Jordi Hereu

Jordi Hereu
Illustration.
Jordi Hereu en 2023.
Fonctions
Ministre espagnol de l'Industrie et du Tourisme
En fonction depuis le
(2 ans, 6 mois et 1 jour)
Président du gouvernement Pedro Sánchez
Gouvernement Sánchez III
Prédécesseur Héctor Gómez
Maire de Barcelone

(4 ans, 9 mois et 23 jours)
Élection
Réélection
Coalition PSC-ERC-ICV (2006-2007)
PSC-ICV-EUiA (2007-2011)
Prédécesseur Joan Clos
Successeur Xavier Trias
Biographie
Nom de naissance Jordi Hereu i Boher
Date de naissance
Lieu de naissance Barcelone (Espagne)
Parti politique PSC
Diplômé de ESADE
Profession Homme d'affaires

Image illustrative de l’article Jordi Hereu Image illustrative de l’article Jordi Hereu
Maires de Barcelone
Ministres de l'Industrie d'Espagne

Jordi Hereu i Boher, né le à Barcelone, est un homme politique espagnol membre du Parti des socialistes de Catalogne (PSC). Il est ministre de l'Industrie et du Tourisme depuis .

Il est élu en au conseil municipal de Barcelone et siège pendant sept ans au sein de l'exécutif. En , il prend la suite de Joan Clos, nommé ministre de l'Industrie, comme maire de la ville. Il est reconduit après les élections municipales de 2007 et gouverne en minorité. Il organise en une consultation citoyenne sur le réaménagement de l'avenue Diagonale, qui se solde par un échec sévère pour la municipalité.

Il est battu par la droite catalaniste Convergence et Union (CiU) aux élections de 2011, marquant la première défaite socialiste dans la capitale catalane depuis la fin du franquisme. Il se retire de la vie institutionnelle l'année suivante et rejoint le monde des affaires.

En , il prend la présidence de l'opérateur de satellites para-public Hispasat. Il est nommé ministre de l'Industrie trois ans plus tard dans le troisième gouvernement de Pedro Sánchez.

Vie privée

Jordi Hereu i Boher naît à Barcelone le [1] dans le quartier de Sant Gervasi. Il est marié avec une enseignante et père d'une fille née en et d'un fils né en [2].

Études et carrière

Jordi Hereu est titulaire d'une licence en administration des entreprises obtenue à l'École supérieure d'administration et de direction d'entreprises (ESADE)[3].

Il accomplit ses premières années de vie professionnelle dans diverses entreprises dont l'activité est liée au port de Barcelone. En , il rejoint l'administration municipale de Barcelone comme directeur de district de Les Corts[3].

Parcours politique

Conseiller municipal de Barcelone

Militant du Parti des socialistes de Catalogne (PSC) depuis [4], Jordi Hereu est élu au conseil municipal de Barcelone lors des élections du 13 juin 1999. Il est alors nommé conseiller délégué au district de Les Corts, connu pour être un bastion de la droite catalaniste Convergence et Union (CiU)[2].

Il est confirmé dans sa délégation après les élections municipales du 25 mai 2003. En , il devient conseiller délégué à la Mobilité et à la Sécurité et au district de Sant Andreu[2]. À la suite de la nomination de Ferran Mascarell (ca) au gouvernement de Catalogne, il est promu en cinquième adjoint au maire et porte-parole de l'exécutif municipal[5].

Maire de Barcelone

Élection

En raison de la candidature du ministre de l'Industrie José Montilla aux élections au Parlement de Catalogne du , le président du gouvernement espagnol José Luis Rodríguez Zapatero choisit le de le remplacer par le maire de Barcelone, Joan Clos. Le Parti des socialistes de Catalogne choisit alors Jordi Hereu pour prendre la succession de ce dernier à la mairie de la capitale catalane et conduire la campagne du parti aux élections municipales du 27 mai 2007[6].

Le , Jordi Hereu est formellement élu maire de Barcelone par le conseil municipal : il recueille 25 voix favorables sur 41, bénéficiant du soutien du PSC, de la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) et d'Initiative pour la Catalogne Verts (ICV). Le candidat de Convergence et Union (CiU) Xavier Trias obtient neuf voix et le chef de file du Parti populaire (PP) Alberto Fernández Díaz sept voix. Il prête ensuite serment puis reçoit les insignes de sa charge des mains de son prédécesseur[7].

Deuxième mandat

Les élections municipales du 27 mai 2007 voient le Parti des socialistes de Catalogne l'emporter avec 29,9 % des voix et 14 élus sur 41 au conseil municipal. Cela constitue le plus mauvais résultat de la liste socialiste depuis , mais l'alliance tripartite avec l'Initiative pour la Catalogne Verts - Gauche unie et alternative (ICV-EUiA) et la Gauche républicaine de Catalogne reste majoritaire, assurant la reconduction de Jordi Hereu à la mairie[8].

En raison de la crise interne qu'elle traverse et de ses mauvais résultats, ERC décide de sortir de l'exécutif municipal tout en affirmant ne pas avoir pour intention d'empêcher l'investiture de Jordi Hereu pour un deuxième mandat[9]. Ainsi, il est réélu maire le suivant en sa qualité de tête de la liste arrivée en tête : lors du vote du conseil municipal, il recueille les 18 voix de sa coalition, insuffisant pour atteindre la majorité absolue[10]. Lors du IXe congrès de la fédération du PSC de Barcelone le , il en est élu président avec 98,89 % des voix en remplacement de Joan Clos et forme un tandem avec son premier adjoint Carles Martí (ca), élu premier secrétaire[11].

Lors du conseil municipal du , il se montre favorable à la proposition d'ERC de soumettre le réaménagement de l'avenue Diagonale, qui prévoit notamment d'installer des voies de tramway pour relier le Trambaix et le Trambesòs, à une consultation citoyenne[12]. Le , il lance formellement la consultation qui comprend trois options, deux favorables au projet avec des variantes en terme d'aménagements routiers (options A et B) et une rejetant tout réaménagement (option C), et se tient du au [13]. Avec un taux de participation de 12,17 % des inscrits, l'option C obtient 79,8 % des suffrages[14]. Cette défaite fragilise fortement Jordi Hereu à un an des élections municipales, aussi prononce-t-il la destitution de son premier adjoint Carles Martí, qui assume publiquement l'échec de l'exécutif pour avoir organisé la consultation[15]. Le , devant le conseil du PSC de Barcelone, il admet que la consultation était « une erreur politique »[16].

Il annonce en que Barcelone est candidate à l'organisation des Jeux olympiques d'hiver de 2022 sous la dénomination « Barcelone-Pyrénées » (Barcelona-Pirineus)[17]. Le projet est abandonné trois ans plus tard par la municipalité de Xavier Trias[18].

Défaite historique de 2011

La défaite de Jordi Hereu aux élections de 2011 marque le premier échec socialiste depuis .

Ayant confirmé en son intention d'être candidat à sa succession lors des élections municipales du 22 mai 2011[19], Jordi Hereu est contesté par la direction du Parti des socialistes de Catalogne, notamment le premier secrétaire José Montilla, qui craint de perdre la mairie, l'aire métropolitaine et la députation provinciale en raison de mauvais sondages[20].

La fédération de Barcelone, qui soutient fermement Hereu, ouvre le le processus pour une élection primaire[21], à laquelle l'ex-conseillère à la Justice de la généralité de Catalogne Montserrat Tura (ca), soutenue par Montilla et l'appareil régional du parti, annonce se présenter contre le maire sortant[22]. Sur proposition de Jordi Hereu, la commission exécutive du PSC parraine les deux candidats, ce qui évite à sa concurrente de devoir recueillir les soutiens de 40 % des militants[23]. Lors du vote le , le maire l'emporte avec 2 484 voix contre 1 669 à Montserrat Tura, infligeant une défaite à la direction régionale[24].

Au soir des élections municipales, sa liste remporte 22 % des voix et fait élire 11 conseillers municipaux sur 41, soit trois sièges de moins qu'en 2007 et quatre élus de moins que la liste de Convergence et Union (CiU) de Xavier Trias. C'est la première fois depuis 1979 que les socialistes sont battus lors d'une élection municipale à Barcelone[25]. Le , Xavier Trias est élu maire de Barcelone lors de la séance d'installation du conseil municipal tandis que Jordi Hereu obtient les 11 votes des élus socialistes[26].

Le , il annonce lors du Xe congrès du PSC de Barcelone son intention de quitter le mois suivant du conseil municipal[27]. Il formalise sa démission à l'ouverture de la séance du [28].

En retrait

Jordi Hereu rejoint le secteur privé. Il co-fonde en la start-up Idencity Consulting, spécialisée dans l'expertise-conseil pour des projets de développement urbain, dont il occupe la présidence[29]. Il participe également à la création de Barcelona Plataforma Empresarial- Fledge Barcelona Accelerator[30].

Lors de l'annonce de son retrait du conseil municipal, il avait confirmé son souhait de quitter le poste de président de la fédération de Barcelone du Parti des socialistes de Catalogne au plus tard en [31]. Il est remplacé plus tôt, le , par le candidat socialiste à la mairie Jaume Collboni, qui en fait le président du conseil consultatif de sa campagne électorale[32].

Il accepte de figurer sur la liste du PSC dans la circonscription de Barcelone pour les élections autonomiques du 21 décembre 2017, convoquées à la suite du référendum d'indépendance et de la suspension de l'autonomie, afin de montrer son soutien à la candidature du socialiste Miquel Iceta[33]. Il occupe la 83e place sur 85[34].

À la suite de son accession au pouvoir à Madrid, le nouveau président du gouvernement espagnol Pedro Sánchez orchestre la nomination de plusieurs ex-figures du Parti des socialistes de Catalogne à des postes de haute responsabilité du secteur public et para-public[35]. Ainsi, Jordi Hereu est proposé le par le conseil d'administration de la Société d'État des participations industrielles (SEPI) comme administrateur de l'entreprise de satellites Hispasat, prélude à sa désignation comme président de la société[36]. Le conseil d'administration d'Hispasat le porte à sa présidence le suivant[37].

Ministre de l'Industrie

Jordi Hereu est nommé ministre de l'Industrie en novembre 2023.

Le , Pedro Sánchez dévoile la composition de son troisième gouvernement. Jordi Hereu fait partie des neuf nouveaux entrants, en tant que ministre de l'Industrie et du Tourisme[38].

Sa nomination a été poussée par le premier secrétaire du Parti des socialistes de Catalogne (PSC), Salvador Illa, qui souhaitait à la fois que son parti lâche le ministère des Transports en raison de l'accord avec la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) sur la décentralisation des Rodalies de Catalunya et prendre le contrôle d'un ministère qu'il juge clé pour parler des sujets économiques dans la perspective des prochaines élections autonomiques[39]. Il est ainsi le quatrième membre du PSC à diriger ce département, après Joan Majó, José Montilla et Joan Clos, et le deuxième ex-maire de Barcelone après Clos. Il est désormais le seul représentant du quota catalan, alors que le PSC comptait deux ministres dans le précédent exécutif, et ce alors que les résultats des socialistes de Catalogne ont été déterminants pour le maintien au pouvoir de Pedro Sánchez lors des élections générales anticipées du 23 juillet précédent[38],[40].

Avec ses 21 collègues, il prête serment et entre en fonction le , au palais de la Zarzuela, devant le roi Felipe VI[41].

Notes et références

  1. (es) « Jordi Hereu, candidatura del PSC », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  2. (es) Francesc Arroyo, « Un alcalde con ganas de baile », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  3. (es) « Candidatos para las Elecciones Municipales al Ayuntamiento de Barcelona », 20 Minutos,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (es) Ana Martín Plaza, « Candidatos a la Alcaldía de Barcelona en las elecciones del 22 de mayo », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  5. (es) Blanca Cia, « Hereu, teniente de alcalde », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  6. (es) Albert Gimeno, « El alcalde será ministro de Industria y Jordi Hereu se convertirá en su sucesor », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. (es) Agence EFE, « Jordi Hereu, elegido nuevo alcalde de Barcelona », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  8. (es) « 27M-M.- Barcelona-ciudad.- El tripartito liderado por Hereu continuará en el gobierno, aunque CiU gana tres ediles », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  9. (es) Blanca Cia et Miquel Noguer, « Esquerra rompe el tripartito en Barcelona pero no impedirá la investidura de Hereu », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. (es) « Jordi Hereu, alcalde en minoria de Barcelona », Vilaweb,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  11. (es) « Jordi Hereu llama al PSC a reforzar el vínculo con los barceloneses », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. (es) Blanca Cia, « Hereu acepta someter a consulta popular la reforma de la Diagonal », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  13. (es) « Hereu lanza la consulta para reformar la Diagonal con muchas dudas en el aire », Europa Press,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  14. (es) « El fracaso de la consulta de la Diagonal se lleva por delante al Primer Teniente de Alcalde », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. (es) Blanca Cia et Miquel Noguer, « La derrota en la consulta de la Diagonal dinamita el gobierno de Hereu », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  16. (es) « Hereu admite el "error político" de la consulta de la Diagonal », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  17. (ca) « Jordi Hereu anuncia la candidatura de la ciutat als Jocs Olímpics d'hivern del 2022 », 3Cat,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  18. (es) « Trias descarta la candidatura Barcelona-Pirineos 2022 y apuesta por 2026 », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  19. (es) « Hereu confirma que será el candidato del PSC a la alcaldía de Barcelona », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  20. (es) Cristina Sen, « Montilla lleva hasta el final su oposición a la candidatura de Jordi Hereu », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  21. (es) Jaume V. Aroca, « El PSC de Barcelona abre proceso de primarias para escoger alcaldable por la ciudad », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  22. (es) C. Reino, « Monserrat Tura disputará a Hereu la candidatura del PSC por Barcelona », La Verdad,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  23. (es) Clara Blanchar, « El PSC de Barcelona libra a Tura de los avales para facilitar las primarias », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. (es) Blanca Cia et Clara Blanchar, « Hereu gana las primarias de Barcelona y asesta un golpe al aparato del PSC », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  25. (es) Jaume Pi, « CiU gana en Barcelona por primera vez en democracia », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  26. (es) « Xavier Trias (CiU), primer alcalde de Barcelona no socialista en 32 años », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  27. (es) « Hereu deja el Ayuntamiento de Barcelona tras 14 años para que emerjan nuevos liderazgos », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  28. (es) Agence EFE, « Hereu se despide del Ayuntamiento en un pleno marcado por la huelga general », ABC,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  29. (es) Óscar Muñoz, « Jordi Hereu impulsa la ‘start-up’ Idencity, dedicada al asesoramiento de ciudades », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  30. (es) Jaume V. Aroca, « Jordi Hereu, el servidor público que cree que las empresas tienen mucho que enseñar », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  31. (es) Belén Parra, « Hereu, en su despedida: 'Es la mejor decisión para construir una nueva etapa' », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  32. (es) Jordi Mumbrú, « Collboni ya controla el aparato de la Federación del PSC de Barcelona », El País,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  33. (es) « El exfiscal Jiménez Villarejo cerrará la lista del PSC por Barcelona para el 21-D », RTVE,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  34. (es) « PSC: consulte qué candidatos van en la lista socialista para el 21-D en Cataluña », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  35. (es) Iñaki Ellakuría et Víctor Martínez, « El desembarco del PSC en la empresa estatal: sueldos de más 150.000 euros y gestión de infraestructura crítica », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  36. (es) Víctor Martínez, « Sánchez coloca al ex alcalde de Barcelona Jordi Hereu como presidente de Hispasat », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  37. (es) « El consejo de Hispasat aprueba el nombramiento de Jordi Hereu como presidente », El Confidencial,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  38. (es) Juanma Romero, « Sánchez asciende a Montero y Bolaños e incorpora al Gobierno a Óscar Puente, Ángel Víctor Torres, Jordi Hereu, Elma Saiz y Ana Redondo », El Independiente,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  39. (es) Luis B. García, « El PSC quita hierro a su pérdida de peso en el nuevo Gobierno », La Vanguardia,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  40. (es) Raúl Piña, « Sánchez mantiene los 22 ministerios: Bolaños asume Justicia, sitúa al canario Torres en Política Territorial, Alegría será la portavoz e Igualdad para la doctora en Derecho Ana Redondo », El Mundo,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  41. (es) « Los 22 ministros del nuevo Gobierno de Pedro Sánchez prometen sus cargos ante el rey », Onda Cero,‎ (lire en ligne, consulté le ).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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