. Il justifie à l'époque cette difficulté à être diffusé hors d'Espagne au fait que l'on « aime un certain type de cinéma espagnol et latino-américain très exotique, haut en couleur, et les films qui ne le sont pas assez sont généralement mis de côté »[13].
En 2021 sort le documentaire Qui à part nous, qui suit la vie d'un groupe d'adolescents madrilènes pendant cinq ans[14]. Jonás Trueba remporte pour ce film le Prix Goya du "meilleur documentaire", et le prix FIPRESCI au Festival international du film de Saint-Sébastien[15]. Son film suivant, Venez Voir, un long-métrage sorti en 2022, explore les liens entre deux couples d'amis après la pandémie de Covid-19, avec au casting Itsaso Arana, Francesco Carril et Vito Sanz, déjà présents dans Eva en août[16].
Son dernier long-métrage, Septembre sans attendre, est sorti en 2024, avec Itsaso Arana et Vito Sanz dans les rôles principaux de Ale et Alex, un couple décidant d'organiser une « fête de séparation » pour officialiser leur rupture[17]. Le film, co-écrit avec ses deux acteurs[5], est présenté à la Quinzaine des cinéastes du Festival de Cannes[18], où il remporte le Label Europa Cinemas[19]. Bénéficiant d'un bon accueil de la critique[20], il dépasse également les 200 000 entrées en Europe, le meilleur résultat du cinéaste à date[21].
En 2026, il fait l'objet d'une rétrospective au Centre Pompidou à Paris, à l'occasion de laquelle son film La reconquista sort pour la première fois en France, 10 ans après sa sortie en Espagne[22]. Il dévoile également dans ce cadre le moyen-métrage inédit Visitillas, tourné au téléphone dans le quartier éponyme de Madrid où il vit, ainsi qu'un Film Surprise imaginant une coupure de courant générale en Espagne[23],[24].
Vie privée
Il est en couple avec l'actrice et scénariste espagnole Itsaso Arana[2], qui joue dans tous ses films à partir de La reconquista, et avec qui il a co-écrit Eva en août et Septembre sans attendre.
Analyse et réception de l'œuvre
Style
En France, son cinéma a souvent été comparé à celui d'Éric Rohmer en raison de l'économie de moyens employée pour ses tournages et du rythme de ses films marqué par de longs dialogues et des scènes du quotidien[2],[25],[26]. Il a notamment revendiqué l'influence du film Le rayon vert pour l'écriture de Eva en août[13], et celle de L’Amour l’après-midi pour La reconquista[3].
Il a également cité l'influence d'autres cinéastes français, parmi lesquels Philippe Garrel, Arnaud Desplechin, François Truffaut, Jean Eustache, Maurice Pialat, Guillaume Brac et Damien Manivel[10].
Acteurs et actrices
Plusieurs acteurs et actrices reviennent régulièrement au casting de ses films, notamment Itsaso Arana, Vito Sanz (es), Isabelle Stoffel et Francesco Carril[2].
Accueil en France
En 2023, Venez voir est salué par Jean-Michel Frodon comme « un petit film solaire et décontracté... qui est aussi un cri de colère et de combat[27] ». En 2024, Septembre sans attendre est présenté à la Quinzaine des cinéastes[28]. Libération présente le film comme une « comédie douce-amère »[29]. Le Monde apprécie la mélancolie de l'histoire : « on défie quiconque de ne pas être ému[30] ».
Le Centre Pompidou, qui lui consacre une rétrospective en 2026, écrit quant à lui que « dans l’ensemble de ces films, des situations familières se font écho au gré d’infinies variations tout en dressant, l’air de rien, le portrait d’une jeunesse contemporaine, de l’insouciance et des tourments des premières expériences aux vicissitudes de l’âge mûr »[4].
Filmographie
Sauf indication contraire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par les bases de données cinématographiques présentes dans la section « Liens externes ».
- 2000 : Cero en conciencia (court métrage, sous le pseudonyme de Jonás Groucho)
- 2010 : Todas las canciones hablan de mí
- 2013 : Los ilusos (en)
- 2015 : Los exiliados románticos
- 2016 : La reconquista
- 2020 : Eva en août (La virgen de agosto)
- 2021 : Qui à part nous (Quién lo impide - documentaire en 4 parties)
- 2022 : Venez voir (Tenéis que venir a verla)
- 2024 : Septembre sans attendre (Volveréis)
- 2026 : Visitillas (court métrage produit par le Centre Pompidou à l'occasion de la rétrospective)[31]
Rétrospective
- « Jonás Trueba. Le goût du présent », rétrospective à l’initiative du Centre Pompidou au MK2 Bibliothèque à Paris, janvier-[2]
Notes et références
- ↑ Mathieu Macheret, « Jonas Trueba, cinéaste, et Itsaso Arana, actrice : "Le cinéma, c’est tirer le meilleur de l’imprévu" », Le Monde.fr, (lire en ligne, consulté le ).
- Clarisse Fabre, « Le cinéma de Jonas Trueba, comme une extension de la vie », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- Jean-Michel Frodon, « Jonás Trueba : « Je ne suis pas un réalisateur professionnel » », sur AOC,
- Eva Markovits, « Chez Jonás Trueba, un cinéma familier », sur Centre Pompidou,
- Eva Markovits et Judith Revault d’Allonnes, « Jonás Trueba, le cinéma en bande organisée », sur Centre Pompidou,
- « Interview de Jonás Trueba », sur Super Seven,
- ↑ « Miniaturas », sur Centre Pompidou
- ↑ « Edition 2016 - Le Palmares », sur Cinespagnol.com
- ↑ « 'El hombre de las mil caras', 'El hijo de Saúl', o 'La estrategia del silencio', o 'Merlí', Premis Turia 2017 », sur La Vanguardia,
- Gregory Coutaut, « Entretien avec Jonás Trueba », sur Le Polyester,
- ↑ « Autour des Nominations 2021 », sur Académie des César
- ↑ « Une femme énigmatique, un engrenage infernal… : les films à voir », Le Monde, (ISSN 1950-6244, lire en ligne).
- David Ezan, « Jonás Trueba : « En Espagne, les jeunes cinéastes de ma génération ont des choses à dire » », sur Trois Couleurs,
- ↑ Hugo Jordan, « Jonas Trueba – « Qui à part nous » », sur Culturopoing.com,
- ↑ (es) Xesco Simon, « San Sebastián 2021: Palmarés Oficial del Festival de Cine », sur Las Furias Magazine,
- ↑ (es) Léa André-Sarreau, « « Venez voir » de Jonás Trueba : chemins de traverse », sur Trois Couleurs,
- ↑ Thierry Fiorile, « "Septembre sans attendre", le nouveau film de Jonas Trueba, célèbre la fin d'un couple », sur France Info,
- ↑ « The Other Way Around Volveréis / Septembre sans attendre », sur quinzaine-cineastes.fr
- ↑ AFP, « Cannes: “Volveréis” de Jonás Trueba ganó el Premio Europa Label », sur Infobae,
- ↑ « Septembre sans attendre - critiques presse », sur Allociné
- ↑ « Entrées des films de Jonas Trueba », sur Lumiere
- ↑ (es) Jacques Mandelbaum, « Dans « La reconquista », trouvailles et retrouvailles à Madrid face à la caméra de Jonas Trueba », sur Le Monde,
- ↑ Robin Vaz, « Jonás Trueba — Le cinéma c’est vivre trois fois plus », sur Critikat,
- ↑ Pauline Jannon, « Jonás Trueba, rêve collectif », sur Super Seven,
- ↑ Jérémie Couston, « Jonás Trueba, le Rohmer espagnol : “J’aime la beauté modeste de Madrid, son côté moyen, non prétentieux” », sur Télérama,
- ↑ Maud Tenda, « [Trailer]“Venez voir”, Jonás Trueba nous emmène à la campagne », sur Les Inrockuptibles,
- ↑ Jean-Michel Frodon, « Venez voir des vies qui s'inventent », sur Slate.fr, (consulté le )
- ↑ Arnaud Combe, « Cannes 2024 : La Quinzaine des cinéastes dévoile sa sélection », Les Inrockuptibles, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ Sandra Onana, « Septembre sans attendre de Jonás Trueba, une fête qui déchire », sur Libération (consulté le )
- ↑ « Les sorties cinéma : Septembre sans attendre, La Garçonnière, La Prisonnière de Bordeaux, Toubib… », Le Monde, (lire en ligne, consulté le ).
- ↑ « El director español Jonás Trueba protagoniza un ciclo en París con apoyo del Pompidou », .
Annexes
Bibliographie
- Judith Revault d’Allonnes (dir.) et Eva Markovits (dir.), Jonas Trueba. Le cinéma, c’est vivre trois fois plus, les éditions de l'Œil, , 320 p.
Liens externes
- Ressources relatives à l'audiovisuel :
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