José de Palafox y Melzi

José de Palafox y Melzi
José de Palafox y Melzi
Le général José de Palafox y Melzi (peinture de Francisco de Goya, 1814).

Naissance
Saragosse
Décès (à 71 ans)
Madrid
Origine Drapeau de l'Espagne Espagne
Grade Général
Commandement 1808 : Capitaine général d'Aragon
1820 : Commandant de la garde royale
Faits d'armes 1808 : Siège de Saragosse
1809 : Siège de Saragosse
Distinctions 1836 : Duc de Saragosse
Autres fonctions Sénateur
Signature de José de Palafox y Melzi

Don José de Rebolledo Palafox y Melzi (1775-1847), duc de Saragosse, est un général espagnol, fils cadet d'une vieille famille d'Aragon et un héros de la guerre d'indépendance espagnole. Il était par ailleurs le neveu[1] de Francesco Melzi d'Eril, que Napoléon Ier avait créé duc de Lodi.

Biographie

Élevé à la cour d'Espagne, il entra très jeune dans les gardes. En 1808, il accompagna en qualité de sous-lieutenant le roi Ferdinand VII d'Espagne à l'entrevue de Bayonne avec Napoléon. Après avoir en vain tenté de faire évader son roi prisonnier des Français, il fuit vers l'Espagne.

Après un court retrait, il se plaça lui-même à la tête du mouvement patriote en Aragon. Il fut proclamé par le peuple gouverneur de Saragosse et capitaine-général d'Aragon. Malgré le manque d'argent et de troupes régulières, il ne perdit pas de temps pour guerroyer contre les Français qui occupaient déjà les provinces voisines de Catalogne et de Navarre. Un combat de rues commença alors à Saragosse qui, au terme d'une semaine, rendit les assaillants français maîtres de la moitié de la ville. Le frère de Palafox réussit cependant à forcer le passage avec un renfort de 3 000 soldats. Stimulés par Palafox et les patriotes résolus qui dirigeaient le peuple, les habitants de la ville décidèrent de défendre pied à pied les quartiers encore libres et, si nécessaire, de se retirer vers la banlieue de l'autre côté de l'Èbre après avoir détruit le pont qui l'enjambe. Les combats se prolongèrent encore neuf jours et prirent fin le par le retrait des Français au terme de 61 jours de siège. L'historien britannique David G. Chandler écrit au sujet de Palafox :

« Il était davantage un courtisan qu'un soldat, et n'avait pas la moindre expérience militaire lorsqu'il fut appelé à prendre le commandement, mais il montra par la suite, au cours du premier siège de Saragosse, un fanatisme et un courage qui en firent une sorte de légende[2]. »

Statue équestre du général Palafox à Saragosse.

Palafox tenta alors une brève campagne afin de libérer le pays, mais quand Napoléon en personne entra en Espagne à la tête de son armée et détruisit en quelques semaines les armées espagnoles l'une après l'autre, Palafox fut forcé de battre en retraite dans Saragosse, où il soutint à nouveau un siège mémorable. Celui-ci se termina après trois mois par la chute de la ville, ou plutôt l'arrêt de la résistance. La cité était en ruines et les maladies avaient emporté des milliers de défenseurs. Palafox, lui-même victime de l'épidémie, tomba aux mains des Français et fut gardé prisonnier à Vincennes jusqu'en .

En , il fut confirmé dans sa charge de capitaine-général d'Aragon, mais dut bientôt se retirer et cessa de prendre part aux affaires publiques. De 1820 à 1823, il commanda la garde royale de Ferdinand mais, prenant le parti de la Constitution dans les manifestations qui suivirent, il fut dépouillé de tous ses honneurs et charges par le roi, dont la restauration par les baïonnettes françaises marqua le triomphe de la réaction et de l'absolutisme.

Palafox resta en retrait pendant de nombreuses années. Il reçut de la reine Marie-Christine le titre de duc de Saragosse. À partir de 1836, il prit part à la politique en qualité de sénateur.

Notes et références

  1. ↑ roglo.eu
  2. ↑ (en) David G. Chandler, The Campaigns of Napoleon, New York, Macmillan, (1re éd. 1966), 1172 p., p. 626.

Liens externes

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