Jonas Hanway

Jonas Hanway
Portrait de Jonas Hanway, c. 1785, par James Northcote.
Fonctions
Gouverneur
Foundling Hospital, Bloomsbury
à partir de
Directeur général (en)
The Marine Society
à partir de
Biographie
Naissance
Décès
(à 74 ans)
Angleterre
Sépulture
Activités
Fratrie
Thomas Hanway (d)

Jonas Hanway ( Portsmouth, Hampshire, Angleterre - à Londres) est un voyageur, négociant, essayiste et philanthrope anglais. De 1743 à 1756, il commerce en Asie. De 1762 à 1783, il est responsable du ravitaillement de la Royal Navy.

Biographie

Jonas Hanway naît le à Portsmouth dans le Hampshire en Angleterre[1]. Son père, un vicaire qui fournit la Royal Navy, meurt quelques années plus tard. Sa mère décide de s'établir à Londres, où Jonas est envoyé à l'école. À 17 ans, il est apprenti d'un commerçant faisant affaire à Lisbonne au Portugal. Lorsque sa période d'apprentissage se termine, il tente de s'établir comme commerçant à Lisbonne, mais quitte après quelque temps et retourne à Londres. En , il devient associé de M. Dingley, un commerçant faisant affaire à Saint-Pétersbourg en Russie. Hanway acquiert suffisamment d'expérience dans le commerce avec la Perse pour y lancer ses activités[2],[3].

Il est de retour à Londres en 1756, après son long voyage en Asie. C’est principalement à ses écrits et à ses efforts que l’Angleterre doit l’institution de la Société de marine pour la formation de jeunes matelots tirés de la classe indigente[4]. Il eut aussi beaucoup de part à l’établissement de ces écoles appelées Écoles du dimanche, si répandues aujourd’hui en Angleterre, ainsi qu’à la fondation (en 1758) d’une maison de refuge pour les filles-mères et les prostituées (le Foundling Hospital ou Magdalen Charity)[5]. Il pourvoyait à l'hébergement des enfants-ramoneurs, des sinistrés, des domestiques et des nègres. Le désintéressement avec lequel il entrait dans tous les projets de bienfaisance, malgré la modicité de sa fortune, engagea plusieurs notables de Londres à solliciter du comte de Bute, premier ministre, quelque place pour lui : il fut en conséquence nommé, en 1762, un des commissaires des vivres de la marine ; et lorsqu’il démissionna decette place en , à cause de sa santé chancelante[6], le bénéfice lui en fut conservé sous forme d'une pension.

Il mourut le [7] au Red Lion Square dans le quartier Holborn à Londres[2]. Son corps a été enterré dans la crypte d'une église à Hanwell quelques jours plus tard[2]. Un monument (de John Francis Moore et du fils de Moore) a été érigé en son honneur à l'abbaye de Westminster[8].

Premier utilisateur du parapluie à Londres

Malgré les moqueries des passants, Hanway aurait été le premier Londonien à utiliser régulièrement un parapluie pour se protéger de la pluie au début des années 1750. Il revenait alors de France où celui-ci était très en vogue.

Chaise à porteurs

Grâce à cet accessoire, Hanway pouvait se déplacer sans recourir aux services des cochers ou des porteurs de chaises, très utilisés durant les intempéries à Londres[9]. Ceux-ci percevaient (à juste titre) le parapluie comme une menace contre leur activité et ont tenté de l'en dissuader à plusieurs reprises en l'agressant dans la rue[9].

De fait, on prêtait à l’objet toutes sortes de défauts : qu’il était trop efféminé pour être utilisé par un homme, qu’il était une preuve de l’affaiblissement du caractère, qu’il était trop français (hérité du parasol). Son utilisation était même considérée taboue et ridicule. Sans se laisser intimider, Hanway se servira de son parapluie pendant près de trente ans et vit peu à peu ses congénères l'imiter dans toute l'Angleterre.

Trois mois après sa mort en 1786, une publicité paraît d'ailleurs dans le London Gazette, vantant les mérites des nouveaux parapluies inventés par Gatward. Ils sont « faciles à ouvrir et refermer grâce à leur mécanisme à ressort »[9]. Les premiers parapluies sont désormais commercialisés, avec le succès qu'on leur connaît jusqu'à aujourd'hui[10],[11],[12],[13].

Œuvres

Hanway a rédigé 64 publications, surtout des courts essais. Son ouvrage le plus important est un récit de voyage : Tableau historique du commerce anglais dans la mer Caspienne[14], avec le Journal d’un voyage de Londres dans la Perse par la Russie. et retour par la Russie, l’Allemagne et la Hollande. Ce récit, accompagné d’un Précis des Révolutions de Perse et l’Histoire de Nadir-Koulikan, fournissait, au moment de sa publication, l’une des descriptions les plus détaillées et les mieux à jour sur la Perse depuis Chardin, grâce à ses notes détaillées sur le Ghilan et le Mazandéran. Hanway a rédigé un court essai comparatif sur la création d'institutions similaires au Foundling Hospital, créés dans le but de venir en aide aux démunis[15].

Notes et références

(en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Jonas Hanway » (voir la liste des auteurs).
  1. (en) James Augustus St. John, The Lives of Celebrated Travellers, vol. 2, New York, Harper & Brothers, (lire en ligne), p. 301
  2. (en) George Fisher Russell Barker, « Hanway, Jonas », dans Sidney Lee, Dictionary of National Biography, vol. 24, Londres, Smith, Elder & Co., 1885-1900 (lire en ligne)
  3. (en) « Hanway, Jonas », dans Encyclopedia Iranica, vol. XI, (lire en ligne), p. 658-659
  4. (en) N. Merrill Distad, « Jonas Hanway and the Marine Society », History Today, vol. 23, no 6,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. « Jonas Hanway », dans Louis-Gabriel Michaud, Biographie universelle ancienne et moderne : histoire par ordre alphabétique de la vie publique et privée de tous les hommes avec la collaboration de plus de 300 savants et littérateurs français ou étrangers, 2e édition, 1843-1865 [détail de l’édition], vol. 18, pp. 425-426
  6. (en) « Hanway, Jonas », dans Encyclopedia Britannica, vol. XII, Londres, 11, (lire en ligne)
  7. (en) James Augustus St. John, The Lives of Celebrated Travellers, vol. 2, New York, Harper & Brothers, (lire en ligne), p. 318
  8. (en) « Jonas Hanway », Westminster Abbey, (consulté le )
  9. « Quand l'opinion publique désapprouvait les parapluies », sur La boite verte, (consulté le )
  10. Mickaël Launay, Le théorème du parapluie, Lonrai, Flammarion, , 298 p. (ISBN 978-2-08-142752-5), p. 83
  11. (en) « The History of the Umbrella », Schirm Oertel, (consulté le )
  12. (en) « One day, in the 17th century, Jonas Hanway dared to go out into the streets of London ‘under a portable roof.’ For more than 30 years Hanway was the most ridiculous man in London. », Faena, (consulté le )
  13. (en) William John Thoms, John Doran, Henry Frederick Turle, Joseph Knight, Vernon Horace Rendall, Florence Hayllar, Notes and Queries: Umbrellas, Oxford University Press, 1850, p. 25. Consulté le 3 juillet 2016.
  14. Historical Account of British Trade over the Caspian Sea, with a Journal of Travels, etc.
  15. (en) Jonas Hanway, A Candid Historical Account of the Hospital For the Reception of Exposed and Deserted Young Children; representing The present Plan of it as productive of many Evils, and not adapted to the Genius and Happiness of this Nation, Londres,

Bibliographie

  • (en) John Pugh, Remarkable Occurrences in the Life of Jonas Hanway, Londres, 1787
  • (en) Roland Everett Jayne, Jonas Hanway: Philanthropist, Politician, and Author (1712–1786), Londres : Epworth Press, J. Alfred Sharp, 1929.
  • (en) « Hanway, Jonas », dans Encyclopedia Iranica, vol. XI, (lire en ligne), p. 658-659
  • (en) George Fisher Russell Barker, « Hanway, Jonas », dans Sidney Lee, Dictionary of National Biography, vol. 24, Londres, Smith, Elder & Co., 1885-1900 (lire en ligne)
  • (en) Gentleman's Magazine,
    • vol. xxxii, p. 342 ;
    • vol. lvi, part. ii, p.812-814, 1090, 1143-1144 ;
    • vol. lxv, part. ii. p. 722, 834-835;
  • (en) Notes and Queries,
    • 1st series, i, 436
    • 1st series, ii, 25
    • 3rd series, vii, 311
    • 4th series, viii, 416

Liens externes

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