Jonas Lauwiner

Jonas Lauwiner
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Fonction
Membre du législatif d'une commune suisse
Berthoud
depuis le
Biographie
Naissance
Surnom
Le roi de Suisse
Domicile
Activité
Propriétaire terrien
Autres informations
Site web

Jonas Lauwiner, né le à Unterseen, est un informaticien et propriétaire foncier suisse et marocain, autoproclamé « roi de Suisse ».

Il se fait connaître dans les années 2020 pour avoir acquis par usucapion de nombreuses parcelles sans propriétaires dans plusieurs cantons suisses, et fondé l'« empire Lauwiner » sur ces dernières.

Biographie

Jonas Lauwiner naît le [1] à Unterseen[2], près d'Interlaken, dans le canton de Berne. Il est le fils d'un ressortissant de la commune de Ried-Mörel, dans le canton du Valais[3], et d'une Marocaine[4], pays dont il a également la nationalité[5],[6]. Il grandit dans l'Oberland bernois[7], ainsi que dans le canton de Zoug[5].

Il effectue un apprentissage d'automaticien, avec une formation supplémentaire dans la gestion d'entreprise[8]. Il travaille comme chef de projet en informatique pour une entreprise américaine de pharmaceutique[7],[9].

Jonas Lauwiner n'a pas fait son service militaire[5].

Lors des élections communales bernoises de 2024, il est élu de justesse[10] au législatif de sa commune de Berthoud, comme unique candidat de sa liste « König Jonas Lauwiner im Dienst für die Burgdorfer »[N 1], avec près de 700 voix[6]. Il ne parvient cependant pas à se faire élire président de la commune[11],[12].

Il est candidat en au Grand Conseil et au Conseil-exécutif du canton de Berne[10].

Propriété foncière

Origine

L'intérêt de Jonas Lauwiner pour la propriété foncière commence lorsqu'il reçoit en cadeau de son père, pour son 20e anniversaire, une parcelle de 840 m2 dans le canton du Valais[8]. Lorsqu'il essaie de racheter la parcelle voisine quelques années plus tard, il découvre au registre foncier que cette dernière est une « chose sans maître », c'est-à-dire que son dernier propriétaire en a abandonné la propriété (déréliction)[3]. Par usucapion, il en devient alors propriétaire, et commence à rechercher et acquérir d'autres biens sans maître, dans plusieurs cantons.

Création de l'empire Lauwiner

« Fasciné par les royaumes », il décide alors de fonder une micro-nation symbolique nommée « Empire Lauwiner » sur les terres ainsi acquises, dont il s'autoproclame roi sous le nom de Jonas Ier Lauwiner[13]. Il organise une cérémonie de couronnement dans l'église de Nydegg (de) à Berne en 2019, en présence de plusieurs membres du clergé : il revêt alors un costume royal et une couronne en or 18 carats ornée de pierres précieuses[6]. Par la suite, il frappe sa propre monnaie (le « Vellar Impérial ») et organise une armée en uniforme[13] ; il dispose également de plusieurs canons[14] ainsi que d’un ancien blindé allemand[15]. Il installe son « palais » dans une de ses acquisitions, une ancienne usine de peinture à Oberburg[5], située sur une parcelle polluée[8] de 5 800 m2[7]. Son empire reste toutefois purement symbolique[16] et ne revendique aucune indépendance de la Suisse[5],[7].

Il désigne ses acquisitions comme des « campagnes » et commence par acquérir 50 parcelles en 2021[7], puis continue régulièrement ses acquisitions. En 2025, Jonas Lauwiner est ainsi propriétaire de 149 terrains et 83 routes, pour 114 000 m2, répartis dans neuf cantons[5], principalement entre ceux du Valais et de Berne, mais également aussi de Lucerne et Schwytz[17],[3]. Il déclare interrompre ses acquisitions en 2025, ces dernières étant par ailleurs freinées dans les communes bas-valaisannes[3] ou fribourgeoises[18].

Controverses

Lauwiner met en place un système de monétisation de ses acquisitions. Il loue ainsi ses forêts à des entreprises forestières, ou leur donne le droit d'en exploiter le bois contre entretien[19]. Il décide également de faire payer aux utilisateurs de ses routes un droit de passage[20], ce qui provoque une controverse dans le canton de Lucerne, dont les riverains de deux villages sont concernés[21],[22]. Lauwiner se défend en invoquant les frais d'entretien à sa charge et la légalité de sa démarche. En 2025, plusieurs élus interpellent le gouvernement lucernois en lui demandant de trouver une solution ; ces discussions donnent une certaine renommée médiatique à Jonas Lauwiner[1]. Ce dernier propose également aux communes concernées de lui racheter les routes en question (pour des prix dépassant les 100 000 CHF), ou une donation contre le renommage des routes en « Lauwinerstrasse »[23].

Notes et références

Notes

  1. ↑ « Le Roi Jonas Lauwiner au service des habitants de Berthoud »

Références

  1. (de-CH) Jaschar Dugalic, « Der «König der Schweiz». Auf den Spuren der Medienfigur Jonas Lauwiner », Neue Zürcher Zeitung,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  2. ↑ « Le « roi de Suisse » jette son dévolu sur Neuchâtel », Watson,‎ (lire en ligne)
  3. Justin Grept, « Comment le «Roi de Suisse» a construit un «empire» en Valais », Le Nouvelliste,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  4. ↑ Boris Busslinger, « Le «roi de Suisse» commence à fatiguer les cantons de Suisse centrale », Le Temps,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  5. Moritz Marthaler (trad. Emmanuelle Stevan), « Il se prend pour le roi de Suisse », 24 heures,‎ (lire en ligne Accès limité, consulté le )
  6. Johanna York, « « Un travail à plein temps » : comment « l'empire » d'un roi suisse autoproclamé irrite les autorités », sur France 24, (consulté le )
  7. (de-CH) René Haenig, « Zu Besuch bei Jonas Lauwiner, dem selbst ernannten König der Schweiz », sur Schweizer Illustrierte, (consulté le )
  8. (de) Stephan Künzi (photogr. Marcel Bieri), « Der König der herrenlosen Grundstücke », Der Bund,‎ (lire en ligne Accès limité, consulté le )
  9. ↑ Moritz Marthaler, « Qui est Jonas Lauwiner, ce trentenaire qui se prend pour le roi de Suisse ? », Le Figaro,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  10. Alexandre Steiner, « Le roi qui veut être ministre », Le Temps,‎ , p. 7 (lire en ligne Accès payant)
  11. ↑ (de) Markus Hofer, « Der «König von Burgdorf» fordert Stadtpräsident Stefan Berger heraus » Accès libre, sur D’Region, (consulté le )
  12. ↑ (de) « In der Ticker-Übersicht: Alle Gemeindewahlen und Abstimmungen im Kanton Bern : Burgdorf: Der «König» regiert doch noch mit – im Stadtrat » Accès libre, sur Berner Zeitung, (consulté le )
  13. (fr-CH) Samuel Walder (trad. Jocelyn Daloz), « Ce Zougois, empereur, part à la conquête de la Suisse » Accès libre, sur Blick, (consulté le )
  14. ↑ (de) « Skurril! 27-Jähriger lässt sich in der Schweiz zum König krönen » Accès libre, sur rtl.de, (consulté le )
  15. ↑ nib (trad. Léon Dietrich), « Il s'est autoproclamé «roi de Suisse» et il agrandit son empire » Accès libre, sur Watson (site d'information), (consulté le )
  16. ↑ (de) Jonas Lang, « Das «Lauwiner Empire» und die Bürokratie » Accès libre, sur HKB-Zeitung, (consulté le )
  17. ↑ Julien Guillaume, « Autoproclamé "roi de Suisse", il agace les élus avec ses pratiques foncières », RTS Info,‎ (lire en ligne Accès libre, consulté le )
  18. ↑ Victoria Martin, « Fribourg résiste à Jonas Lauwiner. Voici pourquoi le «roi de Suisse» n’a pas réussi à s’approprier de terrain dans le canton » Accès limité, sur La Liberté, (consulté le )
  19. ↑ (fr-CH) Rebecca Spring (trad. Daniella Gorbunova), « Voici comment acquérir un terrain gratuitement en Suisse » Accès libre, sur Blick, (consulté le )
  20. ↑ (fr-CH) Marian Nadler, « Le «roi de la Suisse» vole une route aux Lucernois » Accès libre, sur Blick, (consulté le )
  21. ↑ (fr-CH) Alessandro Perucchi, « Lucernois, attention: le roi Jonas Lauwiner va vous taxer! » Accès libre, sur Blick, (consulté le )
  22. ↑ (fr-CH) Joschka Schaffner, « La méthode du «roi de Suisse» indigne la politique » Accès libre, sur Blick, (consulté le )
  23. ↑ (fr-CH) Janine Enderli (trad. Luca Baume), « «L'Empereur» revient et achète des rues dans le canton de Berne » Accès libre, sur Blick, (consulté le )

Liens externes

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